10 août 2006
J'en perds mon latin !
Version allemande :
Um im multikulturellen Sinn unseres Unternehmens zu unterstützen bestand ich darauf, mein Salzkorn zu stellen… Ich bin mich bewußt, daß spontan wir unsere Erfahrungen in der Sprache wieder abschreiben, die sie getragen hat, und Marie mich hat sagen bereits, wieviel von einer Sprache zur anderen überzugehen zu Verwirrungen führte. Marie geht vom Französischen zum Englischen, Arabischen oder Spanischen jeden Tag über, von meiner Seite es ist Französisch, Deutsch, Englisch und Italienisch. Dort, wo die Verwirrungen schrecklich werden, ist es, wenn man sich ein Wort ohne überhaupt zu wissen gebraucht, von der betreffende Sprachen er wieder aufrichtet… Wäre es nur auf französisch, ich gebrauche mich oft Ausdrücke typisch franc-comtoises in, der überzeugt ist, daß sie der französischen Sprache gemeinsam sind, und daß vom Elsässer zu sagen! Ich dachte, daß „rincale rencale“ ein französischer Ausdruck war ebenso wie das Wort „frach“. Besser noch entdecke ich, daß Wörter Elsässer in der französischen Sprache übergegangen sind! Man kann sagen „schluck“ (der Mundvoll) das schlüch (der Wasserschlauch), das stück (übersetzung von „Stücken“), das schlaß (ermüdet zu werden oder ein wenig zuviel getrunken zu haben!) für die bekanntesten! Wenn und wie diese Wörter sich im französisch sprechenden Raum verbreitet haben, habe ich davon die geringste Idee nicht, aber sie verursachen bei mir schreckliche Verwirrungen!
Entgegen dem Englischen, dem Arabischen oder dem Spanischen, den Sprachen, für die ich eine Vorliebe habe, sind Deutsch und der Elsässer durch Hunderte von Millionen niemanden gesprochen. Der Elsässer insbesondere, beherrsche nur ich nicht gänzlich, selbst wenn er die Entfernenversuche Frankreichs oder Deutschlands überlebt hat, faßt nur einige Hunderttausende Ansprechpartner zusammen, was Deutschland betrifft, privat des Imperiums kolonial, seine klassische Sprache hat sich nicht über Mitteleuropa hinaus verbreitet (Zentrum von Europa, das zwischen den lateinischen und slawischen Räumen geklemmt wurde).
Jedoch haben diese zwei Sprachen, die nicht von Mode profitieren, eine Poesie und einen unglaubischen Reichtum! Hölderlin bleibt mein vorgezogener Dichter alle verwechselten Kategorien! Martin Heidegger ging bis zu zu schreiben, daß grammatikalisch, allein die deutschen und griechischen Sprachen die Wahrheit enthalten konnten!
Ich überlasse Ihnen, auf Abhören festzustellen! Es ist ein exhumierter Auszug des Grundes meiner Jugend… eine „gotische“ Gruppe am ausdrücklichen Namen: Goethes Erben.
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Le mouton à cinq pattes

En deux jours, deux personnes sans liens à la vue de mon C.V. m’ont qualifié de mouton à cinq pattes… j’ai pris ça comme un compliment, même si cela fait échos à un autre commentaire que me faisait mon père disant que j’ai cinq pieds gauches tant je suis maladroit (que la vaisselle se tienne bien !). En tout les cas, des opportunités se profilent.
Ces derniers jours je me sentais complètement à l’ouest (drôle d’expression) et je flottais dans un espace virtuel multipode entre les différents projets sur le feux. Cet état « inspiré » et décalé qui frise l’extase mystique caractérise mes meilleures périodes de créativité. Je n’ai jamais réussi à provoquer cet état artificiellement et il me tombe dessus sans prévenir.
Cette fois, c’est un faisceau de souvenirs qui m’y a entraîné. La photo postée par Marie de la campagne Franc-comtoise a fait remonter les odeurs de ces champs à l’herbe épaisse et gorgée d’eau parmi lesquels les colchiques d’automne et les champignons pullulent chaque année, sensation renforcée par la pluie sur Paris. L’ingrédient secret pour pousser l’état de « transe », c’est une musique appropriée en toile de fond.
Je maintiens ainsi un état éloigné de toutes interférences et de toute turpitudes, pour me consacrer exclusivement aux tâches que je me suis fixé. Mais dans ces cas là, je perds la notion du temps, j’oublie jusqu’à l’existence de la nutrition et de la nécessité du sommeil. Comme je n’ai aucune contrainte ces derniers mois, cet état peut atteindre des proportions expérimentées il y a plusieurs années.
J’avais totalement perdu pied avec le blog et je m’imprègne des derniers événements.
C’est fou mais notre éloignée miss Doha travaillera dans quelques jours à deux pas de chez moi !
Je me sens aussi en décalage avec le parfum d’Orient qui souffle sur ce blog. Les références culturelles et linguistiques qui entourent les derniers événements dramatiques relayés ici me sont totalement étrangères, elles ont quelque chose d’exotique, et je me rends compte à quel point l’affect détermine notre niveau d’intolérance. Pour le Liban par exemple, la connaissance du terrain, de personnes directement impliquées ou de la culture du Moyen Orient sensibilise aux événements et donne une dimension concrète bien plus grave aux événements. Je dois bien avouer que le point de vue de l’occidental protégé en Europe depuis soixante ans sans guerre (Dieu merci !), tout cela a quelque chose d’abstrait, d’éloigné, d’étranger et de redondant. C’est bien là le malheur de la situation : la répétition des événements en fait perdre toute importance et il y a de la lassitude dans le public européen, très pessimiste quand à l’avenir de cette région, même si nous souhaitons le meilleur pour son avenir.
01:40 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 août 2006
Remise en question…
Pour la première fois, je me demande un peu ce que je fais là, là c’est au Caire. La transition France/Caire, cette fois, n’est pas plus évidente finalement que le Caire/Paris début juillet. J’accuse le coup. Heureusement les amis sont présents, mais je crois qu’ici, aucun ne comprend ce qu’il m’arrive vraiment, excepté Angela qui a double regard sur ma vie, en tant qu’amie connue en France, qui me visite pour la seconde fois en Egypte.
L’expatriation rend compliquée la notion de « chez soi », et la question de savoir où est « chez soi » n’est pas évidente à résoudre. J’ai encore beaucoup à construire et à défaut que la maison soit achevée, j’aimerais au moins sentir les fondations solides, or, en ce moment, elles vacillent.
Je me trouve en face de multiples choix à faire maintenant, j’ai vécu une année de transition merveilleuse, mais la liberté du choix ne me semble pas grisante cette fois. Je ne suis plus certaine de la direction à prendre, je suis coincée dans la fameuse dualité raison-passion, pour un tas de choses (dois-je prendre des risques, ou dois jouer la carte de la sécurité…Illusoire cette dernière, car franchement, cela vaut dire quoi ? Pour me mettre à l’abri de quoi au juste et comment).
