24 septembre 2006

En passant

J’ai l’impression que ces derniers temps nous sommes tous les trois pris dans le flot de nos activités et cette période, qui nous a fait dépasser (et manquer) le premier anniversaire du blog Paris-Doha-Le Caire, est une étape charnière dans nos développements professionnels respectifs. Je me suis surtout consacré au « sujets prioritaires » que je développe sur l’esthétique verte, en collaboration avec Olivier Martin Delange, qui n’est autre que « mon » Olivier. Il prépare d’ailleurs actuellement une exposition à Bordeaux et un projet photographique dont je suis le premier fan. (voir Olivier Martin Delange)

 

Il y a des périodes comme celle-ci où je me sens comme possédé par le fantôme de Mirabeau, complètement amok ou tout droit échappé de l’œuvre immortelle de Dante. C’est quand une espèce de boulimie fantastique de tout me prend, comme si je devais mourir dans l’instant et me dépêcher au-delà du possible de tout faire ! Travailler, lire, écrire, manger, boire, fumer… tout en même temps, tout très vite etc… C’est très productif mais rien n’est finalisé en de telles périodes fondatrices qui se prolongent par de longues périodes de correction, d’amélioration et de finalisation. Cet état est généré par le cumul des activités qui me demande de déployer des trésors d’ingéniosité en organisation, mais surtout une énergie parfois introuvable. Le fait de surfer toutes mes journées en plusieurs langues sans distinction me conforte aussi dans cette attitude dantesque et grandiloquente. Entre les activités diurnes dans un bureau et les activités nocturnes sur la thèse, il s’agit de s’informer et d’être productif aussi bien en allemand, qu’en anglais et en français, plus rarement en italien. La thèse en cours n’en tire pas forcément avantage mais je me suis motivé à l’idée de la terminer cette année, la troisième (et dernière ?) année « d’étude » de ma vie… à moins qu’un post-doc intéressant ne permette de prolonger encore ces études sans fin… pour non pas totaliser 8 ans dans les universités françaises, mais 10 !!!! Il pleut sur Paris, par intermittence, mais la fenêtre ouverte laisse le bruit et l’air humide entrée dans l’appartement, m’évitant par là-même de vaporiser les plantes pendant une heure, comme tout les soir de cette chaude semaine passée. La pluie a un effet cathartique puissant et elle m’a suffisamment apaisé pour que je puisse écrire un peu, pour rien, en passant, pour moi-même en quelque sorte.

11:25 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : philosophie, paris, art, Olivier Martin Delange, Loïc Fel

15 septembre 2006

portrait au tricot

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dessin original de Sarah Clertant

 

 

00:05 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : art; dessin; tricot

14 septembre 2006

Nouvel environnement

Depuis près de deux semaines je sévis dans un nouveau bureau dont les activités me plaisent beaucoup, qui m’offrent l’occasion d’exercer les langues européennes que je connais et d’enrichir ma culture dans ma spécialité : le développement durable. Ce cadre de travail convivial est extrêmement émulant et l’expérience promet d’être enrichissante.

Mais plus encore, même si c’est sensé être des considérations extraprofessionnelles, un nouveau bureau c’est également découvrir de nouvelles individualités, et celles que je découvre sont riches. Comme mon imagination mythifiante fonctionne en autonome et n’a de cesse de transformer le quotidien en une geste islandaise comme dans une perception synesthésique d’un nouveau genre, je n’ai pas manqué d’attribuer des caractéristiques légendaires à chacun des membres de cette structure.

Un exemple parmi d’autres : il se trouve en ces murs du prestigieux VIIe arrondissement un veilleur ! Quel nom poétique pour une fonction ! Indépendamment de la dimension opérationnelle de ce métier, c’est sa portée symbolique qui instinctivement se raccorde avec mon fond culturel et qui donne une figure et une aura au détenteur du titre ! Attentif aux événements, ce personnage a une méticulosité qui force l’admiration ! On l’imagine tout le jour durant et toute la nuit traversant les yeux ouverts avec volonté, attentifs et véloces qui parcourent les moindres modifications du cyberespace. Ainsi décrit, un tel personnage a tous les attraits du gardien du temple, du gardien du dogme, de la sentinelle fidèle à sa mission qui défend et incarne la valeur qui l’habite… Et la climatisation fonctionnant dans son bureau (le seul) ajoute la fraîcheur des lieux de recueillement à l’espace clos qui lui est dévolu. Tout concourt ainsi à stimuler ma perception mythifiante spontanée.

D’école en école, de boulots en stages et en missions successives, Paris m’attache progressivement à elle et voilà cinq ans que je suis arrivé dans cette ville. Je m’y promène encore en étranger, mais pourtant, je n’ai jamais vécu aussi longtemps quelque part ! Alors que je commençais à me résoudre à cette identité parisienne qui me désespère et que je rejette, je suis tombé sur un site d’alsaciens expatriés, au sens où ils ne vivent plus en Alsace. Et les sentiments qu’ils décrivent, les témoignages que j’ai pu lire de liens en liens, correspondent tout à fait à ce que je ressens. Lorsqu’on naît alsacien, on est alsacien avant tout, on est alsacien avant d’être Français, et probablement même européen avant d’être français encore.

Mon Est et ses identités marquées me manqueront indéfiniment, ses forêts immenses, ses collines verdoyantes, ses hivers, ses accents et ces habitants hauts en couleurs restent la référence permanente à l’aune de laquelle Paris entier paraît bien fade. Et pourtant, et pourtant, maintenant je regarde vers l’Ouest et j’aspire à rejoindre le Finistère un jour prochain, même si hélas je ne vois pas d’avenir professionnel hors de Paris…

23:20 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Invitation

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Demain, vendredi 15 septembre, de 22h15 à 23h sur direct8 vous pourrez visionner une émission spéciale accessoires de modes "originalité et esprit décalé" visionnable sur Internet en direct : http://www.direct8.fr/live.html 
à cette Occasion Olivier Martin Delange présentera ses réalisations en cheveux, Swarovski, Murano et matières naturelles.
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 Originalité et esprit décalé

Avec:
- Anne-Charlotte Pascal, Mannequin de l'agence Next
- Olivier Martin-Delange, Créateur de bijoux en cheveux
- Françoise Dubost, Créatrice de sorties de bains
- Irina Volkonski, Créatrice d'accessoires

21:30 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

weborama

en surfant sur le Net ce soir je me suis apperçu que moi aussi je suis un expatrié ! Si, si !

regardez : http://elsassexpat.blogs.com/weblog/ tout un univers à découvrir à partir de ce blog qui fait échos à ma culture profonde !

21:11 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

01 septembre 2006

Ambiances parisiennes

J’interviens en coup de vent, entre deux urgences. En ce moment je ne parviens plus  à gérer mon emploi du temps entre la thèse, le boulot, les articles, les projets etc… mais j’en suis ravi puisque lundi, pour moi aussi, c’est la rentrée ! Nouvelle mission, multilingue, ambiance germanophone à souhait, avec des ressources en italien et en anglais. Ça promet d’être passionnant ! Et en plus c’est dans une institution prestigieuse, sur un sujet qui m’occupe depuis des années : le développement durable ! Espérons que ce « pied à l’étrier » sera riche en conséquences bénéfiques.

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prêt pour la rentrée !

Dans ces circonstances de préparatifs variés je vais juste rapporter quelques anecdotes. Selma n’a vraiment pas de chance dans son retour parisien puisqu’elle se retrouve confrontée à toutes les situations qui rendent Paris désagréable. De mon côté, toujours aussi protégé par je ne sais quel heureux hasard, ce genre de situation se résolvent toujours de façon incongrue, comme le jour où on m’a subtilisé mon portable à une terrasse de café pour ceux qui s’en souviennent… avec le portefeuille également il m’est arrivé une situation similaire. Un matin, assis dans le métro ligne 10 en route pour la Sorbonne, un jeune homme s’assied à côté de moi sur les strapontins alors qu’il y avait de la place partout dans la rame. Je reste plongé dans ma lecture du moment. Quelques minutes plus tard, il rigole et me tend quelque chose en me disant « tiens, j’te l’rends. C’était trop facile » et là je le vois me donner mon portefeuille ! J’avais pourtant placé celui-ci au fond de ma poche, dans mon pantalon un peu trop moulant et en plus j’étais assis ! Je n’ai pas la moindre idée de la manière dont il est parvenu à prendre ledit portefeuille. Il me l’a rendu, m’a souri avec un air espiègle, s’est levé et est descendu à la station suivante en me faisant un salut ! Les pic-pokets parisiens n’ont pas volé leur réputation.

