10 août 2007

Angoisses irrationnelles ?

Aujourd’hui je suis passé au bureau alors que je suis en vacances et que l’entreprise est fermée pour deux semaines. Mais comme je restais dans les environs et que j’habite à côté, je me suis proposé pour aller arroser les plantes. Ce que je n’avais pas prévu c’est d’une part que ça me prenne autant de temps et d’autre part l’effet qu’allais avoir sur moi ces longs couloirs en Y dans un étage désert…

Comme dans tout bon film d’horreur, le temps était à l’orage, et l’obscurité était renforcée par des fenêtres dont une sur deux avait ses stores baissés… Mais lorsque je suis arrivé par delà un sas pour lequel un badge d’accès est nécessaire, la lumière était allumée…

Au fur et à mesure de mes allers-retours du lavabo des toilettes pour hommes aux différents pots de plantes éparpillés sur tout l’étage, j’entendais des bruits… de pas… de portes qui claquent… à l’intérieur du périmètre sécurisé…

J’ai fait plusieurs fois le tour de l’étage et ses innombrables recoins discrets, ses dizaines de bureaux aux portes closes, ses espaces créés par de grosses armoires d’archives et un nombre jusqu’alors insoupçonné de cachettes potentielles…sans compter les locaux techniques, sensés être fermés à clés.

Je n’ai vu personne.

Je me suis raisonné, je me suis dit que personne n’était là, tout simplement, et que la solitude par cette sombre journée, avec une imagination trop imprégnée de cinéma d’épouvante avait fait tout le travail.

Il y avait pourtant des bruits…

Je suis resté sur mes gardes. Au bout de trois quarts d’heure j’avais accompli ma mission. J’ai rangé les rares affaires que j’avais utilisées, fermé les locaux et éteint les lumières, puis j’ai repassé les portes sécurisées pour rejoindre le hall des ascenseurs. J’ai appuyé sur le bouton d’appel. L’un des ascenseurs était déjà à mon étage, le dernier étage de l’immeuble, occupé uniquement par mon entreprise fermée. L’ascenseur qui était déjà là n’était pas celui qui m’avait amené 45min plus tôt… Quelqu’un était bien là…

Je suis parti sans demander mon reste !

21:10 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Paris, bureau

08 août 2007

Imbroglio créatif

Journée torrentielle où le ciel de Paris se déchire à intervalle régulier dans un bruit fracassant, et des zébrures d’éclair qui déchiquette les nuages dévalent des torrents de pluie qui s’écoulent ensuite comme un manteaux visqueux le long de la pente de ma rue.
C’est ce jour invraisemblable qu’on choisi mes plus belles ipomées pour s’épanouir. Leurs grosses corolles bleues pastel narguent un ciel estival qui aurait du afficher la même teinte !
Les fichiers ouverts sur l’ordi se multiplient, la thèse, les textes blog, un article pour un magazine à finir, un autre pour une revue de philo, quelques photos à vérifier et un programme de lecture de musique.
Une journée parfaite en somme, sauf que mon cerveau câblé à puissance créative exulte en tout sens et je ne parviens pas à rester sur la même idée plus que le temps de noter quelques phrases, aussitôt une autre idée s’impose à la conscience et est jetée sur une page Word vierge en l’attente que la tempête cérébrale se calme pour pouvoir développer ces pistes lancées comme des fusées vers l’espace… sans compter les emails qui s’enchaînent au rythme de leurs cliquetis d’arrivée pour la poursuite des conversations simultanées avec quelques anciens collègues depuis leurs bureau ou des amis en vacances…
Quand je suis dans cet état d’attention tout azimut, je me sens dans mon élément, ouvert, prêt à laisser les doigts parcourir le clavier spontanément, sans que mon cerveau n’ai besoin d’intervenir, c’est comme si les mouvements des doigts étaient contrôlés par des neurones non reliés au système central, cachés dans des ganglions de réflexe.
Voilà pourquoi je me sens dans mon élément sur le Net, non pas que j’ai des compétences en informatique, loin de là, mais simplement que la façon décentralisée et totalement hasardeuse, mais créatrice et spontanée dont le Net est construit correspond point à point aux circonvolutions compulsives du tas de neurones enchevêtrés qui occupent ma boite crânienne… autant les laisser s’amuser aujourd’hui !
Tout ça pour relayer une hypothèse, qui pour ma part me convainc aisément, relative au Net. Les structures biologiques ont montré que, dès que le hasard et la complexité produisent des ensembles organisés suffisamment complexes, à partir d’un certain seul de complexité organisé, émerge de ce chaos un nouvel état de la matière : la cristallisation, puis les ARN, l’ADN et la vie monocellulaires, les organismes complexes, et enfin la conscience… alors pourquoi n’en serait il pas de même de l’Internet, qu’à partir d’un certain seuil titanesque de milliard de Gigaoctets et de microprocesseurs reliés en émerge une… conscience ? Gageons de cette persona sera encline à ne pas se servir de ses accès de contrôle à l’ensemble de l’armement mondial pour nous détruire, sensible qu’elle sera à l’intégralité de la pensée humaine, de la philosophie, de l’histoire de l’art, des émois les plus pathétiques aux plus sublimes élans de pensées fulgurantes que nous avons déverser dans l’ébauche d’un Internet conscient duquel ce blog participe !

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06 août 2007

Paris toujours sous la pluie

Jour de pluie, un de plus. L’air chargé d’humidité, rafraîchi depuis un violent orage nocturne me procure une sorte d’apaisement profond, une sérénité qui se faisait bien rare ces derniers temps, précipité que j’étais dans les actions multiples et les urgences permanentes. Mais je suis en vacance ! Pour le première fois depuis un an j’ai deux semaines devant moi sans avoir à courir de réunion en réunion, les bras chargés de gros dossiers à défendre bec et ongles mes idées ou les critères d’un développement durable, toujours avec une méthode diplomatique, ou subtile, adaptée aux interlocuteurs, mais qui demande un effort et une autodiscipline épuisante. Mon jeu préféré consistant à faire croire que les idées que j’avance viennent de l’interlocuteur et je le pousse ainsi à défendre lui-même les idées que je cherche à faire passer… Ils se prêtent volontiers au jeu puisque c’est exactement le travail qu’ils me demandent, même s’ils ne le savent pas toujours…

Ces deux semaines seront totalement consacrées à la fin de la thèse, que je dois soutenir avant le premier décembre, autant dire demain vu le nombre invraisemblables de détails à régler d’ici là !

Je me sens presque fautif de passer si peu sur ce blog depuis quelques temps, alors que vous êtes encore nombreux à nous faire l’honneur de votre visite. Marie est elle aussi dans une période intense d’activité et réponds aux sollicitations urgentes. Point positif en la matière, nos absences sont signe de regains d’activité et d’avancée professionnelles bénéfiques.

Promis, je reprends le fil de mes descriptions parisiennes ensuite !

 

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24 juillet 2007

DEFI

Il m'a fallu 1min et 13sec (lisez bien les instructions d'abords)

on passera aux choses sérieuses quand le grand format sera en ligne !

 

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C'est juste des mathématiques combinatoires...

