19 septembre 2007

Happy Birthday Blog !

Nouvelle année, Nouveau Blog...

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Photo DR


Le Blog Paris-Le Caire fête l'aube de sa troisième année de conversation entre Loïc et Marie.
Un seul changement, notre déménagement sur Blogger avec une nouvelle interface.
Nos archives de septembre 2005 à septembre 2007 resteront en ligne sur Blogspirit, mais tous les nouveaux posts sont désormais à lire à l'adresse suivante :

http://paris-lecaire.blogspot.com/

Merci à tous de continuer à nous suivre...

Marie et Loïc.

10 août 2007

Angoisses irrationnelles ?

Aujourd’hui je suis passé au bureau alors que je suis en vacances et que l’entreprise est fermée pour deux semaines. Mais comme je restais dans les environs et que j’habite à côté, je me suis proposé pour aller arroser les plantes. Ce que je n’avais pas prévu c’est d’une part que ça me prenne autant de temps et d’autre part l’effet qu’allais avoir sur moi ces longs couloirs en Y dans un étage désert…

Comme dans tout bon film d’horreur, le temps était à l’orage, et l’obscurité était renforcée par des fenêtres dont une sur deux avait ses stores baissés… Mais lorsque je suis arrivé par delà un sas pour lequel un badge d’accès est nécessaire, la lumière était allumée…

Au fur et à mesure de mes allers-retours du lavabo des toilettes pour hommes aux différents pots de plantes éparpillés sur tout l’étage, j’entendais des bruits… de pas… de portes qui claquent… à l’intérieur du périmètre sécurisé…

J’ai fait plusieurs fois le tour de l’étage et ses innombrables recoins discrets, ses dizaines de bureaux aux portes closes, ses espaces créés par de grosses armoires d’archives et un nombre jusqu’alors insoupçonné de cachettes potentielles…sans compter les locaux techniques, sensés être fermés à clés.

Je n’ai vu personne.

Je me suis raisonné, je me suis dit que personne n’était là, tout simplement, et que la solitude par cette sombre journée, avec une imagination trop imprégnée de cinéma d’épouvante avait fait tout le travail.

Il y avait pourtant des bruits…

Je suis resté sur mes gardes. Au bout de trois quarts d’heure j’avais accompli ma mission. J’ai rangé les rares affaires que j’avais utilisées, fermé les locaux et éteint les lumières, puis j’ai repassé les portes sécurisées pour rejoindre le hall des ascenseurs. J’ai appuyé sur le bouton d’appel. L’un des ascenseurs était déjà à mon étage, le dernier étage de l’immeuble, occupé uniquement par mon entreprise fermée. L’ascenseur qui était déjà là n’était pas celui qui m’avait amené 45min plus tôt… Quelqu’un était bien là…

Je suis parti sans demander mon reste !

20 mai 2007

Les objets, substitute for life ?

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J’ai reçu aujourd’hui un nouveau téléphone portable. J’en suis inhabituellement « tout content » et en même temps extrêmement mal à l’aise. C’est très ambivalent et cela me plonge dans de profondes réflexions sur la société de consommation et mon propre positionnement.

J’en fais tout un flan de ce téléphone-MP3-radio-vidéo-mégapixel-machin-truc-chouette, par contre il ne repasse pas les chemises et c’est bien dommage parce que c’est la seule tâche ménagère que je ne sais toujours pas accomplir…

Ce qui me réjouit, commençons donc par cela, c’est que cet objet remplace feu mon précédent portable qui sans préavis s’est éteint la semaine dernière en refusant obstinément de se rallumer… j’y ai perdu l’intégralité de mon répertoire dont, selon mon habitude fâcheuse, je n’avais pas fait de sauvegarde, pas même sur la carte de SIM… qu’à cela ne tienne, mon opérateur me proposait pour des prix ridicules un nouveau portable (ça c’est grâce à mes factures mensuelles salées pour surconsommation…), encore plus beau, plus élégant et plus performant, que j’ai bien entendu choisi totalement noir !