Autre exemple de l’ambiance parisienne : personne ne se dit bonjour ! Quand je dis personne, c’est personne ! Evidemment, on ne va pas dire bonjour à tous les humains que l’on croise comme dans les villages sans quoi nous répéterions inlassablement « bonjour » tout au long de la dite journée la rendant tout sauf bonne. Mais les personnes que l’on croise tout les jours, celles qui prennent le même métro, ou bien qui font leurs courses à la même heure que vous bien souvent etc… ces gens-là ne disent pas bonjour, ils trouveraient ça agressif. Au début cette attitude m’a décontenancé, puis au fil des années je m’y suis fait. J’étais particulièrement vexé par un homme qui, lors de mon emploi précédent, pendant deux ans et demi, prenait le même métro que moi presque tous les matins et tous les soir, faisaient un changement au même endroit et descendait finalement à la même station que moi… cet homme habite l’immeuble attenant au mien et travaillait dans l’immeuble en face de celui où j’oeuvrais moi-même. Au bout de quelques jours, amusé par ce hasard, je lui ai dit « bonjour ». 6Il m’a regardé comme si j’étais un extraterrestre et n’a pas répondu. Les deux années suivantes il continuait quand même à être assis presque en face de moi matin et soir ! J’ai donc compris que les gens d’île-de-France ne savent pas ce que signifie « bonjour » et n’ont jamais entendu parlé des théories de la communication de Jakobson. Dans celles-ci « bonjour » est d’ordre phatique, c’est-à-dire que c’est une expression dont le sens ne compte pas, elle sert simplement à dire qu’on a reconnu la personne et qu’on sait qu’elle est là. Ce n’est en aucune manière une façon d’engager la conversation ou de chercher autre chose si ce « bonjour » n’est pas complété par autre chose. C’est juste dire à l’autre : « tu existes, moi aussi, on s’est reconnu et on cohabite sans se taper dessus ni se mépriser ».

Pour continuer dans cette voie, il y a un autre homme, indien je pense, la trentaine, que je croise presque tous les jours dans ma rue, il doit habiter un peu plus haut. En faisant les courses, au bureau de tabac, dans le métro, nous avons visiblement les mêmes horaires. Forts de mes expériences précédentes je ne lui disais pas bonjour. Et il y a quelques semaines, alors que je descendais la rue, profondément enfoui dans mes pensées, je lui suis presque rentré dedans et au lieu de lui dire « pardon » j’ai dit « bonjour ! » comme un idiot. C’était un automatisme, je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, depuis, à chaque fois que je croise cet homme, il me dit un grand bonjour gratifié d’un sourire ! Et c’est bête, mais ça me fait vraiment plaisir et ça donne un peu de vie aux rues si mornes. En tous les cas j’ai trouver la technique pour commencer à dire bonjour à un parisien : le percuter de front ! La prochaine fois que je croise mon ancien co-passager du métro-boulot-dodo, ce qui ne manque jamais quand je vais à monoprix, à croire qu’il y passe sa vie, je ne le louperais pas !

22:40 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, traditions, voyages

26 août 2006

Coup de déprime ?

Ce blog a pris une tournure très déprimée ces derniers jours ! J’aurai lu ces textes il y a quelques années je me serai rué sur l’occasion pour me lover dans la douce mélancolie suicidaire et j’aurai épiloguer sur le romantisme désuet de la mort. Mais je me rends compte que j’ai bien changé et que je ne lâche plus aucun affect, ou avec contrôle, parcimonie et discrétion.

Depuis quelques années, je sais précisément depuis quel moment, j’ai un profond sentiment de solitude. Depuis ce moment là d’ailleurs je n’écoute de très occasionnellement de la musique. C’est idiot, d’autant plus que je suis le seul de notre trio à vivre en couple dans une histoire d’amour rare et précieuse, ça je le sais bien, mais il n’empêche que ce sentiment de solitude froide et totale est omniprésent. Et le plus incohérent, c’est que c’est probablement ce sentiment qui a éludé toute la thématique dépressive des années « bisontines ».

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’en partant du principe qu’on est fondamentalement seul face à soi-même, on est alors totalement responsable de soi. Pas de fatalité à accuser, pas d’autre ou de « on » pour se plaindre, pas de fuite possible. On pars, mais les problèmes sont toujours là, exactement les mêmes, puisque le seul problème c’est nous-même. Alors je ne me suis plus parlé. Je ne me suis plus dit « oh comme c’est triste », « oh comme j’ai envie de… », « Oh si seulement je… » et autres « UTINAM … ». Non, maintenant je ne me parle plus, et ce silence intérieur, qui conforte le sentiment de solitude total mais qui instaure un calme absolu, me permets de ne plus déprimer de cette manière. Cette attitude a un coût évidemment, je ne m’investi plus du tout dans les relations affectives à part avec Olivier. Globalement mes interactions se limitent à ce que je considère comme étant mon devoir moral. En temps normal si on me demande comment ça va ou toute autre question sur les affects je n’en sais rien et je réponds ce qui m’arrange sur le moment. Je ne me pose plus ce genre de question et la plupart du temps je n’y répond pas. Fini les longues heures de confidences ou de confessions qui ne servent à rien, les regrets et les remords qu’on récite comme un chapelet ou les expression d’affect qui sonnent comme des litanies. Je travaille, il y a des choses qui me font plaisir, et c’est tout. C’est bien mieux ainsi.

Le seul espace de liberté d’affect est l’intimité avec Olivier, et celle-ci est totalement verrouillée à tout autre et quasi secrète !

Bon, ceci dit j’aimerai bien que nous reprenions le cours de nos récits pour dépasser cette pose affective du blog ! Il y a des événements à commenter ! Des actualités à rapporter !

Marie, as-tu assisté au déplacement de la statue de Ramsès II au Caire ? Selma, rien que la recherche d’appartement pourrait faire une épopée ! Quand entres-tu dans tes nouvelles fonctions ? Pour ma part reprise du boulot le 4 septembre… ça promet d’être difficile mais passionnant ! Quand on agit on ne déprime pas.

18:25 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

19 août 2006

Loïc de sortie, tous aux abris !

Ce soir j’avais prévu de sortir avec V., rencontré en Juin à Roscoff, dont nos origines alsaciennes communes nous avaient fait immédiatement sympathisé. Je me réjouissais à l’idée de remettre le nez dehors n’étant, une fois de plus, pas allé plus loin que le bureau de tabac depuis plus de dix jours.

 

A dix huit heure donc, je sors de la bouche de métro à Cluny pour me rendre rue Mouffetard. Pour ce faire il suffit de longer la Sorbonne, de remonter jusqu’au Panthéon et de prendre une rue au fond à droite de la place qui entoure ce monument…

Quelques minutes d’inattentions perdu dans mes pensées, ce qui m’arrive souvent, je marchais au radar et lorsque je me suis à nouveau soucié de mon chemin je me suis rendu compte que j’étais complètement perdu ! Le quartier latin est un des plus anciens de Paris, c’est là que se tenait la ville romaine avec ses arènes et ses thermes dont il reste les ruines, la ville gauloise elle, Lutèce, occupait l’actuelle île de la cité. Tout ça pour dire que c’est un des quartiers de la ville dont les rues sont les plus étroites, les plus petites et les plus nombreuses, suite à 2 000 ans d’occupation dense et d’urbanisme médiéval aléatoire. Je me suis retrouvé à longer des rues qui se terminaient en impasse, le tout sous de trombes d’eau puisqu’il pleut à verse par intermittence depuis plusieurs jours. A un moment, j’avais même l’impression que des gens jetaient des sauts d’eau depuis les toits tant la pluie était intense.