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22 juillet 2007

De Louis Pasteur à Victor Hugo

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Je n’avais jamais remarqué. Comment se fait il que je n’ai jamais fait attention à ça ? C’est pourtant dans la veine folle des fils ténus qui font sens et qui relient chaque étape de ma vie comme dans une symbolique qui fait hésiter entre hasard et destin.
Nous avions réaménagé l’appartement en septembre dernier (déjà 10 mois !) et installé mon bureau dans la pièce la plus au fond, qui donne sur la rue.
Alors que je me tenais là en train de tapoter à toute vitesse sur les touches du clavier comme à mon habitude en laissant traîner toutes les fautes de frappe ou d’orthographe pour ne pas couper cours au flux des idées, de peur de ne pas les retrouver ensuite, j’ai levé les yeux à la fin d’une phrase (trop longue et trop bancale, comme je sais si bien les faire pulluler !). Et là qu’est ce que je vois ! Dans le reflet de la fenêtre ouverte, je sursaute ! Je tourne les yeux légèrement à gauche et oui, elle est bien là : une des maisons que Victor Hugo a habité.
Cette grosse maison peinte en bleu, d’un bleu à la limite du laid, tranche complètement dans l’architecture contemporaine de la rue actuelle. J’ai vu s’élever les immeubles qui lui sont mitoyen, en 2001 pour sa droite, 2003 pour sa gauche. Et elle est toujours là, protégée au titre des sites classés au patrimoine, elle apparaît comme un trou temporel qui me nargue par la fenêtre en référence à tout un monde passé et de mon passé.
Besançon, septembre 1996. J’ai quitté ce matin là les plateaux du Haut-Doubs, les régions montagneuses où la neige bloquait ma porte fenêtre de la Toussaint à Pâques où mes parents s’étaient installés depuis trois ans, après avoir quitté l’Allemagne. Ce jour là j’ai vraiment eu l’impression de naître. J’avais fait des pieds et des mains pour intégrer un Lycée bien précis, qui avait une réputation sulfureuse dans la région et m’apparaissait comme un refuge, un havre où vivre et construire ma propre personnalité. Je ne m’étais pas trompé. J’entrais alors sous la protection symbolique de la double figure paternelle de Victor Hugo, bisontin de naissance, et Louis Pasteur, dont le lycée portait le nom. J’ai vécue, aimé, grandit, rue Pasteur, place Pasteur, place Victor Hugo, place du Square Castant devant le maison natale de Victor Hugo, d’amour en déception, de Christophe en Christophe (pourquoi s’appelait il tous « Christophe » celui qui porte la croix ?) J’ai vécu cinq années dans la Boucle du Doubs dans l’ombre des illustres pères de la ville entre science et littérature (le choix de la philosophie des sciences n’est peut être pas un hasard !)
11 septembre 2001, au moment où les tours s’effondre je prends un train dont le terme du voyage, je ne le savais pas encore, serait Paris. Au moment de l’explosion de l’usine AZF je suis sur le quai du métro, station Pasteur, et Olivier entre dans ma vie, transformant en une seconde toute ma situation. De Pasteur en Victor Hugo, de la station de métro à l’appartement où je le retrouve ce soir là et où nous sommes toujours, face à la maison d’Hugo…
Je change de fac, je me retrouve à la Sorbonne, j’entre dans la cours d’honneur et qu’y vois-je ? Deux statuts, deux seulement : Louis Pasteur et Victor Hugo…
Ensuite les références s’enchaînent, se multiplient, n’ont de cesse de s’entremêler pour faire réapparaître à chaque nouveauté, à chaque changement de lieu, ces deux noms : Pasteur, correspondant à chaque fois à l’initiation et au lieu de joie, et Victor Hugo, plutôt pour les lieux sérieux et la continuité.
Continuité. Hasard ? Destin ? Assurément hasard du patrimoine français d’une part, de la continuité des mouvements migratoire des « intellectuels » et habitude à percevoir les référence à ces deux noms plutôt que d’autres.

Il est un domaine de continuité que j’affectionne plus encore, et qui fera l’objet de la prochaine note : les arbres, dont la longévité permet de relier des générations et de symboliser des lieux…

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07 juillet 2007

Libera me

Il est une phrase grecque de philosophie antique qui dès le jours où ce cher Monsieur Cotten l’avait inscrite sur un tableau vert sombre à la craie blanche dans une petite salle de la faculté des lettres de Besançon s’est comme gravé au fond de mon globe occipital pour ne jamais en sortir. De manière « translittérale » ça donne : Autarkeia kei autokalon.

Cet aphorisme, qui en gros veut dire « autofondé et autonome » est censé désigner Dieu… Mais cette idée m’a obsédé comme un but inaccessible, qui a le dont de frustrer terriblement.

Je me suis souvent dit qu’il était impossible de s’affranchir de ses automatismes, de s’abstraire de son  contexte socioculturel, de la factualité dont parle Sartre, de l’habitus de Bourdieu, de tous ces innombrables et inextricables déterminismes génétiques ou sociaux qui font de nous le produit figé d’une histoire et de l’Histoire…

Et pourtant j’ai toujours en arrière plan, en plus de cette assertion grecque, un sentiment de liberté radicale. Je sais bien que ce sentiment est lui-même le produit de plusieurs déterminismes : les discours nihilistes et mon père, le résultat d’un cursus de philosophie et la pratique artistique, parfois intense selon les années, en plus de l’indépendance dès 19 ans… mais qu’importe, il n’en demeure pas moins que l’omnipotence que certains m’attribuent sur le ton de l’humour touchent probablement à quelque chose…

L’acte gratuit, impossible d’après Gide, n’en demeure pas moins la preuve qu’il est possible de dépasser le carcan des conventions et de l’habitus, ce qui devrait faire plaisir à l’ethnologue !

J’avoue parfois jouer sur le fil de l’impertinence avec un plaisir malin, simplement pour me prouver que je sais aller au-delà du carcan, que j’ose le faire, et qu’on me laisse le faire.

Et c’est cathartique !

Evidemment, je passe souvent pour un original, voir même un psychopathe, mais une fois ce jugement admis par mes interlocuteurs, ils se montrent d’une tolérance surprenante et savent mettre cette désinvolture et la créativité qui va avec au service des projets communs.

Alors pourquoi, si la force de cette liberté individuelle est admise, le monde est il de plus en plus unilatéral, conventionnel et uniforme ??????

Marie, je sais que nous avons le même attachement farouche à l’esprit critique et à l’indépendance d’esprit, est ce que tu n’as pas envie de faire du militantisme en ce sens en Egypte lorsque tu te confrontes à des immobilismes plus forts encore qu’en France ? J’ai parfois envie de crier pour réveiller tous ces dormeurs qui nous entourent ! Alors je cris, évidemment !

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24 juin 2007

adulte ?

Petit prologue sans lien, je pense bien à Marie ces dernières semaines puisqu’il ne cesse de pleuvoir, presque tous les jours, et le thermomètre reste raisonnable cette année, malgré les records de taux de CO2… Cette pluie en averses parfois aussi concentrées que le serait une cascade et l’humidité fraîche qui l’accompagne ne manquent pas à chaque fois d’évoquer notre Franche-Comté commune et les jours de pluie battante que nous aimons tant.

Je lis avec avidité les posts de Marie depuis le Caire et la soif de liberté qu’ils expriment. C’était un pari osé d’aller là-bas pour se sentir libre et c’est une réussite. Je lis avec passion la plume affûtée de Pierre-Yves qui par delà une certaine mélancolie nous offre des envolées lyriques et exprime lui aussi une assurance et une liberté radicale.

Rien de tout ça avec moi ! Mais j’avoue sentir un besoin récurrent de relâchement ou de divertissement après toutes ces années si sérieusement concentré sur mon double objectif de boulot et de cursus universitaire. J’arrive à la fin de la thèse et le boulot semble bien parti lui aussi, reste à trouver un nouvel équilibre…

Je me dis que c’est peut être tout bêtement ça devenir adulte… et il est vrai que je me suis pris une claque quand j’ai compris que j’avais définitivement changé de statut… Le déclencheur a été lorsque le beau Patricio, un ami à qui je tient même si on se voit rarement, m’a appelé pour m’annoncer la naissance de son fils…  évidemment j’y suis allé de mes petites phrases cyniques sur les enfants et ce que je pense de la paternité… mais qu’à cela ne tienne, un à un mes proches expriment leur désirs d’enfant, ou pire, le concrétise… Il faut dire que la plupart sont proches ou ont récemment dépassé les trente ans…

Le second élément de contexte qui a participé à cette prise de conscience, ce sont mes amis plus jeunes que moi, les premiers, parce que j’avais l’éternelle habitude d’être toujours le plus jeune… mais c’est fini, que ce soit Sébastien ou Thomas, tout deux ont trois ans de moins que moi et ont tendance à me prendre pour référent ou pour conseil sur leurs choix d’avenir. Le rôle qu’ils me donnent en faisant cela, s’il flatte mon ego hypertrophié, n’en signifie pas moins que je suis passé de l’autre côté de la barrière à leurs yeux…

Le plus fou c’est que je ne l’ai pas vu venir, la limite entre la « jeunesse » (les fameux moins de 25 ans) et la classification adulte. Pourtant, toutes mes actions de ces dernières années, la stabilité de ma relation avec Olivier, mon acharnement à trouver un emploi stable intéressant et ma constance dans les études tendaient vers cette situation. Une fois quasi atteinte, je suis un peu surpris parce que je n’ai pas prévu ce qui se passerait « après ». Cela signifie peut être que le champs des possibles s’ouvrent à nouveau, sur un horizon totalement différent, et que donc une nouvelle forme de liberté est à tester, libéré des angoisses du lendemain et du compte bancaire en perdition ? Aurai-je enfin le temps de me mettre aux occupations de loisirs que je repousse au lendemain depuis tant d'années ?

A suivre…

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09 juin 2007

Pour changer le monde … il faut le penser ! Une profession de foi.

