02 septembre 2007

Respect Bis

Laurence, sur son Blog « Chronique du Caire », a ouvert le débat sur le respect au Caire, notamment dans le contexte de la vie urbaine : Conduite, files d’attentes…
http://chroniquesducaire.over-blog.com/article-7044221.html

En effet, je partage ce constat, de plus en plus, j’avoue, d’un manque de respect d’autrui.La conduite est un bon exemple de cela, les chauffeurs qui laissent passer les piétons ou accordent la priorité à un conducteur qui semble moins initié, existent, mais ils ne font pas le poids face aux fous du volant qui « attaquent » la route comme s’il y avait urgence. Si les gens paraissent très « relax » dans les cafés, à discuter, boire le thé durant des heures, au volant, il en va tout autrement. Mon expérience récente de la conduite m’a fait découvrir une agressivité que je n’avais pas mesuré jusqu’alors. Et puisque je suis une femme, j’ai aussi découvert un machisme bien pire que celui dont je suis victime dans la rue, apparemment une femme au volant est bien plus problématique qu’une femme piétonne. Lorsque je cherche à garer ma voiture, que je me place pour effectuer un créneau, on ne me laisse pas le temps de faire quoique ce soit, qu’un des innombrables préposés au garage des voitures, saute littéralement sur ma portière, l’ouvre brutalement et me donne l’ordre de descendre : il veut simplement que je dégage la rue au plus vite, car personne ne veut patienter derrière moi, et au passage gagner quelques pounds. A chaque fois que j’ai été dans une voiture en tant que passagère, et que le conducteur était un homme, je n’ai jamais vu personne l’ejecter de sa voiture ainsi et lui usurper son droit à faire ses manœuvres lui-même. Je me retrouve ainsi, régulièrement, dans ma voiture à devoir reclaquer ma portière pour faire comprendre que je suis maître de mon véhicule, en bref, je dois affirmer que j’existe et que l’on me doit du respect.
Autre exemple, afin d’étayer le propos véridique de Laurence. À mon départ pour la France, à l’aéroport du Caire, à la douane, et à mon retour au Caire, au même endroit, à la douane encore, ces deux fois, je me suis disputé en arabe avec des femmes égyptiennes qui trouvaient que la file n’avançait pas assez vite. Elles n’ont manifestement pas pris la peine de penser que bousculer les gens qui font la queue ne fait pas avancer plus vite le travail de contrôle de la police et que par conséquent, tout n’ira pas plus vite. Ainsi, la première femme, s’est mis tout d’abord à me coller. J’en ai pris l’habitude, c’est typique dans le metro, même si cela me déplait. Puis, elle m’a poussé du bras, dans mon dos. Là, je me suis retourné et lui ai demandé quel était son problème. Elle a eu le culot de hausser le ton, j’ai fait de même et lui ai fait comprendre que je ne bougerai pas et que je souhaitais qu’elle cesse immédiatement de me bousculer. Son mari est intervenu, elle s’est tout de suite tue. Il était bien plus patient qu’elle, et il a aplani la situation en s’adressant à elle, pas à moi.
Fort heureusement, en Egypte, il y a toujours des contre-exemples, et l’on croise aussi au quotidien des personnes qui vous aide, des hommes galants, des femmes bienveillantes. Toutefois, le manque de respect tend à devenir majoritaire.
Qu’elles en sont les raisons ? Il y a sûrement plusieurs sources, et il serait long de disserter là-dessus, mais il m’apparaît que dans une ville qui contient un nombre si important d’habitants, plus que jamais il faudrait de la discipline et du respect, et plus que jamais c’est finalement impossible, comme si l’aspect numérique dépassait tout le monde et rendait les choses vaines. Vous me direz, Kyoto au Japon est une ville qui explose, pourtant les gens y sont réputés pour leur discipline ? Hélas pour eux, vu de loin, ils ressemblent du coup à des robots.
L ‘Egypte est très extrême, on l’a déjà dit milles fois. On peut s’y sentir beaucoup plus en sécurité qu’ailleurs à cause de la solidarité, de la présence policière, etc…Et à la fois s’y sentir en danger à cause de l’inconscience des gens. Les Égyptiens ont globalement une certaine sagesse qui les pousse à s’entraider en famille, entre amis, à capitaliser en investissant dans des voitures ou maisons pour léguer à leur descendance…Et en même temps, ils jouent avec la vie humaine et les nerfs d’une façon irresponsable.

Et du côté de Paris ? Tout semble bien réglementé, pourtant les gens se plaignent aussi du manque de respect dans la rue, et de la froideur des gens. Pourquoi ?

Commentaires

Parce que les hommes (et les femmes) sont ce qu'ils sont. Pris dans le tourbillon des choses, ils ne voient pas. Ils ont perdu cette faculté à arrêter le temps. Ils oublient le regard de l'autre. Nous sommes ainsi, formatés dans le monde de la consistance et de l'émotion instantanée. Nous vivons trop vite sans doute. "Slow down"! (Titre d'une chanson de Voulzy). Retrouvons l'émerveillement de la contemplation. Enfin, je pense...

Ecrit par : kristo | 07 septembre 2007

La vérité est ailleurs...

Ecrit par : H | 09 septembre 2007

Depuis que je vis ici ( 15 ans déjà ) j'ai appris que la valeur de vie n'a pas le même sens pour les orientaux que pour nous ! ! On peut aussi dire qu'il n'existe aucune "loi" dans les files d'attente mais cela fait aussi partie de l'éducation ! !
Enfin malgré tous ces mauvais cotés , la vie n'est pas désagréable ici, sinon, pourquoi y resterions nous, !
Amitiés de la mer rouge

Ecrit par : @nne marie | 16 septembre 2007

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