En désespoir de cause, après plusieurs tours de quartier sans retrouver mon chemin j’appelais V. qui, fort heureusement, avait un plan sur lui et a pu me téléguider…

 

Finalement nous nous retrouvons dans un café, et on se raconte les nouvelles en fumant clope sur clope en terrasse, protéger par un grand auvent. Les cafés parisiens ont la mauvaise habitude de ne pas fournir de cendrier pour les tables en terrasse, nous jetons donc nos mégots incandescents comme nous pouvons…

Les lecteurs assidus qui savent combien je suis catastrophique imaginent où je veux en venir…

Quelques minutes plus tard, une étrange odeur de barbecue et de feu de bois me surprend. Je n’ai pas tout de suite réalisé ce qui se passait mais V. me fit remarqué que de la fumait s’échappait de la grille des égouts dans laquelle je jetais mes mégots… en y regardant de plus près je vis que le trou qu’elle recouvrait était bouché à peine dix centimètres plus bas par des feuilles mortes, des papiers et des mégots, et que l’ensemble laissait poindre de jolies flammes…

Ni une ni deux je prends le verre de bière (vide) de V., je fonce dans le bar, je pose le verre sur celui-ci et j’exige un verre d’eau. Le barman me regarde comme si j’étais stupide et me dit :

 « Euh, vous voulez dire une bière ? »

« Non, un verre d’eau, y’a l’feu ! »

« Soyez pas pressé », répond-t-il en me servant l’eau en question.

Je fonce ensuite vers la grille pour verser l’eau en question sur les flammes aussitôt éteintes devant le regard médusé du garçon qui comprit alors ce qui se passait…

 

Une heure plus tard, Olivier nous rejoint dans le quartier et nous n’attendons plus que la compagne de V. qui doit nous retrouver Place Monge. Je propose aimablement que nous allions à sa rencontre… évidemment mes idées ne sont jamais bonnes…

Arrivé sur la place en question, quatre policiers en tenu nous alpaguent pour un « contrôle d’identité » en nous demandant si nous sommes en possession de stupéfiants. J’étais stupéfié ! C’est la première fois de ma vie que la police me demande mes papiers et en plus si j’ai justement avec moi de la drogue ! En fait j’étais même vexé qu’ils puissent s’imaginer cela ! Ces messieurs dames ont été très aimables et ont fait leur travail, mais avec méticulosité : poches, sacs, vérification des papiers etc. Le tout dans un quartier bourgeois plutôt calme et à peine vers 20h30. Ils se sont rattrapé en faisant de l’humour. Plusieurs heures plus tard je suis toujours aussi surpris par cette « intrusion » policière dont on n’a pas vraiment l’habitude en France, ou tout au moins dans les endroits que je fréquente.

 

Bilan de l’affaire pour le première sortie du mois je me suis perdu, j’ai mis le feu et j’ai subit un contrôle policier. Finalement, j’attendrai septembre avant de dépasser le bureau de tabac du bas de la rue…

 

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17 août 2006

Memento …

Je vais me lancer dans un sujet que je n’ai pas évoqué depuis des années, et autour duquel Marie et moi avons eu de longues conversations par le passé. Ce sujet est d’actualité pour deux raisons :

Le prix Nobel de littérature Günter Grass a récemment confessé avoir porté l’uniforme de la Waffen SS à 17 ans en 1944, provoquant une levée d’indignation incroyable en Europe.

La même semaine, une exposition ouverte au public depuis le vendredi 11 août à Berlin cherche à présenter concrètement les expulsions forcées de populations qui ont eu lieu en Europe au cours du siècle passé. Parce que l'événement est commandité par la Fédération allemande des expulsés, qui veut sensibiliser à la cause des 14 millions d'Allemands de souche ayant dû fuir l'Europe orientale (Pologne et République Tchèque) à la fin de la seconde guerre mondiale, des critiques n'ont pas tardé à s'élever de toute part.

Il suffit !

 

L’Histoire est une simplification écrite par les vainqueurs et celle de la sombre période de la seconde guerre mondiale qu’on peut clairement voir comme la fondation de notre civilisation contemporaine pour des raisons politiques, technologiques et culturelles, l’est encore plus.

Je comprends combien la problématique est sévère. Par respect pour les innombrables victimes des monstruosités de l’époque on tends à héroïser sous un jour franchement épique les Alliés et à effacer les drames subits par les totalitarismes vaincus pour ne pas susciter un ambiguë et dangereux sentiment d’empathie. Mais ce n’est pas pour autant qu’il faut falsifier l’histoire !

Les Alliés n’ont pas été en reste de crimes de guerre de 1944 à 1945 et les déplacements des populations germaniques sont similaires à celles subit par tant d’autres peuples au XXe siècle que ce soit en Arménie, dans les Balkans, ou en Europe de l’Est. Je n’oublie pas non plus les bombardements Alliés sur Dresde, où seul la statut d’un ange de la cathédrale surgissait des ruine, image incroyablement symbolique, les destructions massives, les exécutions injustes… Ma grand-mère, alors déportée dans un camps de travail en Bavière a pris le train en 1945 pour rentrer en Alsace et elle a pleuré tout au long du trajet, non pas en remerciement de sa libération (en fait elle n’était plus prisonnière, c’est un destin très particulier), mais parce qu’elle était affligé par les destructions qu’elle constatait alors que lors du tragique trajet « aller » en 1940 elle avait, en dépit des circonstances, trouvé la région magnifique. Je pense par exemple aux « malgré nous », c'est-à-dire les alsaciens (ma famille) qui ont été enrôlés de force dans la Wehrmacht, ou même des résistants, parce qu’ils ne parlaient pas français mais alsacien ont été pris pour des ennemis. Combien ont été tués ? La plus incommensurable double tragédie humaine ne fut-elle pas Hiroshima et Nagasaki ? Je sais combien elle était justifiée d’un point de vue stratégique et combien il est heureux que la victoire des Alliées soit arrivée plus rapidement grâce à ces grandes opérations, mais il n’en demeure pas moins que c’est une victoire à la Pyrrhus et il n’y a pas de quoi s’enorgueillir.

Soixante années ont passées. Certes les vieux démons sont toujours là, qui rôdes dans les franges de la vie politique occidentale et qui charment encore trop d’adolescents ou de jeunes adultes inexcusables. Mais de là à nier les drames subits par les populations allemandes et y voir systématiquement une pointe de revival de ce que tous s’accordent à nommer Le MAL… ça devient lassant.

Combien de fois, alors que j’évoquais ces points, j’ai été moi-même qualifié d’adjectifs qu’il ne vaut mieux pas reporter ici ! Quel manque de discernement et de finesse d’esprit ! Et non, le monde n’est pas tout blanc et tout noir, on devrait commencer à le savoir pourtant !

N’oublions pas que l’Allemagne a été occupé par les armées alliées jusque dans les années 1990, et lorsque j’étais enfant nous évitions de croiser les américains qui agissaient avec un grand sentiment d’impunité, et que dire des russes de l’autre côté ! L’Allemagne et le Japon n’avaient pas d’autonomie pour leur politique de défense, et c’est encore partiellement le cas… par contre le japon a gardé son empereur en 1945 dont pourtant la responsabilité est largement étayée…

Tous ces événements concernent le génération de mes grands-parents, et sans pour autant oublier, il serait peut-être temps qu’on permette aux nouvelles générations de déculpabiliser pour les fait de leurs aïeux et de permettre au devoir de mémoire d’être équitable et complet en se souvenant avec justesse de TOUS les drames qui ont assombri l’humanité de 1933 à 1945.

Nous autres, gens de l’est, nous savons le prix du sang et l’absurdité de la guerre ayant eu, pour chaque bataille (1870 / 1914-1918/ 1939-1945), des morts des DEUX côtés. Enfant j’ai rencontré des hommes et des femmes qui avaient été résistants, allemands ou français, des combattants des deux côtés, de la 2em DB du Maréchal Leclerc à l’inqualifiable bataille de Kaliningrad, de la lamentable débâcle de l’armée française en juin 1940 ou de la chute de l’Allemagne en avril 1945, des juifs survivants des camps de la mort, des déportés de la Baltique, des italiens des deux côtés, j’ai même rencontré un homme qui avait, à 17 ans, participé au massacre d’Oradour-sur-Glane dont le seul nom est synonyme d’inhumanité ( « Unmeschlich » en allemand, ce mot ne rend pas en français) et 45 ans après il faisait encore peur, je vous assure ! Et en 1998 en Sardaigne j’ai rencontré une vielle dame qui avait craché sur le corps de Mussolini fraîchement pendu !