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photo Olivier Martin Delange

Les chiffres défilent dans mon crâne et se bousculent après une journée de boulot. Les flux financiers, (les exportations hier), les bilans CO2, CO, NH4 (etc.), les codes innombrables et ces alambiqués indicateurs de biodiversité de l’OCDE sur lesquels j’ai passé la journée en compulsant des données et des évaluation des services écosystémiques (Eco indicateur 99, UBP etc.)… En laissant ces chiffres dérivés librement le soir ou la nuit, bien souvent il en émerge des configurations pertinentes auxquelles je n’aurai pas autrement songé. Ces processus d’émergence des idées sont aussi bien valables en philosophie, en art ou en mathématique, peu importe, et je me surprends toujours à les considérer comme des effusions extérieures à mon propre esprit, comme des éléments étrangers qui apparaissent subitement ex nihilo. Je reste proche de la définition de l’intuition chez Descartes… Rétrospectivement je me rends bien compte du hiatus qu’il peut y avoir entre ce quotidien, je dirais même cette permanence, et la projection que je me faisais enfant de ma vie d’adulte ! Ce quotidien ne me déplait pas, loin de là, je me prends facilement au jeu et plus la recherche ou l’étude en cours est complexe et plus je me pique de passion pour mon sujet. Mais il est vrai que je suis loin de l’activisme tel que je l’imaginais, pour un résultat pourtant aussi solide, voire même plus encore ! Je croyais que la manière la plus efficace de mouvoir le monde, c’était d’agir. Je m’imaginais harponnant les baleiniers, guerroyer au fin fond du bassin du Congo contre les braconniers ou perpétrer des sabotages contre telle ou telle entreprise complice de crime contre l’humanité en détruisant les capacités de la planète à nous accueillir. Bien sûr, ces actions coup d’éclat ont leur efficacité médiatique et font avancer dans le bon sens, à condition d’admettre soit que la fin justifie les moyens soit que l’urgence légitimise ces engagements qui relèvent d’une éthique de la conviction, décriée par certains. Ai-je renié ces convictions en choisissant une orientation professionnelle plus conventionnelle ? Non, au contraire. J’aurai pu me laisser enfermer dans la tour d’ivoire de la théorie pure, prof de philo dont la seule révolution dans l’existence aura été de passer de l’autre côté du bureau, d’étudiant à professeur… si je ne douterai jamais de la nécessité de la recherche et de l’enseignement, ou même de l’indépendance de la recherche, mais je ne croirai jamais qu’elle peut se suffire à elle-même comme elle le fait trop souvent en France. Comment influer sur les décisions, même subrepticement, les orienter… la politique ? Non plus, trop soumises aux aléas électoraux et à des choix subjectifs sans compter sur le milieu délétère dans lequel elle s’exerce (mais j’avoue être parfois tenté), non, reste la figure la plus influente de notre modèle d’organisation sociale, celui que le politique, l’entreprise comme le citoyen écoute : l’expert. On me rétorquera que l’universitaire est un expert, oui, assurément, mais ses avis ne sont pas directement sollicités et souvent réduits à un seul domaine de compétence… non opérationnel. Il faut aller plus loin. Se battre aujourd’hui c’est frapper à coup d’email, de présentations Power Point et de rapports, de synthèse d’étude ou de note de service ! C’est ni plus ni moins la technique japonaise du « sabotage » telle que définie par Amélie Nothomb… ou plus trivialement être le vers dans la pomme… en infiltrant les milieux pollueurs ou les grandes institutions et en y distillant stratégiquement des idées vers un développement durable on peut réellement changer les choses à grande échelle avec les effets de levier qu’entraînent ces entités… (merci BD pour ces leçons de chose !), et on le peu d’autan mieux si c’est précisément votre fonction dans l’entreprise ! Ces sortes de « trafics d’influence » ne sont ni au détriment de la vérité scientifique, ni au détriment des entreprises ou des citoyens, au contraire. La réalité du changement climatique, des risques liés aux diverses pollutions et l’érosion de la biodiversité ne sont pas un mythe… les risques de santé publique, stratégiques, de communication, de développement et les risques économiques ne sont pas des moindres non plus avec ces enjeux écologiques. Reconsidérer l’économique de manière globale, en incluant les coûts environnementaux, et en anticipant sur ces changements, on peut, avec cet angle de discours, influer sur les pollueurs. Les entreprises ne sont pas destructrices par vocation, ce n’est qu’une conséquence de leur unique but, aussi monomaniaque et stupide que dangereux : l’argent. Alors en prouvant par A+B qu’elles gagneront plus d’argent en limitant au maximum leurs impacts négatifs sur l’environnement (les arguments ne manquent pas) alors on les tire par la corde sensible sur la voie d’un développement durable et l’action est possible à grande échelle. Je suis donc plus efficace comme cela que sur un bateau de Greenpeace ou enfermé dans une bibliothèque, je tisse ma toile de l'un à l'autre en lien avec le terrain de tous les enjeux... Par contre, les « experts » qui maîtrisent ces jeux d’influence peuvent bien entendu le faire au détriment de toute efficacité et de toute éthique au seul bénéfice de quelques-uns quand ce n’est pas que d’eux-mêmes… Mais bien sur, ces actions ne peuvent être cohérentes qu’en référence à une réflexion préalable sur les principes théoriques (éthique ?) qui président aux messages que les rapports cherchent à faire passer en toute objectivité… d’où la complémentarité de mes travaux universitaires…

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08 juin 2007

Le monde est à portée de pensée…

Je laisse de côté la montagne de boulot en retard que j’ai accumulé et même s’il est déjà tard et que je travaille demain matin j’ai une irrépressible envie d’écrire, tellement irrépressible que je pianote à toute vitesse sur le clavier de mon portable, couché dans le lit, avec des écouteurs sur les oreilles et la musique à fond. C’est le genre de moment, d’heure et d’ambiance dans lesquelles je me sens le mieux.

Je réponds rapidement au dernier post de Marie, sur le travail. Je n’ai pas tout à fait le même regard. Bien sûr je ne vais pas me lancer dans un discours très en vogue chez mes ennemis politiques sur la valeur travail, je ne suis pas adepte de la pensée unique et la diversité des points de vue, et des styles de vie est primordiale à me yeux, mais mon expérience me pousse à croire que malgré les difficultés conjoncturelles et culturelles auxquelles ma génération fait face pour entrer dans le « marché du travail » il y a encore la possibilité de s’y épanouir, c’est juste que le coût d’entrée et les sacrifices nécessaires sont terribles. Je ne regrette pas de les avoir fait, c’est évident, mais Marie m’est témoin que cela m’a coûté un temps et une énergie que j’ai certes en réserve encore, mais qui nécessite un investissement que d’autres n’ont pas voulu faire, je les comprends. C’était juste une parenthèse pour nuancer un peu le tableau… Mais il est vrai que je sacrifie toute vie sociale à mes ambitions « sociales » justement, ce qui déclenche parfois des excès lorsque la soupape de sécurité cède.

 

En ce moment je redécouvre les joies de la musique, chose que je n’ai plus fais depuis des années. J’ai pris l’habitude des morceaux MP3 le long du chemin appartement/travail  et souvent le soir, en séance de travail, enfin et surtout, mes amis m’ont collectivement offert la guitare de mes rêves pour mes 26 ans en avril et je me remets lentement à l’apprentissage… Je ne savais pas en jouer une seule note (j’ai fais du piano) mais j’ai toujours eu cette folle envie en référence à un des personnages légendaires de la famille, mon grand cousin Freddy, mort bien avant ma naissance, fils d’un colonel SS et de ma grand-tante qui malgré ce pénible héritage était d’une douceur extrême, artiste peintre et musicien. Je me rappelle encore de l’émotion de ma mère lorsqu’elle me parlait des visites qu’il lui faisait et qui égayaient ses journées d’enfant en lui apportant toujours un petit présent, comme cette boite ornée d’une image de Pimprenelle et Nicolas que j’ai sauvé de la décrépitude il y a quelque Noël en rachetant un cadre spécial pour protéger l’image. J’ai passé des heures à imaginer la vie de cet homme dont les tableaux ornaient les murs de la famille. C’est étrange, mais je crois que je n’ai jamais parlé de lui à personne à ‘extérieur de la famille… enfant, comme souvent couché sur la tombe de ce cousin éloigné (le cimetière était un terrain de jeu amusant), juste derrière la maison des grands-parents, j’avais forgé le vœux d’un jour me mettre à la guitare. A l’occasion de ces retrouvailles avec la musicalité je me remémore les textes étranges de Schopenhauer sur cet art qu’il imagine comme des trouées dans le continuum du vécu, des percées vers un ailleurs intellectuel. Ces expériences nous les avons tous fait, ces espèces d’évasions dans ce que les stoïciens appellent la « citadelle intérieure ».

 

Et voilà mon message : apprenez, lisez, vivez, votre citadelle intérieure est la seule imprenable richesse ! La mémoire et l’obsession pour la connaissance me donne parfois l’impression d’avoir le monde entier à porté de pensée. L’évasion est possible, et on n’est jamais seul ! La musique me le rappelle étrangement.

Juste un exemple : je me souviens de ma rencontre avec Montaigne comme d’un rencontre réelle. Lorsqu’un soir j’ai pris les Essais dans les mains, il y a huit ans déjà, j’ai ouvert ce livre sans savoir ce qui m’attendais et je ne l’ai plus lâché, je n’ai pas cessé un instant de lire avant de l’avoir terminé. Je n’en ai pas dormi pendant deux jours, le temps de parcourir ces 1300 pages en vieux français truffées de citations latines et grecques dans lesquelles d’ailleurs il a fait pas mal d’erreur et certaines mêmes sont de pures inventions de sa part !

