24 septembre 2006
En passant
Il y a des périodes comme celle-ci où je me sens comme possédé par le fantôme de Mirabeau, complètement amok ou tout droit échappé de l’œuvre immortelle de Dante. C’est quand une espèce de boulimie fantastique de tout me prend, comme si je devais mourir dans l’instant et me dépêcher au-delà du possible de tout faire ! Travailler, lire, écrire, manger, boire, fumer… tout en même temps, tout très vite etc… C’est très productif mais rien n’est finalisé en de telles périodes fondatrices qui se prolongent par de longues périodes de correction, d’amélioration et de finalisation. Cet état est généré par le cumul des activités qui me demande de déployer des trésors d’ingéniosité en organisation, mais surtout une énergie parfois introuvable. Le fait de surfer toutes mes journées en plusieurs langues sans distinction me conforte aussi dans cette attitude dantesque et grandiloquente. Entre les activités diurnes dans un bureau et les activités nocturnes sur la thèse, il s’agit de s’informer et d’être productif aussi bien en allemand, qu’en anglais et en français, plus rarement en italien. La thèse en cours n’en tire pas forcément avantage mais je me suis motivé à l’idée de la terminer cette année, la troisième (et dernière ?) année « d’étude » de ma vie… à moins qu’un post-doc intéressant ne permette de prolonger encore ces études sans fin… pour non pas totaliser 8 ans dans les universités françaises, mais 10 !!!! Il pleut sur Paris, par intermittence, mais la fenêtre ouverte laisse le bruit et l’air humide entrée dans l’appartement, m’évitant par là-même de vaporiser les plantes pendant une heure, comme tout les soir de cette chaude semaine passée. La pluie a un effet cathartique puissant et elle m’a suffisamment apaisé pour que je puisse écrire un peu, pour rien, en passant, pour moi-même en quelque sorte.
11:25 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, paris, art, Olivier Martin Delange, Loïc Fel
15 septembre 2006
portrait au tricot

dessin original de Sarah Clertant
00:05 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art; dessin; tricot
14 septembre 2006
Nouvel environnement
Mais plus encore, même si c’est sensé être des considérations extraprofessionnelles, un nouveau bureau c’est également découvrir de nouvelles individualités, et celles que je découvre sont riches. Comme mon imagination mythifiante fonctionne en autonome et n’a de cesse de transformer le quotidien en une geste islandaise comme dans une perception synesthésique d’un nouveau genre, je n’ai pas manqué d’attribuer des caractéristiques légendaires à chacun des membres de cette structure.
Un exemple parmi d’autres : il se trouve en ces murs du prestigieux VIIe arrondissement un veilleur ! Quel nom poétique pour une fonction ! Indépendamment de la dimension opérationnelle de ce métier, c’est sa portée symbolique qui instinctivement se raccorde avec mon fond culturel et qui donne une figure et une aura au détenteur du titre ! Attentif aux événements, ce personnage a une méticulosité qui force l’admiration ! On l’imagine tout le jour durant et toute la nuit traversant les yeux ouverts avec volonté, attentifs et véloces qui parcourent les moindres modifications du cyberespace. Ainsi décrit, un tel personnage a tous les attraits du gardien du temple, du gardien du dogme, de la sentinelle fidèle à sa mission qui défend et incarne la valeur qui l’habite… Et la climatisation fonctionnant dans son bureau (le seul) ajoute la fraîcheur des lieux de recueillement à l’espace clos qui lui est dévolu. Tout concourt ainsi à stimuler ma perception mythifiante spontanée.
D’école en école, de boulots en stages et en missions successives, Paris m’attache progressivement à elle et voilà cinq ans que je suis arrivé dans cette ville. Je m’y promène encore en étranger, mais pourtant, je n’ai jamais vécu aussi longtemps quelque part ! Alors que je commençais à me résoudre à cette identité parisienne qui me désespère et que je rejette, je suis tombé sur un site d’alsaciens expatriés, au sens où ils ne vivent plus en Alsace. Et les sentiments qu’ils décrivent, les témoignages que j’ai pu lire de liens en liens, correspondent tout à fait à ce que je ressens. Lorsqu’on naît alsacien, on est alsacien avant tout, on est alsacien avant d’être Français, et probablement même européen avant d’être français encore.