Ayant la couleur de tout ce qui m’appartient, le dit portable m’a donc fait bien plaisir mais ce n’est qu’un objet aux options futiles, un simple bout de métal, que ce cher B.D. appelle ma « prothèse » qui semble bien dérisoire mise en perspectives avec les soucis actuels de mes proches ou que dire encore de mes idéaux…

En effet, cet objet a comme à chaque fois que je me fais plaisir, un tenace arrière-goût de culpabilité. J’ai conscience d’être plutôt un garçon chanceux et je suis conscient des améliorations sociales que j’ai pu construire ces dernières années en passant des petits boulots étudiants inintéressants et sous payés à un début de « carrière » prometteur, et du bonheur que représente mon nid douillet en Occident, qui plus est en France où la sécurité sociale est un bien inestimable, entouré de personnes amicales et dans une vie de couple aussi riche qu’intense ! Mais en regard de cela, je n’oublie pas, et je me dis que c’est de l’argent bien mal employé, égoïstement investi sur l’autel de la futilité au lieu de soutenir les actions ou les besoins réels de mes proches, ou des causes plus larges.

Ce sentiment somme toute très « chrétien » de culpabilité à la possession, et donc à la consommation, ne me quitte jamais. Je pense même que c’est plutôt sain. Ce sentiment me pousse à toujours réfléchir mes achats et m’évite d’être un consommateur compulsif. Mais il n’empêche que j’ai toujours ce pénible sentiment de devoir, en compensation à ces bienfaits de FORTUNA, me montrer disponible et magnanime, soutenir autant que faire se peu mes proches ; J’avoue que parfois cela pèse, et que j’ai des élans d’égoïsme aussi succincts qu’irréfléchis, mais qu’à cela ne tienne, je n’ai pas perdu de vue l’essentiel.

Ce matin j’ai repensé à ce qu’écrivait Marie au sujet de la pluie. Et je crois que tu seras d’accord avec ce ressenti de la pluie : elle est le phénomène le plus apaisant qui soit, comme si elle seule savait nous rassasier, éteindre les feux de la colère et atténuer les douleurs. Comme un baume à l’âme, des rafales de pluie battantes ont alourdi l’air toute la matinée avec le bruit régulier de ses cliquetis des gouttes qui s’écrasent sur le bitume, avec le roucoulement des eaux qui s’engouffre dans le caniveau et la beauté mordorée de la route qui de mon premier étage ressemblait alors à une sombre rivière à cause du ruissellement soutenue de l’averse ou à la peau d’un serpent géant dû aux ondulations des averses.

La fenêtre ouverte, je contemplais debout ce spectacle et je respirais à plein poumon l’air chargé d’humidité, épais et suave. Ça vaut toutes les séances de psychothérapie du monde !

Alors si d’aussi simples moments sont un tel don, à quoi bon tous ces objets qui nous contraignent ?

24 février 2007

Conventionnalisme français

Pendant ce temps là à Paris…

J’ai négligé ce blog… mais depuis quelques temps je suis complètement phagocyté par le boulot, avec mon consentement ! J’ai toutefois enrichie mon blog et je serais très heureux que vous y fassiez un tour :

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 Mais aujourd’hui c’est samedi, MA JOURNEE, celle où je prends un malin plaisir à traîner dans la salle de bain, à bichonner les plantes et les poissons, à jouer avec le chat, à faire un brin de ménage et le linge pour la semaine…

Après un grand café je me connecte, je mets une série de musique en boucle, à fond, et c’est parti pour une journée pour soi, l’hédonisme en acte.

Je suis loin des périples géographiques de Marie, les miens sont à Paris intra muros, « passé le périph point de salut ! » comme j’ai déjà entendu dire, mais c’est surtout que mes activités y sont centralisées.

C’est un problème typiquement français : Paris, et rien ! Cette ville, pas si grande que ça, a aimantée toutes les activités innovantes de France, de telle sorte qu’elle est devenue un passage obligé pour la plupart des ambitions.