Mais ces jours passées dans « le monde » de Montaigne, une œuvre intimiste, m’ont vraiment donné l’impression de le connaître personnellement, d’avoir discuté intensément avec lui pendant des heures. J’ai même dit à mes parents chez qui j’étais à ce moment là un truc du genre « j’ai passé la nuit avec Michel», ils n’ont pas tout de suite compris que le Michel en question se réduisait à un volume blanc de 14x15x10 cm environs… Depuis c’est un peu comme si je portais Montaigne en moi, comme tous les autres auteurs emmagasinés dans ma citadelle intérieure, et lorsque certains sujets ou événements font échos à son œuvre j’imagine les commentaires qu’il pourrait en faire. Virtuellement, je ne suis jamais seul !

J’ai l’impression d’avoir assisté aux cours de Hegel sur l’esthétique, à Berlin ou Heidelberg, il suffit que je me concentre un peu pour me proposer une reconstitution des cours délirants de Kant sur la géographie à Königsberg, je suis avec César croyant que le celtes ont réellement la peau bleue, je suis à Ur devant la grande Ziggourat, j’y assiste à une incompréhensible hiérogamie, une pensée plus loin j’écoute un homme en aillons faire un sermon sur une colline proche de Jérusalem, je croise Bergson dans les couloirs de l’institut catholique, Sade devant la Sorbonne, le lycée où il a fait sa scolarité, Camus hante un autre coin de ma mémoire, au même titre qu’un groupe Magdalénien dans la Dordogne exotique de cette période reculée, je vois cette famille qui la première a semé du blé sauvage sur les bords de l’Euphrate il y a 8 000 ans, cet autre encore qui a allaité un louveteau dans le cadre d’un pratique religieuse sans se douter que 11 000 ans plus tard ce geste initial aura permis la domestication du chasseur transformé en une sous espèce aux phénotypes si divers, j’imagine les exo planètes les plus invraisemblables, la poésie gigantesque d’une nébuleuse planétaire comme celle dite « du crabe », les bactéries thermophiles à partir desquelles on a développé la PCR, ou je pense même à une représentation de ce mystérieux L.U.C.A. (Last Universal Common Ancestor) etc. Le monde est à porté de pensée, il n’y a pas de limite à la citadelle intérieur, tour de Babel que la colère divine elle-même ne saurait faire s’effondrer…………………………………………………………………………………………………….

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20 mai 2007

Les objets, substitute for life ?

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J’ai reçu aujourd’hui un nouveau téléphone portable. J’en suis inhabituellement « tout content » et en même temps extrêmement mal à l’aise. C’est très ambivalent et cela me plonge dans de profondes réflexions sur la société de consommation et mon propre positionnement.

J’en fais tout un flan de ce téléphone-MP3-radio-vidéo-mégapixel-machin-truc-chouette, par contre il ne repasse pas les chemises et c’est bien dommage parce que c’est la seule tâche ménagère que je ne sais toujours pas accomplir…

Ce qui me réjouit, commençons donc par cela, c’est que cet objet remplace feu mon précédent portable qui sans préavis s’est éteint la semaine dernière en refusant obstinément de se rallumer… j’y ai perdu l’intégralité de mon répertoire dont, selon mon habitude fâcheuse, je n’avais pas fait de sauvegarde, pas même sur la carte de SIM… qu’à cela ne tienne, mon opérateur me proposait pour des prix ridicules un nouveau portable (ça c’est grâce à mes factures mensuelles salées pour surconsommation…), encore plus beau, plus élégant et plus performant, que j’ai bien entendu choisi totalement noir !

Ayant la couleur de tout ce qui m’appartient, le dit portable m’a donc fait bien plaisir mais ce n’est qu’un objet aux options futiles, un simple bout de métal, que ce cher B.D. appelle ma « prothèse » qui semble bien dérisoire mise en perspectives avec les soucis actuels de mes proches ou que dire encore de mes idéaux…

En effet, cet objet a comme à chaque fois que je me fais plaisir, un tenace arrière-goût de culpabilité. J’ai conscience d’être plutôt un garçon chanceux et je suis conscient des améliorations sociales que j’ai pu construire ces dernières années en passant des petits boulots étudiants inintéressants et sous payés à un début de « carrière » prometteur, et du bonheur que représente mon nid douillet en Occident, qui plus est en France où la sécurité sociale est un bien inestimable, entouré de personnes amicales et dans une vie de couple aussi riche qu’intense ! Mais en regard de cela, je n’oublie pas, et je me dis que c’est de l’argent bien mal employé, égoïstement investi sur l’autel de la futilité au lieu de soutenir les actions ou les besoins réels de mes proches, ou des causes plus larges.

Ce sentiment somme toute très « chrétien » de culpabilité à la possession, et donc à la consommation, ne me quitte jamais. Je pense même que c’est plutôt sain. Ce sentiment me pousse à toujours réfléchir mes achats et m’évite d’être un consommateur compulsif. Mais il n’empêche que j’ai toujours ce pénible sentiment de devoir, en compensation à ces bienfaits de FORTUNA, me montrer disponible et magnanime, soutenir autant que faire se peu mes proches ; J’avoue que parfois cela pèse, et que j’ai des élans d’égoïsme aussi succincts qu’irréfléchis, mais qu’à cela ne tienne, je n’ai pas perdu de vue l’essentiel.

Ce matin j’ai repensé à ce qu’écrivait Marie au sujet de la pluie. Et je crois que tu seras d’accord avec ce ressenti de la pluie : elle est le phénomène le plus apaisant qui soit, comme si elle seule savait nous rassasier, éteindre les feux de la colère et atténuer les douleurs. Comme un baume à l’âme, des rafales de pluie battantes ont alourdi l’air toute la matinée avec le bruit régulier de ses cliquetis des gouttes qui s’écrasent sur le bitume, avec le roucoulement des eaux qui s’engouffre dans le caniveau et la beauté mordorée de la route qui de mon premier étage ressemblait alors à une sombre rivière à cause du ruissellement soutenue de l’averse ou à la peau d’un serpent géant dû aux ondulations des averses.

La fenêtre ouverte, je contemplais debout ce spectacle et je respirais à plein poumon l’air chargé d’humidité, épais et suave. Ça vaut toutes les séances de psychothérapie du monde !

Alors si d’aussi simples moments sont un tel don, à quoi bon tous ces objets qui nous contraignent ?

01:30 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : consommation, libéralisme, morale, société, Paris, France

15 mai 2007

AB IRATO

medium_blackOcean1.jpg

Hier soir j’ai pris un moment pour surfer sur les autres blogs, dont certains sont d’une très grande qualité et dont les auteurs ont une plume agile ou une conscience aigue de la vie. Je me suis senti proche de certains, touché par d’autres, empathique toujours. Pour chacun de ces blogs, ils répondent à un besoin irrépressible d’écrire, dont la cause est transparente, qu’il s’agisse de la solitude, de la mélancolie, de l’orgueil parfois, ou même de la générosité, chacun a une raison précise pour revenir déposer dans cet espace virtuel quelques pensées mortes. Mais quelle est ma raison ? En me posant cette question je me suis retrouver face à ce que je cherche à me cacher avec tant d’application : ma violence. Pour qui me connaît cela paraît insensé alors que jamais je ne me mets en colère, avec une humeur manifeste d’une constance aussi rigoureuse que douce, qui a remarqué la rage sourde qui gronde en moi ? Peut être quelques uns… Je ne connais pas l’origine réelle de cette force qui m’étreint et m’éreinte, mais elle se manifeste comme une soif inaltérable d’absolu. Je me sens comme une centrale nucléaire branchée à une ampoule : l’énergie monstrueuse que je génère ne peut s’engouffrer toute entière dans une malheureuse ampoule qui grillera forcément. Alors je dois m’insinuer dans la ville entière, multiplier aussi insensément que possible l’utilisation de cette énergie qui me dépasse. Tout est excès, l’énergie doit être évacuée, que ce soit par la multiplication des affaires en cours, du travail, de l’écriture, ma soif de savoir ou autres exutoires plus ou moins heureux. Cette force doit être canalisée sans quoi j’exploserai en un Tchernobyl humain, la bombe humaine comme chantait l’autre... Je me remets (encore) au sport, espérant bien évacuer cette chose étrange qui me maintient debout et éveillé au-delà du raisonnable, qui me porte par-delà la fatigue et qui outrepasse mes propres capacités. Je plane à 19 de tension en plein saison, le sport devrait atténuer ces manifestations de trop plein, mais je me connaît, là aussi j’aurai un comportement addictif, accroc à l’adrénaline et à la dopamine, il me faudra de l’excès, de l’extrême, de l’intense, sans quoi mon sentiment de frustration, d’angoisse et de limites injustes ne se calmera pas. Jour funeste où le serpent a dit « ERITIS SICUT DII ». Il nous a menti en nous promettant l’absolu, nous n’avons eu que l’horreur de la conscience…EST MODUS IN REBUS, ET INDE IRAE. O QUANTUM EST IN REBUS INANE ! J’ai l’orgueil de me croire RARA AVIS IN TERRIS, mais mon cri est d’orfraie : DE PROFUNDIS CLAMAVI Et c’et à croire que la rage génère sa propre force comme un phoenix ou une catalyse, Babel insupportable, mais pas insurmontable, FUROR ARMA MINISTRAT, et de haute lutte, je quête les hauts-faits. Hélas l’absolu n’est jamais atteint, MEMENTO QUIA PULVIS ES

 

COELUM, NON ANIMUM MUTANT QUI TRANS MARE CURRUNT

Marie en sait quelque chose, au-delà de la Mediterranée...