Ce passé nous devons en être les garants puisque les uns après les autres les témoins directs disparaissent dans le puit sans fond du temps. Mais le devoir de mémoire inclus l’intégralité des FAITS !

A ceux qui se souviennent…

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10 août 2006

J'en perds mon latin !

Pour appuyer dans le sens multiculturel de notre entreprise je tenais à mettre mon grain de sel… Je me rend compte que spontanément, nous retranscrivons nos expériences dans la langue qui les a porté et Marie m’a déjà dis combien passer d’une langue à l’autre menait à des confusions. Marie passe du français à l’anglais, l’arabe ou l’espagnol au quotidien, de mon côté c’est le français, l’allemand, l’anglais et l’italien. Là où les confusions deviennent terribles, c’est quand on emploie un mot sans plus du tout savoir de laquelle des langues en question il relève… Ne serait-ce qu’en français, j’emploie souvent des expressions typiquement franc-comtoises en étant persuadé qu’elles sont communes à la langue française et que dire de l’alsacien ! Je pensais que « rincale rencale » était une expression française, de même que le mot « frach ». Mieux encore, je découvre que des mots alsaciens sont passés dans la langue française ! On peut dire le "schluck" (la gorgée), le schlüch (le tuyau d'arrosage), le stück (traduction de "morceaux"), le schlass (être fatiguée ou avoir un peu trop bu !) pour les plus connus ! Quand et comment ces mots se sont diffusés dans l’espace francophone, je n’en ai pas la moindre idée, mais ils provoquent chez moi des confusions terribles ! Contrairement à l’anglais, l’arabe ou l’espagnol, les langues que j’affectionne, l’allemand et l’alsacien, ne sont pas parlées par des centaines de millions de personne. L’alsacien en particulier, que je ne maîtrise pas complètement, même s’il a survécue aux tentatives d’éradication de la France ou de l’Allemagne ne regroupe que quelque centaines de milliers d’interlocuteurs, quant à l’Allemagne, privé d’empire coloniale, sa langue classique ne s’est pas diffusé au-delà du Mitteleuropa (centre de l’Europe, coincé entre les espaces latins et slaves). Pourtant ces deux langues qui ne bénéficient pas d’effet de mode ont une musicalité, une poésie et une richesse inégalée ! Hölderlin reste mon poète préféré toutes catégories confondues ! Martin Heidegger est allé jusqu’à écrire que grammaticalement, seules les langues allemande et grecque ancienne pouvaient contenir la vérité ! Je vous laisse le soin de constater sur écoute ! C’est un extrait exhumé du fond de ma jeunesse… un groupe « gothique » au nom explicite : Goethes Erben (l’héritage de Goethe)


podcast

Version allemande :

Um im multikulturellen Sinn unseres Unternehmens zu unterstützen bestand ich darauf, mein Salzkorn zu stellen… Ich bin mich bewußt, daß spontan wir unsere Erfahrungen in der Sprache wieder abschreiben, die sie getragen hat, und Marie mich hat sagen bereits, wieviel von einer Sprache zur anderen überzugehen zu Verwirrungen führte. Marie geht vom Französischen zum Englischen, Arabischen oder Spanischen jeden Tag über, von meiner Seite es ist Französisch, Deutsch, Englisch und Italienisch. Dort, wo die Verwirrungen schrecklich werden, ist es, wenn man sich ein Wort ohne überhaupt zu wissen gebraucht, von der betreffende Sprachen er wieder aufrichtet… Wäre es nur auf französisch, ich gebrauche mich oft Ausdrücke typisch franc-comtoises in, der überzeugt ist, daß sie der französischen Sprache gemeinsam sind, und daß vom Elsässer zu sagen! Ich dachte, daß „rincale rencale“ ein französischer Ausdruck war ebenso wie das Wort „frach“. Besser noch entdecke ich, daß Wörter Elsässer in der französischen Sprache übergegangen sind! Man kann sagen „schluck“ (der Mundvoll) das schlüch (der Wasserschlauch), das stück (übersetzung von „Stücken“), das schlaß (ermüdet zu werden oder ein wenig zuviel getrunken zu haben!) für die bekanntesten! Wenn und wie diese Wörter sich im französisch sprechenden Raum verbreitet haben, habe ich davon die geringste Idee nicht, aber sie verursachen bei mir schreckliche Verwirrungen!   

 

Entgegen dem Englischen, dem Arabischen oder dem Spanischen, den Sprachen, für die ich eine Vorliebe habe, sind Deutsch und der Elsässer durch Hunderte von Millionen niemanden gesprochen. Der Elsässer insbesondere, beherrsche nur ich nicht gänzlich, selbst wenn er die Entfernenversuche Frankreichs oder Deutschlands überlebt hat, faßt nur einige Hunderttausende Ansprechpartner zusammen, was Deutschland betrifft, privat des Imperiums kolonial, seine klassische Sprache hat sich nicht über Mitteleuropa hinaus verbreitet (Zentrum von Europa, das zwischen den lateinischen und slawischen Räumen geklemmt wurde).   

 

Jedoch haben diese zwei Sprachen, die nicht von Mode profitieren, eine Poesie und einen unglaubischen Reichtum! Hölderlin bleibt mein vorgezogener Dichter alle verwechselten Kategorien! Martin Heidegger ging bis zu zu schreiben, daß grammatikalisch, allein die deutschen und griechischen Sprachen die Wahrheit enthalten konnten!    

 

Ich überlasse Ihnen, auf Abhören festzustellen! Es ist ein exhumierter Auszug des Grundes meiner Jugend… eine „gotische“ Gruppe am ausdrücklichen Namen: Goethes Erben.

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Le mouton à cinq pattes

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En deux jours, deux personnes sans liens à la vue de mon C.V. m’ont qualifié de mouton à cinq pattes… j’ai pris ça comme un compliment, même si cela fait échos à un autre commentaire que me faisait mon père disant que j’ai cinq pieds gauches tant je suis maladroit (que la vaisselle se tienne bien !). En tout les cas, des opportunités se profilent.

Ces derniers jours je me sentais complètement à l’ouest (drôle d’expression) et je flottais dans un espace virtuel multipode entre les différents projets sur le feux. Cet état « inspiré » et décalé qui frise l’extase mystique caractérise mes meilleures périodes de créativité. Je n’ai jamais réussi à provoquer cet état artificiellement et il me tombe dessus sans prévenir.

Cette fois, c’est un faisceau de souvenirs qui m’y a entraîné. La photo postée par Marie de la campagne Franc-comtoise a fait remonter les odeurs de ces champs à l’herbe épaisse et gorgée d’eau parmi lesquels les colchiques d’automne et les champignons pullulent chaque année, sensation renforcée par la pluie sur Paris. L’ingrédient secret pour pousser l’état de « transe », c’est une musique appropriée en toile de fond.

Je maintiens ainsi un état éloigné de toutes interférences et de toute turpitudes, pour me consacrer exclusivement aux tâches que je me suis fixé. Mais dans ces cas là, je perds la notion du temps, j’oublie jusqu’à l’existence de la nutrition et de la nécessité du sommeil. Comme je n’ai aucune contrainte ces derniers mois, cet état peut atteindre des proportions expérimentées il y a plusieurs années.

J’avais totalement perdu pied avec le blog et je m’imprègne des derniers événements.

C’est fou mais notre éloignée miss Doha travaillera dans quelques jours à deux pas de chez moi !