Vous l’aurez compris cela ne va pas fort. Je me suis levée très tôt ce matin, sur le chemin du retour chez à la maison, j’ai rencontré mon colocataire B qui fumait une chicha dans un café, je me suis installée un moment avec lui, et il me parlait de la route qu’il allait prendre d’ici une année, après six en Egypte, un retour au Maroc, ou un départ pour un ailleurs. La conversation tombait à pic avec mon humeur du réveil, et l’on n’a pas érigé la sécurité en valeur suprême, contrairement aux conseils plus orientés vers la stabilité que j’ai reçu de la part de M hier soir. Je ne sais plus…
La paix, la fraîcheur, que j’ai ressentie la semaine dernière dans la campagne française, seule dans le chalet, me manque, je me suis sentie dans un cocon de verdure, avec rien d’autre à faire que me retrouver sainement avec moi-même. À présent, je me retrouve face à moi-même devant des choix à faire, trop de choses à réaliser en même temps, entre mes projets personnels, un principe de réalité économique et social à affronter, une vie sentimentale désastreuse.
La problématique de l’expatriation est un leurre.C’est trop tard, je suis partie et j’ai bien fait de quitter une vie qui avait pris un tour d’ennui, il me faut continuer ma route à présent, aller jusqu’au bout, et puis ici ou ailleurs, les mêmes problèmes resurgiront. Pourtant, je ne puis m’empêcher de me dire que peut-être ailleurs ce serait mieux (réaction à chaud typique de l’expatrié(e)). Puis je réfléchis et m’aperçois qu’en effet, le problème n’est pas l’endroit, mais ce que j’y vis, les choix que j’y fais. Et…Fais-je les bons choix en ce moment ? je ne sais plus, en réalité je n’ai pas la force de choisir du tout.
Selma, sera bientôt à Paris, parée à construire une nouvelle vie dans un pays connu et inconnu à la fois. Sa problématique sera encore différente, nouvelle.
Des nouvelles de la météo ? Et bien au Caire il ne fait actuellement pas plus chaud qu’en France en juillet, sauf que la nuit, la température ne baisse pas. Cette nuit, j’ai aperçu un ciel nuageux, cela persiste encore ce matin. J’ai aussi aperçu une lune quasi pleine, Full Moon sera donc ce soir…On verra bien qui deviendra dingue dans le coin, j’espère que ce ne sera pas moi.
09:30 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07 août 2006
Our Meetic...
12:40 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
04 août 2006
Au vert…
Enfin, au bout d’un mois jour pour jour, en France, me voici « au vert ».
Dans un chalet confortable, vous écrivant à la lumière de lampes à pétroles et de chandeliers, le chien ronflant sur le canapé, le feu crépitant dans la cheminée.
C’est qu’aujourd’hui, la température chuta brutalement, nous passâmes de 35 à 2O degrés, avec de la pluie. La brume s’est abattue sur la vallée, les vaches, les fermes, et les sapins disparaissèrent sous l’épais brouillard, et l’on eut soudain envie de thé chaud, d’un feu de cheminée.
Je suis seule avec le petit chien, plus relaxée que jamais, dans une solitude sereine et attendue.
J’ai presque peine à imaginer que dans quatre jours seulement, je serai à nouveau au Caire, dans le bruit, la chaleur intense, et le grouillement, néanmoins cela me manque tant. J’avais juste besoin d’une dose de fraîcheur et de verdure, mais c’est la canicule que j’ai trouvée dés mon arrivée. Enfin, le temps devient en fin de séjour, plus proche de ce que j’aime.
Je me souviens toutefois, d’une belle journée, au Caire, cet hiver, une fine pluie est tombée toute la journée, l’air était frais mais doux, le ciel était gris. Par conséquent, les arbres étaient plus verts, les gens très calmes et moins nombreux dans les rues. Je me trouvais, le matin, Downtown, je me suis promené le sourire aux lèvres. J’avais la sensation d’être dans un équilibre parfait entre le climat de ma région d’origine, mais le côté dépressif en moins, puisqu’au Caire ce type de temps est rare et les gens d’un naturel assez jovial, alors qu’en Franche-Comté, la quasi-constance de ce climat gris la plupart de l’année, rend vraisemblablement les gens déprimés.
Loïc partage avec moi la joie paradoxalement procurée par un ciel gris. Sous un ciel gris, je n’ai plus l’impression d’avoir un projecteur lumineux braqué sur moi, qui m’éblouie et me condamne à porter constamment des lunettes solaires. Sous un ciel gris, les rayons du soleil ne me brûlent pas, l’air est plus frais…Sous la pluie, une douce odeur d’humus se dégage, et le son des gouttes claquant le sol est une douce musique pour s’endormir.
Je repense à H qui dit détester le désert car il y fait trop sec. En effet, pour quelqu’un qui a grandi dans un paysage verdoyant, l’appel de la nature coïncide avec cette fameuse odeur d’humus. Je partage ce sentiment. Le désert me fascine, comble mon désir d’infinité de l’espace, de silence, de nuits étoilées, mais ne correspond pas à mon schème personnel de la nature. Et quant au silence dans la nature, subjectivement, je pense à un paysage enneigé, qui tue tout écho, et nous plonge dans un silence capitonné. Le silence du désert n’est absolument pas identique.
Rêver d’ « ailleurs » lorsque l’on est jamais allé ailleurs fait sûrement moins souffrir, que de ressentir le manque d’ « ailleurs » qui nous a déjà touché.
C’est ainsi que l’odeur des forêts d’eucalyptus d’Uruguay, et l’accent espagnol des Uruguayens me manquent, que les paysages et le climat du Haut-Doubs me manquent, que le Caire grouillant, le désert du Sinaï me manquent, partout où je vais, quelque chose de fondamental me manque, me laisant osciller entre la joie du retour et la peine des départs.
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03 août 2006
De la patience
Malgré tout je suis souvent impatient. Impatient que l’hivers arrive, impatient de terminer ce que j’ai commencé, impatient d’un événement annoncé etc… j’ai souvent tort, puisque la précipitation et la confusion qui l’accompagne mènent à bien des échecs et finalement l’action doit être reprise à son départ et on perds du temps à cause même de notre impatience…
Mais là, s’en est trop ! Je suis vraiment à bout, un peu déçu aussi. J’ai cumulé les emplois et les études pendant des années, je me suis engagé jusqu’au bout du cursus universitaire, en essayant de donner une certaine cohérence à ce parcours multiple. Je me suis dit qu’en sortant de l’université, grâce aux années d’expériences professionnelles, je parviendrai à trouver un emploi correct assez rapidement… c’est pourquoi j’ai quitté avec une certaine assurance mon dernier poste…
Mais voilà huit mois que je suis au chômage, rien de concret ne se profil à l’horizon et je suis déçu à chaque fois qu’une piste semble prometteuse ! Je suis arrivé au bout de mes économies et maintenant je ne jouerai plus de patience… je répondrai à l’urgence…
Il y a du découragement aussi.
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01 août 2006
ein so schlechter Tag
On a un peu laissé Doha seule en ligne depuis quelques jours. J’avoue que je n’avais pas envie de m’immiscer dans le long débat sur les événements et sur le Moyen-Orient en ce moment, égoïstement empêtré dans mes propres petits soucis, dont je sais combien ils sont dérisoires, mais ce sont les miens, ce sont mes urgences.
Pris dans une spirale d’échecs qui ne m’ont pas fait avancé d’un pouce depuis plus d’un an je commence sérieusement à désespérer de l’avenir professionnel, même si les bonnes idées ne manquent pas, et les interlocuteurs non plus.
Aujourd’hui le temps est merveilleusement diluvien sur Paris ! L’air est enfin humide et frais, j’ai presque froid et je peux enfin me draper dans des vêtements plus épais, aux manches longues et aux tissus immuablement noirs ! Je ne commets pas d’infidélité à ma couleur. Je me retrouve enfin dans mon élément, entre terre humide, petite musique de la pluie, lumière tamisée et une irrépressible envie d’avancer !