Bien sûr les grandes villes de province ont retenues quelques spécificités, elles restent souvent très dynamiques, plus vivantes que Paris d’ailleurs dont les rues sont tristement vides la plupart du temps, tout le monde étant soit affairé au boulot, soit entassé dans le métro, soit cloîtré chez soi !

Malgré ce contexte peu favorable j’ai enfin le sentiment de pouvoir « m’éclater » !

J’ai eu bien du mal à admettre les 25 ans, à avouer que le temps passe, que je ne suis plus systématiquement le plus jeune partout où je vais et que certaines de mes attitudes devaient changer… mais je commence à entrevoir les avantages !

Je me sens totalement affranchi de toute autorité, libre de disposer de mon organisation sans entrave pour parvenir à mes fins ! hé hé ! Mais surtout, je me sens enfin crédible ! Il en aura fallu du temps pour que mes propositions soient prisent au sérieux, pour que mon milieu professionnel ou le milieu universitaire réponde à mes appels du pied ! Du coup ça avance ! Prochaine conférence le 10 mai à la fac de Strasbourg, sur l’imaginaire végétal et l’écologie (pas encore rédigée, j’avoue…) et quelques jours plus tard à la Sorbonne sur l’esthétique objective…

Ce qu’il y a d’ironique dans cette situation, c’est que sous prétexte que j’ai enfin dépassé la barre symbolique des 25 ans, avec la crédibilité d’une thèse et les années d’expériences professionnelles en simultanée, c’est une description qui rassure et on s’imagine qu’une certaine maturité est récemment acquise,  apte à faire de nous une « force de proposition »… et pourtant, les idées et les projets que je défends sont les mêmes ! À la virgule près ! Je n’ai pas l’impression d’avoir changé énormément ces dernières années, certes je suis plus stratégique, et je travaille de plus en plus vite du fait de l’habitude, mais je ne me sentais pas moins capable il y a quelques années.

Il paraît que c’est typique du monde continental, et plus encore de la France, très attaché à des conventions en tout genre. Le monde anglo-saxon est semble t’il plus dynamique, et moins obsédé par les écoles qu’on a pu faire, les diplômes et l’age. Et en Egypte ?

Ce qui me fais le plus rire dans les entreprises françaises, et ça je l’ai vu partout, c’est la confiance et l’importance accordée aux diplômés des « grandes écoles » type HEC, IEP, Essec, X, Mines, Centrale ou Polytechnique. J’en ai côtoyé un certain nombre et j’ai travaillé avec un certain nombre d’entres eux. Certes, avec un diplôme estampillé Sorbonne- CNRS – ENS je m’en sors pas mal, mais je reste un universitaire ! je ne me suis nullement senti dévalorisé ! Au contraire ! La prétention sans nom qu’on leur a inculqué dans ces écoles est généralement injustifiée en regard de leur connaissances et de leur culture générale, et clairement usurpée en matière de réputation à former des jeunes opérationnels ! Ils ont certes des compétences spécifiques tout à fait intéressantes pour une équipe, mais nullement suffisantes ! Une équipe constituée seulement de ce genre de profil me semble très peu novatrice. Heureusement quelques entreprises, ou plutôt quelques responsables, comprennent que le mélange avec les universitaires est générateur de diversité, d’émulation et d’idées… mais on est loin de la généralisation.

Vivement la suite !

24 septembre 2006

En passant

J’ai l’impression que ces derniers temps nous sommes tous les trois pris dans le flot de nos activités et cette période, qui nous a fait dépasser (et manquer) le premier anniversaire du blog Paris-Doha-Le Caire, est une étape charnière dans nos développements professionnels respectifs. Je me suis surtout consacré au « sujets prioritaires » que je développe sur l’esthétique verte, en collaboration avec Olivier Martin Delange, qui n’est autre que « mon » Olivier. Il prépare d’ailleurs actuellement une exposition à Bordeaux et un projet photographique dont je suis le premier fan. (voir Olivier Martin Delange)

 

