02 septembre 2007

Respect Bis

Laurence, sur son Blog « Chronique du Caire », a ouvert le débat sur le respect au Caire, notamment dans le contexte de la vie urbaine : Conduite, files d’attentes…
http://chroniquesducaire.over-blog.com/article-7044221.html

En effet, je partage ce constat, de plus en plus, j’avoue, d’un manque de respect d’autrui.La conduite est un bon exemple de cela, les chauffeurs qui laissent passer les piétons ou accordent la priorité à un conducteur qui semble moins initié, existent, mais ils ne font pas le poids face aux fous du volant qui « attaquent » la route comme s’il y avait urgence. Si les gens paraissent très « relax » dans les cafés, à discuter, boire le thé durant des heures, au volant, il en va tout autrement. Mon expérience récente de la conduite m’a fait découvrir une agressivité que je n’avais pas mesuré jusqu’alors. Et puisque je suis une femme, j’ai aussi découvert un machisme bien pire que celui dont je suis victime dans la rue, apparemment une femme au volant est bien plus problématique qu’une femme piétonne. Lorsque je cherche à garer ma voiture, que je me place pour effectuer un créneau, on ne me laisse pas le temps de faire quoique ce soit, qu’un des innombrables préposés au garage des voitures, saute littéralement sur ma portière, l’ouvre brutalement et me donne l’ordre de descendre : il veut simplement que je dégage la rue au plus vite, car personne ne veut patienter derrière moi, et au passage gagner quelques pounds. A chaque fois que j’ai été dans une voiture en tant que passagère, et que le conducteur était un homme, je n’ai jamais vu personne l’ejecter de sa voiture ainsi et lui usurper son droit à faire ses manœuvres lui-même. Je me retrouve ainsi, régulièrement, dans ma voiture à devoir reclaquer ma portière pour faire comprendre que je suis maître de mon véhicule, en bref, je dois affirmer que j’existe et que l’on me doit du respect.
Autre exemple, afin d’étayer le propos véridique de Laurence. À mon départ pour la France, à l’aéroport du Caire, à la douane, et à mon retour au Caire, au même endroit, à la douane encore, ces deux fois, je me suis disputé en arabe avec des femmes égyptiennes qui trouvaient que la file n’avançait pas assez vite. Elles n’ont manifestement pas pris la peine de penser que bousculer les gens qui font la queue ne fait pas avancer plus vite le travail de contrôle de la police et que par conséquent, tout n’ira pas plus vite. Ainsi, la première femme, s’est mis tout d’abord à me coller. J’en ai pris l’habitude, c’est typique dans le metro, même si cela me déplait. Puis, elle m’a poussé du bras, dans mon dos. Là, je me suis retourné et lui ai demandé quel était son problème. Elle a eu le culot de hausser le ton, j’ai fait de même et lui ai fait comprendre que je ne bougerai pas et que je souhaitais qu’elle cesse immédiatement de me bousculer. Son mari est intervenu, elle s’est tout de suite tue. Il était bien plus patient qu’elle, et il a aplani la situation en s’adressant à elle, pas à moi.
Fort heureusement, en Egypte, il y a toujours des contre-exemples, et l’on croise aussi au quotidien des personnes qui vous aide, des hommes galants, des femmes bienveillantes. Toutefois, le manque de respect tend à devenir majoritaire.
Qu’elles en sont les raisons ? Il y a sûrement plusieurs sources, et il serait long de disserter là-dessus, mais il m’apparaît que dans une ville qui contient un nombre si important d’habitants, plus que jamais il faudrait de la discipline et du respect, et plus que jamais c’est finalement impossible, comme si l’aspect numérique dépassait tout le monde et rendait les choses vaines. Vous me direz, Kyoto au Japon est une ville qui explose, pourtant les gens y sont réputés pour leur discipline ? Hélas pour eux, vu de loin, ils ressemblent du coup à des robots.
L ‘Egypte est très extrême, on l’a déjà dit milles fois. On peut s’y sentir beaucoup plus en sécurité qu’ailleurs à cause de la solidarité, de la présence policière, etc…Et à la fois s’y sentir en danger à cause de l’inconscience des gens. Les Égyptiens ont globalement une certaine sagesse qui les pousse à s’entraider en famille, entre amis, à capitaliser en investissant dans des voitures ou maisons pour léguer à leur descendance…Et en même temps, ils jouent avec la vie humaine et les nerfs d’une façon irresponsable.

Et du côté de Paris ? Tout semble bien réglementé, pourtant les gens se plaignent aussi du manque de respect dans la rue, et de la froideur des gens. Pourquoi ?

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16 août 2007

Pare-choc

Ce n’était pas mon jour, en tout cas pour conduire.
Au retour de la mosquée, à Héliopolis, après avoir assisté à cinq minutes d’un mariage, je nous reconduis B et moi. Je quitte le calme quartier Sheraton pour m’engager sur la grande voie qui nous ramènera au centre de la ville. Généralement, les voitures sont vite et sont éloignées du bord de la voie, or, je n’avais pas vu un taxi passer derrière moi pour s’enfiler sur la voie en me dépassant par ma gauche, j’avais le nez collé au trottoir de gauche pour trouver l’espace pour m’engager, et pensais d’intuition qu’aucune voiture ne pouvait être aussi proche de moi.
Peut-être est-ce la semaine que je viens de passer en France, qui m’a fait oublier quelques secondes, fatales, que je me trouvais au Caire, et que dans ce cas, tout peut se passer. J’avance pour m’engager, et, au dernier moment je m’aperçois que j’ai un taxi devant moi, en perpendiculaire, avançant lentement, il venant évidemment de l’arrière, et théoriquement n’avait rien à faire là et était censé attendre que je m’engage, et ma suivre. Mais cette réflexion est sans compter l’impatience et l’audace des conducteurs cairotes. A cela s’ajoute mon inexperimentation, en effet, cela ne fait que deux moi que je conduis notre 4/4 récemment acquis, et mes réflexes ne sont pas encore très fiables.
J’ai donc démonté le pare-choc du taxi et ai embouti la partie de taule qui se trouve au-dessus de sa roue arrière. Cela s’est réglé à la cairote. Un autre taxi s’arrête, et les deux chauffeurs se sont disputés, je ne sais pourquoi, un couple qui se trouvait de l’autre côté de la voie sont venue mettre leur nez là-dedans. Le chauffeur victime de mon inattention a évalué les dégâts, et nous a proposé une somme pour les réparations. B a négocié. On s’en esti sorti à peu de frais.
Du coup, j’étais un peu stressée sur le chemin du retour downtown, mais tout s’est bien passé, malgré les multiples queues de poissons autour de moi. J’explique pour les lecteurs français de France : je suis sur la voie du milieu. A gauche, il y a un U turn, à ma droite une file de voiture. Et bien, les voitures de droites qui veulent tourner à gauche, au lieu de s’êtres mis sur la file de gauche 50 mètres plus tôt pour tourner aisément sans gêner personne, restent nonchalamment sur la voie de droite, et au dernier moment coupe le passage aux véhicules de la file du milieu pour prendre le U turn et griller aussi par la même occasion la priorité à ceux qui avaient pensé à se mettre à gauche suffisamment tôt. Ceci, est une règle générale de la conduite ici, n’importe qui déboule de n’importe où à tout moment : voitures, cyclistes, piétons passant devant un bus qui cache le reste du trafic…
Le truc, c’est de le savoir. Mais au bout de deux mois de conduite, min inconscient n’est pas encore à 100% réactif à ceci.
Et cela n’a pas loupé, en arrivant dans le Downtown à la sortie du tunnel Salah Salem, je souhaite continuer tout droit, et encore une fois, les voitures à ma droite me coupe le chemin pour couper à gauche, du coup je me retourner pour les voir arriver et tenter de me faufiler, en avançant lentement, et j’emboutit un second taxi devant moi qui avait stopper entre temps en plein milieu du carrefour, carrefour d’ailleurs boucher par moult piétons et cyclistes, et fauteuils roulant, et une petite fillette d’environ 5 ans, seule, dont la tête dépassait à peine le pare-choc du 4/4, Avec chance, je l’ai vu et ne lui ai pas foncé dessus...
J’ai décidé de ne pas me décourager, et d’aller jusqu’au bout du défi de la conduite au Caire. Je crois avoir compris qu’à la conduite est appliqué le même comportement que face à un problème X. Face à un mur, l’égyptien contourne et avance, tandis que le français s’arrête et pense.