 

A  ATHENA

Εἲς Ἀθήναν

Παλλάδ' Ἀθηναίην ἐρυσίπτολιν ἄρχομ' ἀείδειν,
δεινήν, ᾗ σὺν Ἄρῃ μέλει πολεμήια ἔργα
περθόμεναί τε πόληες ἀϋτή τε πτόλεμοί τε,
καί τ' ἐρρύσατο λαὸν ἰόντα τε νισσόμενόν τε.

χαῖρε, θεά, δὸς δ' ἄμμι τύχην εὐδαιμονίην τε.

et je suis l'Euménide qui réponds :

πεύσῃ τὰ πάντα συντόμως, Διὸς κόρη.
ἡμεῖς γάρ ἐσμεν Νυκτὸς αἰανῆ τέκνα.
Ἀραὶ δ' ἐν οἴκοις γῆς ὑπαὶ κεκλήμεθα.

21:50 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

14 mai 2007

I’ll go to sleep before the devil lade...

... and i’ll wake up before the strange.

It's raining today on Paris. The wind blows in gust and the sky is as dark as by a melancholic day of November. In this “city of crows”, I’m afraid to be lost. I’m not sure anymore about my self but I go still in front of me. The clouds begin to disperse but I see no sun. What happens ? I’m wainting about the light .

I will not be able to tell my topicality, I will also avoid speaking about the political news, quite as sad, then I hang up again myself with what reassures me, with what seem to me stable, with it on what time did not take.

J’ai passé le plus clair du week-end dans les trains, de Paris à Strasbourg pour une conférence que je donnais à l’université là-bas, puis deStrasbourg à Mulhouse pour retourner chez moi et enfin, de Mulhouse à Paris, pour rentrer hier soir.

Le temps était alors dégagé et j’ai pu me ressourcer à la vue des petites montagnes arrondies qui font mon identité culturelle.

Je reste accroché à cette image magnifique. Je suis dans le train qui fonce à vive allure plein Sud.

A ma droite, la ligne bleue des Vosges déchire l’horizon. Les « ballons » comme autant de collines géantes semblent écraser la vallée du Rhin au fond de laquelle le vieux train coule comme un serpent au fond du vallon. Les forêt paraissent s’être remises des terribles tempêtes de décembre 1999. Je pense aux derniers lynx qui hantent encore cette immense coulée verte qui s’étale comme une meringue sculpturale sur une tartelette au citron.

A ma gauche, comme en échos aux Vosges, la même forme déchire le ciel avec des reflets noirs. C’est ma Schwarzwald, de l’autre côté du Rhin, cœur de mon territoire. Je songe alors aux sombres étendus de sapin, aux énormes champignons de mon enfance, aux sangliers et mêmes aux derniers bisons d’Europe qui subsistent encore dans quelques réserves au cœur de la forêt Noire.

Face à moi, les contreforts du Jura en dessinent déjà le croissant, c’est là que je me rends, dans le Sundgau, ma terre natale. Les collines se plissent les unes sur les autres juste avant d’éclater en crête en Suisse pour commencer la chaîne de montagnes qui borde toute la frontière Nord du pays helvète.

Je me laisse aller à la contemplation de ce paysage qui me paraît alors inaltérable. Je me calfeutre contre la fenêtre du train, regardant voltiger les lignes électriques le long du chemin par l’effet de la vitesse, je me prends à rêver que je me couche dans ces champs en jachère à l'herbe déjà haute et bien grasse, me laissant lover entre les trois chaînes de montagnes qui délimitent cet autre pays qui est le mien : Elsaß.

So findet man immer seine Quellen wieder, man kehrt immer bei ihm zurück, wenn man sich geschwächt fühlt, oder wenn die Kraft uns fehlt. Es ist nur im zeitlosen Königreich ihres Ursprungs, daß man die Sicherheit, die Dauerhaftigkeit und den Schutz fühlt, den die Stadt der Saatkrähe mir nicht in letzter Zeit gab. Die Wurzeln bleiben die tiefe Quelle mit der Kraft des Baumes, daher sind die Erde, meine Erde und ihre geheimen Kräfte chtoniennes die Grundlage und die Versicherung meiner künftigen Aktionen.

21:10 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

26 avril 2007

NON !

Affiche :

medium_1-Affiche.jpg

Vidéos :
Quelques discours dignes du mensonge historique qui font l’impasse sur 2000 ans de crimes français, de l’esclavagisme au prosélytisme de Charlemagne, du colonialisme à la furie de Napoléon, de Vichy à la déportation des juifs de France, de l’Algérie et des tortures inconnues perpétrées par notre armée ou nos entreprises en Guyane, en Centrafrique, en ex Indonésie, au Tchad etc. sans parler de congruences en tout genre (Djibouti, Corse, RDC etc.)
Au passage, notons qu’il émet plus d’une bourde diplomatique (en tant que germain j'appréie moyennement)! Placer un tel homme comme représentant de la France à l’international serait plutôt cocasse !
http://www.dailymotion.com/video/x1n371_sarkozy-franceall...

Dossier :
Serge Portelli, Ruptures, dossier à charge contre Nicolas Sarkozy, 102 pages, bilan de la politique du ministre d’Etat, titre exhumé des plus autocratiques périodes de notre histoire soit dit en passant.
Serge.Portelli.Ruptures.FRENCH_1_.pdf


Chers lecteurs, chers amis qui passez par là… je sais bien que nombres d’entre vous ont cédé à la tentation et se sont laissés berner par les discours mielleux et l’autoritarisme primaire du candidat dont les pieds ne touchent pas le sol lorsqu’il est assit… comme tous les pires tyrans de l’histoire (Napoléon, Hitler et Staline par exemple).
Vous connaissez ma position mais je vais la réexposer, au cas où.
J’ai voté Bayrou au premier tour et je voterai Ségolène Royal au second. Je ne vais pas développer les raisons qui m’ont fait choisir de voter POUR ces candidats, mais celles qui m’ont motivé à voter CONTRE l’autre candidat.

De façon liminaire, c’est un homme irresponsable ! C’est aussi simple que cela.

Contrairement à ses challengers, Sarko (je ne me fatiguerais pas à énoncer son nom complet), est un arriviste de la pire espèce. Il n’est pas intelligent (vague diplôme de droit tardivement obtenu et inscription au barreau de Paris sans y avoir vraiment exercé) et depuis, il s’insinue partout où ça peut être juteux pour lui en trahissant ensuite les hommes qui ont fait la bêtise d’introduire la fouine sournoise dans le poulailler de la République. Pourquoi en serait il différent avec les électeurs ?

Voici les seuls éléments de contexte et de son programme qui suffisent à souhaiter de toutes mes forces que cet animal politique perde les élections :
- Sarko considère que l’écologie et les engagements de la France ou les siens propres (pacte écologique) sont des freins à la croissance au lieu d’une opportunité. Cet homme en est encore à ne considérer que les impacts financiers directs, il est incapable de penser en coût global ou d’avoir une vision à moyen terme, ce qui est tout de même dommage pour un homme qui se veut l’envergure d’un homme d’Etat. Ce faisant, si la France ne pèse pas de tout son poids dans l’UE pour asseoir la lutte contre le réchauffement climatique puis à 27 l’imposer au monde, personne ne portera le projet, l’Allemagne seule n’y parviendra pas et les minces espoirs qu’il nous reste de ne pas dépasser la ligne rouge de l’augmentation moyenne de 2 degrés Celsius seront définitivement enterrés, et les pitoyables richesses éventuellement concentrées entre les mains des privilégiés d’une ère Sarko nous feront ironiquement rire ! Vos enfants vous remercieront.
- Cet homme creusera les inégalités sociales, en continuant à favoriser les plus aisés au détriment des classes moyennes ou pauvres, en favorisant leurs acquisitions foncières et immobilières et en monopolisant un marché où il n’y déjà plus de place pour les bas salaires, en exonérant des niches fiscales supplémentaires et en contentant ses acolytes industriels et les grandes entreprises avec lesquelles il est impliqué comme les affaires des Hauts de Seine le montrent, que ce soit pour l’eau, l’aménagement de la Défense ou l’immobilier à Neuilly… La paupérisation sera en bonne marche.
- Le parti derrière lui est un ramassis d’ambitieux rassemblés autour d’une opportunité en 2002 et non pas une idéologie, une théorie politique ou un projet de société. L'UMP correspond au groupe d’intérêt le plus scandaleux d’Europe. On se croirait au Venezuela d’avant Chavez ! Pour rappel UMP voulait tout simplement dire « Union pour la Majorité Présidentielle », soit, un pur opportunisme.
- Il mettra en place une politique atlantiste qui nous éloignera de l’indépendance et de la construction européenne, seul projet politique innovant et pacifiste qui offre un modèle alternatif au libéralisme sauvage, même s’il n’en est pas totalement exempt
- Il limitera la sécurité sociale et mettra en difficulté les malades les plus démunis, les séropositifs, les personnes atteintes de cancers ou d’autres affections à longue durée qui pèsent si lourdement sur les plans physiques, psychiques et sociaux.