Il y a des périodes comme celle-ci où je me sens comme possédé par le fantôme de Mirabeau, complètement amok ou tout droit échappé de l’œuvre immortelle de Dante. C’est quand une espèce de boulimie fantastique de tout me prend, comme si je devais mourir dans l’instant et me dépêcher au-delà du possible de tout faire ! Travailler, lire, écrire, manger, boire, fumer… tout en même temps, tout très vite etc… C’est très productif mais rien n’est finalisé en de telles périodes fondatrices qui se prolongent par de longues périodes de correction, d’amélioration et de finalisation. Cet état est généré par le cumul des activités qui me demande de déployer des trésors d’ingéniosité en organisation, mais surtout une énergie parfois introuvable. Le fait de surfer toutes mes journées en plusieurs langues sans distinction me conforte aussi dans cette attitude dantesque et grandiloquente. Entre les activités diurnes dans un bureau et les activités nocturnes sur la thèse, il s’agit de s’informer et d’être productif aussi bien en allemand, qu’en anglais et en français, plus rarement en italien. La thèse en cours n’en tire pas forcément avantage mais je me suis motivé à l’idée de la terminer cette année, la troisième (et dernière ?) année « d’étude » de ma vie… à moins qu’un post-doc intéressant ne permette de prolonger encore ces études sans fin… pour non pas totaliser 8 ans dans les universités françaises, mais 10 !!!! Il pleut sur Paris, par intermittence, mais la fenêtre ouverte laisse le bruit et l’air humide entrée dans l’appartement, m’évitant par là-même de vaporiser les plantes pendant une heure, comme tout les soir de cette chaude semaine passée. La pluie a un effet cathartique puissant et elle m’a suffisamment apaisé pour que je puisse écrire un peu, pour rien, en passant, pour moi-même en quelque sorte.

01 septembre 2006

Ambiances parisiennes

J’interviens en coup de vent, entre deux urgences. En ce moment je ne parviens plus  à gérer mon emploi du temps entre la thèse, le boulot, les articles, les projets etc… mais j’en suis ravi puisque lundi, pour moi aussi, c’est la rentrée ! Nouvelle mission, multilingue, ambiance germanophone à souhait, avec des ressources en italien et en anglais. Ça promet d’être passionnant ! Et en plus c’est dans une institution prestigieuse, sur un sujet qui m’occupe depuis des années : le développement durable ! Espérons que ce « pied à l’étrier » sera riche en conséquences bénéfiques.

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prêt pour la rentrée !

Dans ces circonstances de préparatifs variés je vais juste rapporter quelques anecdotes. Selma n’a vraiment pas de chance dans son retour parisien puisqu’elle se retrouve confrontée à toutes les situations qui rendent Paris désagréable. De mon côté, toujours aussi protégé par je ne sais quel heureux hasard, ce genre de situation se résolvent toujours de façon incongrue, comme le jour où on m’a subtilisé mon portable à une terrasse de café pour ceux qui s’en souviennent… avec le portefeuille également il m’est arrivé une situation similaire. Un matin, assis dans le métro ligne 10 en route pour la Sorbonne, un jeune homme s’assied à côté de moi sur les strapontins alors qu’il y avait de la place partout dans la rame. Je reste plongé dans ma lecture du moment. Quelques minutes plus tard, il rigole et me tend quelque chose en me disant « tiens, j’te l’rends. C’était trop facile » et là je le vois me donner mon portefeuille ! J’avais pourtant placé celui-ci au fond de ma poche, dans mon pantalon un peu trop moulant et en plus j’étais assis ! Je n’ai pas la moindre idée de la manière dont il est parvenu à prendre ledit portefeuille. Il me l’a rendu, m’a souri avec un air espiègle, s’est levé et est descendu à la station suivante en me faisant un salut ! Les pic-pokets parisiens n’ont pas volé leur réputation.