Pour le quotidien je n’ai absolument pas à me plaindre. Je me fais chouchouter par Olivier, je travaille comme je le souhaite sur les projets, la thèse, mes travaux de tricots pour ne pas rester improductif lorsque je regarde un film et bien sûr il y a les plantes et les poissons !
Mais même mon petit monde protégé a été ébranlé par l’infernale spirale d’échecs !
La dernière série d’alevins n’a pas tenu… l’eau était trop chaude en raison de la canicule et certains étaient mal formés en raison de la consanguinité… mes dernières boutures de plantes n’ont pas prise et certaines n’ont pas survécu à le canicule pas vraiment par manque d’eau mais parce que l’air était trop sec… et il y en a quelques unes que je dois bien reconnaître avoir arrosé trop généreusement (elles se sont étouffées…) et aujourd’hui, horreur suprême : toutes les artémias sont mortes… je ne sais pas si c’est un problème de salinité de l’eau ou bien le changement de nourriture que j’ai entrepris il y a quelque jours…
Me concentrer sur ces ratages mineurs est une façon de ne pas me décourager pour les projets professionnel dont l’un a échoué ce matin.
Mais je ne m’avoue JAMAIS vaincu. Coûte que coûte je continue et je n’abandonne JAMAIS une action entreprise… les résultats sont long à se montrer mais mon acharnement aura raison de tout obstacle. Je suis un germain et quand bien même le monde entier est contre nous, par fierté, entêtement et avec constance on ne se laisse pas abattre :
Ich bin ein Mensch und das heisst ein Kämpfer sein ! (Goethe)morgen wird ein besserer Tag sein.
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30 juillet 2006
D’un mondial à l’autre
François Burgat : « Neuf mille à trois : le score de l’équipe qui triche ! »
Au Proche Orient, le dernier né du couple vieillissant Etats-Unis Europe, enfant gâté, laissé sans surveillance, est en passe d’entrainer père et mère vers une confrontation généralisée. Son dernier caprice consiste à mettre la région à feu et à sang pour réparer l’affront que lui ont fait deux de ses voisins : n’ont-ils pas osé, à lui qui en détient plus de neuf mille, faire.....trois prisonniers !
Le rappel du dernier épisode de cette dérive - celui de l’assaut donné à la bande de Gaza - permet de comprendre pourquoi de plus en plus de spectateurs de ce « mondial » là s’interrogent sur les méthodes d’une équipe qui, à l’abri de toute sanction, évolue en évidente situation de hors jeu !
Le dispositif de sécurité : Pour séparer les supporters des deux équipes, les officiels israéliens n’ont pas hésité à construire, sur plusieurs centaines de kilomètres, une barrière de sécurité de six mètres de haut ! Plus encore que son principe, c’est le tracé de cette barrière qui pose problème : elle permet en effet à l’équipe israélienne de s’approprier une partie substantielle des tribunes palestiniennes ! De surcroît, elle coupe en deux le camp des supporters palestiniens, interdisant à ceux de la Cisjordanie de venir soutenir ceux de Gaza et inversement !
Les sélectionneurs : les équipes des deux camps ont été sélectionnées par un vote de leur public respectif. Le choix du sélectionneur/public israélien n’a jamais été contesté, même lorsque, régulièrement, il désigne des joueurs portant une longue barbe. Les fédérations occidentales et les sponsors européens - après avoir encouragé bruyamment le renouvellement d’une équipe notoirement corrompue- ont décidé en revanche de boycotter les nouveaux élus palestiniens sous prétexte que le choix du public sélectionneur ne leur convenait pas !
La tactique des équipes : Les statistiques et les caméras l’attestent. La stratégie de l’équipe palestinienne, dont la capacité offensive est constamment surévaluée, est essentiellement défensive. C’est sur son terrain, voire à l’intérieur de sa surface de réparation - où l’herbe a d’ailleurs de plus en plus de difficulté à repousser- que se déroule l’essentiel de la rencontre. Tout en insistant sur sa vocation défensive, l’ « Equipe de Défense d’Israël » cherche au contraire depuis près de 40 ans à occuper le plus de terrain possible. Une fois ses joueurs entrés en force dans le camp de l’équipe adverse, elle n’hésite pas, en dépit des règles explicites de la Fédération Mondiale Unie, à les y implanter de façon permanente !
La météo du match : Par 40 degrés à l’ombre, l’avantage technologique de l’équipe israélienne est d’autant plus net qu’elle n’a pas hésité à faire couper l’électricité dans les vestiaires de l’équipe palestinienne !
L’approvisionnement des joueurs : Le ravitaillement des joueurs palestiniens est suspendu ! Par l’Egypte dont la frontière est bouclée, il est tout aussi impossible par mer ou par air : dès les phases préliminaires de la rencontre, l’équipe israélienne a fait détruire port et aéroport de son challenger. Et elle confisque aujourd’hui les taxes douanières des produits que l’équipe palestinienne est obligé de faire transiter par son territoire !
L’arbitrage : L’attitude des représentants de la Fédération Mondiale Unie et de la Fédération européenne, présents dans l’enceinte de la rencontre, ne cesse de surprendre : leurs regards dirigés vers un seul des deux côtés de la tribune officielle, ils tournent en fait purement et simplement le dos au terrain !
Les réservistes : Les candidats au soutien à l’équipe palestinienne, surnommés « djihadistes » sont l’objet d’une hostilité systématique des autorités de leur pays d’origine, de la Fédération Mondiale Unie et des fédérations régionales qui s’efforcent par tous moyens de leur interdire l’accès du terrain. Les partenaires internationaux de l’équipe israélienne disposent en revanche d’un statut beaucoup plus avantageux : ces « réservistes bi-nationaux de Tsahal » peuvent en effet affluer du monde entier sans rencontrer le moindre obstacle !
Les attaquants : Pour garantir le rythme et la terrifiante précision de ses tirs, l’équipe israélienne a les moyens de déplacer ses tireurs par voies aérienne et maritime aussi bien que terrestre. Pour conserver un minimum de mobilité, l’équipe palestinienne, dotée seulement d’une « artillerie » obsolète et artisanale, est réduite pour sa part à se déplacer ... en creusant des tunnels !
Le service de presse : Grâce à la puissance de ses sponsors autant qu’à ses trouvailles innovantes (comme celle de faire endosser à ses plus ardents supporteurs des maillots d’« experts » ! ) l’équipe israélienne sélectionne, aussi soigneusement que ses propres joueurs, les journalistes autorisés à rapporter leurs exploits et s’assure le monopole de retransmission de la rencontre !
Hormis quelques chaines régionales émettant dans une langue incompréhensible à la plus grande partie du public, l’équipe palestinienne ne dispose quant à elle que de relais médiatiques très marginaux. Ses supporters régionaux sont certes nombreux et très mobilisés. Ils sont toutefois très mal encadrés par des dirigeants de fédération souvent corrompus. Des cas de collusion avec les officiels israéliens sont même régulièrement dénoncés : ils seraient le résultat des pressions financières exercées par la puissante fédération américaine.