Rappel sur ce qu’est sensé être une démocratie pour les électeurs :

Etre capable d’énoncer dans l’urne l’intérêt général, et non pas de voter selon son intérêt particulier, dans ce dernier cas il s’agit de la tyrannie de la majorité, pas d’une démocratie raisonnée.

Pour les candidats :

Dans une démocratie un homme d’Etat doit servir l’Etat et pas son narcissisme qui vise à compenser une taille médiocre, un physique médiocre et une intelligence médiocre. On dirait Juppé en pire ! Et Juppé ça a donné les grèves de 1995 et les affaires qu’on sait !


Ceux qui seraient quand même tenté de voter pour ce petit homme n’ont pas intérêt à venir battre le pavé avec moi dans les mois suivants ! Je les aurais prévenu !

 

relais de mail "spam" un peu plus ludique :


________>>Question pour un champion : Qui suis-je ?
>>
>>Indice : aucun, mais vous aurez vite compris...

>>Issu d'une famille hongroise qui a collaboré avec le régime Nazi durant la
>>guerre (vraies archives de la "Stasi") et qui a fuit la Hongrie pour éviter
>>le jugement pour collaboration. Dans ma jeunesse je participe à des
>>manifestations contre les étudiants grévistes à la solde d'un mouvement
>>qualifié de "révisionniste".
>>Je ne peux pas être le candidat de la «rupture» ou de la «nouveauté» ...La
>>politique, j'y suis rentré sous Giscard ! Il y a30 ans! J'ai été ministre,
>>député, maire, président de Conseil Général.
>>Manipulateur ? Je ne suis pas ...! Quelquefois c'est vrai... Lors de la
>>catastrophe de Tchernobyl, par exemple, où j'étais "le" délégué
>>inter-ministériel au nucléaire, qui a mis en place une
>>campagne d'information ou de "désinformation" sur le nuage de Tchernobyl =
>>STOPPER net aux frontières de la France !! J'ai toutefois pris soin de ne
>>pas faire apparaître cet épisode de ma vie politique dans ma biographie
>>officielle sur le site Internet du ministère de l'Intérieur.
>>
>>Ministre de l'Economie durant une partie du gouvernement Raffarin (peu de
>>gens semblent s’en rappeller vu que je n’ai rien foutu dans ce ministère…),
>>j'ai défendu la rigueur et la baisse des dépenses publiques en profitant de
>>la décentralisation de Jean-Pierre... Trahir n'est pas mon
>>problème, seul le résultat compte.
>>J'ai réalisé l'ouverture du capital d'EDF-GDF et me suis engagé à ce que
>>jamais ces entreprises ne soient privatisées devant les
>>député(e)s représentant du peuple à l'Assemblée Nationale...
>>Mais... comment dire oui... j'ai renié cet engagement en 2006 et voté pour
>>une privatisation de GDF et la fusion avec Suez, mais attendez,
>>trop d'ami(e)s de l'UMP voulaient voir la Coupe du Monde de football en
>>Allemagne offerte par Suez..., alors je peux mentir un peu...
>>Ministre de l'Intérieur depuis 2002, j'ai mis en place de nombreuses lois
>>liberticides et j'ai réussi à faire exploser l'insécurité (ce qui à permis
>>à ce con de LE PEN d'être au second tour...) je profite et j’oublie la
>>notion « d’insécurité sociale ».
>>
>>Je suis in-directement responsable du déclenchement de la révolte des
>>banlieues en 2005 par ma politique répressive et des propos qui auraient
>>été insultants envers les jeunes habitants de ces banlieues? FAUX ! ...enfin ...
>>bon... oui j'ai affirmé que les policiers n'étaient pas en cause... bon un
>>enregistrement prouve le contraire et alors ? Ils sont mis en examen ? No
>>Comment..
>>J'ai mis en place la loi CESEDA qui organise l'immigration choisie au
>>profit des capitalistes et j'ai mené la chasse des enfants les expulsant,
>>avec parfois des séparations... c'est pas grave, ce sont des étrangers :
>>Portugais, Espagnol...quoi ? non pas cela... des gens du continent
>>Africain...
>>J'ai fait obtenir la Légion d'Honneur à un de mes amis qui se trouve être
>>un maire d'extrême-droitea yant été condamné à plusieurs reprises
>>pour incitation à la haine raciale.
>>D'ailleurs mon plus proche conseiller politique Patrick Devedjian, est
>>l'un des membres fondateurs d'Occident, ancien groupe
>>d'extrême-droite terroriste et antisémite.
>>J'ai repris l'un des slogans de l'autre J-M Le Pen
>>« la France tu l'aimes ou tu la quittes ». Manger dans l'assiette pourrie
>>du voisin je m'en fous, seul le résultat compte. D'ailleurs je peux me
>>vanter d'avoir la sympathie de l'électorat du Front National.
>>Je suis un fervent partisan des États-Unis, de George Bush et les
>>néo-conservateurs américains m'apprécient beaucoup (soutien écrit). Je suis
>>pour la guerre en Irak et je suis venu apporter mons outien à mon ami
>>Georges Bush. Je me suis fait photographier lui serrant la main (photo
>>qui rappelle la sinistre poignée de main entre Pétain et Hitler) et, pour
>>paraître plus grand, j'ai fait modifier cette photo (pratique qui rappelle
>>les modifications de photos dans un but de propagande réalisées par Staline
>>et Mao Tsé Dong).
>>Lors de l'affaire Clearstream, j'étais au courant dès le début que mon nom
>>était présent dans les listings, liste que j'ai eue en main propre...
>>mais j'ai laissé faire dans le but d'apparaître comme une victime, cela
>>gagne de la sympathie dans l'Audimat.
>>J'ai déclaré que je souhaitais voir «pendus à un crochet de boucher» ceux
>>qui ont mis mon nom sur les listings. Bon, une phrase empruntée à une
>>référence : Hitler qui lui aussi voulait voir «pendus à un crochet de
>>boucher» ceux qui ont organisé l'attentat manqué contre lui... ceci est
>>aussi véridique que le reste !
>>Il y a quelque mois, avide de prestance, j'ai dévoilé à la TV qu'une
>>opération d'arrestation de terroristes allait avoir lieu, ainsi j'ai risqué
>>de faire échouer cette arrestation....
>>Lors d'une visite "électorale" en Corse, à vos frais pauvres contribuables,
>>j'ai utilisé pour moi le seul hélicoptère de l'île. Et Chirac l'a fait
>>aussi....Cependant un enfant s'est gravement blessé le même jour en
>>randonnée et il est mort (information de Corse matin), il n'a pas pu être
>>emmené aux urgences à temps, j'avais le seul hélicoptère de disponible : une vie,
>>pour un peu plus d'arrogance ... facture 1000€ HT /par heure.
>>Je suis, je suis...
>>N. S.
>>Son nom est impossible à écrire : trop de honte sur lui.
>>PS : Afin de contribuer au respect de l'environnement, merci de n'imprimer
>>ce mail qu'en cas de nécessité, par contre n'hésitez pas à faire cadeau de
>>ce jeu de la vérité à toutes vos connaissances.

01:25 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, élections, présidentielle, 2007, UMP, Sarko, démocratie

16 avril 2007

De l’amour (partie 1)…

Il fait chaud, un air estival inattendue envahit la région, l’air est lourd, nouvelle coupe de cheveux plus courte, T-shirt sans manche et short hier, sandales aujourd’hui, tout en noir rassurez-vous, je ne change pas, et me voilà parti pour un samedi studieux, avec quelques heures consacrées à la cinquantaine de plantes qui envahissent lentement l’appartement et aux poissons qui reprennent leur cycle ce reproduction. Cette année même les crevettes s’y sont misent et une grande femelle se promène dans l’aquarium avec des milliers d’œufs ! C’est assez surprenant.

Dans cette proche banlieue aisée où je réside, dans la « petite couronne » de Paris, les rues sont incroyablement calmes, très peu de voitures, quelques bus qui passent à intervalles réguliers. Après la frénésie de ces dernières semaines qui devaient voir se boucler plusieurs projets sur lesquels j’étais depuis des mois, ce calme est un répit appréciable.

Pourtant dans ces moments là, il y a toujours un sentiment profonds, quelque part, de culpabilité, parce que je me sens bien, et je me fais la liste litanique de mes proches pour qui ce n’est pas le cas…

Dans celle-ci, ce qui m’impressionne le plus, c’est que tous n’ont qu’un besoin, qu’une envie, aussi surfaite, désuète et passéiste qu’elle soit, elle n’en est pas moins là : de l’amour, sous diverses formes d’ailleurs.