Autre exemple de l’ambiance parisienne : personne ne se dit bonjour ! Quand je dis personne, c’est personne ! Evidemment, on ne va pas dire bonjour à tous les humains que l’on croise comme dans les villages sans quoi nous répéterions inlassablement « bonjour » tout au long de la dite journée la rendant tout sauf bonne. Mais les personnes que l’on croise tout les jours, celles qui prennent le même métro, ou bien qui font leurs courses à la même heure que vous bien souvent etc… ces gens-là ne disent pas bonjour, ils trouveraient ça agressif. Au début cette attitude m’a décontenancé, puis au fil des années je m’y suis fait. J’étais particulièrement vexé par un homme qui, lors de mon emploi précédent, pendant deux ans et demi, prenait le même métro que moi presque tous les matins et tous les soir, faisaient un changement au même endroit et descendait finalement à la même station que moi… cet homme habite l’immeuble attenant au mien et travaillait dans l’immeuble en face de celui où j’oeuvrais moi-même. Au bout de quelques jours, amusé par ce hasard, je lui ai dit « bonjour ». 6Il m’a regardé comme si j’étais un extraterrestre et n’a pas répondu. Les deux années suivantes il continuait quand même à être assis presque en face de moi matin et soir ! J’ai donc compris que les gens d’île-de-France ne savent pas ce que signifie « bonjour » et n’ont jamais entendu parlé des théories de la communication de Jakobson. Dans celles-ci « bonjour » est d’ordre phatique, c’est-à-dire que c’est une expression dont le sens ne compte pas, elle sert simplement à dire qu’on a reconnu la personne et qu’on sait qu’elle est là. Ce n’est en aucune manière une façon d’engager la conversation ou de chercher autre chose si ce « bonjour » n’est pas complété par autre chose. C’est juste dire à l’autre : « tu existes, moi aussi, on s’est reconnu et on cohabite sans se taper dessus ni se mépriser ».

Pour continuer dans cette voie, il y a un autre homme, indien je pense, la trentaine, que je croise presque tous les jours dans ma rue, il doit habiter un peu plus haut. En faisant les courses, au bureau de tabac, dans le métro, nous avons visiblement les mêmes horaires. Forts de mes expériences précédentes je ne lui disais pas bonjour. Et il y a quelques semaines, alors que je descendais la rue, profondément enfoui dans mes pensées, je lui suis presque rentré dedans et au lieu de lui dire « pardon » j’ai dit « bonjour ! » comme un idiot. C’était un automatisme, je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, depuis, à chaque fois que je croise cet homme, il me dit un grand bonjour gratifié d’un sourire ! Et c’est bête, mais ça me fait vraiment plaisir et ça donne un peu de vie aux rues si mornes. En tous les cas j’ai trouver la technique pour commencer à dire bonjour à un parisien : le percuter de front ! La prochaine fois que je croise mon ancien co-passager du métro-boulot-dodo, ce qui ne manque jamais quand je vais à monoprix, à croire qu’il y passe sa vie, je ne le louperais pas !

20 mai 2006

Je voyais ça plus grand !

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Je me rends compte que je ne retranscris absolument pas la réalité de ma vie parisienne, probablement en raison d’une hésitation entre déception et vanité… vous allez comprendre.
On peut dire que toutes mes activités parisiennes gravitent autour de ce qui est pour moi son centre absolu : le quartier latin, et plus précisément encore l’énorme rectangle occupé par la Sorbonne.
Il faut bien avouer que le seul élément de continuité à Paris, outre ma vie de couple, c’est la Sorbonne que je n’ai eu de cesse de fréquenter depuis ce jour d’entrée en licence il y a cinq ans. Les boulots se sont succédés, les fréquentations et les quartiers de prédilection ont fluctué, mais le quartier de la Sorbonne reste le pivot de ma vie parisienne.
A titre d’exemple, hier j’ai passé l’après-midi à l’ENS rue d’Ulm, et aujourd’hui à l’IHPST rue du Four, le tout dans un rayon de 500 mètres autour de la Sorbonne dont la bibliothèque interuniversitaire a mes faveurs. De toutes ces ambiances, de cours en colloques et séminaires, séance en bibliothèques, ou balade dans les allées du jardin du Luxembourg, je me rends compte que je n’en parle presque pas, parce que à la fois j’adore ça, et en même temps j’en ai horreur !