Les espoirs des supporters palestiniens :
La motivation des joueurs palestiniens, qui jouent « à domicile », demeure plus forte que celle de l’équipe israélienne, qui joue « à l’extérieur ». De surcroît, chez les supporters israéliens, une certaine lassitude devient perceptible : les « plongeons de dix mètres » à la mode de Ronaldo, la multiplication des recours aux « mains de Dieu » à la Maradonna, les commentaires tronqués du service de presse officiel, les interdictions qui frappent de plus en plus fréquemment les spectateurs étrangers désireux de rejoindre la tribune palestinienne bref, tous les raccourcis douteux qu’emprunte l’équipe israélienne font monter, jusque dans les tribunes officielles, des rumeurs réprobatrices.
Les membres du prestigieux « Club des supporters de la légalité internationale » ont-ils conscience du coût de leur navrant silence ? Incapables de rappeler l’une de leurs équipes au respect des règles élémentaires, réalisent-ils qu’ils sont en passe de priver leur vieille institution de toute crédibilité ? Et que c’est leur propre équipe qui va inévitablement payer, un jour, le prix de cette vilaine « loi de la jungle » qu’ils laissent appliquer impunément ?
François BURGAT
Politologue
14 juillet 2006
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Post Scriptum : Loïc ne t’insurge pas ce n’est pas (vraiment) du foot. Bien à vous, S.
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27 juillet 2006
July, 27th
Je suis de retour dans la civilisation bisontine, j’ai donc un accès au net, car je n’ai pas trouvé de hot spot Wifi à Montbéliard. Mon ami M s’en est aperçu vite, il a reçu mon mail, connecté non loin, à vu l’heure, et m’a rejoint illico là où il supposait que je me connectais. Tout à l’heure, mon amie Angela (voir posting sur les vacances d’Angela au Caire, dans archives d’octobre) me rejoindra aussi, c’est qu’elle s’envole avec moi pour le Caire le 4 août aussi.
Le blog me manquait, je viens de lire mes co-bloggers. J’ai tantôt ris, fus intéressées, et fus émue particulièrement par le posting du 23 juillet.
J’ai pu reprendre ma conversation par e mail avec M connecté depuis le Japon, que j’avais laissé en plan la semaine dernière, hélas, cela tourne à la vinaigrette. On fait monter la mayonnaise régulièrement, puis elle tourne, on la jette, et l’on recommence un peu plus tard en général. Mais cette fois ? Je ne sais pas, enfin, je sais ce que je veux, je sais ce qu’il ne veut pas de mes salades, va t-on s’en sortir ? On va se mettre à table au Caire bientôt.
Il fait encore très chaud, mais les orages approchent, paraît-il, si la météo a tout juste, Loïc devrait déjà contempler la grisaille et la pluie depuis chez lui à Issy-les-Moulineaux.
J’ai assez envie de me foutre à poil sous la pluie, si elle vient, mais j’ai peur d’attraper un rhume se faisant.
J’ai tout casé dans mes valises, sans dépassement de poids (cela change de l’angoisse de mon dernier voyage lors lequel j’ai dû donner à l’arrache mes dicos à mon père devant le guichet d’enregistrement, pour qu’il me les fasse parvenir par la poste plutôt, on avait des miles pour billet prime en réserve pour payer 10 kilos de dépassement, mais j’étais bien au-delà, et comme papa prévoit tout, il m’a donné en cash de quoi payer à l’aéroport de Bruxelles où je faisais escale au cas où.) Bref, je suis soulagée. Du coup, c’est Angela qui prendra le pinard dans ses bagages. L’excédant de poids se trouve par contre en moi-même. Comme à l’habitude, je prends en moyenne quatre kilos pour un mois passé en France. Tati, qui pense bien faire, et je l’en remercie quand même, m’a préparé entre autres plats divinement bien cuisinés, une choucroute, du couscous, et une fondue savoyarde est au programme pour mon retour la semaine prochaine chez elle (c’est pas de saison, mais bon, autant aller dans l’excès pour changer.) Et je ne parle pas des litres de vins dont je m’abreuve !
Et voilà, comme toujours, c’est en fin de séjour que je commence à me ré-adapter à la France. J’aurais déprimé sombrement durant deux semaines, la troisième aura été plus supportable, et à l’aube de la cinquième, je commence à entrevoir ce qui me manquera. Toutefois, mon impatience à retourner au Caire, est toujours aussi vive.
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July 26th
Suite à mes péripéties administratives, un constat s’impose : n’ayant toujours pas de contrat de travail en Egypte, et n’étant plus étudiante salariée en France, ayant une adresse fiscale en France, mais résidant à l’étranger, je ne suis plus réellement existante à 100% quelque part. Aucune case ne convient à mon statut vraiment. Sur le coup, je me suis senti assez mal, un peu « Lost in the world ». Et puis, hier soir, discutant avec mon cousin T, son amie C, et sa collègue C, j’ai relativisé. Nous parlions de légalité, de normes, des excès que cela engendre, et avons conclu qu’au-delà ou en deçà de ce carcan, il y a encore une vie possible avec ses propres solutions et son propre fonctionnement.
Il est vrai, que jamais je ne me suis senti plus existante que cette dernière année, même si mon statut officiel en Egypte est celui de touriste, même si on ne souscrit pas d’assurance habitation, même si je ne cotise pas pour la retraite…L’être est ailleurs. J’ai ma place là-bas, dans un cercle amical, dans mon logis, auprès de mes élèves à qui j’enseigne. Et même seule, dans les rues du Caire, je ne me sens pas particulièrement anonyme, le seul fait d’ « être là » suffit. Tout cela est bien réel.
J’emprunterai ici la formule sartrienne suivante : « l’Existence précède l’Essence ». En effet, l’administration est notre essence, elle nous offre un statut, un numéro, une identification abstraite. Mais il nous incombe encore la tâche d’exister au-delà de cela. Dans ce cas, l’essence précède l’existence, car nous naissons avec un numéro de sécurité sociale, un prénom et un nom de famille, et nous n’avons rien choisit de cela nous-même. Il nous faut ensuite s’approprier la vie.
Existions-nous avant ? (je n’ai pas la fameuse conférence « L’existentialisme et un humanisme » sous les yeux, et je l’ai lu, il y a bien longtemps, alors je vais développer moi même). Nous existons au travers du projet de nos parents, mais ce n’est qu’une projection, un idéal, pas encore nous-même.
(Sous l’angle de la responsabilité, en effet, l’existence précède l’essence, et c’est là que Sartre développe lui, sa formule.)
Toutefois, dans une telle société, c’est une lutte que de revendiquer une existence affective, créatrice, lorsque l’on nous demande avant tout de justifier d’un statut abstrait, dans lequel on ne se reconnaît pas forcément.
Et que penser des immigrés« sans papiers », des réfugiés politiques, des exilés. À quels moments les considèrent t-on comme des existants, qui communiquent, aiment, créent ? On ne leur demande que de pouvoir justifier d’un statut qui entre dans les cases d’un logiciel informatique, sinon, on les met hors-jeu d’emblée, sans considérer leur utilité à être potentiellement dans la société, de bons parents, époux, amis, artistes…
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July, 25th
Le besoin d’écrire quotidiennement est bel et bien installé depuis maintenant presque une année. Je me souviens encore que je n’appréciais pas de pratiquer cet art. Je le pratiquais laborieusement, préférant la peinture et le dessin. À présent, tout à changer, même si souvent, les images me semblent le meilleur moyen de représenter une idée, qu’elles me viennent en l’esprit, ou que je les trouve sous mes yeux dans un livre illustré ou dans une exposition.