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07 juillet 2007

Le goût de la Révolte

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"Le cri" (Skirk), Edvard munch, 1893


C’est de façon A Priori (Dédicace à Kant), que je porte l’originalité tel un vêtement, en Egypte. J’y suis un sujet dont le prédicat « étrangère » est compris dedans :La couleur de ma peau, mon accent, mes manières, mes choix…Tout cela, aux yeux des Égyptiens est forcément original, alors c’est dire que je n’ai pas à faire beaucoup d’efforts pour être l’excentrique de service !
J’ai toutefois rencontré des occidentaux à qui cela pesait d’être « the target » dans la rue, d’avoir tous les regards posés sur eux, d’être assené de questions sans arrêt.
Si les questions m’emmerdent parce que je n’aime pas avoir à me justifier de quoi que ce soit, le fait d’être en position de marginalité constamment ne me gêne pas, je l’assume comme une situation assez naturelle, comme un fait, je ne ressens pas l’envie de ma cacher dans un trou de souris. Et pourtant la tâche est bien difficile dans un tel pays. Les classes sociales y sont multiples, strictement hiérarchisées, et globalement coincées entre deux extrêmes : les milliardaires et les miséreux. L’Egypte fonctionne à l’étiquette, les membres d’une classe sociale définie n’évoluent pas dans une autre classe, chacun à son quartier, ses bars, ses supermarchés, mode de transport…Rares sont les gens qui naviguent d’une classe à l’autre (qu’ils en aient envie ou même y soient autorisés), seuls les étrangers des pays développés comme on dit, le font sans tabous ou presque (parfois ils se laissent happer par la psychose de l’étiquette par suradaptation ou alors snobisme) , car, ils socialisent avec l’idée inconsciente d’égalité entre les hommes. Ainsi, un étranger au Caire peut autant boire un thé dans la rue l’après-midi, que dîner dans un « five stars » le soir. Lorsqu’il est dans le restau cinq étoiles, les Égyptiens autour de lui ne peuvent s’imaginer que cette même personne puisse aussi apprécier les cafés des rues du Downtown.
Pour toutes ces raisons, une bonne partie des occidentaux présents en Egypte est forcément originale, voire tout ce qui ressemble de prés ou de loin à un étranger. Par exemple (cas réels), un Égyptien se promenant aux côtés d’une occidentale est pris pour un Espagnol, une égypto-allemande ayant hérité des cheveux blonds de l’un de ses parents, bien qu’elle parle parfaitement et sans accent l’Arabe, les Égyptiens qui la croisent lui répondent en anglais, etc…
Ce statut d’originalité non forcé, qui me vaut parfois de m’entendre dire que je suis « totally crazy », me flatte plus qu’il ne me perturbe. En effet, tout comme Loïc, je prends l’originalité comme un bienfait, un dépaysement, un rafraîchissement, un contre-pouvoir, un statut quasiment artistique et politique s’il est utilisé pour faire passer des idées.

Maintenant, je vais tenter de répondre plus en précision à Loïc, à sa question qui portait sur le militantisme. Suis-je en manque de ne pouvoir crier haut et fort ce que je pense dans un pays totalitaire ? Pas vraiment. Tandis que par le passé j’ai fait du militantisme au sein de l’Education Nationale Française, mon investissement politique pratique et nul à présent. Mais sans doute l’investissement théorique est-il plus fort. Il y a d’autres moyens de crier : par les mots, l’Art, les larmes, le sourire…
Le sentiment de révolte ne m’a jamais quitté, il est intrinsèque à ma personnalité et au choix fait jadis d’avoir étudier la Philosophie. L’observation, les interrogations, peuvent servir à pointer du doigt les injustices, à les dénoncer.
Peut-être aussi, qu’avec l’âge, je ressens moins le besoin d’imposer mes idées par la force. Disons que, je savais en gros à quoi m’attendre en venant en Egypte, et que je ne vois donc pas l’utilité de me plaindre de la situation, au contraire je fais avec, du mieux que je peux. Tant que je ne me sens pas frustrée tout va bien.

Par ailleurs, l’Egypte est-elle vraiment plus immobile que la France ?
En apparence oui, mais ce n’est pas si simple. Si le pouvoir en place est immobile, les gens le sont plus ou moins. Ils n’ont peut-être pas beaucoup d’espoir que les choses changent, ils se comportent socialement de façon collective et normalisée, codée, et ne laisse qu’une place infime à l’expression de l’individualité. Mais ils ne baissent pas les bras pour autant. Je ne crois pas qu’il y ait plus de dépressifs ou suicidaires ici qu’en France. La plupart des Égyptiens se démènent chaque jour pour trouver des solutions alternatives dont nous français procéduriers et psychorigides n’aurions pas idée, à leurs problèmes quotidiens. La nécessité de trouver un système parallèle pour s’en sortir les pousse à être ingénieux, à user de la modernité bien plus que nous : téléphones portables, Internet…Ils n’acceptent pas qu’un problème n’ait pas sa solution. Lorsqu’un Français n’a pas le papier nécessaire pour obtenir quelque chose, il ronchonne contre l’administration, à raison d’ailleurs, car il n’y a guère d’autres façons de procéder en France. Dans la même situation, un Égyptien cherchera automatiquement à faire sans le papier, et il trouvera très facilement des réseaux pour y parvenir.
Je ne dirais pas non plus des idées en Egypte qu’elles sont immobiles. L’extrémisme religieux est une minorité, des embouchés on en trouve partout dans les provinces françaises aussi, mais l’Egypte a ceci de précieux qu’elle accueille une quantité phénoménale d’étrangers expatriés, de touristes…Les idées nouvelles pénètrent donc régulièrement sur son sol, mais avec chocs et fracas parfois. La culture américaine et la seconde culture en Egypte (les films, la bouffe…). Tout cela ne suffit pas à créer une avant-garde efficace et intellectuellement noble, c’est certains. Mais l’Egypte bouge à son rythme, lentement, mais sûrement. Bouger ne signifie pas non plus obligatoirement avancer, cela veut aussi dire reculer, mais tout est relatif. Qu’est ce que le Progrès ? avoir élu Sarkozy en France est un progrès pour ceux qui pensent qu’il faut surtout avance sur le plan économique par la libéralisation du travail, sur le plan sécuritaire par plus de contrôle sur les mœurs. C’est un recul pour ceux qui pensent que le progrès passe par la Culture, l’Education, L’Art, la mixité culturelle…

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Photogramme de la révolte des ouvriers dans "Metropolis" de Fritz Lang, 1926

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03 juillet 2007

Blogs d'Expats

Un article sur les Blogs d'Expatriés français en Egypte, sur....

http://www.lepetitjournal.com/content/view/16396/1291/


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15:02 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Blogs, Egypte, français, lepetitjournal, Le Caire, Marie Girod

25 juin 2007

Adultance de l'Expatriation

En ce qui me concerne, plus j’approche des 30 trente ans plus cela devient intéressant. Je n’éprouve aucune nostalgie envers ma jeunesse, il y a eu trop de moments détestables et plus cela avance moins je vois de positif là-dedans à part ce qui a tout de même fait de moi qui je suis, un être non pourri, mais bon, c’est du passé, et maintenant il s’agit de ne pas perdre les bons acquis, de ne pas se laisser dévaster par le passé, de maîtriser le présent et surtout pas l’avenir.
Quelque part, je suis née il y a deux ans, à mon arrivée en Egypte. Le reste, l’avant, c’est comme un code génétique, de l’inné : ma politesse trop formelle, mon éducation gustative, mon goût pour l’étymologie, ma répulsion pour la chaleur, mes idées utopiques…Bref, tout ce qui me vient de mes 27 ans en France et qui sont le naturel qui revient au galop chaque jour, ici. À cela s’est superposé un autre naturel, de nouvelles habitudes bien étranges : manger la viande et le poisson avec mes doigts, me luxer la hanche dés qu’il y a de la musique, regarder la TV française comme si c’était une autre planète, respecter l’idée de Dieu…J’ai encore du mal à croire que c’est moi parfois, mais c’est pourtant le cas.
J’ai encore des rêves à réaliser, mais ces deux dernières années j’en ai eu pour mon grade en hallucinations et ça continue, et ça continue…
Je n’ai pas peur de m’éterniser dans le Proche-Orient pendant la trentaine. Qu’ais-je de mieux à faire que de continuer à être témoin, mon activité favorite, d’un monde hallucinant : Tout est sous mes yeux au Caire ou presque : la géopolitique arabe (la star du début du XXI ème siècle), le cosmopolitisme, la richesse à dégueuler, la pauvreté qui remet en place, le spirituel, le religieux, l’injustice, le désespoir, le rire et le sourire, la joie dans le malheur, la naïveté et le pessimisme, l’apolitisme et le nihilisme, la corruption et l’administration, la bouffe Thaï, le Mac Do, Fauchon, les Shawermas et Awawchis, et la Crêperie bretonne, Les Maserati et les Peugeot 505 Break, la mer Rouge et les mers de sables, l’eau d’Evian et l’eau du Nil, la nuit et le jour….Tout ça pour dire que dans la cour des miracles, cette Babylone moderne, j’aurai toujours à penser, à manger, à boire, à faire en option…
Je suis témoin et cela me plait, témoin de la vie des autres, et de la mienne.
Précédemment, je philosophais dans le boudoir, une bibliothèque bien garnie, du thé, un coussin calé dans le dos. Aujourd’hui c’est plutôt du reality show, je passe 12 heures par jour minimum à être témoin : lecture quotidienne de la presse internationale, en France, en Egypte, lecture des blogs, visionnage de France 24, Al Jezira, Dubaï TV, interview pour des articles : artistes, éleveur d’Autruches, vendeur sde bouquins…Observation en terrasse de café, baladi, Centre culturel français, ou le jardin de Mariott (ou endroits secrets, qui restent secrets car la meilleure observation se fait en tout anonymat derrière des lunettes noirs pas discrètes), ainsi je balaye l’éventail de la société en Egypte (celle qui va dans les cafés, et c’est la plupart). Lorsque je suis en action, c’est moi l’observée, et que ce que les Égyptiens en pensent ? J’ sais pas. Sans doute que je dois passer pour une tarée à leur yeux bien des fois. Mes petites bourdes de nanas tête en l’air passent encore en France on apprécie une certaine fantaisie dans le comportement, mais ici, je suis indécodable.
Et je fais quoi de tout cela ? Je me délecte du grouillement de la vie sur terre, de la capacité de l’être humain à aller du bien au mal, du mal au bien. Je n’ai pas d’idée là-dessus. L’homme est-il un être de bien ou de mal a priori ? Sûrement ni l’un ni l’autre et c’est pas si défrisant que cela.
Témoin mais pas moins actrice. Quelque chose a t-il vraiment changé en moi ? Oui. Si Dieu ne m’est toujours pas connu ni reconnu, je ne le tolère pas moins, et ne le respecte pas moins. Le bain tantôt spirituel, tantôt religieux, tantôt extrémiste, m’a mis face à Dieu d’une certaine façon, voire à mes côtés. Disons que j’ai appris à le respecter à travers les croyants et pratiquants que je respecte via l’affection que je leur porte. Finalement on ne peut pas rester bien longtemps complètement en dehors de cela, même si on est athée. Je vis avec Dieu d’une certaine façon, je vois qu’il fait du bien à certains, qu’il est très présent dans leur vie, irréfutable, alors pourquoi continuer à le bannir. Je n’en ai pas besoin, mais je lui accorde enfin une place en ce monde, dans le mien. Comme par magie, cette évolution m’a fait comprendre beaucoup de choses et m’a rendu certainement plus tolérante. Je confesse au passage un certain extrémisme anti-religieux de ma part, dans le passé. Dommage que ceux qui ne m’ont pas connu jadis, n’ayant pas de moyen de comparaison, me trouve par conséquent très matérialiste et peu flexible. Je ne peux les blâmer de ne pas avoir été témoin du chemin que j’ai parcouru.
Ce qui n’est pas évident est ici : vivre comme si on existait que depuis deux ans, car on a pas de traces du passé : pas d’ancienne école, pas de premier vélo, pas d’ancien instit, pas sa famille, pas ses vieux potes. Mon passé est mon secret, ma tombe, on ne peut me comparer que sur une échelle de deux petites années et cela n’est définitivement pas assez pour me juger, pourtant je ne suis pas exempt de jugements trop prompts et donc faussés. Heureusement, certains me surprennent lorsqu’ils parviennent à me lire, à deviner quelque chose de mon passé que je n’ais pourtant pas révelé. C’est drôle d’être parfois traité comme une enfant qui a tout à apprendre, la langue, les coutumes, comme si je n’avais rien fait de ma vie auparavant.
Alors tu vois Loïc, en ce qui me concerne, je ne sais plus bien sur quoi baser mon adultance, c’est plus que relatif en ce qui me concerne