Je me sens aussi en décalage avec le parfum d’Orient qui souffle sur ce blog. Les références culturelles et linguistiques qui entourent les derniers événements dramatiques relayés ici me sont totalement étrangères, elles ont quelque chose d’exotique, et je me rends compte à quel point l’affect détermine notre niveau d’intolérance. Pour le Liban par exemple, la connaissance du terrain, de personnes directement impliquées ou de la culture du Moyen Orient sensibilise aux événements et donne une dimension concrète bien plus grave aux événements. Je dois bien avouer que le point de vue de l’occidental protégé en Europe depuis soixante ans sans guerre (Dieu merci !), tout cela a quelque chose d’abstrait, d’éloigné, d’étranger et de redondant. C’est bien là le malheur de la situation : la répétition des événements en fait perdre toute importance et il y a de la lassitude dans le public européen, très pessimiste quand à l’avenir de cette région, même si nous souhaitons le meilleur pour son avenir.

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03 août 2006

De la patience

D’habitude je suis le plus fervent défenseur de la patience, une des vertus cardinales que j’aime observer sur la pousse des plantes, appliquer à des travaux de longue haleine (une thèse par exemple…) ou bien considérer comme une fin en soit, jeux de patience, tricot précis, complexe, à mailles fines…

 

Malgré tout je suis souvent impatient. Impatient que l’hivers arrive, impatient de terminer ce que j’ai commencé, impatient d’un événement annoncé etc… j’ai souvent tort, puisque la précipitation et la confusion qui l’accompagne mènent à bien des échecs et finalement l’action doit être reprise à son départ et on perds du temps à cause même de notre impatience…

 

Mais là, s’en est trop ! Je suis vraiment à bout, un peu déçu aussi.  J’ai cumulé les emplois et les études pendant des années, je me suis engagé jusqu’au bout du cursus universitaire, en essayant de donner une certaine cohérence à ce parcours multiple. Je me suis dit qu’en sortant de l’université, grâce aux années d’expériences professionnelles, je parviendrai à trouver un emploi correct assez rapidement… c’est pourquoi j’ai quitté avec une certaine assurance mon dernier poste…

 

Mais voilà huit mois que je suis au chômage, rien de concret ne se profil à l’horizon et je suis déçu  à chaque fois qu’une piste semble prometteuse ! Je suis arrivé au bout de mes économies et maintenant je ne jouerai plus de patience… je répondrai à l’urgence…

 

Il y a du découragement aussi.

 

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01 août 2006

ein so schlechter Tag

Quand n’ai pas le moral j’écoute les trucs les plus déprimants disponibles, ça fait du bien ! Un exemple ? Ci- joint :


podcast

 

On a un peu laissé Doha seule en ligne depuis quelques jours. J’avoue que je n’avais pas envie de m’immiscer dans le long débat sur les événements et sur le Moyen-Orient en ce moment, égoïstement empêtré dans mes propres petits soucis, dont je sais combien ils sont dérisoires, mais ce sont les miens, ce sont mes urgences.

Pris dans une spirale d’échecs qui ne m’ont pas fait avancé d’un pouce depuis plus d’un an je commence sérieusement à désespérer de l’avenir professionnel, même si les bonnes idées ne manquent pas, et les interlocuteurs non plus.

Aujourd’hui le temps est merveilleusement diluvien sur Paris ! L’air est enfin humide et frais, j’ai presque froid et je peux enfin me draper dans des vêtements plus épais, aux manches longues et aux tissus immuablement noirs ! Je ne commets pas d’infidélité à ma couleur. Je me retrouve enfin dans mon élément, entre terre humide, petite musique de la pluie, lumière tamisée et une irrépressible envie d’avancer !

Pour le quotidien je n’ai absolument pas à me plaindre. Je me fais chouchouter par Olivier, je travaille comme je le souhaite sur les projets, la thèse, mes travaux de tricots pour ne pas rester improductif lorsque je regarde un film et bien sûr il y a les plantes et les poissons !

Mais même mon petit monde protégé a été ébranlé par l’infernale spirale d’échecs !

La dernière série d’alevins n’a pas tenu… l’eau était trop chaude en raison de la canicule et certains étaient mal formés en raison de la consanguinité… mes dernières boutures de plantes n’ont pas prise et certaines n’ont pas survécu à le canicule pas vraiment par manque d’eau mais parce que l’air était trop sec… et il y en a quelques unes que je dois bien reconnaître avoir arrosé trop généreusement (elles se sont étouffées…) et aujourd’hui, horreur suprême : toutes les artémias sont mortes… je ne sais pas si c’est un problème de salinité de l’eau ou bien le changement de nourriture que j’ai entrepris il y a quelque jours…

Me concentrer sur ces ratages mineurs est une façon de ne pas me décourager pour les projets professionnel dont l’un a échoué ce matin.

Mais je ne m’avoue JAMAIS vaincu. Coûte que coûte je continue et je n’abandonne JAMAIS une action entreprise… les résultats sont long à se montrer mais mon acharnement aura raison de tout obstacle. Je suis un germain et quand bien même le monde entier est contre nous, par fierté, entêtement et avec constance on ne se laisse pas abattre :

Ich bin ein Mensch und das heisst ein Kämpfer sein ! (Goethe)

morgen wird ein besserer Tag sein.

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26 juillet 2006

égologie

J’aime bien quand on a des passages réflexifs sur notre activité d’internaute blogeur. Je suis avec attention les interventions de notre qatarie sur le sujet.

 

Dans le métro aujourd’hui j’ai entendu les hauts parleurs diffuser des messages « spécial canicule » du genre « en raison des fortes chaleurs, la RATP vous rappelle de vous réhydrater régulièrement et de boire même lorsque vous n’avez pas soif, je répète, la RATP vous rappelle de vous réhydrater  régulièrement et de boire même lorsque vous n’avez pas soif… », ensuite il y a le télé réalité et les blogs…

 

Rien à voir me direz-vous ? En fait si, justement, ces trois éléments participent d’une même vision de société soit disant idéale mais en fait idéologique comme toutes les autres…

 

L’autofiction est à la mode chez les romanciers du moment, dire des abominations invraisemblables est primé et salué par les critiques les plus branchés (Houellbec), montrer sa médiocrité et s’humilier en public est une promesse de célébrité, aussi passagère que fulgurante (émission Endemol) et enfin, se réinventer entre fantasme, faux-semblants et mythomanie sur la toile est le commun de la blogosphère… et des sites de rencontres.

 

J’ai l’impression qu’en chacun de ces cas il s’agit de nous déculpabiliser de notre médiocrité générale et de la petitesse de nos vues… on se réinvente et on se magnifie, on s’étale avec obscénité en se faisant croire qu’on a un intérêt et on s’enorgueilli de savoir taper sur un clavier.

 

Et le lien avec les messages d’alerte à la canicule ? Et bien les premiers éléments relatifs à l’ego, devenus une véritable apologie de la moindre individualité, aussi minable qu’elle soit, dès lors qu’on lui adjoint un système social d’assistanat qui va jusqu’à nous dire si on a faim ou soif correspond à l’établissement d’une étouffante société idéale comme dans les plus terribles pages des romans de Science Fiction où l’humanité tourne mal.

 

Dans le monde idéal la règle est : « Soyez médiocre et heureux dans votre coin, « on » s’occupe de tout ! » mais la moindre résistance vous coûtera chère… Etre philosophe c’est déjà l’exclusion assuré de tout cercle sauvagement capitaliste ou de tout effet de mode par exemple. Ça peut aller jusqu’à la pénalisation du suicide comme dans certains pays ! Nous ne disposons pas de nos vies… « du pain et des jeux »… De la démocratie en Amérique… et peut être même : « bien heureux les simples d’esprits… », Et c’est tout, nous ne sommes pas en droit d’attendre autre chose.

 

 

Mais d’un autre côté, quel occasion fabuleuse de se reprendre en main, de profiter de la permissivité ambiante pour être réellement permissif : concevoir un autre projet social, plus exigeant sur l’individu peut être, plus juste ou plus enrichissant humainement… Attac, le développement durable, la web résistance etc…

 

 

Finalement, les nouveaux procédés technologiques placés entre les bonnes mains pourraient passer d’outil d’aliénation à moyen de libération ! Libération de la basse bêtise, de l’oisiveté passive ou de l’imbécillité acquise (ça devrait être classé maladies mentales par l’OMS tient !).