Mon Est et ses identités marquées me manqueront indéfiniment, ses forêts immenses, ses collines verdoyantes, ses hivers, ses accents et ces habitants hauts en couleurs restent la référence permanente à l’aune de laquelle Paris entier paraît bien fade. Et pourtant, et pourtant, maintenant je regarde vers l’Ouest et j’aspire à rejoindre le Finistère un jour prochain, même si hélas je ne vois pas d’avenir professionnel hors de Paris…
23:20 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Invitation


Avec:
- Anne-Charlotte Pascal, Mannequin de l'agence Next
- Olivier Martin-Delange, Créateur de bijoux en cheveux
- Françoise Dubost, Créatrice de sorties de bains
- Irina Volkonski, Créatrice d'accessoires
21:30 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
weborama
en surfant sur le Net ce soir je me suis apperçu que moi aussi je suis un expatrié ! Si, si !
regardez : http://elsassexpat.blogs.com/weblog/ tout un univers à découvrir à partir de ce blog qui fait échos à ma culture profonde !
21:11 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 septembre 2006
Ambiances parisiennes
J’interviens en coup de vent, entre deux urgences. En ce moment je ne parviens plus à gérer mon emploi du temps entre la thèse, le boulot, les articles, les projets etc… mais j’en suis ravi puisque lundi, pour moi aussi, c’est la rentrée ! Nouvelle mission, multilingue, ambiance germanophone à souhait, avec des ressources en italien et en anglais. Ça promet d’être passionnant ! Et en plus c’est dans une institution prestigieuse, sur un sujet qui m’occupe depuis des années : le développement durable ! Espérons que ce « pied à l’étrier » sera riche en conséquences bénéfiques.

Dans ces circonstances de préparatifs variés je vais juste rapporter quelques anecdotes. Selma n’a vraiment pas de chance dans son retour parisien puisqu’elle se retrouve confrontée à toutes les situations qui rendent Paris désagréable. De mon côté, toujours aussi protégé par je ne sais quel heureux hasard, ce genre de situation se résolvent toujours de façon incongrue, comme le jour où on m’a subtilisé mon portable à une terrasse de café pour ceux qui s’en souviennent… avec le portefeuille également il m’est arrivé une situation similaire. Un matin, assis dans le métro ligne 10 en route pour la Sorbonne, un jeune homme s’assied à côté de moi sur les strapontins alors qu’il y avait de la place partout dans la rame. Je reste plongé dans ma lecture du moment. Quelques minutes plus tard, il rigole et me tend quelque chose en me disant « tiens, j’te l’rends. C’était trop facile » et là je le vois me donner mon portefeuille ! J’avais pourtant placé celui-ci au fond de ma poche, dans mon pantalon un peu trop moulant et en plus j’étais assis ! Je n’ai pas la moindre idée de la manière dont il est parvenu à prendre ledit portefeuille. Il me l’a rendu, m’a souri avec un air espiègle, s’est levé et est descendu à la station suivante en me faisant un salut ! Les pic-pokets parisiens n’ont pas volé leur réputation.
Autre exemple de l’ambiance parisienne : personne ne se dit bonjour ! Quand je dis personne, c’est personne ! Evidemment, on ne va pas dire bonjour à tous les humains que l’on croise comme dans les villages sans quoi nous répéterions inlassablement « bonjour » tout au long de la dite journée la rendant tout sauf bonne. Mais les personnes que l’on croise tout les jours, celles qui prennent le même métro, ou bien qui font leurs courses à la même heure que vous bien souvent etc… ces gens-là ne disent pas bonjour, ils trouveraient ça agressif. Au début cette attitude m’a décontenancé, puis au fil des années je m’y suis fait. J’étais particulièrement vexé par un homme qui, lors de mon emploi précédent, pendant deux ans et demi, prenait le même métro que moi presque tous les matins et tous les soir, faisaient un changement au même endroit et descendait finalement à la même station que moi… cet homme habite l’immeuble attenant au mien et travaillait dans l’immeuble en face de celui où j’oeuvrais moi-même. Au bout de quelques jours, amusé par ce hasard, je lui ai dit « bonjour ». 6Il m’a regardé comme si j’étais un extraterrestre et n’a pas répondu. Les deux années suivantes il continuait quand même à être assis presque en face de moi matin et soir ! J’ai donc compris que les gens d’île-de-France ne savent pas ce que signifie « bonjour » et n’ont jamais entendu parlé des théories de la communication de Jakobson. Dans celles-ci « bonjour » est d’ordre phatique, c’est-à-dire que c’est une expression dont le sens ne compte pas, elle sert simplement à dire qu’on a reconnu la personne et qu’on sait qu’elle est là. Ce n’est en aucune manière une façon d’engager la conversation ou de chercher autre chose si ce « bonjour » n’est pas complété par autre chose. C’est juste dire à l’autre : « tu existes, moi aussi, on s’est reconnu et on cohabite sans se taper dessus ni se mépriser ».