Je ne pense pas avoir encore vécu l’angoisse de la page blanche, au sens ou je n’ai de nécessité d’écrire que pour moi-même avant tout. Mais, moi même, exige et a besoin, par conséquent je vis des moments de frustration lorsque je n’ai rien à dire, et quand, pire, le peu que j’aurais à dire, je ne me sens pas d’humeur à y ajouter une pointe d’humour qui en ferait un texte d’un petit intérêt.
Puisque mes textes sont essentiellement destinés au blog et que l’on y attend de mes nouvelles, je vais toutefois en donner.
Je me noie littéralement dans la folie que génère l’administration. Depuis un an, je n’ai plus l’habitude d’avoir à traiter beaucoup de « paperasse », si bien que soudainement, en un délai réduit il me faut traiter ce qui a été en attente durant plusieurs mois : classer les relevés de comptes de trois banques différentes, changer de statut aux regards de la sécurité sociale, souscrire une nouvelle mutuelle, procéder à de nouveaux changements d’adresse. Attendre longtemps au téléphone qu’un interlocuteur réponde, entendre que le service est fermé pour tout l’été, faire des tonnes de photocopies, coller un tas de timbres en se demandant si c’est assez compte tenu du poids du courrier…
C’est un cauchemar, j’ai toujours eu cela en horreur, et j’avoue que j’ai facilement tendance à faire l’autruche dans ce genre de cas.
Le pire, ces dernières semaines, fut de recentraliser mes papiers importants : j’en ai oublié au Caire, certains se trouvent chez ma mère à Besançon, d’autre chez mon père à Montbéliard, les archives dans le grenier de la maison de ma grand-mère, dans une quatrième ville, le reste se promène sur moi dans un trieur dont l’élastique explose.
Le mois de janvier 2006, passé en France, n’avait déjà pas été des vacances, ce mois de juillet ne l’est pas non plus, car il n’y a pas un jour sans rien de chiant à faire. Je me souviens d’ailleurs, quelques mois après janvier, avoir craqué, tant, finalement, je n’avais pas pris de réel repos depuis longtemps.
L’objectif de demain est d’acheter une seconde valise. C’est que, outre trop de fringues et de paires de chaussures inutiles, il me faut caser dans mes bagages une vingtaine de livres de philosophie, sélectionnés douloureusement, une imprimante, plus d’un kilo de thé et tisanes, entre autres choses.
Moi qui rêvais de passer quelques jours à la campagne, il ne me reste que peu de temps pour le faire, et il me reste par contre encore pas mal d’obligations. Au Caire, beaucoup à faire m’attend aussi, j’ai peur d’y arriver non reposée.
Il suffit d’écouter son corps (mal de dos, de nuque, de crâne), pour comprendre que l’on a besoin d’un break, mais comment faire lorsque le temps presse et les contraintes s’accumulent, sans cesse ? Peut-être y a t-il des souffrances inutiles là-dedans, sûrement, mais il faut du recul avant de pouvoir lâcher prise, ou alors attendre de craquer (c’est cette dernière option que je prends en général). J’aimerais tant avoir la sagesse de m’arrêter à temps, pour ne jamais arriver à bout de nerfs, de forces, mais je ne sais pas le faire. Pourtant, il va me falloir en prendre la décision, car, mon dos est de plus en plus douloureux chaque jour, la colère et l’agressivité me viennent trop facilement. Il va falloir que je réserve quelques cases vides à mon agenda, des cases qui signifieraient que je n’ai rien d’autre à faire que de dormir, manger, et contempler un environnement campagnard serein.
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26 juillet 2006
égologie
Dans le métro aujourd’hui j’ai entendu les hauts parleurs diffuser des messages « spécial canicule » du genre « en raison des fortes chaleurs, la RATP vous rappelle de vous réhydrater régulièrement et de boire même lorsque vous n’avez pas soif, je répète, la RATP vous rappelle de vous réhydrater régulièrement et de boire même lorsque vous n’avez pas soif… », ensuite il y a le télé réalité et les blogs…
Rien à voir me direz-vous ? En fait si, justement, ces trois éléments participent d’une même vision de société soit disant idéale mais en fait idéologique comme toutes les autres…
L’autofiction est à la mode chez les romanciers du moment, dire des abominations invraisemblables est primé et salué par les critiques les plus branchés (Houellbec), montrer sa médiocrité et s’humilier en public est une promesse de célébrité, aussi passagère que fulgurante (émission Endemol) et enfin, se réinventer entre fantasme, faux-semblants et mythomanie sur la toile est le commun de la blogosphère… et des sites de rencontres.
J’ai l’impression qu’en chacun de ces cas il s’agit de nous déculpabiliser de notre médiocrité générale et de la petitesse de nos vues… on se réinvente et on se magnifie, on s’étale avec obscénité en se faisant croire qu’on a un intérêt et on s’enorgueilli de savoir taper sur un clavier.
Et le lien avec les messages d’alerte à la canicule ? Et bien les premiers éléments relatifs à l’ego, devenus une véritable apologie de la moindre individualité, aussi minable qu’elle soit, dès lors qu’on lui adjoint un système social d’assistanat qui va jusqu’à nous dire si on a faim ou soif correspond à l’établissement d’une étouffante société idéale comme dans les plus terribles pages des romans de Science Fiction où l’humanité tourne mal.
Dans le monde idéal la règle est : « Soyez médiocre et heureux dans votre coin, « on » s’occupe de tout ! » mais la moindre résistance vous coûtera chère… Etre philosophe c’est déjà l’exclusion assuré de tout cercle sauvagement capitaliste ou de tout effet de mode par exemple. Ça peut aller jusqu’à la pénalisation du suicide comme dans certains pays ! Nous ne disposons pas de nos vies… « du pain et des jeux »… De la démocratie en Amérique… et peut être même : « bien heureux les simples d’esprits… », Et c’est tout, nous ne sommes pas en droit d’attendre autre chose.
Mais d’un autre côté, quel occasion fabuleuse de se reprendre en main, de profiter de la permissivité ambiante pour être réellement permissif : concevoir un autre projet social, plus exigeant sur l’individu peut être, plus juste ou plus enrichissant humainement… Attac, le développement durable, la web résistance etc…
Finalement, les nouveaux procédés technologiques placés entre les bonnes mains pourraient passer d’outil d’aliénation à moyen de libération ! Libération de la basse bêtise, de l’oisiveté passive ou de l’imbécillité acquise (ça devrait être classé maladies mentales par l’OMS tient !).
Évidemment c’est facile de cracher dans la soupe quand on cède soi-même aux plaisirs égologiques en tenant un blog sur son petit quotidien dont franchement il n’y a pas grand-chose à dire. Ma vie parisienne est ici relatée par bribes sélectives pour contraster par sa tranquillité avec l’animation qui règne à Doha et au Caire, l’occasion aussi de croiser nos points de vue sur l’actualité qui secoue nos trois pays, nos trois continents. Je crois que jusqu’ici nous tenons bon et ne cédons pas trop à la pure et simple égologie.
21:03 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24 juillet 2006
Les fous d’en face : c’est de famille !
J’ai quelques anecdotes médicales pas mal non plus, mais là, j’ai été battue à plate couture par ma sœur !
