29 mai 2007
Vie de quartier
Je n’y vis que depuis cinq mois, j’en rêvais, c’est fait, et j’y suis déjà fortement attachée.
C’est l’Egypte et l’Europe à la fois. Relativement petit, constitué de petites rues en arrondis qui se rejoignent à de petits carrefours ombragés par les arbres.
À première vue, il n’y a que des villas anciennes et en ruine, et des ambassades. Mais si on prend le temps de s’y promener, et d’y vivre, on découvre des restaurants (chics ou de rues), des épiceries, des pharmacies, des coiffeurs, des pressings, des associations (de Cinéma dont le parrain est Omar Sharif, l’Unesco), des écoles, et aucun de ses lieux n’affiche d’ostentatoires publicités telles qu’on en trouve dans le Downtown, à Zamalek, à Maadi, à Héliopolis, ou le summum du phénomène, le temple de la consommation, à Mohandessin.
Garden City est sûrement le quartier le plus calme du Caire, on peut s’y promener la nuit en s’imaginant dans un village. Pourtant, des épiceries et des cafés sont ouverts jours et nuits, mais les tenanciers ne courent pas agressivement après le client et le touriste.
La journée, c’est tout autre chose. La population du quartier s’agrandit, tous les employés des banques et des ambassades arrivent au travail et en repartent au même moment, par conséquent, deux fois par jour Garden City est impraticable à pied à cause des embouteillages dans les petites rues et des concerts de klaxons.
Un autre visage de Garden City est la haute sécurité sous laquelle est mis le quartier. La moitié des rues qui y mènent est bloquée par des check points. Seuls les véhicules à plaques diplomatiques passent au travers de ces barrages. Quant aux riverains dont les visages sont étrangers au quartier, ils se voient demander leurs passeports à l’entrée. Heureusement, il reste une moitié des accès par lesquels on peut aller et venir à sa guise sans croiser de policiers ni de chiens renifleurs de drogue et de bombes.
Pour ceux qui ont la chance d’habiter un des hauts immeubles du quartier, on a vue sur le Nil, les voiles des felouques et Grands Hôtels. Garden City est en outre particulièrement bien situé au sein du Caire. On traverse une des grandes voies en bordure du quartier, et l’on est en plein Downtown, par un autre côté, on se retrouve sur le Place Tahrir, le cœur du Caire, et par un autre côté encore on traverse juste un pont au-dessus du Nil pour se retrouver sue l’île de Gezirah-Zamalek. Inconvénient : de tous les côtés, il n’y a pas d’autres choix que de devoir traverser de larges rues où les voitures circulent sur 4 voies ou plus, à une allure effrayante.
J’en reviens à ce que j’aime dans ce quartier. À chaque rue, on découvre de vieilles villas en plus ou moins bon état, faites d’architecture européenne. Garden City a été édifiée en 1905 par des propriétaires terriens et des Belges. Les styles turco baroque, italianisant et néo-islamique cohabitent. Chaque rue est jonchée d’arbres ce qui rend l’atmosphère particulièrement respirable en comparaison avec le Downtown tout proche. J’y apprécie le calme de la nuit, le marchand de journaux qui vend « Le Monde » et le « Canard enchaîné ». En effet, Garden City est largement peuplée par les occidentaux, mais n’a pas du tout l’allure des compounds pour riches étrangers que l’on retrouve dans les quartiers ex-centrés. Garden City reste humaine, très humaine, et les cafés du quartier accueillent plus d’Égyptiens que d’occidentaux. On reste en Egypte quoi ! Tout en ayant le confort du rappel de l’occident.
12:40 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Garden City, Le Caire, quartier