Pour continuer dans cette voie, il y a un autre homme, indien je pense, la trentaine, que je croise presque tous les jours dans ma rue, il doit habiter un peu plus haut. En faisant les courses, au bureau de tabac, dans le métro, nous avons visiblement les mêmes horaires. Forts de mes expériences précédentes je ne lui disais pas bonjour. Et il y a quelques semaines, alors que je descendais la rue, profondément enfoui dans mes pensées, je lui suis presque rentré dedans et au lieu de lui dire « pardon » j’ai dit « bonjour ! » comme un idiot. C’était un automatisme, je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, depuis, à chaque fois que je croise cet homme, il me dit un grand bonjour gratifié d’un sourire ! Et c’est bête, mais ça me fait vraiment plaisir et ça donne un peu de vie aux rues si mornes. En tous les cas j’ai trouver la technique pour commencer à dire bonjour à un parisien : le percuter de front ! La prochaine fois que je croise mon ancien co-passager du métro-boulot-dodo, ce qui ne manque jamais quand je vais à monoprix, à croire qu’il y passe sa vie, je ne le louperais pas !
22:40 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, traditions, voyages
26 août 2006
Coup de déprime ?
Ce blog a pris une tournure très déprimée ces derniers jours ! J’aurai lu ces textes il y a quelques années je me serai rué sur l’occasion pour me lover dans la douce mélancolie suicidaire et j’aurai épiloguer sur le romantisme désuet de la mort. Mais je me rends compte que j’ai bien changé et que je ne lâche plus aucun affect, ou avec contrôle, parcimonie et discrétion.
Depuis quelques années, je sais précisément depuis quel moment, j’ai un profond sentiment de solitude. Depuis ce moment là d’ailleurs je n’écoute de très occasionnellement de la musique. C’est idiot, d’autant plus que je suis le seul de notre trio à vivre en couple dans une histoire d’amour rare et précieuse, ça je le sais bien, mais il n’empêche que ce sentiment de solitude froide et totale est omniprésent. Et le plus incohérent, c’est que c’est probablement ce sentiment qui a éludé toute la thématique dépressive des années « bisontines ».
Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en partant du principe qu’on est fondamentalement seul face à soi-même, on est alors totalement responsable de soi. Pas de fatalité à accuser, pas d’autre ou de « on » pour se plaindre, pas de fuite possible. On pars, mais les problèmes sont toujours là, exactement les mêmes, puisque le seul problème c’est nous-même. Alors je ne me suis plus parlé. Je ne me suis plus dit « oh comme c’est triste », « oh comme j’ai envie de… », « Oh si seulement je… » et autres « UTINAM … ». Non, maintenant je ne me parle plus, et ce silence intérieur, qui conforte le sentiment de solitude total mais qui instaure un calme absolu, me permets de ne plus déprimer de cette manière. Cette attitude a un coût évidemment, je ne m’investi plus du tout dans les relations affectives à part avec Olivier. Globalement mes interactions se limitent à ce que je considère comme étant mon devoir moral. En temps normal si on me demande comment ça va ou toute autre question sur les affects je n’en sais rien et je réponds ce qui m’arrange sur le moment. Je ne me pose plus ce genre de question et la plupart du temps je n’y répond pas. Fini les longues heures de confidences ou de confessions qui ne servent à rien, les regrets et les remords qu’on récite comme un chapelet ou les expression d’affect qui sonnent comme des litanies. Je travaille, il y a des choses qui me font plaisir, et c’est tout. C’est bien mieux ainsi.
Le seul espace de liberté d’affect est l’intimité avec Olivier, et celle-ci est totalement verrouillée à tout autre et quasi secrète !
Bon, ceci dit j’aimerai bien que nous reprenions le cours de nos récits pour dépasser cette pose affective du blog ! Il y a des événements à commenter ! Des actualités à rapporter !
Marie, as-tu assisté au déplacement de la statue de Ramsès II au Caire ? Selma, rien que la recherche d’appartement pourrait faire une épopée ! Quand entres-tu dans tes nouvelles fonctions ? Pour ma part reprise du boulot le 4 septembre… ça promet d’être difficile mais passionnant ! Quand on agit on ne déprime pas.