 

 

Évidemment c’est facile de cracher dans la soupe quand on cède soi-même aux plaisirs égologiques en tenant un blog sur son petit quotidien dont franchement il n’y a pas grand-chose à dire. Ma vie parisienne est ici relatée par bribes sélectives pour contraster par sa tranquillité avec l’animation qui règne à Doha et au Caire, l’occasion aussi de croiser nos points de vue sur l’actualité qui secoue nos trois pays, nos trois continents. Je crois que jusqu’ici nous tenons bon et ne cédons pas trop à la pure et simple égologie.

 

21:03 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

24 juillet 2006

Les fous d’en face : c’est de famille !

Il m’arrive souvent des mésaventures à peine croyables. Soit on pense que je l’ai fais exprès (se tromper de voiture) soit un pense que c’est un mensonge éhonté comme la fois où j’ai été pris en stop en pleine nuit entre Besançon et Vesoul par les pompes funèbres…

 

J’ai quelques anecdotes médicales pas mal non plus, mais là, j’ai été battue à plate couture par ma sœur !

 

Une de mes anecdotes personnelle c’est le jour ou pour un orgelet terrible je demande à la pharmacienne du coin de m’indiquer un médecin avec mon œil explosé… elle m’envoie rue Vide-gousset chez le docteur Le Borgne…

 

Mais ma chère petite sœur qui vit à Bordeaux, a la santé plutôt fragile. Pendant un pic de canicule la semaine dernière, alors qu’elle était justement malade, elle a fait un malaise sur son lieu de travail. Je passe les détails, c’était un malaise très sérieux et sa patronne, prise de panique, court chez la pharmacienne en face pour trouver le médecin le plus proche…

 

Ma sœur s’est réveillée chez le médecin la plus proche… le médecin légiste !

 

C’est la seule personne de ma connaisse qui a atterrit en consultation chez un légiste de son vivant ! A son réveil, comprenant où elle était, ma sœur se met à fondre en larme et la légiste veut la rassurer en lui disant un truc du genre :

 

« Mais ne vous inquiétez pas, je suis généraliste avant d’être légiste ! ».

 

Certes… mais légiste tout de même ! Se réveiller à la morgue n’est jamais rassurant !

 

15:21 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

13 juillet 2006

les plaisirs simples sont les meilleurs

Petites anecdotes de cette après-midi, alors que je me rendais à un rendez-vous boulevard du Montparnasse (ou avenue ???) en passant devant une église je trouve trois jeunes gens distribuant des tracts pour une entreprise du coin nommée le « jardin des délices » et distribuant des pommes à déguster gratuitement… je ne sais pas s’ils étaient conscient de l’ironie de la situation ! Ça m’a rappelé une blague lue hier : « Adam et Eve ont regretté d’être végétarien, sans quoi ils auraient manger le serpent… et éviter bien des problèmes… ».

 

Ce soir, Olivier et moi avons repris notre activité estivale préférée : les balades en vélos. Jusqu’ici nous avions repoussé l’échéance sous différents prétextes plus ou moins vrais : vacances, chaleur, problème d’emploi du temps etc. Mais ce soir nous ne pouvions plus repousser et nous avions vraiment très envie de nous y remettre. Nous avons donc revue les vélos, regonfler les pneus, extraits ces bicycles de la cave et enfourchés ces moyens de transports pour nous rendre dans la forêt de Meudon et aller manger aux bords d’un étang. Ce genre de soirée, extrêmement simples quand on y pense, me plaisent infiniment et nous y trouvons des amusements inattendus. Si hier nous avons pu voir une écrevisse, ce soir nous avons surpris un lapin d’une grosseur surprenante dans les bois. Celui-ci ne semblait pas vraiment farouche et il est resté dans un buisson pour observer le passage des ces deux humains véloces montés sur un drôle d’appareil. Nous avons aussi vu une carpe se battre contre un pêcheur et réussir à se défaire de l’hameçon pour retourner dans les eaux vaseuses de l’étang.

 

La fraîcheur et l’odeur d’humus de la forêt, que j’identifie instinctivement à une odeur de vie, nous a enivré tout au long de cette  ballade et c’est un de nos plus grands plaisirs.

 

Contrairement à ce qu’on peut penser du bassin parisien, la topographie du sud de Paris est loin d’être plate. En réalité, c’est assez vallonné et une suite de petites collines et de simulacre de vallées terrassées par des siècles d’urbanisation se succèdent, et du coup, pour nous déplacer dans ce dédale, nous devons affronter une série de montées abruptes… et de descentes… en fait nous faisons parfois exprès de choisir les pentes les plus raides parce qu’une fois au sommet, lorsque nous engageons la descente, nous cherchons ce que nous appelons ensemble bien improprement « l’effet Hollywood». C’est l’effet extrêmement plaisant en cas de lourde chaleur que procure la vitesse et le vent produit dans la descente. Le sentiment de laisser-aller et l’impression de légèreté est grisante… mais nous freinons tout de même tout au long de cette descente en raison des risques de voir une voiture débouler d’un côté ou de l’autre, les parisiens ne sont pas réputés pour leurs aptitudes au volant… Maintenant que nous y avons goûter à nouveau, nous connaissant, nous allons en abuser plusieurs fois par semaine jusqu’en octobre…

 

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12 juillet 2006

je m'insurge !

ARG ! Je me désolidarise des notes relatives au foot. Voilà, c’est dit !

 

Les destins individuels se croisent sans cesse. Je pensais à Faye cette nuit devant un film franco égyptien assez baroque !

 

De mon côté les journées passent toujours aussi simplement, tranquillement, et horriblement rapidement…

 

L’été est pour nous la saison privilégiée des balades. Nous allons de moins en moins souvent en direction de Paris, qui nous lasse rapidement, mais nous poussons nos marches vers le sud le long de la Seine, ou bien en vélo vers les bois, forêts et domaines du sud de Seine. Il y a toujours de nouveaux endroits à découvrir et le calme ou la sérénité y sont au rendez-vous, en conformité avec notre mode de vie très autarcique. Hier soir par exemple, à l’occasion d’un très agréable pic-nic du côté de l’île Saint-germain, j’ai même eu la surprise de voir une écrevisse dans l’eau ! C’est d’autant plus surprenant que cette espèce de crustacé d’eau douce est très sensible à la pollution et je ne crois pas que la Seine en aval de Paris soit des plus propres ! En tout cas, l’individu vu hier soir avait l’air très bien, de taille adulte, il s’est caché dès que je me suis approché du rivage. Entre les poissons qui sautaient en tous sens hors de l’eau pour attraper les moustiques et une tortue de Floride qui n’avait rien n’à faire là, le tableau était très champêtre et reposant. Comme quoi, même dans le cœur urbain de notre petit pays on peut trouver des coins pittoresques.

 

Plus sérieusement les interrogations liées à l’avenir m’assaillent et j’hésite horriblement. Est-ce que je persévère dans le voie où je me suis engagé infructueusement jusqu’ici ou bien je force mon audace et je me lance dans la reprise d’une petite entreprise à développer en Bretagne ? Je ne détaillerai pas aujourd’hui mais c’est une vraie grosse question… aurais-je le cran de prendre des risques ?