Une de mes anecdotes personnelle c’est le jour ou pour un orgelet terrible je demande à la pharmacienne du coin de m’indiquer un médecin avec mon œil explosé… elle m’envoie rue Vide-gousset chez le docteur Le Borgne…
Mais ma chère petite sœur qui vit à Bordeaux, a la santé plutôt fragile. Pendant un pic de canicule la semaine dernière, alors qu’elle était justement malade, elle a fait un malaise sur son lieu de travail. Je passe les détails, c’était un malaise très sérieux et sa patronne, prise de panique, court chez la pharmacienne en face pour trouver le médecin le plus proche…
Ma sœur s’est réveillée chez le médecin la plus proche… le médecin légiste !
C’est la seule personne de ma connaisse qui a atterrit en consultation chez un légiste de son vivant ! A son réveil, comprenant où elle était, ma sœur se met à fondre en larme et la légiste veut la rassurer en lui disant un truc du genre :
« Mais ne vous inquiétez pas, je suis généraliste avant d’être légiste ! ».
Certes… mais légiste tout de même ! Se réveiller à la morgue n’est jamais rassurant !
15:21 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
21 juillet 2006
July 21th
La canicule sévit toujours en France, je commence à désespérer de voir une goutte de pluie d’ici mon retour au Caire, à vrai dire, je n’y pense même plus. Pourtant, qu’il serait bon de sentir l’odeur de l’humus, d’entendre le son d’une averse frappant le sol, de sentir l’air se rafraîchir.
Mon niveau d’énergie n’augmente pas, j’évolue dans la fadeur d’un été bisontin, dans les rues désertes la journée, et à nouveau désertes le soir après minuit.
J’ai peine à m’infliger la contrainte d’un rythme de vie conditionné par des horaires rigides de transports et rendez-vous divers, ne laissant place à aucune surprise. J’angoisse devant la rigidité d’une administration qui se voudrait sans faille, et qui pourtant crée des situations si absurdes. Je suis triste d’entendre que le chômage est une obsession pour beaucoup, la retraite, le prêt immobilier à rembourser. Tous ces tracas ne laissant que peu de place à des moments passionnément insouciants. C’est pareil partout me direz vous, mais dans les pays riches, il me semble que l’on devrait pouvoir se réserver un autre genre de vie que celui d’esclave du travail. Pourtant, le fossé entre riche et pauvre se creuse aussi, pas dans des proportions telles que dans les pays de l’hémisphère sud, mais tout de même, on y échappe pas. Il y a de quoi devenir très pessimiste. Voyager, et observer les mêmes maux partout, reviens à émettre un constat d’impuissance.
Il y a un fort taux de dépression nerveuse, de suicide en France, l’Egypte est confrontée à ces drames moins couramment, mais n’en ai pas dépourvu. Le taux de chômage est haut là-bas, plus bas en France, mais suffit à devenir un des pires maux de la nation. Tandis que l’Education publique en Egypte est désastreuse, et les écoles privées pullulant, en France, l’Education prend de sérieux coups.
Bien sûr, une différence fondamentale est notable, l’Egypte est sous état d’urgence depuis 20 ans, avec tout ce que cela engendre de néfaste, et la France est une Démocratie. Mais de plus en plus, je repense à la notion de tyrannie de la majorité (la majorité a t-elle toujours raison ; elle écrase l’individu) développée par Alexis de Tocqueville, et à ce qu’évoquait aussi Platon (le meilleur des pires gouvernements). En effet, si demain, les Égyptiens votent démocratiquement, ce serait une catastrophe (vote de la majorité très probable en faveur des islamistes), et que dire du vote des Français en 2001, une minorité a voté pour l’extrême droite, mais au train où vont les choses, l’on ne peut que se demander si elle ne pourrait pas devenir à terme une majorité.
Alors, sur quel espoir se fonder ? L’Education, la Culture. Oui, mais ces sphères de la société sont étouffées, manipulées par les gouvernements, et quid de la possibilité de chacun d’accéder à une pensée parallèle ? Cela paraît si aléatoire, vu de loin. Car le prolétaire n’est pas toujours plus solidaire que le propriétaire.
Quoi qu’il en soi, un même souffle jaillit, celui de l’individualisme.
C’est beau, l’Individu. Depuis que l’homme se vit en tant qu’individu, il pratique l’introspection, fait de sa liberté personnelle une priorité, choisit, mais, à la fois, a peur d’autrui, qu’autrui le vole, l’étouffe.
En Egypte, les individus fonctionnent encore, avant tout, dans le collectif. Cela présente évidemment avantages et inconvénients. Les avantages pourraient être les suivants : les parents sont prêts à garder leurs enfants sous leurs toits tant que ceux-ci n’ont pas de quoi subvenir à leurs besoins, les enfants à leur tour subviendront aux besoins de leurs parents âgés. L’amitié semble être une valeur assez fondamentale, une réelle seconde famille. Il est très peu probable qu’une personne seule dans la rue, ayant besoin d’une quelconque aide soit laissé livrée à elle-même.
Par contre, le poids du collectif pèse sur les vies de ceux qui font d’autres choix que ceux de leurs parents, la vie privée est un concept non-prioritaire, l’ingérence dans les affaires des autres est naturelle, et le rejet de celui ou celle qui se marginalise par la dérogation à une seule règle sociale est courant.
On l’aura compris, il n’y a pas d’Eldorado, chaque modèle à ses tares, plus grandes que d’autres peut être.
On pourrait encore mettre à part le cas des pays en guerre. Les autres ont au moins la paix. Mais que dire des pays où chaque jour la population craint de se prendre une bombe sur la tête, que dire des populations que l’on force à l’exile ou que l’on assassine. Si au moins le droit à la vie était respecté internationalement, peut-être pourrions-nous dire, que l’Humanité ne se débrouille pas si mal que cela.
12:50 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 juillet 2006
Inferno/Paradiso
Après tout, se sentir en enfer ou au paradis n’est qu’affaire de point de vue.
Je ne parle pas des cercles de Dante, ni des cartes postales sur lesquelles sont imprimées des photos de plages de sable blanc fin, hérissées de cocotiers.
Je parle de ce que l’on ressent à un endroit précis, à des moments précis, avec des personnes précises. Il y a le phénomène en soi, et le contingent (facteur temps, vécu, climatique).
Alors que je me croyais en enfer, en visite familiale protocolaire, en province dormante, le ciel s’est couvert, est devenu gris, un orage menaçait, et l’air se rafraîchissait. Tout à coup je réalisais que ce que j’étais venu chercher en France, pouvait enfin arriver : la pluie et la fraîcheur. À cet instant d’espoir, tout le poids de l’obligation, du passé resurgissant, de tout ce que j’ai fui, s’allégeait, et promettait de céder place à la joie, au bien-être. Hélas, l’orage n’a pas eu lieu, mais j’ai compris, qu’il suffisait que je change une donnée, pas n’importe laquelle (le gris et la pluie me sont familiers et appréciables), et le malaise que je ressens depuis deux semaines, s’apaiserait, laisserait peut-être place à plus de positivité.
Il me reste environ trois semaines à passer en France, là où je ne me sens plus chez moi, là où je ne peux pas non plus me sentir en vacances puisque ce fut chez moi. Je laisse le temps se projeter de jour en jour seulement, dans l’attente de retrouver la route de mon destin choisi, tentant d’accepter que le chemin n’est pas droit et que je devais repasser par là, pour comprendre que je n’y aie aucun élan vital ou plutôt qu’il ne peut s’y développer.