18:25 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
19 août 2006
Loïc de sortie, tous aux abris !
Ce soir j’avais prévu de sortir avec V., rencontré en Juin à Roscoff, dont nos origines alsaciennes communes nous avaient fait immédiatement sympathisé. Je me réjouissais à l’idée de remettre le nez dehors n’étant, une fois de plus, pas allé plus loin que le bureau de tabac depuis plus de dix jours.
A dix huit heure donc, je sors de la bouche de métro à Cluny pour me rendre rue Mouffetard. Pour ce faire il suffit de longer la Sorbonne, de remonter jusqu’au Panthéon et de prendre une rue au fond à droite de la place qui entoure ce monument…
Quelques minutes d’inattentions perdu dans mes pensées, ce qui m’arrive souvent, je marchais au radar et lorsque je me suis à nouveau soucié de mon chemin je me suis rendu compte que j’étais complètement perdu ! Le quartier latin est un des plus anciens de Paris, c’est là que se tenait la ville romaine avec ses arènes et ses thermes dont il reste les ruines, la ville gauloise elle, Lutèce, occupait l’actuelle île de la cité. Tout ça pour dire que c’est un des quartiers de la ville dont les rues sont les plus étroites, les plus petites et les plus nombreuses, suite à 2 000 ans d’occupation dense et d’urbanisme médiéval aléatoire. Je me suis retrouvé à longer des rues qui se terminaient en impasse, le tout sous de trombes d’eau puisqu’il pleut à verse par intermittence depuis plusieurs jours. A un moment, j’avais même l’impression que des gens jetaient des sauts d’eau depuis les toits tant la pluie était intense.
En désespoir de cause, après plusieurs tours de quartier sans retrouver mon chemin j’appelais V. qui, fort heureusement, avait un plan sur lui et a pu me téléguider…
Finalement nous nous retrouvons dans un café, et on se raconte les nouvelles en fumant clope sur clope en terrasse, protéger par un grand auvent. Les cafés parisiens ont la mauvaise habitude de ne pas fournir de cendrier pour les tables en terrasse, nous jetons donc nos mégots incandescents comme nous pouvons…
Les lecteurs assidus qui savent combien je suis catastrophique imaginent où je veux en venir…
Quelques minutes plus tard, une étrange odeur de barbecue et de feu de bois me surprend. Je n’ai pas tout de suite réalisé ce qui se passait mais V. me fit remarqué que de la fumait s’échappait de la grille des égouts dans laquelle je jetais mes mégots… en y regardant de plus près je vis que le trou qu’elle recouvrait était bouché à peine dix centimètres plus bas par des feuilles mortes, des papiers et des mégots, et que l’ensemble laissait poindre de jolies flammes…
Ni une ni deux je prends le verre de bière (vide) de V., je fonce dans le bar, je pose le verre sur celui-ci et j’exige un verre d’eau. Le barman me regarde comme si j’étais stupide et me dit :
« Euh, vous voulez dire une bière ? »
« Non, un verre d’eau, y’a l’feu ! »
« Soyez pas pressé », répond-t-il en me servant l’eau en question.
Je fonce ensuite vers la grille pour verser l’eau en question sur les flammes aussitôt éteintes devant le regard médusé du garçon qui comprit alors ce qui se passait…
Une heure plus tard, Olivier nous rejoint dans le quartier et nous n’attendons plus que la compagne de V. qui doit nous retrouver Place Monge. Je propose aimablement que nous allions à sa rencontre… évidemment mes idées ne sont jamais bonnes…
Arrivé sur la place en question, quatre policiers en tenu nous alpaguent pour un « contrôle d’identité » en nous demandant si nous sommes en possession de stupéfiants. J’étais stupéfié ! C’est la première fois de ma vie que la police me demande mes papiers et en plus si j’ai justement avec moi de la drogue ! En fait j’étais même vexé qu’ils puissent s’imaginer cela ! Ces messieurs dames ont été très aimables et ont fait leur travail, mais avec méticulosité : poches, sacs, vérification des papiers etc. Le tout dans un quartier bourgeois plutôt calme et à peine vers 20h30. Ils se sont rattrapé en faisant de l’humour. Plusieurs heures plus tard je suis toujours aussi surpris par cette « intrusion » policière dont on n’a pas vraiment l’habitude en France, ou tout au moins dans les endroits que je fréquente.