 

18:27 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

07 juillet 2006

J'AIME PAS ! (1)

Je n’aime pas le football, ou plutôt je n’aime pas les compétitions de football retransmisent à la télévision. Je ne comprends pas l’intérêt de regarder 22 types scandaleusement bien payés et qui font surtout gagner de l’argent à des organisations parfois douteuses, en courant 90 minutes après un ballon !!! Ça me dépasse. Ce que je n’aime pas tout particulièrement c’est le comportement d’une bonne partie de ceux qui regardent. D’abord l’expression « on a gagné » me gêne beaucoup… il serait plus juste de dire « ils ont gagnés »… ensuite, le nationalisme mal placé m’ennuis. Prendre ces compétitions pour des affrontements de substitution relève de la catharsis aristotélicienne et ne fait qu’entretenir nos bas instincts. Pire encore, je comprends que l’on puisse pratiquer le football, comme tout autres sport, pour le bien être physique inhérent à la pratique sportive, pour l’aspect ludique et convivial des sports collectifs (quand la compétition ne se prend pas trop au sérieux), mais je ne comprends pas le fait de se contenter de regarder un match, surtout une bière à la main en beuglant des critiques stupides ou vindicatives contre les joueurs quand le vociférateur est bien incapable de jouer ne serait-ce qu’au plus faible niveau. Ça non, ça m’épuise, c’est comme cette cohorte d’hommes bedonnants dans leur vêtements sportifs qui restent assis tout au long des matchs sur le banc de touche en s’énervant contre leurs joueurs. La question du sérieux est centrale ici. Ce qui tue le football et en fait perdre tout intérêt à mes yeux, c’est que ce n’est plus un jeu, mais que c’est devenu une affaire sérieuse. C’est totalement déraisonnable de se dire que la bourse de Paris est sensible à la réussite de l’équipe de France ! Un effet de mode terrible entoure la compétition du mondial depuis 1998 et la victoire de l’équipe de France (et non pas de « la France », attention). Depuis il est devenu « de bon ton » de s’y intéresser et c’est ainsi que des cohortes de femmes ont trouvé là un nouveau moyen de se laisser aller à quelques cris hystériques socialement admis… des hommes se plaignent de ne plus pouvoir regarder leur match tranquillement parce que leurs épouses hurlent devant l’écran… souvent quand il n’y a pas de raison d’ailleurs, ce qui a le don de les énerver…  je dois paraître bien misogyne ici, mais je ne fait que rapporter des propos confiés. Et effectivement ces dernières soirées aux rues désertes ne sont pas les hommes que j’entendais le plus devant leur télévision, mais les femmes. Ce qui m’a d’ailleurs amusé c’est qu’en écoutant bien, les femmes se manifestaient plus souvent, et la plupart du temps seules… je crois que ce ne sont que pour quelques moment clés que les voix se  mêlaient…

 

La palme du cynique relativement au football revients aux politiques et aux intellectuels… quand je pense que cela fait l’objet de conversation en conseil des ministres ! Ils n’ont pas mieux à faire ? S’occuper des affaires d’état par exemple ? ça ne vaut pas mieux que les députés qui dorment sur leur siège à l’assemblée… enfin quand ils daignent être présent ! J’ai compris l’horreur de la situation quand un camarade de l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et de Techniques de l’Université Paris-1-Panthéon-Sorbonne (vous avez vu comme c’est pompeux !) m’a dit qu’il regardait tous les matchs et irait faire la fête à chaque fois en cas de victoire, non pas parce que ça l’intéresse ou que le football lui plaît, mais parce que « ça permets d’être proche du peuple ». Cette citation se passe de commentaire…

18:15 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

26 juin 2006

Au temps qui passe

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photo : Olivier Martin Delange, http://omd.blogspirit.com ,
vasque claustrale sculptée du XIIe siècle, Abbaye de Daoulas, Finistère,
le 18.06.2006

 

Je ne suis pas particulièrement émotif en réalité, je suis juste extrêmement empathique. Cette faculté particulière est probablement à l’origine de l’extrême entente qui règne dans mon petit monde pacifié avec Olivier (lui-même assez empathique), mais c’est aussi une introduction incroyable à l’Histoire et à l’histoire, qualité indéniable. En ce qui concerne l’Histoire, c’est relativement simple, quand bien même étrange. Je reste très proche de l’école dite des annales. En effet, lorsque j’envisage des périodes historiques précises, je me retrouve immanquablement plongé dans un quotidien autre, imaginant, déduisant ou supputant une foultitude de vies qui s’y sont ou auraient pu s’y réaliser. Je ne parle pas que des philosophes illustres et des personnages célèbres, mais plus encore des petites gens dont le travail acharné pour la survie ou pour la collectivité, qu’elle soit famille, cité ou nation, ont rendu le présent possible. Songeons à cette personne qui un jour dans les rues de Pompéi a écrit un graffiti sur un mur équivalent de « vive Zidane » (le Zidane de l’époque étant un gladiateur, esclave nouvellement affranchi), songeons à cette femme brûlée vive pour sorcellerie parce qu’elle a accouché après 11 mois d’absence de son mari (dans les notes du procès l’idée d’adultère n’apparaît même pas), songeons à ces traces de pas d’hominidé dans la glaise du rift africain, les charbonniers qui hantaient les forêts, ces gens qui ont passé le Rhin gelé pendant l’hivers de l’an 406, ces combats fratricides entre burgondes et francs, l’imbécile heureux qui le premier a eu l’idée de semer des graminées quelque part entre le Tigre et l’Euphrate (beaucoup d’effort pour pas grand-chose si on compare à d’autres plantes), sans compter ces extracteurs d’ambre des peuples anciens du nord, cette chamane de Sibérie Orientale dont la robe n’a d’égale que les plus fines broderies et le plus grand luxe… et la cohorte des histoires personnelles qui ont fait l’humanité. Maintenant recoupons cela avec l’empathie première, celle pour nos proches et nos contemporains. Réinscrire l’Histoire dans l’histoire familiale et vice versa en donne toute la saveur, entre sueur froide dans une cave pour échapper à l’ennemi et champs de fleurs d’Ispahan dans la Perse ancienne. Pour l’histoire familiale, l’empathie est simple et compréhensible… mais parfois elle se manifeste avec une grande acquitté avec des gens beaucoup moins proches. Par exemple, je ne savais pas ce qu’était un Mistral Gagnant, je suis trop jeune pour avoir connu ça, et la chanson de Renaud perdait donc tout son sens à mes oreilles… jusqu’au jour où au détour d’une conversation, je ne sais plus pourquoi, mon ancienne responsable au bureau, avec qui les liens de sympathie ont été immédiats et ne se sont plus démentis depuis, elle en vint à me parler de ces fameux bonbons qu’Olivier avait connu lui aussi dans son enfance. Ces simples souvenirs originaires avaient tout de la scène primaire freudienne ! J’ai ressenti une indicible mélancolie, aussi atavique qu’inconsolable ! Une mélancolie insondable et commune, aussi fondamentale que le fait d’être vivant et aussi douloureusement évidente que 2 et 2 font 4 (comme dirait l’autre…). Ce qui m’a paru intenablement transparent, c’est que le temps qui passe et qui nous emporte d’un bon jusqu’au tombeau a laissé choir sans vergogne sur le chemin les Mistral Gagnants, bonheur ineffable à jamais perdu, dont seul notre mémoire peut encore témoigner. Il y a quelque chose qui relève du sacrée dans ces mémoires, un sacré profane et totalement humain, mais un sacré inaliénable quand même. L’empathie permet d’être et de devenir un porteur de mémoire. Telles les Vestales qui entretenaient le feu sacré d’Hestia, par empathie j’emmagasine des bribes de vies comme autant de pierres précieuses, à la manière d’une Révérende Mère du Bene Gesserit… Lorsque j’apprends l’intégralité de l’histoire humaine je la sais, mais en la recroisant avec ces images, je crois que je suis proche de la comprendre… Et maintenant nous voilà, nous trois, dans le flux de ce même temps, à tenter de construire des vies qui nous ressemblent, calme et en quête d’absolu pour l’un, foisonnante et en quête d’expériences pour d’autres. Nous cherchons tous à retenir ce Mistral Gagnant au creux de la main… mais finalement Chronos en aura raison, et seule notre mémoire perdurera autant que faire ce peu… mais finalement, la sénescence ne nous épargnera pas, la déliquescence des neurones taira la mémoire elle-même… sauf à passer le relais… Et maintenant vous voilà, lecteurs, à la croisée des chemins sous la protection de la terrible Hécate, invités à recueillir ou à déposer à votre tour ces je ne sais quoi et ces presque rien en lesquels réside l’absolu (oui, je sais, quand on cherche l’absolu on s’attends à quelque chose de plus grand, surtout si vous avez suivi les cours de métaphysique de la Sorbonne de 8h à 11h les mercredi de l’année 2001/2002…) Mais si vous êtes vous aussi atteints par le mal sacré, la Mélancolie, mère des si vénérables Essais de Montaigne et autre merveilles, vous comprenez de quoi je parle… si vous êtes empathique vous-même, vous comprenez plus encore. PS : avec ce post je mets un peu la pression sur les lecteurs non ? Le simple fait de nous lire n’est plus aussi anodin…

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25 juin 2006

Les fous d’en face, énième

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vue de ma chambre à l'hôtel du centre du CNRS. 