Hier soir, je me promenais sur la place Stanislas, à Nancy (Lorraine). C’est beau, c’est géométrique, c’est propre et lisse, c’est blanc et doré, clinquant et respectable. Les gens qui s’y promenaient étaient également à cette image, uniformes, propres et lisses, respectables.
Je me suis allongée dans l’herbe du parc adjacent, sous un arbre centenaire, humant le suave parfum des fleurs au crépuscule, savourant le calme, la mollesse et la fraîcheur du gazon.
La promenade sur la place me mena au point-zéro de l’éveil de mon esprit, par contre, le parc libéra quelque peu en moi une énergie très agréable, et j’aurais aimé que ce moment dure plus longtemps, mais je n’étais pas seule, et d’autres préfèrent la fausse trèpidance de la place, au silence serein du parc presque vide.
Une nouvelle règle de vie s’impose : choisir au maximum d’évoluer, au quotidien, et pas uniquement en vacances, dans un environnement qui nous donne une bonne énergie, ne nous en vole pas trop, et éviter comme la peste, les lieux qui nous mettent à encéphalogramme plat.
Puisque l’herbe est toujours plus verte ailleurs, alors partons ! Elle n’est jamais plus verte en soi, mais pour soi, et cela légitimise un autre sens à donner à ce proverbe, celui de l’Eldorado non utopique.
Photos : MG
18:00 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 juillet 2006
les plaisirs simples sont les meilleurs
Ce soir, Olivier et moi avons repris notre activité estivale préférée : les balades en vélos. Jusqu’ici nous avions repoussé l’échéance sous différents prétextes plus ou moins vrais : vacances, chaleur, problème d’emploi du temps etc. Mais ce soir nous ne pouvions plus repousser et nous avions vraiment très envie de nous y remettre. Nous avons donc revue les vélos, regonfler les pneus, extraits ces bicycles de la cave et enfourchés ces moyens de transports pour nous rendre dans la forêt de Meudon et aller manger aux bords d’un étang. Ce genre de soirée, extrêmement simples quand on y pense, me plaisent infiniment et nous y trouvons des amusements inattendus. Si hier nous avons pu voir une écrevisse, ce soir nous avons surpris un lapin d’une grosseur surprenante dans les bois. Celui-ci ne semblait pas vraiment farouche et il est resté dans un buisson pour observer le passage des ces deux humains véloces montés sur un drôle d’appareil. Nous avons aussi vu une carpe se battre contre un pêcheur et réussir à se défaire de l’hameçon pour retourner dans les eaux vaseuses de l’étang.
La fraîcheur et l’odeur d’humus de la forêt, que j’identifie instinctivement à une odeur de vie, nous a enivré tout au long de cette ballade et c’est un de nos plus grands plaisirs.
Contrairement à ce qu’on peut penser du bassin parisien, la topographie du sud de Paris est loin d’être plate. En réalité, c’est assez vallonné et une suite de petites collines et de simulacre de vallées terrassées par des siècles d’urbanisation se succèdent, et du coup, pour nous déplacer dans ce dédale, nous devons affronter une série de montées abruptes… et de descentes… en fait nous faisons parfois exprès de choisir les pentes les plus raides parce qu’une fois au sommet, lorsque nous engageons la descente, nous cherchons ce que nous appelons ensemble bien improprement « l’effet Hollywood». C’est l’effet extrêmement plaisant en cas de lourde chaleur que procure la vitesse et le vent produit dans la descente. Le sentiment de laisser-aller et l’impression de légèreté est grisante… mais nous freinons tout de même tout au long de cette descente en raison des risques de voir une voiture débouler d’un côté ou de l’autre, les parisiens ne sont pas réputés pour leurs aptitudes au volant… Maintenant que nous y avons goûter à nouveau, nous connaissant, nous allons en abuser plusieurs fois par semaine jusqu’en octobre…
00:47 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
12 juillet 2006
je m'insurge !
Les destins individuels se croisent sans cesse. Je pensais à Faye cette nuit devant un film franco égyptien assez baroque !
De mon côté les journées passent toujours aussi simplement, tranquillement, et horriblement rapidement…
L’été est pour nous la saison privilégiée des balades. Nous allons de moins en moins souvent en direction de Paris, qui nous lasse rapidement, mais nous poussons nos marches vers le sud le long de la Seine, ou bien en vélo vers les bois, forêts et domaines du sud de Seine. Il y a toujours de nouveaux endroits à découvrir et le calme ou la sérénité y sont au rendez-vous, en conformité avec notre mode de vie très autarcique. Hier soir par exemple, à l’occasion d’un très agréable pic-nic du côté de l’île Saint-germain, j’ai même eu la surprise de voir une écrevisse dans l’eau ! C’est d’autant plus surprenant que cette espèce de crustacé d’eau douce est très sensible à la pollution et je ne crois pas que la Seine en aval de Paris soit des plus propres ! En tout cas, l’individu vu hier soir avait l’air très bien, de taille adulte, il s’est caché dès que je me suis approché du rivage. Entre les poissons qui sautaient en tous sens hors de l’eau pour attraper les moustiques et une tortue de Floride qui n’avait rien n’à faire là, le tableau était très champêtre et reposant. Comme quoi, même dans le cœur urbain de notre petit pays on peut trouver des coins pittoresques.
Plus sérieusement les interrogations liées à l’avenir m’assaillent et j’hésite horriblement. Est-ce que je persévère dans le voie où je me suis engagé infructueusement jusqu’ici ou bien je force mon audace et je me lance dans la reprise d’une petite entreprise à développer en Bretagne ? Je ne détaillerai pas aujourd’hui mais c’est une vraie grosse question… aurais-je le cran de prendre des risques ?
18:27 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Improbabilité.
Hier matin, Loïc et moi, nous nous sommes retrouvés au Jardin du Luxembourg pour un petit déjeuner-boulot, pour parler de l’avenir du blog quoi…
Nous avons traversé une allée de sable bleu dans lequel se reflétaient de petits miroirs pendus au-dessus de nos têtes, agencés en mobiles qui faisaient cling-cling. Sur les côtés de l’allée, étaient plantés de magnifiques bambous. Puis, plus classiquement, nous avons choisi deux chaises derrière la balustrade de pierre surplombant la fontaine, à l’ombre d’un arbuste. Tout près, un orchestre jouait de la musique classique, très pompeuse, pas loin de Wagner sans être Wagner. Vous observerez à quel point je suis incapable de donner les références de botanique et d’auteurs de musique classique adéquates, je laisse le soin à Loïc de compléter ces lacunes.
Après un tour chez Gibert-Joseph, Boulevard Saint Michel, pour acheter le tome premier de la trilogie « Sphères » du philosophe contemporain, Peter Sloterdijk, et un café place de la Sorbonne, nous nous sommes quittés.
J’ai poursuivi mon chemin, seule, pensant que je me sentais si seule dans les rues parisiennes, que j’aimerais tant croiser le chemin de quelqu’un avec qui parler de la vie quelques minutes, juste se dire qu’on vit dans le même monde et qu’on peut se croiser sans se connaître et pourtant partager quelque chose.
À cet instant-ci, arrivant à l’angle de la fontaine de Saint Michel terrassant un dragon, j’entends mon prénom crié ! Il s’agissait de A., un ami franco-marocain du Caire, rencontré lors d’une soirée sur une felouque sur le Nil, organisée par Pat il y a quelques mois. Depuis, on se voit souvent au Caire pour faire la fête à l’"After Eight", et au cabaret « El Leil ». A. était accompagné de trois de ses amis français qui étudiaient l’Arabe au Caire cette année, que j’avais rencontré lors d’un dîner à l’Estoril.