02:31 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

21 juin 2007

Auto Pub

En ligne encore pour quelques jours sur http://www.lepetitjournal.com/le_caire.html

CULTURE - "Danse, un rêve sur scène", une performance théâtrale de Sherif Al Morsi, le frère de mon boyfriend, avec leur petit frère dans le rôle du dormeur, et mon amie Lulu en guest star.

A voir aussi (c'est mon Blog, alors je passe avant :-), les articles de mes collègues, dont l'une nous quitte sous peu pour vivre en Australie, Bon voyage Flavie !

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"Tamer"
Photo Marie Girod

12:05 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Sherif El Morsi, ludivine perrin, short feature dream, festival danse for theater 2007, cairo opera house

20 juin 2007

Good Bye Lulu !

Trois mois ? J’ai pourtant l’impression que c’était hier. Trois mois pour ma vieille pote Lulu, c’est assez pour être triste de me quitter, moi, le Caire et les autres, mais pas assez pour ne pas avoir envie de revenir. On a fêté ce départ du Caire, et retour à Paris, en tête à tête sur la terrasse du Nile Hilton, vue sur le Nil, le coucher de soleil, les pyramides au loin, sirotant des mojitos. Sur le chemin du retour de l’aéroport, vers 1h du matin, il faisait chaud, tout était calme aux alentours, j’avais le temps, alors je me décide à emprunter pour la première fois un bus de ville pour rentrer dans le centre du Caire. J’ai attendu dans le bus une bonne demi-heure, avec des passagers égyptiens sortant d’un vol quelconque, exténués. Lorsque le chauffeur a réapparu, il s’est aperçu que le système de bouteille de gaz qui sert à ouvrir et fermer les portes fuyait. En effet, cela sentait rudement mauvais. Il entrouvrit le compartiment des bouteilles et des vapeurs dynamiques s’exhalèrent. J’ai bien cru qu’on allait exploser ! Une fois rassurée (par quoi ? par rien, mais « incha’Allah » dans mon esprit a suffi), je me suis remise à respirer, on s’est mis en route.
Puis ce fut la découverte. Depuis deux déjà, je me rends chaque dimanche à Héliopolis dans le quartier du Sheraton : grandes avenues, grands immeubles, et rien d’autres. Autant dire que l’image d’Héliopolis que je cultive depuis ce temps est assez négative. Mais le bus a sillonné le vieil Héliopolis sur le chemin du Downtown, celui de l’époque coloniale. Mes yeux se sont écarquillé durant une demi-heure voyant défiler une cinquantaine de ces magnifiques immeubles aux balcons et terrasses en alcôves dentelées. Ils sont splendides et nullement noircis comme le sont les bâtiments plus haussmannien du Downtown. J’ai remarqué au passage qu’un café Starbuck avait élu domicile au rez-de-chaussée d’un de ces beaux immeubles, avec une grande terrasse. C’est Starbuck, mais c’est pas n’importe où. Remarquez, celui qui se trouve sur la place de l’Opéra à Paris est bien situé lui aussi.
Bref, pendant que Lulu grimpait dans son avion en partance pour Paris, moi je voyageais dans Héliopolis avec une réelle sensation de découverte.
Arrivée dans le centre, j’étais moins fière lorsque je me suis rendu compte que le bus ne s’arrêterait pas sur le midan Tahrir mais à la station de microbus derrière le musée archéologique. Pour ceux qui connaissent, c’est un parking infâme, sous des autoponts, entouré de grandes voies dont la traversée est suicidaire. J’ai eu toutes les peines du monde à trouver un chauffeur de taxi qui veuille bien me ramener chez moi, non loin, pour un prix normal, et m’inspirant la sécurité. Je l’ai quand même trouvé, et une fois dans les rues calmes de Garden City, j’ai eu un grand sentiment de Home Sweet Home.
Je suis sur mon balcon, il est trois heures du matin, il fait 27 degrés d’après le widget météo de mon dashboard. B est encore au boulot, de retour d’Alexandrie pour la couverture du concert de Souad Massi, merde, j’ai manqué ça ! Mais je ne manquerais pas celui de jeudi au Caire.


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Heliopolis, Al Kurba.

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05 juin 2007

Cruauté Ô cruauté

Cette semaine dans le magazine télévisé « Envoyé Spécial », un reportage sur l’entreprise et les suicides.
Fait-divers ou nouveau phénomène social ?
Les accusées ? les grosses entreprises qui, pour maintenir leur niveau de profit, l’augmenter, suivre la compétition internationale, mettent la pression sur leurs employés, du simple ouvrier au cadre supérieur : des heures sup gratis, de l’humiliation, de l’injection de stress parce qu’on pense que c’est moteur…
Et l’on commence à se rendre compte que le stress, à haute dose, peut être destructeur…
Franchement, quel est le meilleur compliment que l’on puisse faire sur quelqu’ un ? Dire qu’il est gentil ? Non, trop facile, cela concerne un tas de gens, c’est banal.
Dire qu’il est créatif ? Non, ceux qui ont une tendance artiste sont automatiquement assimilés à des originaux, un peu rebelles, un peu bizarres…C’est forcément louche.
Dire qu’il est beau ? Non, c’est trop superficiel.
Dire qu’il est travailleur ? Oui, Bingo. La valeur Travaille, voilà le Graal ! Personne ne trouvera à y redire.
Car la notion de travail charrie aujourd’hui avec elle l’idée de docilité, de soumission. Un bon travailleur, c’est celui qui obéit, s’adapte, casse son originalité pour se mouler dans l’ambiance de l’entreprise, c’est celui qui se soumet à la hiérarchie, qui, par respect, troque son jean dans lequel il se sent tant à l’aise pour se serrer la glotte dans un col cravate pour saluer son patron. Le bon travailleur, c’est celui qui sait faire du mauvais travail parfois, pourvu que cela rapporte du fric à l’entreprise, pas d’éthique, pas de scrupules !
Mais, c’était comment avant ? Avant, il y avait des mineurs qui travaillaient 14 heures par jour, pour un salaire de misère et dans des conditions ignobles. Maintenant, il y a des cadres qui travaillent 14 heures par jour dans des cages à vaux insipides pour acheter une maison Bouygues et une 406. Quel Progrès !!!!
Rien à changer au final.
En réalité, l’humiliation commence dès la sortie de la fac. On vous annonce froidement que vous avez fait tout ce chemin pour rien, qu’il ne s’agit pas d’avoir lu plein de livres, mais qu’il faut s’adapter à la demande du marché, prouver sa motivation en bossant plus que les autres au début, accepter de quitter famille et patrie pour trouver l’opportunité là où elle est…Bref, futur travailleur, oublie que tu as une vie, des envies, et focalise-toi sur le seul domaine dans lequel la société te reconnaîtra et te félicitera, si tu joues le jeu, Travaille !
Il est amusant d’observer à l’œuvre les recruteurs qui ont la mémoire courte, qui ont oublié qu’eux aussi ont dû mettre leur orgueil dans leur poche pour en arriver là où ils sont. Ils se vengent, ni plus ni moins, il traite le demandeur d’emploi comme un coupable, qui, au banc des accusés doit justifier de tout ce qu’il a fait ou n’a pas fait dans sa vie, justifier de ce qui est jugé comme un point faible chez lui.
Non, le travail n’est pas une valeur mais une obligation. Il est dans de rare cas une passion.
Il est bien difficile de savoir si le travail, seul, peut conduire au suicide. Sûrement que s’il reste à sa place, non. Les dégâts commencent selon moi, quand il prend tout l’espace de la vie, empiète sur les loisirs, la famille, le sommeil…Lorsqu’il passe avant tout le reste et que cela n’est pas un choix.
Méfions-nous…Certains disent qu’ils veulent remettre les Français au travail ! Je ne crois pas qu’ils se contentent de faire baisser le taux de chômage, mais cela sous-entend qu’il y a trop de flemards. Et le flêmard, c’est la seconde bête noire après les immigrés…

01:14 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : valeur, travail, exploitation, travailleur, entreprise, suicide