J’adore ça parce qu’il est évident que la charge historique et symbolique des lieux, omniprésente, est plutôt grisante ! Elle donne même le vertige. Lorsqu’on étudie des auteurs qui ont étudié et enseigné dans le lieu même où on parle d’eux cela prend une texture immédiatement différente. La Sorbonne est pleine de fantôme et leurs évocations en cours ressemblent à des invocations ! La liste serait trop longue ! Certains même y sont encore… Richelieu est là, dans la chapelle… les statues, les fresques et les plaques commémoratives sont là pour nous rappeler ces usagers des lieux qui leurs ont donné leurs lettres de noblesses. Le poids de l’histoire est marqué au point que les murs de l’ancienne Sorbonne, celle du XIIIe siècle, sont encore tracés sur le sol de la cour d’honneur. Etudier Balzac dans la bibliothèque Saint Geneviève où plusieurs de ses personnages, comme lui-même, ont passés des heures de lectures similaires aux miennes m’inscrits dans une filiation des plus honorifiques.

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Mais j’ai horreur de ce petit monde clos de l’intelligentsia parisienne parce qu’en dépits de ce poids historique et de cette grandiloquence des symboles, il ne s’agit que d’une université comme une autre, l’orgueil en plus ! Les lieux chargés d’histoire ont eux aussi leurs défauts, d’ailleurs la Sorbonne se délitent et l’immeuble aux couloirs méandreux et labyrinthiques qui n’en finissent pas va fermer par tranches ces prochaines années pour une réfaction complète. Ma chère bibliothèque sera inaccessible… Des noms d’instituts prestigieux et pompeux correspondent en fait à de véritables placards à balais et le plus ironique, c’est que personne ne travaille vraiment là, mis à par les fidèles secrétaires ! Professeurs, chercheurs ou administrateurs aux activités parfois nébuleuses et aux horaires minimes ne sont jamais là ! Hier j’ai traversé la moitié de l’ENS et des instituts qui l’entoure et je n’ai vu absolument personne mis à part quelque personnel administratif ! J’ai connu la même chose à l’Institut National d’Histoire de l’Art ! Ce n’est pas que les gens ne travaillent pas, c’est juste qu’ils travaillent ailleurs, souvent chez eux, parce que ces locaux « patrimoine historique » ne sont ni pratiques ni agréables. Le problème consécutif à cette situation est un manque de rencontre et de convivialité terrible. Pire encore, sûr d’une filiation chimérique, on pense spontanément qu’en vertu des philosophes illustres qui ont enseigné « en Sorbonne » (expression pompeuse s’il en est) le niveau des étudiants et des enseignements y est à leur image, meilleure qu’ailleurs ! Et pourtant ! Quand j’ai suivi les cours du professeur qui succédait à la chaire de Jankélévitch j’ai cru être sourd… on a eu droit à des cours de blagues douteuses, de coprologie et sur « la philosophie de la nourriture chez Nietzsche » !!!!!  Quant aux étudiants, la plupart parisiens bourgeois sans soucis (VIIe et XVIe bcbg fraîchement sortis d’une khâgne en ligne droite de Henri IV, Montaigne ou Fénelon) font de la philosophie comme d’autres du jardinage, par amusement. Je me souviens même d’un professeur qui expliquait à un de ses étudiants que comme lui, il avait choisi la philo parce que c’est « un super truc pour faire tomber les filles » !!!!!
Toute cette prétention, ce côté hautain et condescendant qui suinte de ce petit monde, et ça n’est pas propre à notre époque, me révulse, et c’est en raison même de cet « esprit » que je ne me targue pas de ma fréquentation assidue de ces « hauts lieux de culture ». Je préfère de loin ma tour d’ivoire pour travailler, rester ouvert sur le monde qui m’entoure et ses habitants plutôt que de vivre dans le vase clos et étouffant du quartier latin et de ses institutions aussi vides de vitalité que de contenu parfois.