 

Je suis rentré de Roscoff où j’ai passé de très riches journées de travail… et pour fêter ça ce midi… je me suis encore trompé de voiture ! Deux fois en une semaine, c’est un record…. Mais la fatigue peut me servir d’excuse efficace cette fois.

 

Je lis moi aussi les posts de mes consœurs et Seigneur ! Que leurs vies sont trépidantes ! Et effectivement, connaissant notre Cairote depuis longtemps, je ne l’imagine pas une seule seconde dans cette fête avec liasse de billet éparpillée et ambiance si particulière ! Et pourtant !

 

Pour ma part, je me suis simplement rendu à l’université d’été du CNRS à Roscoff sur les images scientifiques, et ma fois, j’en ressors avec une impression très positive !

 

Le premier jour je n’en menais pas large… les conférenciers du matin et les groupes de travail de l’après-midi, en raison de la diversité des nationalités des participants, se déroulaient en anglais. Je retrouvais les difficultés évoquées par mes camarades pour s’exprimer correctement dans une langue étrangère et retranscrire avec précision ses idées. Cinq jours de philo en anglais m’en on convaincu.

 

Par ailleurs, je sais bien que la trentaine de participants ne sont pas représentatifs et que nous sommes tous issus d’un milieu « intellectuel », mais j’ai été ravi de constater que nous pouvions collaborer dans une ambiance amicale, malgré des méthodes et des approches différentes. Avec les pays représentés : Canada, Etats-Unis, Portugal, Espagne, Italie, Allemagne, Suisse, Russie et France, nous couvrions une bonne partie de l’occident. Cette expérience m’a remotivé pour la thèse, et pour ma vocation de philosophe. Cette vocation un peu folle au vu du peu de postes disponibles…

 

La période est plutôt bonne d’ailleurs puisqu’un projet de collaboration avec une entreprise qui me plais beaucoup est en bonne voie… réponse début juillet, et je suis admissible à un concours pas mal… je devrais probablement aller passer un entretient à Saint Etienne dès mon retour à Paris… C’est animé à ma façon…

 

 

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17 juin 2006

Les fous d’en face, encore

Mes erreurs d’inattention sont légendaires, mais j’avoue qu’aujourd’hui je me suis surpassé ! Alors je vous raconte cette invraisemblable anecdote dont je crois être le seul capable !

 

Ce matin, sur un parking, Olivier et MPG me laissent dans la voiture pendant qu’ils font quelques courses. Je faisais des Sudoku en écoutant de la musique.

 

Au bout d’une dizaine de minutes Olivier m’appelle afin que je lui rapporte sont portefeuille oublié dans la voiture.

 

J’ai le réflexe d’éteindre la musique et de prendre les clés avant de sortir de la voiture. Je ferme la voiture grâce à la télécommande des clés. J’apporte le portefeuille en caisse et retourne vers la voiture. Je réemploie la télécommande. Je rentre dans la voiture, je remet la clé pour remettre la musique… la clé ne s’enfonce pas… étrange… qu’importe, j’attends. Une minute plus tard je sors de la voiture et fume une cigarette adossé contre celle-ci. À ce moment là, MPG, à qui appartient la voiture qui nous a conduit ici, arrive, toute inquiète de me voir à l’extérieur sans les clés parce que la voiture se ferme toute seule au bout de quelques minutes. Inquiet, j’ouvre la portière et là Olivier s’insurge en me demandant ce que je fais dans cette voiture qui pourtant s’ouvre… ce n’est pas la bonne voiture !

 

Depuis que j’étais revenu j’étais entré dans la mauvaise voiture, j’avais essayé d’y mettre la clé !

 

Ce fut un grand moment de solitude lorsque j’ai compris ma méprise et plus encore lorsque j’ai remarqué à quel point les deux voitures, certes côte à côte, était différente !

 

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14 juin 2006

Du catholicisme (2) et des nouvelles d’Alsace

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photo : Olivier Martin Delange, http://omd.blogspirit.com ,
rosace du maître-hotel, église des Carmes, Pont l'abbé, Finistère,
le 13.06.2006

 

 

A mille kilomètre du Finistère, à l’autre bout de la France, dans une autre de ces anciennes « marches » carolingiennes, le catholicisme a encore une actualité certaine (l’Alsace, allemande en 1905, a échappé à la loi de séparation de l’Eglise et de l’état et ne l’applique toujours pas). Avec presque toute la famille installée dans et autour du village d’origine, je suis au courant au quotidien de tout de ce qui se passe et un vent de révolution souffle sur la paroisse depuis l’installation d’un nouveau curé. Assez jeune et fort d’une expérience de vie en Afrique assez particulière, il est pourtant de « la vielle école » et exige beaucoup de ses paroissiens sans complaisance. Par contre, il redynamise les villages dont il est « responsable » et a réellement déjà changé les choses en un an. Tout d’abord le presbytère, qui était traditionnellement occupé par monsieur le curé et sa bonne, est aujourd’hui ouvert et accueille un jeune toxicomane fraîchement repenti dont on m’a vanté les qualités physiques (il fait le jardin torse nu et suscite l’intérêt des paroissiennes !) et quelques jeunes étranger dont j’ai oublié la nationalité et dont je ne connais pas les motifs de présence. En tout les cas, cette petite équipe a déjà réalisé quelques exploits (sans parler des quelques conflits avec la police locale, un ou deux passages en garde à vue etc…) de toute façon ils ont acquis l’agrément et la protection des ouailles du village. Trois exemples de redynamisations pourtant hyper traditionalistes : Tout a commencé lors de la première visite du nouveau prêtre à mes grands-parents. Longtemps ma famille était l’ennemie jurée de celle du Curé, puisque les prêtres du village étaient traditionnellement choisis d’oncle en nerveux au sein d’une famille concurrente. La mienne, encore pleine de paganisme, était mise à l’écart de la paroisse… pour pratiques douteuses ou sorcellerie selon les siècles. Toutefois, le prêtre passe dans les foyers apporter le corps du Christ à ceux qui ne peuvent pas se déplacer à l’office (on est la seule religion cannibale où les croyants mangent leur dieu…). Mes grands-parents avaient acquis l’habitude de recevoir une visite le premier vendredi de chaque mois. Et lorsque vint le nouvel officiant à l’occasion d’une fête relativement importante du calendrier chrétien, la porte sonne… mon grand-père ouvre et trouve un enfant de chœur en aube, suivit de tous les autres… qui entrent en procession dans le couloir… finalement suivit de monsieur le Curé !!! Une entrée qui ne s’était plus vue depuis des décennies ! Pour Pâques, ces messieurs avaient  installé des tonnelles autour de l’église pour faire un grand barbecue et à la surprise générale il y a eu de la musique et du monde jusqu’à 4h du matin !

 

Et enfin, très bientôt aura lieu une fête et une tradition qui n’a plus été faite depuis bien trente ans ! La fête Dieu, connue et disparue dans d'autres régions aussi. Cette tradition consiste à rassembler une très grande quantité de pétales de fleur, surtout de roses, et lors d’une procession, qui dans le temps allait de l’école primaire à l’église, de matérialiser le chemin par une ligne pleine et large de pétales de fleur ! J’ai hâte de voir ça ! Cette fête fait partie de la mythologie orale du village et tous sont très motivés à la perspective de redonner vie à cette tradition joyeuse et champêtre, même pour la jeune génération dont je fais partie et qui a pris ses distances avec l’église. C’est en tant que patrimoine local que cette fête reprend son sens, avec le repas traditionnel de carpe des étangs de la région, si nombreux et qui plaisent tant aux cigognes… parce qu’ils regorgent de grenouilles. Mer müess mache ass d'kerisch mittess im dorf bliebt Il faut faire en sorte que l'église reste au milieu du village

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12 juin 2006

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