29 mai 2007

Vie de quartier

Je n’y vis que depuis cinq mois, j’en rêvais, c’est fait, et j’y suis déjà fortement attachée.
C’est l’Egypte et l’Europe à la fois. Relativement petit, constitué de petites rues en arrondis qui se rejoignent à de petits carrefours ombragés par les arbres.
À première vue, il n’y a que des villas anciennes et en ruine, et des ambassades. Mais si on prend le temps de s’y promener, et d’y vivre, on découvre des restaurants (chics ou de rues), des épiceries, des pharmacies, des coiffeurs, des pressings, des associations (de Cinéma dont le parrain est Omar Sharif, l’Unesco), des écoles, et aucun de ses lieux n’affiche d’ostentatoires publicités telles qu’on en trouve dans le Downtown, à Zamalek, à Maadi, à Héliopolis, ou le summum du phénomène, le temple de la consommation, à Mohandessin.
Garden City est sûrement le quartier le plus calme du Caire, on peut s’y promener la nuit en s’imaginant dans un village. Pourtant, des épiceries et des cafés sont ouverts jours et nuits, mais les tenanciers ne courent pas agressivement après le client et le touriste.
La journée, c’est tout autre chose. La population du quartier s’agrandit, tous les employés des banques et des ambassades arrivent au travail et en repartent au même moment, par conséquent, deux fois par jour Garden City est impraticable à pied à cause des embouteillages dans les petites rues et des concerts de klaxons.
Un autre visage de Garden City est la haute sécurité sous laquelle est mis le quartier. La moitié des rues qui y mènent est bloquée par des check points. Seuls les véhicules à plaques diplomatiques passent au travers de ces barrages. Quant aux riverains dont les visages sont étrangers au quartier, ils se voient demander leurs passeports à l’entrée. Heureusement, il reste une moitié des accès par lesquels on peut aller et venir à sa guise sans croiser de policiers ni de chiens renifleurs de drogue et de bombes.
Pour ceux qui ont la chance d’habiter un des hauts immeubles du quartier, on a vue sur le Nil, les voiles des felouques et Grands Hôtels. Garden City est en outre particulièrement bien situé au sein du Caire. On traverse une des grandes voies en bordure du quartier, et l’on est en plein Downtown, par un autre côté, on se retrouve sur le Place Tahrir, le cœur du Caire, et par un autre côté encore on traverse juste un pont au-dessus du Nil pour se retrouver sue l’île de Gezirah-Zamalek. Inconvénient : de tous les côtés, il n’y a pas d’autres choix que de devoir traverser de larges rues où les voitures circulent sur 4 voies ou plus, à une allure effrayante.
J’en reviens à ce que j’aime dans ce quartier. À chaque rue, on découvre de vieilles villas en plus ou moins bon état, faites d’architecture européenne. Garden City a été édifiée en 1905 par des propriétaires terriens et des Belges. Les styles turco baroque, italianisant et néo-islamique cohabitent. Chaque rue est jonchée d’arbres ce qui rend l’atmosphère particulièrement respirable en comparaison avec le Downtown tout proche. J’y apprécie le calme de la nuit, le marchand de journaux qui vend « Le Monde » et le « Canard enchaîné ». En effet, Garden City est largement peuplée par les occidentaux, mais n’a pas du tout l’allure des compounds pour riches étrangers que l’on retrouve dans les quartiers ex-centrés. Garden City reste humaine, très humaine, et les cafés du quartier accueillent plus d’Égyptiens que d’occidentaux. On reste en Egypte quoi ! Tout en ayant le confort du rappel de l’occident.

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27 mai 2007

Le principe de réalité, encore et toujours…

Contrairement à Loïc qui semble s’épanouir de plus en plus dans sa vie professionnelle, la mienne me semble un tunnel dont je ne vois pas le bout.
Je n’ai toujours pas trouvé ma place sur le marché du travail, tout me frustre, m’ennui, ou m’effraye.
Le cocon de la Fac me manque. Cocon, car je m’y sentais centrée sur moi-même (un peu trop même !). J’avais conscience de la chance que j’avais de me lever le matin pour apprendre et réfléchir.Quoi de plus beau qu’une journée passée à écouter parler des gens instruits, qu’à voyager dans l’histoire immense de la pensée, refaire le monde milles fois par jour dans sa tête, puis tenter la création par les mots poser sur le papier après maintes lectures et relectures d’œuvres.
Même si tout semble m’intéresser, une fois que j’ai l’impression d’avoir fait quelque peu le tour de mon environnement, et que je me recentre sur moi-même, je m’aperçois qu’il n’y a guère qu’une chose pour laquelle je peux me forcer à me lever le matin, c’est l’occasion d’apprendre, d’écrire, de penser, et d’être utile au monde par ce biais…
Il n’y a que le monde universitaire qui m’est donné le goût du challenge, la force d’en baver. Toutefois les travers élitistes et pompeux de ce même monde m’ont aussi dégoûté à moment donné. Toutefois, j’étais bien décidé à m’y accrocher, et ce n’est pas de mon propre chef que je l’ai quitté, c’est le système qui m’a mise « out ».
Le principe de réalité étant ce qu’il est et la dose de culpabilité qu’il inflige à ceux qui tente de le nier, m’a fait céder. J’ai renoncé à la voie de la Recherche qui demandait encore des années d’investissements en énergie, d’argent, de concentration, pour me professionnaliser ! Elle est bien bonne celle-là ! Comment professionnalise t-on une étudiante en Philo ? Il faut poser la question à l’ANPE. J’y ai cru, et je crois toujours que les gens comme moi on leur place en ce bas monde, mais le bas monde lui, ne le sait pas. Bref, j’ai écouté la voie de la sagesse et je me suis collée aux concours de l’Education Nationale Française : levée tous les matins à six heures, couchée pas avant minuit ou une heure du matin, partageant mes journées entre le boulot au Lycée, la Fac et L’IUFM, le couperet est tombé. Le nombre de postes à pourvoir était dérisoire, et mes efforts fournis insuffisants. Je n’ai pas retenté l’expérience, je me suis cassée, loin, très loin de tout cela. Mais comme j’avais encore de l’énergie vitale, je suis allée vivre dans le monde arabe, depuis, mon cerveau s’épuise à comprendre ce qu’il s’y passe, je ne philosophe plus que dans ma tête, et je me sens bien seule. Je suis entourée d’artistes par contre, mais ils sont autant rattrapé par le principe de réalité, on ne s’en sort pas.
Ce ne sont pas les projets intellectuels qui manquent dans ma petite tête, mais tant que ne sera pas réglé la question du principe de réalité qui veut qu’il faille s’assurer de quoi bouffer pour penser, je ne serai pas en paix pour relever un nouveau challenge intellectuel.
En deux ans, on m’a proposé plus de boulot en marketing (domaine auquel je ne connais rien, et dont j’ai une très mauvaise opinion), que de boulots pour lesquels on aurait besoin de ma formation en sciences humaines. Étrange, étrange, on est prêt à prendre une ex-étudiante en Philo en marketing ??? Je ne m’attendais pas à un truc pareil, il y a une faille dans le système ! J’ai refusé, biensur, je n’ai pas envie de me vomir dessus. J’ai pas fait Philo pour travailler à l’enculage du consommateur, question d’Ethique. Mais jusqu’à quand vais-je encore pouvoir me payer le luxe de snober ainsi les capitalistes ? Après tout, ce sont eux les maîtres du monde, et la résistance à un coût !

03:02 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

19 mai 2007

Ma vie loin de Sarkozy 4

Deux choses m’ont outré lors de la consultation de la composition du gouvernement Sarkozy.

Number one :
Intégrer Christine Boutin (Ministère du Logement et de la Ville) au gouvernement est une preuve de grand conservatisme. Je n’oublie pas les propos insultants qu’elle a tenus en tant que député à l’Assemblée Nationale, contre les homosexuels lors de débats sur le Pacs et la question de l’adoption d’enfants par les couples homos. Et il me semble bien qu’à l’époque, les députés de gauche l’avaient bien remis en place.

Number two :
Je cite : « L'immigration, le candidat Sarkozy l'a dit et répété pendant sa campagne, sera un des premiers sujets au programme de la session parlementaire extraordinaire de cet été, avec un nouveau projet de loi visant notamment à durcir les conditions du regroupement familial. "Pour faire venir sa famille, il faudra un logement et un travail mais il faudra aussi apprendre le français avant de venir", a-t-il prévenu. » Le Monde .fr
À qui N. Sarkozy croit-il qu’il est censé offrir des visas de séjour en France ? Il ne sait pas, il faut croire, que la plupart des candidats à l’immigration sont des gens qui n’ont pas d’opportunités d’évolution dans leurs propres pays, ou des gens qui subissent la guerre chez eux. Croit-il que tous ces gens-ci ont un accès à des cours de français au point de parvenir au bilinguisme avant de venir en France ?
Au Canada, on propose aux arrivants des cours de français ou d’anglais, on exige pas d’eux d’être canadien avant de vivre au Canada.
Et si le français est une langue si importante à apprendre, peut-être ferait-il bien de donner des budgets aux Alliances Françaises à travers le monde, qui n’ont même plus de quoi acheter quelques bouquins.
Et pendant qu’on y est, pourquoi ne pas renforcer la sélection des candidats à l’immigration par une épreuve d’Oenologie, un test de culture générale orchestré par Julien Leperce, ou encore une petite dictée par Pivot ???
Tout cela est bien clair, il faut désormais être Franco-français pour avoir le droit de vivre en France.