L’improbable s’est produit, ce fut une très bonne après-midi que j’ai passé avec eux, me rapprochant du Caire.
Nous sommes allé au cinéma des Halles, voir « Echo park », un film d’auteur américain, sur la vie d’une jeune fille mexicaine qui fête ses quinze ans, chose sacrée en Amérique latine. Cela m’a rappelé qu’à l’époque, ma grand-mère qui vit en Uruguay voulait que je fête mes quinze ans là-bas avec robe de princesse meringuée, gâteau géant, et 300 invités. J’y ai échappé !
Cet après midi, je pars pour la province, demain soir, F, la troisième épouse de mon père, m’a proposé d’aller admirer le feu d’artifice en sa compagnie et celle de mon frère et de ma sœur, cela fait longtemps que je n’en ai pas vu, çà doit remonter à l’époque où l’on faisait encore semblant d’être une famille, et puis l’eau à coulé sous les ponts, on ne s’est plus obligé, je ne fête plus Noël en France depuis deux ans déjà, et à présent, il semblerait qu’on choisisse de faire certaines choses avec plaisir, plus comme une famille, mais comme des personnes qui se choissisent.
12:45 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
10 juillet 2006
Level of Energy
Habituellement, Paris n’a qu’un seul intérêt à mes yeux, hormis celui de voir les amis que j’y ai, celui de faire un marathon d’expos et de musées.
Mais cette fois, j’ai traîné les pieds.
Toutefois, je suis allé à la Maison Européenne de la Photographie, à la Maison Rouge, au Palais de Tokyo, et au Centre Pompidou. Il y a un an à la même époque, mon marathon parisien des arts avait été marquant (« Africa remix », « Wang Du parade » en hiver).
J’étais à la recherche d’énergie, de celle que j’ai perdue aussitôt arrivée en France, c’est que Paris à l’heure actuelle m’en prend plus qu’elle ne m’en donne (surtout dans le metro). La seule et unique chose qui, dans les plus bas moments de mon existence, me redonne de l’énergie vitale, est l’Art. Une oeuvre « claquante », qu’elle me donne à voir de la beauté, envie de vomir, ou simplement me fait me poser une nouvelle question, me fait voir le monde sous un angle différent, et je revis, j’ai à nouveau envie de faire des projets, de m’exprimer.
Hélas, je reste condamnée au silence cette fois, je n’ai aucun compte rendu à faire. Seul constat, les deux seules œuvres que j’ai appréciées étaient, du genre « spookie » pour l’une, et dans la thématique de l’intimité amoureuse et sexuelle pour l’autre. Pas étonnant, Le Caire n’est pas très « pink lolipop », et les thématiques charnelles sont évitées généralement. (Je citerai les œuvres plus tard, dès que j’aurai remis la main sur les brochures que j’ai emportées dans mon sac.)
Néanmoins, j’ai vécu quelques moments d’intenses émotions depuis 10 jours : lors des matchs de football (et on sait comment cela s’est terminé), et la nuit dernière en visionnant sur écran géant le troisième épisode du Seigneurs des anneaux, en compagnie d’une fan comme moi, avec qui on n’a pu s’empêcher de se faire un résumé de toute la trilogie, ainsi que de la genèse écrite dans le Silmarilion, concluant que ce serait chouette d’être transférée dans ce monde là (pour ma part j’aimerais bien être Galadriel, Dame de Lorien !).
Sinon, je vis dans un néant mental, sans étonnement, sans fascination, sans sexe, sans illusion de l’amour (sans drogues quoi !).
Étant privée des objets de mon addiction, je sombre donc dans un état dépressif, au point qu’hier je suis passé sous la Tour Eiffel sans m’en rendre compte, tant j’étais blasé.
Je n’attends qu’une chose, c’est revenir au Caire, y faire mon overdose de « too much » : noise, pollution, people, parties, cake, puis me barrer dans le Sinaï désertique et silencieux, sans transition. Cela me fatigue et je m’en plains assez, mais j’aime ça en réalité, du moins pour le moment.
Autre constat, Paris ne me donne toujours pas envie d’y vivre. « Mais tu dis cela parce que tu n’y passe jamais beaucoup de temps ! » me répète t-on. Oui, ok, mais bon, je ne vais pas me forcer à y vivre pour voir si j’ai envie d’y vivre ! De longs week-ends dans la capitale française, régulièrement depuis des années, et rien n’ y fait, je n’y ressens aucune attraction.
Si je résume : Montbéliard (la ville de ma naissance) me rend tristement nostalgique. Besançon (où j’ai vécu de 8 à 27 ans) m’ennui profondément, Paris me déprime et me déçoit systématiquement.En Uruguay, Montevideo me donne envie d’y vivre un jour mais pas maintenant : Cabo Polonio est une référence au paradis à mes yeux (réserve naturelle côtière de dunes, plages, océan ; Paso del Sauce aussi (l’Estancia de mon ami Alberto, dans laquelle j’ai fait du cheval pour la première fois lorsque j’avais cinq ans, là où j’ai vu le premier serpent, le premier lièvre tué par mon père à la chasse, eu ma première carie dentaire, dormi pour la première fois à la belle-étoile, eu mon premier contact avec une langue étrangère…). L’Uruguay, c’est peu chez moi, c’est une nostalgie positive.
Mais Le Caire, j’en suis éprise, c’est mon présent, l’action, un lieu de projet à moyen terme, une ville qui m’inspire, qui me prend beaucoup d’énergie, mais m’en donne énormément en retour.
02:40 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 juillet 2006
Good morning me !
Demain matin, en me réveillant, j’aimerais que tout ait changé, ou presque. Me réveiller en Egypte, me réveiller dans un endroit qui serait Chez Moi, me réveiller dans les bras de quelqu’un qui ne serait pas un inconnu, ni un amant provisoire, mais bien Plus que cela. J’aimerais me dire que je vais allumer mon ordinateur pour écrire des choses intéressantes, qui me rapporteraient en prime de l’Argent pour en vivre. J’aimerais allumer mon téléphone sans craindre que ma messagerie ne comporte un message d’un de mes parents qui pense qu’il est sage de me dire en guise de parole de bienvenue « au bercail » (c’est plus qu’ironique lorsque l'on sait que la nostalgie ne m'a pas encore gagné) que ma vie est un grand n’importe quoi inconstructif ou alors qu’elle est Mon Choix et que par conséquent je n’ai pas à réclamer de compréhension ni d’encouragement.
J’aimerais me réveiller et avoir Envie de faire quelque chose de ma journée, avoir Envie de quelque chose tout court, avoir la Force de faire face à l’administration, à mon agenda dans lequel il faudrait planifier de façon urgente un tas de choses embêtantes. J’aimerais que tous ces vœux ne soient pas des rêves, que le conditionnel de ce texte passe à l’indicatif présent, j’aimerais qu’une Bonne Nouvelle pointe son nez, car actuellement je n’aie pas la force de mener mon Destin, je n’ai que celle de me faire violence pour assumer le minimum d’impératif, et celle de ne pas m’écrouler, car de toute manière je n’ai pas de bras dans lesquels tomber.
Demain sera un autre jour, la nuit porte conseil…blablabla, Insha’Allah.
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