Bilan de l’affaire pour le première sortie du mois je me suis perdu, j’ai mis le feu et j’ai subit un contrôle policier. Finalement, j’attendrai septembre avant de dépasser le bureau de tabac du bas de la rue…
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17 août 2006
Memento …
Le prix Nobel de littérature Günter Grass a récemment confessé avoir porté l’uniforme de la Waffen SS à 17 ans en 1944, provoquant une levée d’indignation incroyable en Europe.
La même semaine, une exposition ouverte au public depuis le vendredi 11 août à Berlin cherche à présenter concrètement les expulsions forcées de populations qui ont eu lieu en Europe au cours du siècle passé. Parce que l'événement est commandité par la Fédération allemande des expulsés, qui veut sensibiliser à la cause des 14 millions d'Allemands de souche ayant dû fuir l'Europe orientale (Pologne et République Tchèque) à la fin de la seconde guerre mondiale, des critiques n'ont pas tardé à s'élever de toute part.
Il suffit !
L’Histoire est une simplification écrite par les vainqueurs et celle de la sombre période de la seconde guerre mondiale qu’on peut clairement voir comme la fondation de notre civilisation contemporaine pour des raisons politiques, technologiques et culturelles, l’est encore plus.
Je comprends combien la problématique est sévère. Par respect pour les innombrables victimes des monstruosités de l’époque on tends à héroïser sous un jour franchement épique les Alliés et à effacer les drames subits par les totalitarismes vaincus pour ne pas susciter un ambiguë et dangereux sentiment d’empathie. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut falsifier l’histoire !
Les Alliés n’ont pas été en reste de crimes de guerre de 1944 à 1945 et les déplacements des populations germaniques sont similaires à celles subit par tant d’autres peuples au XXe siècle que ce soit en Arménie, dans les Balkans, ou en Europe de l’Est. Je n’oublie pas non plus les bombardements Alliés sur Dresde, où seul la statut d’un ange de la cathédrale surgissait des ruine, image incroyablement symbolique, les destructions massives, les exécutions injustes… Ma grand-mère, alors déportée dans un camps de travail en Bavière a pris le train en 1945 pour rentrer en Alsace et elle a pleuré tout au long du trajet, non pas en remerciement de sa libération (en fait elle n’était plus prisonnière, c’est un destin très particulier), mais parce qu’elle était affligé par les destructions qu’elle constatait alors que lors du tragique trajet « aller » en 1940 elle avait, en dépit des circonstances, trouvé la région magnifique. Je pense par exemple aux « malgré nous », c'est-à-dire les alsaciens (ma famille) qui ont été enrôlés de force dans la Wehrmacht, ou même des résistants, parce qu’ils ne parlaient pas français mais alsacien ont été pris pour des ennemis. Combien ont été tués ? La plus incommensurable double tragédie humaine ne fut-elle pas Hiroshima et Nagasaki ? Je sais combien elle était justifiée d’un point de vue stratégique et combien il est heureux que la victoire des Alliées soit arrivée plus rapidement grâce à ces grandes opérations, mais il n’en demeure pas moins que c’est une victoire à la Pyrrhus et il n’y a pas de quoi s’enorgueillir.
Soixante années ont passées. Certes les vieux démons sont toujours là, qui rôdes dans les franges de la vie politique occidentale et qui charment encore trop d’adolescents ou de jeunes adultes inexcusables. Mais de là à nier les drames subits par les populations allemandes et y voir systématiquement une pointe de revival de ce que tous s’accordent à nommer Le MAL… ça devient lassant.
Combien de fois, alors que j’évoquais ces points, j’ai été moi-même qualifié d’adjectifs qu’il ne vaut mieux pas reporter ici ! Quel manque de discernement et de finesse d’esprit ! Et non, le monde n’est pas tout blanc et tout noir, on devrait commencer à le savoir pourtant !
N’oublions pas que l’Allemagne a été occupé par les armées alliées jusque dans les années 1990, et lorsque j’étais enfant nous évitions de croiser les américains qui agissaient avec un grand sentiment d’impunité, et que dire des russes de l’autre côté ! L’Allemagne et le Japon n’avaient pas d’autonomie pour leur politique de défense, et c’est encore partiellement le cas… par contre le japon a gardé son empereur en 1945 dont pourtant la responsabilité est largement étayée…
Tous ces événements concernent le génération de mes grands-parents, et sans pour autant oublier, il serait peut-être temps qu’on permette aux nouvelles générations de déculpabiliser pour les fait de leurs aïeux et de permettre au devoir de mémoire d’être équitable et complet en se souvenant avec justesse de TOUS les drames qui ont assombri l’humanité de 1933 à 1945.