00:10 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, gouvernement, immigration

18 mai 2007

Occidentalism 2007

Vingt des artistes égyptiens des plus connus dans le pays et à l’étranger, ont été chargés par Karim Francis de produire des travaux artistiques autour de la notion d’ «Occidentalisme », travaux guidés par la question : Comment voyez-vous l’Occident ?
Si vous ne connaissez pas encore Karim Francis, peut-être avez-vous déjà fait un tour dans l’une de ses deux galeries d’Art Contemporain à Zamalek ou dans le Downtown ?
L’Espace Karim Francis s’est ouvert en 1995 afin de répondre à un besoin en matière d’Art contemporain en Egypte. En l’an 2000, Karim Francis fut l’un des initiateurs du premier festival d’Art Contemporain au Caire, « Al-Nitaq (Le périmètre)». Il rendit accessible à un large public, or de l’espace fermé d’une galerie, de la poésie, du cinéma, du théâtre, de la musique, de la danse, et de l’audiovisuel.
Cette année « Occidentalism 2007 » sort également de la galerie, et se produit entre l’Hôtel Suisse pour les expositions, et le Club Grec pour les forums et concerts, les deux endroits se situant autour de la place Talaat Harb au centre-ville, on peut ainsi passer de l’un à l’autre en deux minutes, à pied.
Au numéro 26 de la rue Mahmoud Bassiouni (Downtown), au 6 ème étage, trois appartements accueillent les œuvres, une pièce par artiste.
La variété des styles artistiques présentés mis à part, la spécificité notable est celle de la diversité des générations, et la parité hommes-femmes.
À la question, comment voyez-vous l’Occident ?, les artistes ne sont pas forcément allé très au-delà des clichés, ainsi, le thème du tourisme et les symboles des Etats-Unis (Mac Donald, Georges.W. Bush) étaient abordés sans surprise. Cela s’explique en partie pas une connaissance de l’Occident, transmise massivement par les media depuis l’invasion en Irak par les Etats-Unis et le soutien qu’ils ont acquis de la part de certains pays européens. En effet, l’histoire ancienne de l’Occident est absente des points de vue. Par contre, un angle plus intimiste a été travaillé par Mohamed Abla par exemple, qui a évoqué la mixité (egypto-suisse) au sein de sa propre famille. L’artiste Shady El Noshokaty, lui, a mis à contribution trois autres artistes pour une installation audio-visuelle visant à donner un exemple technologique de ce qui se fait en art contemporain en Occident depuis trente ans et qui ne fait que naître en Egypte.
Comment voit-on l’Occident ? Cette question, finalement, ne nous enferme t-elle pas plus encore dans les frontières et clichés ? Sommes nous supposés envisager le cliché afin de le dépasser, ou alors proposer un angle inédit ?
Si l’on avait posé la question « comment voyez-vous l’Orient ? » à des artistes occidentaux, il est bien évident que la tendance de l’exposition aurait été orientaliste.
La problématique réside ici, selon moi, les termes en –isme, connotent la spécificité, l’insistance. Ces mots définissent en général une notion abstraite ou une doctrine, et par extension un comportement en -iste. Par exemple, à la notion de féminisme, s’adjoint le mouvement féministe.
Donc, à une notion abstraite en –isme, proposée, va s’appliquer naturellement un comportement correspondant, qui annihile toute liberté d’aller au-delà du sens.
Bien que la notion soit étroitement circonscrite, la confusion avec la notion en vigueur dans le Moyen-Orient, de « West » pour qualifier l’Occident, n’a pas été évitée. Ainsi, d’Occidentalisme, on passe à Occident, ce qui ne suggère tout à fait plus la même idée.

http://www.occidentalism2007.com/, jusqu’au mercredi 23 mai 2007.


Marie Girod.


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Sous la direction de Shady El Noshokaty
Photo Bahaa Talis

15:50 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : occidentalism, karim Francis

17 mai 2007

I belong to me.

Et v’ là qu’çà m’reprend !
La nostalgie de la verdure et de la pluie…Non, c’est plus grave encore.
Je m’en suis rendu lorsque je visionnais la cérémonie d’investiture de Nicolas Sarkozy à la présidence Française. J’ai trouvé cela beau et émouvant, pourtant je suis loin de me reconnaître en ses idées. Mais, il y avait Paris, la Marseillaise, les anciens combattants, tous ces trucs qui sont rattachés à ma nationalité.
Je me sens loin de la France, très loin, j’ai l’impression que tout ce qu’il me reste de ce pays est mon passeport français. Tout peut changer en France, quel impact cela aura t-il encore sur moi ? Au jour d’aujourd’hui, la politique, les mœurs en Egypte ont bien plus d’impacts sur moi, et pourtant, jamais je ne serai égyptienne, car la base culturelle et la religion m’en sépareront toujours.
Je n’appartiens donc pas mon pays hôte, pas plus que je n’appartiens encore à mon pays d’origine. Et l’idée de me considérer comme une citoyenne du monde tout simplement, n’apaise pas mon manque d’appartenance.
J’ai franchi le cap de l’excuse d’être étrangère en Egypte, le choix que j’ai fait de vivre ici hors de la boîte fermée des expatriés classiques me met en proie à l’exigence. On ne m’excuse plus de ne pas parler parfaitement l’Arabe, de ne pas comprendre le système, de refuser de m’adapter à des choses que je juge idiotes.
Je commence à comprendre un peu ce que peut ressentir un Arabe qui s’installe en France. Les gens qui n’ont jamais eu s’adapter à d’autres coutumes sur du long terme ne peuvent pas le comprendre. On a beau faire des efforts du matin au soir, cela ne suffira jamais. Dans chaque situation, il s’agit de discriminer une foule de sentiments et préjugés, de savoir si notre réaction à un rapport avec notre propre personnalité, notre nationalité, l’effet du déracinement, ou l’incompréhension d’autrui. Pour chaque chose banale, tout est plus compliqué.
La nostalgie me paraît comme un rêve. Ce qui me manque me semble être si loin, que peut-être cela n’a jamais existé vraiment. Quant à ma réalité, bien que réelle elle reste étrangère à moi-même. C’est comme si je n’existais pas. Bizarre, bizarre.

00:36 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

11 mai 2007

Ma vie loin de Sarkozy 3

Salam Aleikoum,

Quelle joie quel bonheur de voir en ce vendredi, le Caire sous la pluie, vidé de son tumulte habituel.
Depuis mon balcon, je ne vois pas un chat, ils sont cachés, les milliards de chats cairotes, les gens aussi. Mais, je vois le Nil gris, un yacht du Grand Hyatt d'un blanc éclatant filer lentement sur l'eau, les palmiers qui bordent le Nil revêtent un vert intense une fois lavés par la pluie. Je n'entends pas un seul son de Klaxon. Tout est calme et reposant, comme un dimanche d'automne en France, le goût mortuaire en moins.

La maison d'édition que j’ai quittée, qui porte le nom si cliché d'un monument pharaonique très connu a refusé mon projet jugé bien trop "intello" pour l'Egypte. Il faut croire qu’il est bon de maintenir les gens le néant culturel, ou alors, simplement, il fallait un projet bien plus lucratif. Et oui, depuis quand cela vend la Culture ? Pour enfoncer le clou, cette semaine aussi le journal XYZ a censuré un de mes articles qui, je l’interprète ainsi « casse trop Sarkozy ». Alors je vais le publier à cet endroit.

Maa salam.



Dimanche 6 mai 2007
Par Marie Girod.

Les élections présidentielles françaises vues d’Egypte.

Interview d’Ahmed Hassan, journaliste francophone à la Middle East News Agency Press.


Qu’attendent les Égyptiens de la politique extérieure qui sera menée dans le monde arabe, par le prochain président des Français ?

En premier lieu, Ahmed Hassan ne pense pas que les Égyptiens connaissent très bien Ségolène Royale et Nicolas Sarkozy. Ces deux personnalités politiques n’étaient pas très présentes sur la scène internationale auparavant. De plus, le clivage traditionnel gauche/droite n’est pas très clair ici. François Mitterrand était de gauche, Jacques Chirac de droite, et tous deux étaient dans les grandes lignes pro-arabes. Par conséquent, les Égyptiens ne font pas précisément la différence entre les deux bords.
Néanmoins, certaines paroles de la part de Nicolas Sarkozy, qui ont été diffusés par les media, sont clairement ressenties comme du racisme.
En particulier, les Égyptiens s’inquiètent des lois sur l’immigration que ce dernier souhaite promulguer, car le phénomène de l’immigration concerne une bonne partie de la population égyptienne.
Quant à ceux qui ne connaissent pas du tout la politique en France, ils ont au moins conscience que la politique d’un candidat comme N. Sarkozy peut changer l’image de la France dans le monde arabe, annihiler l’image de la France d’arbitre juste dans le conflit israélo-palestinien.
Ahmed Hassan va plus loin dans ses prédictions : « Si, Sarkozy devient président, et si lors des élections législatives la droite l’emporte, la France deviendra une dictature ! ».
Sarkozy pourrait être le prochain allié des Etats-Unis, ce qui portera définitivement atteinte à l’image de la France dans el Moyen-Orient.

Dans le scénario Sarkozy, quelles seraient les répercussions sur la vie des français expatriés en Egypte ?

Il y aurait un déficit de confiance, les Français seront assimilés aux Américains et aux Anglais.
C’est-à-dire ?
Dans le domaine du tourisme, les Américains sont considérés uniquement comme des portes monnaies bien garnis, mais les Français, eux, bénéficient d’une considération moins superficielle, liée à leur Culture, à l’Education, la Politique extérieure de la France, d’après Monsieur Hassan.

Ségolène Royal fait-elle encore du socialisme selon vous ?
Et quid du fait qu’elle soit une femme ?

« Oui, elle fait encore du socialisme. Elle est pour une bonne répartition des richesses par exemple ».
Quant à son image, les Égyptiens n’ont pas confiance en une femme pour diriger.
Il n’ y a pas de modèle de femme dirigeante en Egypte, donc, sa féminité est ici vue comme un point faible. « Mais, je crois qu’en France, même les femmes ont peur qu’une femme soit au pouvoir ».