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09 avril 2006

Nouvelles perspectives

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Photographie : Virginie Sueres
www.green-is-beautiful.com.fr


J’ai trouvé un échos inattendu à mes recherches chez un tout jeune collectif : green is beautiful, dans lequel je me suis immédiatement investi ! Depuis des années je réfléchis solitairement sur l’esthétique environnementale et je défends l’intérêt de cette recherche, mais enfin je trouve des artistes et des acteurs du développement durable qui y voient les mêmes opportunités que moi ! Je ne peux que vous inviter à y faire un tour et à surveiller les imminents développements des sites en question auxquels je ne me manquerai pas de prendre part !

En anglais : http://www.green-is-beautiful.com

En français : http://www.green-is-beautiful.com.fr

Laure Maud, La fondatrice extrêmement dynamique de la marque déposée green is beautiful est photographe. Vous pouvez là aussi découvrir ses œuvres :

En anglais : http://www.lauremaud.com

En français : http://www.lauremaud-photographe.net

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20 mars 2006

Paris m’ennuis.

Face aux aventures trépignantes et pleines de découvertes de mes amis aventurière entre Doha et Le Caire, je me demande bien ce que je fais encore à Paris dans le carcans social et le plan plan quotidien !

L’actualité est sans grandes nouveautés. Je tourne en rond entre mes quatre ou cinq activités et al recherche de la suite.

Après ne pas être sorti de l’appartement pendant une semaine, pas plus loin que le bureau de tabac, je suis allé passer trois jours entre le M.I.P.S. (en gros : le salon de la photographie) et le salon du livre pour la journée d’hier.

Pour le MIPS c’était assez sympathique. J’étais venu soutenir Laurent pour www.photosapiens.com qui y tenait un stand. Comme il connaissait la moitié des professionnels sur place, j’ai pu discuter avec des personnages très divers et des professionnels intéressants. Il y avait même des êtres à part. Par exemple Lita CY (http://www.lita-cy.com/welcome.asp), artiste de Singapour, performeuse passionnée et invraisemblable. Je n’ai jamais vu quelqu’un avec une telle désinvolture, une telle insouciance et un tel bagou ! C’est un phénomène ! J’ai aussi pu sympathiser avec une plasticienne plus conventionnelle mais dont j’aime beaucoup les réalisations (http://blabladuneblonde.canalblog.com ), je vais la convaincre de collaborer sur des projets…

Mais le salon du livre ! Un cauchemar ! Une foule et une chaleur étouffante, pas mal de personnage public et les comportements qui les entourent m’insupporte ! Entre Jack Lang toujours présent aux manifestations culturelles attiré comme une mouche par l’odeur, il serrent la main à tout le monde le long de son parcours de stand en stand sans s’arrêter pour autant, c’est un peu comme les anciens coucou sur les vielles horloges… Quelques acteurs pseudo écrivain qui sans maquillage et lumière révèlent les marques de l’alcool pour l’un, d’autres abus pour l’autre. Il y avait même une starlette dépressive échapper de Loft Story 1 ! Tout cela était assez pathétique. Finalement le salon du Livre n’est qu’une librairie géante qui permet aux éditeurs de vendre directement leurs produits sans laisser les commissions habituelles (assez minces d’ailleurs) aux libraires.

Le pire, ce sont les gens qui se prennent au sérieux dans ce milieu parisien très restreint ! Ils me font le même effets que certains camarades de la Sorbonne ou d’anciens collègue de bureau dans les grandes administrations nationales ou plus récemment un grand groupe d’assurance. Ça me dépasse ce genre de comportement qui confond un jeu social et un paraître avec ce qui reste réel le soir lorsqu’ils rentrent chez eux.

Du coup je me reclus à nouveau dans ma tour d’ivoire appartement, avec mes plantes et animaux, devant mon P.C., à écrire, écrire, et écrire !

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19 mars 2006

Et pendant ce temps là à Paris… émeute, manif et occupation.