Mais pour ma part, je ne crois pas que l’amour ait de multiples visages. Nombres de mes plus proches estiment qu’il y a une hiérarchie entre les copains, les amis, les amoureux/compagnons et la famille (je mets tout au masculin par habitude). Et je ne suis pas d’accord. L’amour que j’ai pour les uns ou les autres reste de l’amour. Il diffère peut-être en intensité, mais ça reste de l’amour, je ne fais pas de différence, et même si je suis assez pudique là-dessus, que je ne dis « je t’aime » qu’à une seule personne, pas même à ma famille et encore moins à mes amis, ce n’est pas par manque d’amour, au contraire ! C’est le trop plein, ouvrir les vannes de l’expression reviendrait à déverser des milliards de litres de sentiments mielleux sur la place publique ! Je m’interdis une telle débauche ! Et j’aime à croire qu’il n’est pas nécessaire de nommer les choses pour qu’elles existent. Pourquoi donner un statut aux sentiments ?

Mieux encore, j’en ai soupé du déclaratif, et nous savons tous que dans les moments de détresse se sont nos proches les plus inattendus et les plus improbables qui se révèlent être les meilleurs soutiens. Donc comme Sartre je m’attache plutôt à une morale de l’action, par la preuve. Quelqu’un qui prend du temps pour moi me dit « je t’aime », quelqu’un pour qui je me montre présent n’a pas besoin d’avoir des mots.

Mais je crains que parfois nous nous montrions aveugles...

Je vais plus loin encore, sur ma « gestion personnelle de l’amour » et dans le posting suivant je parlerai de manière plus générale, mais je ne crois pas que l’amour se modifie. L’amour ne disparaît pas. Celui que j’ai ressenti pour un tel ou un tel, quand bien même les années aient passées et que je n’aie nulle envie de les retrouver ou de revivre quelque chose avec l’un ou l’autre, ces garçon gardent mon affection et je suis là en cas de pépin dans la mesure du possible. Comment renier ce qui a été éprouvé ? L’amour, au sens commun, se mue en tendresse, mais c’est encore de l’amour qui demeure.

Je vous renvoie à l’incroyable texte de Giraudoux au milieu de sa pièce Electre, le lamento du jardinier. Je n’ai pas une plume aussi pleine de poésie, mais tout y est dit :

 

Jean GIRAUDOUX (1882-1944), Electre (1938), entracte.

 

Egisthe a épousé la reine Clytemnestre, veuve du roi Agamemnon, et a pris le pouvoir. Redoutant qu'Electre, fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, ne se révolte si elle parvenait au pouvoir, il l'a promise au jardinier. Mais un étranger, qui n'est autre qu'Oreste, fils d'Agamemnon et de Clytemnestre et frère d'Electre, fait annuler ce mariage. Le jardiner se retrouve seul, et occupe la scène pendant l'entracte séparant les deux actes qui composent la pièce.

 

Lamento du Jardinier

 

     Moi, je ne suis plus dans le jeu. C'est pourquoi je suis libre de venir vous dire ce que la pièce ne pourra vous dire. Dans de pareilles histoires, ils ne vont pas s'interrompre de se tuer et de se mordre pour venir vous dire que la vie n'a qu'un seul but, aimer. Ce serait même disgracieux de voir le parricide s'arrêter, le poignard levé, et vous faire l'éloge de l'amour. Cela paraîtrait artificiel. Beaucoup ne le croiraient pas. Mais moi qui suis là, dans cet abandon, cette désolation, je ne vois vraiment pas ce que j'ai d'autre à faire ! Et je parle impartialement. Jamais je ne me résoudrai à épouser une autre qu'Electre, et jamais je n'aurai Electre. Je suis créé pour vivre jour et nuit avec une femme, et toujours je vivrai seul. Pour me donner sans relâche en toute saison et occasion, et toujours je me garderai. C'est ma nuit de noces que je passe ici, tout seul merci d'être là - et jamais je n'en aurai d'autre, et le sirop d'oranges que j'avais préparé pour Electre, c'est moi qui ai dû le boire — il n'en reste plus une goutte, c'était une nuit de noces longue. Alors qui douterait de ma parole ? L'inconvénient est que je dis toujours un peu le contraire de ce que je veux dire ; mais ce serait vraiment à désespérer aujourd'hui, avec un cœur aussi serré et cette amertume dans la bouche — c'est amer, au fond, l'orange —, si je ne parvenais à oublier une minute que j'ai à vous parler de la joie. Joie et Amour, oui. Je viens vous dire que c'est préférable à Aigreur et Haine. Comme devise à graver sur un porche, sur un foulard, c'est tellement mieux, ou en bégonias nains sur un massif. Évidemment, la vie est ratée, mais c'est très très bien, la vie. Évidemment, rien ne va jamais, rien ne s'arrange jamais, mais parfois avouez que cela va admirablement, que cela s'arrange admirablement... Pas pour moi... Ou plutôt pour moi !... Si j'en juge d'après le désir d'aimer, le pouvoir d'aimer tout et tous que me donne le plus grand malheur de la vie, qu'est-ce que cela doit être pour ceux qui ont des malheurs moindres ! [...]

 

Je vous invite fortement à lire la suite de ce texte !

00:26 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

15 avril 2007

Que se passe t il ?

J’ai comme qui dirait l’impression que ce blog se meurt sous sa forme actuelle… c’est pourquoi je me propose de tout refaire…

Nous avons lancé cette dynamique au départ afin de maintenir une relation forte entre Marie et moi malgré la distance géographique entre Paris et Le Caire, puis de fil en aiguille Selma nous a rejoint depuis Doha. Nous avons pu confronter nos quotidiens entre trois pays, trois ambiances, trois vies et trois milieux. Cette idée me plaît beaucoup.

Mais Selma n’a plus envie d’écrire ici, j’ai eu beaucoup de travail divers et peu de temps pour le blog, Marie semble également peu disponible…

Je n’avais plus grand-chose à exposer ici puisque je « nage en plein bonheur » depuis quelques mois et j’atteints progressivement les buts que je m’étais fixé.

Du fonds de l’adolescence mélancolique, épris de littérature que j’étais, je me demandais si le bonheur était sourd et incapable d’écrire, je parle d’écriture de soi, pas de fiction, et j’ai longtemps pensé que oui. Les plus beaux textes que j’ai pu voir sur les blogs sont toujours emprunts d’une once de souffrance, magnifiée par les mots, comme notre cher Pierre-Yves sait si bien le faire.

Mais  j’aime à croire qu’il a y peut-être au contraire un angle d’approche nouveau à explorer dans les moments heureux pour aborder l’écriture de soi telle que pratiquée dans la blogosphère.

Le nouveau contrat de lecture sera donc de moins m’autocensurer, même si j’ai toujours la crainte que mes proches qui passent par là mésinterprètent mes propos, parce qu’il a tant de choses que je ne dis pas, non pas qu’elles ne doivent pas être dites, mais c’est surtout que je ne sais pas les dire autrement que par écrit.

Des années durant j’ai rempli des petits carnets de texte pour rien, juste comme ça, en écriture spontanée, j’ai noircie en 10 ans 14 de ces carnets format A5 de 192 pages environs. Juste avant d’entamer  ce blog je les ai tous jeté dans un accès de rejet… et par « compensation » je me suis mis à écrire ici… c’est ainsi que ça doit rester…

02:13 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

11 avril 2007

tellement !

 Voilà, aujourd’hui j’ai 26 ans. 26 ! Ça parait peu par rapport à l’age français moyen, mais ça me fait un choc. Un de plus. Je n’ai pas même eu le temps de me faire à mes 25 que voilà déjà les 26 ! J’avais 20 ans lorsque j’ai croisé Olivier dans le métro ce terrible jour de septembre 2001, ce jour où d’autres vies ont basculé, ce jour à partir duquel nous avons aussitôt vécu ensemble. Depuis les années filent comme des minutes que nous ne parvenons pas à capturer. Tant et tant d’images et de souvenir déjà ! Et pourtant tant que nous espérons voir venir encore !

Etrangement, je me souviens chaque année précisément au moment de mon anniversaire, d’où et avec qui j’étais, depuis ce 11 avril 1981 où après 26 heures de « travail » ma mère a vu un grand bébé tout bleu, cyanosé et inconscient venir au monde, « rue du 3e Zouave » (ça s’invente pas !) à Altkirch, au cœur de mon Sundgau. Je sais même que tout ceux qui ont permis cet accouchement sont mort maintenant… la sage femme est tombé avec son balcon… (Ça aussi ça s’invente pas !).

Le jour de mes 16 ans j’étais à l’aumônerie du Lycée en pleine discussion avec l’abbé Bernard Leclerc, qui a su pendant bien des années être là, à l’écoute, malgré mes frasques adolescentes, mon éréthisme et les premiers amours pour d’autres garçons. Ce jour là il m’a dit que j’étais un ange, déchu certes, mais un ange quand même. Je l’ai cru.