Nous autres, gens de l’est, nous savons le prix du sang et l’absurdité de la guerre ayant eu, pour chaque bataille (1870 / 1914-1918/ 1939-1945), des morts des DEUX côtés. Enfant j’ai rencontré des hommes et des femmes qui avaient été résistants, allemands ou français, des combattants des deux côtés, de la 2em DB du Maréchal Leclerc à l’inqualifiable bataille de Kaliningrad, de la lamentable débâcle de l’armée française en juin 1940 ou de la chute de l’Allemagne en avril 1945, des juifs survivants des camps de la mort, des déportés de la Baltique, des italiens des deux côtés, j’ai même rencontré un homme qui avait, à 17 ans, participé au massacre d’Oradour-sur-Glane dont le seul nom est synonyme d’inhumanité ( « Unmeschlich » en allemand, ce mot ne rend pas en français) et 45 ans après il faisait encore peur, je vous assure ! Et en 1998 en Sardaigne j’ai rencontré une vielle dame qui avait craché sur le corps de Mussolini fraîchement pendu !
Ce passé nous devons en être les garants puisque les uns après les autres les témoins directs disparaissent dans le puit sans fond du temps. Mais le devoir de mémoire inclus l’intégralité des FAITS !
A ceux qui se souviennent…
22:55 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 août 2006
J'en perds mon latin !
Version allemande :
Um im multikulturellen Sinn unseres Unternehmens zu unterstützen bestand ich darauf, mein Salzkorn zu stellen… Ich bin mich bewußt, daß spontan wir unsere Erfahrungen in der Sprache wieder abschreiben, die sie getragen hat, und Marie mich hat sagen bereits, wieviel von einer Sprache zur anderen überzugehen zu Verwirrungen führte. Marie geht vom Französischen zum Englischen, Arabischen oder Spanischen jeden Tag über, von meiner Seite es ist Französisch, Deutsch, Englisch und Italienisch. Dort, wo die Verwirrungen schrecklich werden, ist es, wenn man sich ein Wort ohne überhaupt zu wissen gebraucht, von der betreffende Sprachen er wieder aufrichtet… Wäre es nur auf französisch, ich gebrauche mich oft Ausdrücke typisch franc-comtoises in, der überzeugt ist, daß sie der französischen Sprache gemeinsam sind, und daß vom Elsässer zu sagen! Ich dachte, daß „rincale rencale“ ein französischer Ausdruck war ebenso wie das Wort „frach“. Besser noch entdecke ich, daß Wörter Elsässer in der französischen Sprache übergegangen sind! Man kann sagen „schluck“ (der Mundvoll) das schlüch (der Wasserschlauch), das stück (übersetzung von „Stücken“), das schlaß (ermüdet zu werden oder ein wenig zuviel getrunken zu haben!) für die bekanntesten! Wenn und wie diese Wörter sich im französisch sprechenden Raum verbreitet haben, habe ich davon die geringste Idee nicht, aber sie verursachen bei mir schreckliche Verwirrungen!
Entgegen dem Englischen, dem Arabischen oder dem Spanischen, den Sprachen, für die ich eine Vorliebe habe, sind Deutsch und der Elsässer durch Hunderte von Millionen niemanden gesprochen. Der Elsässer insbesondere, beherrsche nur ich nicht gänzlich, selbst wenn er die Entfernenversuche Frankreichs oder Deutschlands überlebt hat, faßt nur einige Hunderttausende Ansprechpartner zusammen, was Deutschland betrifft, privat des Imperiums kolonial, seine klassische Sprache hat sich nicht über Mitteleuropa hinaus verbreitet (Zentrum von Europa, das zwischen den lateinischen und slawischen Räumen geklemmt wurde).
Jedoch haben diese zwei Sprachen, die nicht von Mode profitieren, eine Poesie und einen unglaubischen Reichtum! Hölderlin bleibt mein vorgezogener Dichter alle verwechselten Kategorien! Martin Heidegger ging bis zu zu schreiben, daß grammatikalisch, allein die deutschen und griechischen Sprachen die Wahrheit enthalten konnten!
Ich überlasse Ihnen, auf Abhören festzustellen! Es ist ein exhumierter Auszug des Grundes meiner Jugend… eine „gotische“ Gruppe am ausdrücklichen Namen: Goethes Erben.
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