Le jour J

Nicolas Sarkozy vient d’être nommé au suffrage universel, Président de la République Française (53%). Lors de son discours, il a évoqué la nécessité d’une « union méditerranéenne » visant à surmonter toutes les haines présentes dans la région moyen-orientale. Les valeurs qu’il a saluées sont la tolérance, la liberté, et l’humanisme. Plus particulièrement, N. Sarkozy a cité les femmes martyrisées du monde entier, Ingrid Betancourt, les infirmières bulgares en Libye, et les femmes qui portent la bourqa.



Marie Girod

14:10 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : elections, presidentielles, françaises, censure, Sarkozy, Middle East News Agency press, Ahmad Hassan

04 mai 2007

Ma vie loin de Sarkozy 2

Je viens d’une famille issue d’une tradition de vie sous la dictature.
Mes arrières grands-parents maternels, espagnols, se sont tapé Franco, puis les Nazis en France. Ma grand-mère maternelle a vu les soldats allemands débarquer à la maison lorsqu’elle était enfant, puis elle s’est mariée avec mon grand-père uruguayen, ils ont vécu la dictature en Uruguay durant vingt ans, ma mère et son frère ont donc eu leur enfance et adolescence marquée par le régime autoritaire avant d’immigrer en France.
Je regarde en tout sens et je ne vois pas d ‘issue. Ma propre immigration dans un pays tel que l’Egypte ma confronte aujourd’hui par procuration à la dureté et l’injustice. J’allume la TV, et j’écoute celui qui sera peut-être le président du pays d’où je viens, proposer aux Français une société injuste.
Je ne veux pas en arriver à détester l’endroit où je vis depuis deux ans, j’ai fait mon choix, ,et je l’assume, mais parfois, ce pays me fait peur. Et je ne peux même pas me consoler stupidement en me disant qu’avant, en France c’était mieux, je n’ai pas ce sentiment. Je suis complètement d’accord avec le dernier commentaire de Patrick sur ce Blog. Si on ne fait pas attention, la France pourrait bien devenir comme l’Italie, un pays européen qui n’est pas en phase avec les droits de l’homme.
Alors je me demande…Que dois-je faire ? Prendre ma carte du Parti Socialiste Français, m’engager dans Amnistie Internationale, me lâcher dans ce que j’écris et publier des choses qui me touchent de près depuis deux ans en Egypte et que je tais pour n’attirer d’ennuis ni à moi-même ni aux gens concernés ?
Ais-je envie que ma vie devienne plus compliquée ? Puis-je encore assumer de me taire ?
Ma vie ici était douce tant que j’étais vraiment une étrangère. À travers ce statut, via l’argent et l’aura colonialiste, on peut profiter du plus beau de l’Egypte. Mais depuis que je travaille avec des Égyptiens, que je vis avec un Égyptien, je suis également confrontée au côté sombre.
Je ne regrette pas une seconde, c’est ce que je souhaitais, une vie réaliste pas celle d’une touriste. Mais, finalement, rien de neuf, je n’ai jamais choisi la facilité dans ma vie, tous mes choix se sont toujours portés sur des voix difficiles. Je ne me sens pas étrangère à ma vie, c’est tout ce qui compte.

12:51 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

Ma vie loin de Sarkozy.

Vous n’imaginez pas à quel point les élections en France m'obssèdent, néanmoins j’ai envie de parler de moi, çà fait longtemps, Non ?
Je suis assez saoule, j’avoue, une bouteille de Porto "Lagrima" à côté de l’ordinateur, Rachmaninov pour la musique…Vive le correcteur d’orthographe, parce que là, j’écris n’importe comment….Bien pire encore que d’habitude …Je ne vous ferai pas l’offense de publier ce posting sans corrections minimales, histoire de faire « réaliste », mais je pense qu’il en restera, vu mon état...
Le ciel me tombe sur la tête, et je n’ai pas envie de dire pourquoi, mais cela a à voir avec l’Egypte, ce pays qui est une D........ (en neuf lettres), et qui vient troubler ma pseudo paix. Par les temps qui courent, je m’autocensure, veuillez m’en excuser, mais vous savez tous jouer au pendu !
Alors je vais parler d’autres chose, plus banal : Ma vie au boulot, c’est vrai, j’en parle jamais sur ce blog !
Pour commencer, cela se passe 7 jours sur 7. Terminés les week-ends au restau, dans les clubs ou dans le Sinaï au bord de la mer Rouge… Une fois mes trois jours à la Maison d’Edition qui porte le nom d’un monument pharaonique célèbre, et qui est coincée quelques part entre le Yacoubian Building et le palais ruiné de Champolion ,bouclés, j’enchaîne avec l’écriture de mes articles pour le LPJ du Caire, Culture, ou Politique, cela varie selon mes humeurs.
Voici le programme : Lorsque je sors de la Maison d’Edition, je suis vannée, 8 à 9 heures assise devant mon ordinateur à en avoir des fourmis dans les jambes, je m’effondre chez moi sur le canapé jusqu’à la nuit tombée. Lorsque je ne suis pas à la Maison d’Edition, je suis chez moi ou ailleurs, en train d’écrire des articles pour le LPJ, traquant les sources Internet, ou rencontrant des artistes pour des interviews, qui ne sont pas ponctuels du tout. Et quand je décide de couvrir un concert qui se termine tard, forcément, je ne peux vous décrire ma tête le lendemain, lorsque je saute du lit pour allumer le Mac et écrire avant midi, Dead Line d’envoi pour correction avant publication.
Le Moleskine explose, il est censé m’organiser, mais je m’embrouille, c’est ingérable, pourtant, comme une bonne cairote, j’ai appris le système D de la gestion, cependant, en tant que bonne française, je panique et stresse.

What about the wether ? On atteint les 40 degrés, enfin, l’été se faisait attendre, mais je ne me plains pas trop, l’hiver a été long et assez pluvieux, largement au-dessus des six jours de pluie annuels.

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24 avril 2007

Kalimat

Hier, lundi 23 avril, Cherif choubachy, ancien sous-secrétaire au ministère de la Culture en Egypte, était reçu sur le plateau de france 24 pour parler de son ouvrage "Vive la langue arabe, A bas Sibawayh".
Je conseille la lecture de cet article édifiant piqué à la "Revue d'Egypte", édition de janvier/février 2006 (que le groupe IBA a hélas arrêté de financer l'année dernière), retraçant le parcours du propos de Choubachy.

"FAUT-IL REFORMER LA LANGUE ARABE ?"

Par Mahitab Abdel Raouf et Marouan Moussa

L’an dernier, Chérif El-Choubachi, le vice-ministre de la Culture, a défrayé la chronique avec un livre choc intitulé Vive la langue arabe A bas Sibawayh en référence au célèbre grammairien arabe du VIIIesiècle, dans lequel il propose une réforme de la langue arabe en Egypte, après avoir fait le constat alarmant de sa détérioration. En réaction à la publication de son livre, intellectuels, linguistes et oulémas sont montés au créneau, l’accusant principalement de ne pas être un From Revue d’Egypte january/february 2006
linguiste, et par conséquent de ne pas avoir voix au chapitre. L’essai, polémique à souhait, a d’ailleurs disparu pendant un moment du marché. On peut aujourd’hui se le procurer dans quelques rares endroits, dont l’Organisation générale du livre égyptien (GEBO).
Mohsen Allam
L’analphabétisme touche 34% de la population selon les chiffres officiels, 45% selon l’ONU.
Tout en admettant volontiers ne pas être un spécialiste, Chérif El-Choubachi insiste : «Tout individu parlant une langue a le droit d’avoir une opinion la concernant et de l’exprimer. Le but de mon livre est de présenter des simplifications possibles en réponse à une situation linguistique anormale. Les propositions que j’ai faites peuvent s’avérer justes ou fausses, mais je me suis efforcé d’approfondir mes recherches. Quand je demande la suppression en arabe de certaines formes grammaticales qu’on peut qualifier de proprement archaïques , je donne les raisons pour lesquelles ces formes ne conviennent plus, en comparant avec d’autres exemples historiques dans d’autres langues.»
El-Choubachi interprète ensuite la levée de boucliers des linguistes comme une réaction conservatrice, ces derniers ayant passé toute leur vie à étudier l’arabe littéraire et ne pouvant se résoudre à en accepter une réforme. Et d’ajouter: «De plus, je n’ai fait que relancer le débat, ce qui est déjà une bonne chose, et, même si une majorité de personnes sont contre moi, elles ne réussiront pas à me faire changer d’avis. Il y a cinq académies de langue arabe dans le monde, dont celle du Caire, et ce n’est ni aux linguistes ni à moi, mais à celles-ci qu’il revient de prendre le relais et de mettre en place une réforme.»
Chérif El-Choubachi relance le débat sur la réforme de la langue arabe.
Pour comprendre les divers points de vue qui alimentent le débat sur une éventuelle réforme de la langue arabe, il est nécessaire de prendre en compte deux aspects importants du problème. En premier lieu : ce que les sociologues et les linguistes nomment la «diglossie», situation dans laquelle deux langues, ou variantes d’une même langue, sont présentes simultanément dans une région mais occupent des statuts sociaux différents. Le cas de l’arabe dialectal et de l’arabe littéraire est un exemple flagrant de diglossie, plus ou moins marqué selon les pays arabophones. Deuxième aspect du problème, les profondes lacunes en matière d’éducation, sources de l’analphabétisme en Egypte, qui affecte selon les chiffres officiels 34% de la population (45% selon l’ONU).
La question de la détérioration de la langue suscite discussions et débats enflammés et met souvent en jeu diglossie et problème d’alphabétisation. Dans un rapport de 1997, l’Unesco observait: «De nombreux linguistes et spécialistes des sciences de l’éducation affirment que la diglossie dans la région arabe est responsable de la persistance du faible niveau d’alphabétisation et d’instruction dont témoignent les fréquents redoublements et abandons en cours d’études.» Et de conclure: «Les questions linguistiques semblent jouer un rôle considérable dans la baisse apparente de la qualité de l’éducation au Moyen-Orient.» Ce problème revêt en tout cas une importance toute particulière à l’heure où l’on parle de «démocratisation accélérée» au Moyen-Orient et plus que jamais de droits de l’homme, car une question cruciale se pose: comment permettre l’apprentissage de la liberté d’expression sans la capacité de lire et d’écrire facilement, qui est l’un des vecteurs principaux de la communication?
Mohsen Allam