Le jour de mes 17 ans dans la forêt avec Coralie, en pleine période païenne, mes 20 ans, seul dans Besançon, mes colocataires, cette bande de joyeux lurons étaient exceptionnellement absents, je me suis fait la tournée des bars de la ville, prenant à chaque fois un « sapon » (liqueur de sapin avec Pontarlier, boisson anisée similaire au pastis), j’ai fini passablement saoul dans le fief de mon « mec » de l’époque, C. qui m’a servit l’ultime « sapon » avec une bougie, cette année là lui seul y a pensé et malgré notre relation houleuse j’en garde un souvenir plein de tendresse.

Demain je serais en pleine conversation de bilan avec mon actuel patron, puisque je change de job et commence une nouvelle activité lundi… lui aussi me manquera mais je vais de l’avant et c’est ce qu’il faut que j’en retienne.

Même si j’ai encore du mal a accepter que le temps passe et qu’irrémédiablement il nous échappe, emportant avec lui chaque instant de bonheur, nous éloignant les uns des autres pour un oui ou pour un non, je n’oublie pas le gens que j’ai pu aimer, « amis, amants et autres associés » pour reprendre le mot que Juliette, que ce fussent pour une heure, une nuit ou des années, les visages s’effacent, les voies s’estompent, mais l’affection demeure, malgré les distances en temps et en espace que la vie ne manque jamais d’ériger entre nous tous.

Parfois on se rappelle les uns aux autres, juste pour savoir que pour l’autre la vie continue, juste histoire de dire que nous sommes toujours de ce monde, et ce simple « coucou c’est moi, je suis toujours en vie » me suffit la plupart du temps pour garder à l’esprit ces autres du passé ou ceux dont les chemins ont divergés du mien. Il y a même eu des périodes où on s’appelait, on décrochait, et on ne disait rien, juste une minute de silence. Il était inutile de se parler, c’était juste pour signifier que l’autre persiste, que l’autre est ailleurs, que les chemin se sont séparés mais que l’on n’oubli pas, et ces silences étaient pleins de paroles ! Ces silences emplis d'ambiance, du fond sonore d'un bar,  de la mer rythmique ou du vent sur la plaine, du frémissement des feuilles dans les bois ou de la langueur d'une rivière... Alors je garde le silence, et je dis tout, je dis tout... je me tais.

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31 mars 2007

Réseaux et solitude

Il pleut aujourd’hui, sans cesse, je me sens comme un petit chien mouillé, esseulé dans la file d’attente à la boulangerie ou devant le distributeur automatique pour participer à la grande parade de la consommation. A raison de plus de 14h/jours scotché à mon écran, au bureau ou à la maison, et toujours avec mon portable quelque part au contact de mes vêtements, je suis « connecté » non stop, perpétuellement joignable, toujours en lien, ouvert à tout vent. Et pour sur le réseau se fait titanesque, a tel point que j’ai la sensation de tourner en rond. Pour peu que je prenne un livre, un article de magazine ou un programme d’événement quelconque, il y a toujours plusieurs noms de ma connaissance maintenant, puisque toutes mes activités tournent autour des mêmes sujets. Et malgré cette exiguïté relative des parisiens par secteur d’activité, malgré les sollicitations incessantes du boulot et autre avec le rythme soutenu des « tilt » des messages entrants ou des appels en instance, je ne parviens pas à m’abstraire d’un étrange sentiment de solitude. J’imagine qu’au Caire Marie pourrait nous décrire une situation similaire, en tout les cas à Paris j’ai l’impression que la machine infernale de Cocteau est à l’œuvre et qu’elle nous entraîne dans un frémissement névrotique, des espèces de compulsions obsessionnelles pour la communication et nous éloigne autant que possible de l’essentiel, nous éparpille comme on répand les cendres au quatre vents, empêchant de former un tout cohérent. Mais est-ce vraiment dû aux agglomérations de 10 millions d’habitants où nous sommes aujourd’hui par contraste avec nos habitudes bisontines acquises dans une ville de 120 000 âmes ? Ou bien est-ce dû à notre âge et nos professions ?

Il faut dire que je suis en pleine transition. Je change d’entreprise dans deux semaines, et la perspective de quitter l’équipe avec laquelle je travaille actuellement me rend nostalgique, et c’est bien la première fois.

J'ai toujours rappelé Selma alors qu'elle travaille à côté ! Il faut me le rappeler !

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19 mars 2007

retour aux sources

Je viens de passer quelques jours chez moi, à Waldighoffen, au cœur du Sundgau. Ce simple week-end était très court, mais ça m’a fait un bien fou.

C’est toujours déconcertant de se retrouver là où tout à commencer, dans cette maison qui ne change pas et demeure, avec une grande famille, tout le village nous étant apparenté d’une façon ou d’une autre.

L’ambiance du village aussi m’a rasséréné grâce à ses contrastes radicaux par rapport à la vie parisienne.

Au fond du jardin se trouve la rivière qui berce l’Alsace de part en part, l’Ill, un nom poétique pour une rivière qui au sud de la plaine n’est encore qu’un mince filet d’eau dans un fossé profond. Après le petit pont qui l’enjambe, le cimetière, où repose la famille la plus proche. Aucune de ces tombes n’est anonyme et je sais même quel emplacement j’occuperai probablement lorsque le moment sera venu. C’est rassurant en fait. La mort est là, au fond du jardin, dans ce carré entouré de murs bas, aires de jeu préféré de ma mère enfant et où j’ai également passé des heures à m’occuper des vielles tombes des enfants et des mort-nés du siècle passé, à apprendre la vie des cousins et des arrières grands-tantes, à imaginer à partir des dates et des noms gravés dans la pierre et la mémoire que les récits des anciens m’en avait transmis, ce qu’avait été leur vie.

Et il y a les papiers. Les multitudes de correspondances, de livres et de carnets de bals griffonnés d’une écriture nerveuse comme celle de mon arrière grand-mère ou soigneusement emplie d’une ronde écriture comme celle de sa sœur cadette. Combien d’heures ai-je passé dans ce grenier froid empli de guêpes à déchiffrer les lettres gothiques qui retranscrivent ce patois étrange que parle ma famille ?

Enfin il y a ce meuble au mystère, tout au fond du grenier, dérobé au regard, et que seul le noyau dur de la famille connaît, un meuble dont le seul nom inspire le secret, un meuble qui a tout d’un tabernacle profane : « le Vertikoffre ». Ce meuble était celui dans lequel mon arrière-grand-père herboriste rangeait ses plus précieuses décoctions, inspirées des savoirs de son épouse, dont une branche entière de la famille avait été condamnée deux siècles plus tôt pour sorcellerie alors qu’il ne s’agissait que de biologie empirique.

A Paris les morts sont anonymes, à Paris la mort est une angoisse silencieuse, alors qu’à Waldighoffen elle est pleinement intégrée à la vie de tous les jour, calmant les angoisses sourdes, elle attend sagement au fond du jardin, avec discrétion et sans violence.

 

PS : je suis triste que Selma quitte notre blog à trois... Marie et moi continuerons à croiser nos regards en espérant que Selma reviennet de temps à autre quand même !

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04 mars 2007

Last dance

C’est une libération et une déchirure à la fois. Après des années d’incertitudes à se demander si je faisais les bons choix sans que l’horizon semble se dégager, enfin, j’ai l’impression de toucher au but en décrochant un ticket pour entrer sur la place espérée dans une entreprise dont le sérieux, les sujets et la déontologie semble me correspondre. Ainsi l’horizon se dégage.

Mais cet avancement implique hélas de quitter prématurément l’équipe avec laquelle je travaille actuellement à « sauver le monde ». Jeudi donc, nous avions décidé de sortir ensemble, pour la dernière fois. En effet, l’une des collaboratrices s’envole pour Le Cap où elle va vivre, une autre part vers de nouvelles aventures (Hawaï, puis probablement en Colombie), un autre change d’entreprise aussi, et ce jour là j’apprenait la bonne nouvelle : le 13 avril, à mon tour, je m’engagerai dans de nouvelles activités.

Le changement ne sera pas si dur, dans le sens où ce nouvel emploi offre une continuité certaine avec les missions de ces derniers mois, mais je me suis souvenu de quelqu’un en cette occasion.

Lorsque nous étions en seconde, classe à profil artistique pourtant peu encline à être sympathique avec les disciplines scientifiques, nous avions spontanément et collégialement noués une relation privilégié avec la jeune professeur de science de la vie et de la terre. La concorde régnait dans son cours, tout au long de l’année avec la même constance, à la surprise générale.

Le dernier jour, elle nous a fait un discours déchirant en nous disant combien elle avait aimé travailler avec nous, et combien elle en était triste. Triste parce que les autres professeurs du lycée lui avait assuré que ce genre de relation avec une classe entière est unique et n’arrive qu’une seule fois dans une carrière. Elle était donc triste que ça lui soit arri