Après les violences invraisemblables dans les banlieues fin 2005, c’est au tour de la Sorbonne de cristalliser le mécontentement. Depuis vos lointains ailleurs, Marie au Caire et Selma à Doha, en avez-vous entendu parler ?
Rapide rappel, suite à une proposition du gouvernement d’un nouveau type de contrat de travail, le C.P.E. (contrat première embauche où le salarié peut être licencié instantanément sans justificatif, entre autre joyeusetés) les syndicats, les lycéens et les étudiants en particulier ont battus le pavé et occupé des locaux.
Mais là, la tension est montée d’un cran.
Il y a une semaine, samedi 12, la Sorbonne occupée par une poignée d’étudiants et de lycéens, a été prise d’assaut en pleine nuit par les C.R.S. Les occupants ne se sont pas laissés faire et les locaux ont été très abîmés.
Cet événement a déjà choqué tout le monde, les étudiants de la Sorbonne comme moi en premier lieu. Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! La Sorbonne a été purement et simplement fermée, occupée par les C.R.S 24h/24. Cela me choque autant que la prise d’assaut d’une certaine Eglise occupée par des sans papiers il y a plus de dix ans, car faut-il le rappeler, il y a deux lieux où il est traditionnellement interdit aux représentants des forces de l’ordre de pénétrer dans l’exercice de leur fonction : les églises et les universités, et ce depuis le haut moyen age, droit d’asile et protection oblige. Ils n’auraient jamais dû entrer en Sorbonne !
 Les manifs ont continué avec un certain succès. Mais mardi soir, la place de la Sorbonne a une nouvelle fois été le théâtre d’affrontements violents. Cette fois, toutes les devantures de la place ont été brisées, la librairie de philosophie Vrin, que j’affectionne particulièrement a brûlé et mon café habituel, qui avait brûlé il y a quelque mois, et qui venait d’être refait à neuf, est à nouveau détruit. C’est bien regrettable. Ce qui me surprend dans les épisodes de violence en France c’est que les émeutiers s’attaquent toujours à leur propre camp. Pour les banlieues se sont les voitures des banlieusards qui ont brûlé et pour le CPE c’est la Sorbonne et tout le quartier latin qui nous échappent. Ne serait-il pas plus judicieux, au lieu d’être défensif et de rester sur son territoire, d’appliquer des formes d’actions offensives ? Pourquoi attendre les C.R.S au lieu d’aller les chercher dans leur caserne ? Au moins je pourrai aller à la bibliothèque et en cours sans me faire arrêter.
Mes amis passent leur temps en manifs et autres actions. Je reçois des vidéos filmées avec les téléphones portables des événements, et je constate avec eux que des manifestants pacifiques se retrouvent pris au piège dans des actions policières, confondus avec d’autres actionistes et tout le monde est traité de la même façon : avec violence.
Alors je m’interroge. Si la démocratie repose sur l'usage du 49.3 (qui permet au gouvernement de passer une loi sans l’aval du parlement) et l’exclusivité de l’usage légitime de la violence pour asseoir son pouvoir, alors il y a des raisons pour s’inquiéter et se révolter.
Selon la déclaration des droits de l’homme et du citoyen dont notre Etat est si fière :
Art. 12. - La garantie des droits de l'Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.
J’émets des doutes sur l’évacuation de la Sorbonne par la force samedi dernier à 4h du matin, puis le bouclage du site au détriment de toute activité habituelle ou légale qui n’avait pour autre but que de museler l’opposition à une loi de toute façon non légitimement votée !
Avec l’usage du 49.3, le gouvernement, organe du pouvoir exécutif, s’arroge le pouvoir législatif, or :
Art. 16. - Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution.
Je ne me prononce pas. Je constate simplement que la situation est loin d’être aussi claire que certains voudraient le croire… Mais il faudrait que les manifestants anti C.P.E. changent de méthode.
Quelque chose de très simple comme le blocage complet des messageries électroniques des ministères et institutions en charge du dossier est possible. Il suffit de relever les adresses mails (on les trouvent toujours avec plus ou moins de difficulté, sinon à partir des noms des employer et des formulations habituels d’adresse mail on trouve) il faut les inscrire sur toutes les mailing List et les news letter possibles et imaginables. Dans un flot de milliers de mails par heure (j’ai constaté l’effet), aucune de ces administrations ne pourra travailler par mail. C’est une action sans dégât, sans violence et pourtant efficace et démonstrative.
Manifestants à vos idées !

00:45 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Paris

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