1 500 ans sans évolutions :

Chérif El-Choubachi part du principe qu’il faut impérativement réformer l’arabe si l’on veut éviter sa détérioration. D’après lui, «l’arabe littéraire ne convient plus au monde d’aujourd’hui, il faut que les règles qui le gouvernent évoluent. En 1500 ans, la langue arabe est la seule à ne pas avoir changé. Toutes les autres langues (chinois, hébreu, grec...) ont subi des modifications et des changements dans leur grammaire notamment. Les Grecs d’aujourd’hui par exemple ne peuvent plus lire Platon et Aristote, le grec ancien n’étant plus en usage. Il s’est progressivement effacé au profit d’une version plus adaptée de la langue.»
La crainte de certains opposants à une réforme est que l’arabe puisse subir le même sort que le latin, et disparaître progressivement pour faire place à une nuée de langues régionales. Un argument que réfute Soliman El-Attar, professeur de littérature à la Faculté de lettres de l’Université du Caire: «S’il s’adapte à son temps, l’arabe ne disparaîtra pas. Au contraire, cela lui permettra de se maintenir.» Pour ce faire, Soliman El-Attar n’exclut pas des changements d’ordre grammatical.
El-Taher Ahmed Mekki, linguiste, professeur à la faculté de Dar El-Ouloum et chroniqueur pour la revue El Hilal, lui, est opposé à toute réforme de la grammaire. Pour lui, le problème crucial réside ailleurs: «La crise ne se situe pas dans la langue arabe, ni dans sa grammaire ni dans son vocabulaire, mais dans la manière même de l’enseigner. Les professeurs sont aujourd’hui plus des amateurs que de véritables spécialistes de la langue et ne transmettent pas à l’élève un savoir, ils lui apprennent uniquement à passer les examens. » D’après lui, les seules modifications acceptables se situent au niveau du vocabulaire avec l’adjonction de certains termes qui reflètent les transformations de la société et permettent à la langue d’avancer avec son temps.
La diglossie est aussi la source d’une controverse sociale en raison des statuts respectifs de l’arabe littéraire et l’arabe dialectal. En effet, écrire un livre ou un article «sérieux» en utilisant le dialecte égyptien est assez mal accepté notamment par les linguistes, ce qui, en plus du fossé qui sépare les deux formes de langage, représente un autre obstacle pour toute personne désirant s’exprimer à l’écrit. El-Taher Ahmed Mekki rétorque qu’aucune loi n’interdit d’écrire en arabe dialectal et que ceux qui veulent s’exprimer ainsi peuvent le faire librement. Une décision pourtant difficile à prendre et qui peut s’avérer lourde de conséquences quand on sait le genre de critiques auxquelles on peut s’exposer dans pareil cas.

La langue du Coran :

Dans ce débat, les oulémas se situent contre la réforme, et ceci pour une raison évidente: le Coran étant écrit dans l’arabe le plus littéraire qui soit et ne pouvant être modifié, les responsables religieux voient un danger dans toute idée de réforme de la langue, qui menacerait selon eux l’islam dans son ensemble. En effet, si les musulmans n’apprennent plus l’arabe littéraire, mais une forme épurée et simplifiée de celui-ci, ils auront toutes les difficultés du monde à lire convenablement les textes religieux. Cette vision, parfois qualifiée de rétrograde, s’insère difficilement dans le contexte éducationnel actuel puisqu’elle nous renvoie aux réalités de l’analphabétisme en Egypte: une majorité de musulmans ne sait de toutes façons pas lire correctement le Coran et est donc forcée d’avoir recours aux «cheikhs de quartier» pour tenter de comprendre sa religion. Dans son ouvrage, Chérif El-Choubachi précise que le choix d’une réforme ne doit pas être fondé sur le seul facteur religieux: «Comme l’avait dit Taha Hussein, la langue arabe n’est pas la propriété exclusive des oulémas, mais elle appartient à toutes les nations et à toutes les générations qui en font usage.» Soliman El-Attar pense, quant à lui, que donner un statut divin à une langue est un prétexte pour refuser tout changement: «La langue peut évoluer sans porter atteinte au Coran, car malgré les différences entre le dialecte et l’arabe classique, le Coran ne cesse d’influencer les gens. C’est une uvre à part, à tel point que personne ne peut en imiter un seul verset, et rien ne pourra remettre en cause son unicité. Son caractère sacré demeure indépendant des mutations de la langue avec laquelle il a été écrit et n’interdit pas une réforme. »

100 ans de débats :

La polémique suscitée par le livre de Chérif El-Choubachi ne date pas d’hier, les propositions de réformes linguistiques remontant au début du XXe siècle. Dans l’entre-deux-guerres, plusieurs débats se sont ouverts dans lesquels deux tendances se sont opposées : les puristes et les modernes. Ces débats portèrent notamment sur l’écriture arabe, les emprunts aux autres langues, la diglossie, l’enseignement de l’arabe littéraire et l’arabisation de l’enseignement.
En 1936, l’Académie de la langue arabe du Caire s’est penchée sur la transcription des mots et surtout des noms propres européens en arabe. Deux ans plus tard, fut évoquée la possibilité d’une réforme des caractères arabes, avec l’idée d’écrire au moyen des caractères latins, comme cela était le cas en Turquie depuis la « révolution des signes » lancée par Ataturk en 1928. Le projet de latinisation partielle, qui devait permettre une lecture plus rapide, plus efficace, et faciliter la transcription des noms propres, des termes techniques arabisés, rencontra de nombreuses oppositions de la part de l’Académie de langue arabe ainsi que d’intellectuels. D’autres évoquèrent une simple amélioration du système des voyelles et quelques-uns proposèrent même de revenir aux caractères coptes.
Parmi les opposants à ces projets figure le célèbre écrivain Abbas Mahmoud El-Akkad, qui lança l’objection suivante : ces plans de réforme ne mèneraient pas à une simplification de l’écriture pour les usagers contrairement aux attentes des tenants de la latinisation mais faciliteraient uniquement la lecture, ce qui le conduisit à proposer que l’on cherche la solution dans la simplification des règles mêmes de la langue, plutôt que dans son système d’écriture.
Des dizaines d’années plus tard, les débats n’ont pas perdu de leur vigueur bien que les principaux protagonistes d’avant-guerre aient disparu. Badaoui El-Makhtoun, professeur à la Faculté de Dar El-Ouloum, partisan du maintien de la grammaire classique, a soutenu l’idée que la difficulté de la grammaire vient de la manière dont les manuels sont présentés. En 1992, certains ont ouvert une réflexion sur l’acquisition des langues étrangères et la spécificité de la langue arabe qui a débouché sur l’idée que les conceptions ne sont pas les mêmes selon qu’on parle une langue occidentale ou l’arabe. Pour que l’arabe s’adapte, il est donc essentiel de prendre en compte ses particularités. En 2004, le livre de Chérif El-Choubachi a ainsi surtout ranimé les débats et donné peut-être le signal d’une nouvelle période d’âpres discussions. "

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22 avril 2007

A-POLIS

Pendant que le processus de démocratisation recule en Egypte à cause de réformes récentes visant à renforcer le contrôle sur la population via le statut d’état d’urgence, la France se prépare à la phase finale du grand cirque qu’elle a commencé, il y a plusieurs mois. Cela s’appelle une campagne présidentielle normalement, pas une lutte avec des armes vicieuses.
Que d’attaques puériles et machistes contre Ségolène Royale, que de perles immondes à retenir de la part de N. Sarkozy (« On naît pédophile », « les gens suicidaires et fragiles sont génétiquement différents », « Je ne veux pas que l’environnement devienne une idéologie totalitaire ») ; et la dernière en date nous provient de J.M Le Pen, mettant en cause la légitimité de la candidature de Sarkozy de par le degré de nationalité française.
Pfffffffff…
Lorsque les gens ne croient plus en la Politique, lorsqu’ils en sont dégoûtés, ils baissent les bras et se renferme dans un scepticisme noir qui frôle le nihilisme. Je le vois ici, partout. On ne parle pas du futur, parce qu’il n’y en a pas ! Pas d’espoir ni de confiance. Alors, la fuite vers l’étranger, la fuite dans l’extrémisme, la fuite dans la consommation de fringues ou de drogues…Tout cela remplace les préoccupations politiques.
Je n’aime pas la notion d’ « apolitisme » et je n’y crois pas. La fondation de la société, jadis, a supposé le terme « politique » (« La vie de la cité »). Le prédicat est dans le sujet comme dirait un logicien. Si l’on vit en société, si l’on y participe d’une façon ou d’une autre, On Est Politique. Impossible de fuir la politique, elle est venue avec le pack, dans le pacte signé. La politique n’est pas le mal, elle est une réalité, l’entité qui nous lie, Tous, Ensemble. Le mal est dans le « mal faire ».
Perfectopolis n’existe pas. Il existe par contre chaopolis, à Baghdad, à Kaboul…Réfléchissons à une nouvelle cité, car je ne pense pas que cela vaille la peine, encore, de continuer à offrir le droit de vote aux gens s’ils ne sont pas capables de concevoir le type de société qu’ils voudraient pour eux-mêmes et les autres. Alors, protégeons les intellectuels, les profs, les artistes, les philosophes, comme nous protégeons les bébés phoques. La Pensée est en voie de disparition…

11:15 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : apolistisme, politique, campagne presidentielle

05 avril 2007

Should I tell you how am I ?

Should I tell you how am I ?

It has been a long time I didn’t turn black any pages of this Blog. Did i miss it ? Not really. At the point I wandered like Selma, somehow, if I had to continu. For the first time I asked for myself why I m writing here. For almost two years I used it to keep in touch with my friends they are far away from me, for them to know about my life here, but my writings became also a way to express about many topics. Now I even start to separate the Blog from other articles I write on purpose to publish. I liked when the Blog was my « fourre-tout ». But it can’t be anymore, as Selma and Loïc understood before me through and among their extra-activities and jobs.

Je vais quand même donner quelques news :
Lulu est ici depuis deux semaines presque. C’est drôle cet effet que fait le Caire à mes proches qui me visitent, ils lâchent prise, ont l’air assez « à l’Ouest » comme on dit. J’admire le courage de Lulu d’avoir décider ce break qui durera au moins trois mois.
Depuis son arrivée, le Caire à essuyer deux tempêtes de sable en guise de bienvenue. Les nuits restent encore bien fraîches mais les journées deviennent chaudes.
C’est Pâcques (Easter) à la fin de la semaine, beaucoup vont partir au bord de la mer rouge, et moi je resterai au Caire à profiter d’une ville désengorger en partie de voiture et de la foule, et rester un peu à la maison, flâner sur le balcon à observer les voiles des felouques au long, les lumières des grands hôtels la nuit. L’année dernière à la même époque, une bombe explosait à Dahab, nombre de mes amis s’y trouvaient ainsi que deux membres de ma famille, Incha’Allah rien ne se produira cette fois, mais bon, on s’y attend un peu tout de même.

Du coq à l’âne, France 24, le 2 avril a lancé sa version en arabe ! Voilà la chaîne propulsée sur la scène déjà occupée par CNN et Al Jazira. J’avoue trouver France 24 in french surtout, très lisse et froide, mais j’aime bien y avoir l’occasion d’y voir mon amie S reporter.
Au rayon TV encore, à ne pas manquer, vendredi à 8 pm heure de Paris et du Caire, les candidats à l’élection présidentielle française répondant à la question « Qu’est-ce-que la Culture ? ».

Dimanche dernier, c’était l’Opening à la galerie Townhouse de l’expo photos de mon cher ami H. Des photos prises il y a un an et demi aux côtés du tournage d’un documentaire sur les enfants des rues du Caire. Les portraits réalisés sont extrêmement touchants et forts de réalisme et plus encore, la relation quasi intime que le photographe a établie avec les sujets était si perceptible que cela crève le support.
Mabrouk cher ami !

Photos d’Hesham Labib jusqu’au 25 avril…

http://www.thetownhousegallery.com/main7.html


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Photo MG. Hesham Labib and Bahaa Talis from OTV.

09:25 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Hesham Labib, photo, townhouse gallery, Bahaa Talis, OTV

12 mars 2007

Where is the Brightness ?

Affalée, vautrée sur mon canapé qui tente d’imiter un divan freudien, je regardais le bon vieux zapping de Canal + (french private TV channel). Je tombe sur Nicolas Sarkosy (future french president !?!), qui balance à Nicola Hulot :
« Je ne veux pas que l’Ecologie devienne une idéologie totalitaire ! »
Évidemment, le truc du Zapping, c’est le ChoC, on a ni l’avant ni l’après, cela fausse l’objectivité.
Mais bon, il l’a dit !
Où a t-il donc été chercher l’idée que la France pouvait être menacé par une quelconque idéologie totalitaire à part la sienne propre ou celle de J.M Le Pen ?
En France, on est plutôt mou niveau Ecologie, non ?
De plus, c’est particulièrement insultant pour Nicolas Hulot qui a pondu un rapport consistant, à l’intention du futur président français afin que les politiques prennent leurs responsabilités face aux problèmes environnementaux.
Peut-être que Sarko a peur que dans 20 ans on lui reproche que sa villa de vacances ne soit pas aux normes HQE, cela nous changerait d’ailleurs des délires de fraudes fiscales dont la presse accuse et assaille à tort ou à raison les deux principaux candidats à l’élection d’avril prochain.

« Combien de catastrophes avant d’agir ? »

Manifeste pour l’environnement adressé aux futurs élus et à leurs électeurs
Nicolas Hulot et le Comité de veille écologique de la Fondation ont souhaité interpellé la conscience écologique des candidats aux prochaines élections nationales et de nous tous, électeurs.
Le texte du Manifeste, qui appelle à donner à l’environnement sa véritable place dans la vie démocratique, est suivi de mises au point et de propositions sur divers sujets traités chacun par les experts du Comité de veille écologique : la pollution des océans ; l’eau douce en danger ; l’érosion de la biodiversité ; les transports ; agriculture, environnement et santé ; le réchauffement climatique ; l’impact des loisirs ; quel droit de l’environnement ; éduquer les jeunes, et les moins jeunes ; industrie et environnement ; quelle recherche en environnement."
• Nicolas Hulot et le Comité de veille écologique
- Éditions du Seuil - 190 pages (existe aussi en version de poche, édition 2003).

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http://www.fondation-nicolas-hulot.org/boutique/selection.php

00:20 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : environnement, ecologie, nicolas hulot, nicolas sarkosy, zapping canal +

10 mars 2007

Question sans réponse...

Article source :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-881176@51-878657,0.html

"""Et s'il n'y avait plus de ministère de la culture ?" Ce 8 mars, dans le cadre des Jeudis de la Sorbonne, les étudiants de l'université Paris-1 avaient décidé de se poser une question un peu provocante. Pour tenter d'y répondre, ils avaient requis les services d'une ancienne ministre socialiste (Catherine Tasca), d'une directrice de recherche au CNRS (Nathalie Heinich), d'un écrivain et journaliste (Frédéric Martel), d'un responsable de collectif indépendant (Laurent Vergnaud du Collectif 12 à Mantes-la-Jolie) et même - regard extérieur oblige - d'un critique d'art et essayiste étranger, en l'espèce américain (Brian Holmes). Autant d'acteurs culturels aux parcours divers et aux intérêts divergents, pensaient-ils sans doute.

Et effectivement, pendant deux heures, les intervenants ont, chacun à sa manière, étalé les péchés du ministère de la culture. Errements de l'aide à la création, délitement du patrimoine, essoufflement de la démocratisation culturelle, oubli de l'éducation artistique, retard dans les nouvelles technologies, aveuglement devant les pratiques émergentes. Catherine Tasca s'en est pris à une partie de son ancienne administration, dans les arts plastiques notamment : "Une nomenklatura." Nathalie Heinich a poursuivi en fustigeant le "corps des médiateurs et ses choix homogénéisés". "Nous avons défendu la diversité culturelle à l'Unesco, c'est formidable, a rebondi Frédéric Martel, en citant la convention adoptée en octobre 2005. Mais en France, nous faisons le contraire."

Certes. Mais la question restait entière : "Et s'il n'y avait plus de ministère de la culture ?" Brian Holmes, altermondialiste revendiqué, a décrit son rapport au ministère : "Des directives à détourner, des choix démagogiques à contourner." Nathalie Heinich a rêvé d'une administration qui dicterait sa loi aux autres ministères : "Elle forcerait le ministère de l'éducation nationale à mettre en place une éducation artistique correcte, le ministère de la communication à contraindre les chaînes de développer la culture à la télévision"...

La salle du Centre Saint-Charles (15e arrondissement) appréciait l'hypothèse. Restait quand même une question : et s'il n'y avait plus de ministère de la culture ? Au pays d'André Malraux et de Jack Lang, personne ne semblait trop pressé d'envisager même l'hypothèse.

Frédéric Martel osait une boutade : "Il faudrait créer 1 000 ministères, partout." "Ce n'est pas sérieux", tranchait Catherine Tasca."""

Nathaniel Herzberg
Article paru dans l'édition du 10.03.07.


Loïc,

toi qui est proche de la Sorbonne, as-tu entendu parler de cette conférence ?
La Question en jeu a t-elle lieu d'être posée, ne serait-ce que façon tout à fait utopiste, aux vues des élections présidentielles qui approchent, du scénario du pire qui serait l' adoubement de Sarkosy ?
Pourquoi selon toi, les participants ont tourné autour de la question, sans y répondre ?

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05 mars 2007

Cultural Management in Egypt, a new idea...

Il y a des artistes au Caire, pleins d’artistes, et des projets, un tas, on en entend parler chaque jour dans certains cafés du Downtown, mais pas de moyens, pas de soutien, que du Blabla souvent. Les idées fourmillent dans tous les coins, mais sans structure ni formation, par conséquent, soit les idées s’envolent vers d’autres pays, soit elles meurent ici, ou encore, elles naissent en stagnant dans une qualité toute relative.
AMUNI, à travers le projet MELOPEE, pour la première fois, apporte en Egypte des outils destinés à ceux qui font de la Culture, de l’Art leur métier.

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-Interview réalisée le 22 février 2007, à l’Hôtel Oseris (Cairo – Downtown) avec Fanny Bouquerel, coordinatrice générale du projet MELOPEE :

MELOPEE s’adresse aux jeunes opérateurs (professionnels) en Management Culturel, autour de la Mediterannée. Ces pros travaillent déjà ou sont au moins intégrés dans le domaine, et à travers MELOPEE qui organise des ateliers (workshops), l’occasion se présente pour eux de travailler en équipe, d’obtenir des contacts avec le monde du Management Culturel.
AMUNI est la structure française ayant développé MELOPEE, basée à Palerme (Italie), et qui travaille avec les partenaires locaux. En l’occurrence, le workshop qui vient de se terminer en Egypte a fonctionné étroitement avec son partenaire principal, le studio EMAD EL DIN (Cairo –Downtown), et des visites ont été organisées au SEMAT, CIC, Centre Français de Coopération Culturelle d’Alexandrie, aux galeries d’Art Contemporain TOWNHOUSE et MASHRABIA, à la