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16 août 2007
Pare-choc
Ce n’était pas mon jour, en tout cas pour conduire.
Au retour de la mosquée, à Héliopolis, après avoir assisté à cinq minutes d’un mariage, je nous reconduis B et moi. Je quitte le calme quartier Sheraton pour m’engager sur la grande voie qui nous ramènera au centre de la ville. Généralement, les voitures sont vite et sont éloignées du bord de la voie, or, je n’avais pas vu un taxi passer derrière moi pour s’enfiler sur la voie en me dépassant par ma gauche, j’avais le nez collé au trottoir de gauche pour trouver l’espace pour m’engager, et pensais d’intuition qu’aucune voiture ne pouvait être aussi proche de moi.
Peut-être est-ce la semaine que je viens de passer en France, qui m’a fait oublier quelques secondes, fatales, que je me trouvais au Caire, et que dans ce cas, tout peut se passer. J’avance pour m’engager, et, au dernier moment je m’aperçois que j’ai un taxi devant moi, en perpendiculaire, avançant lentement, il venant évidemment de l’arrière, et théoriquement n’avait rien à faire là et était censé attendre que je m’engage, et ma suivre. Mais cette réflexion est sans compter l’impatience et l’audace des conducteurs cairotes. A cela s’ajoute mon inexperimentation, en effet, cela ne fait que deux moi que je conduis notre 4/4 récemment acquis, et mes réflexes ne sont pas encore très fiables.
J’ai donc démonté le pare-choc du taxi et ai embouti la partie de taule qui se trouve au-dessus de sa roue arrière. Cela s’est réglé à la cairote. Un autre taxi s’arrête, et les deux chauffeurs se sont disputés, je ne sais pourquoi, un couple qui se trouvait de l’autre côté de la voie sont venue mettre leur nez là-dedans. Le chauffeur victime de mon inattention a évalué les dégâts, et nous a proposé une somme pour les réparations. B a négocié. On s’en esti sorti à peu de frais.
Du coup, j’étais un peu stressée sur le chemin du retour downtown, mais tout s’est bien passé, malgré les multiples queues de poissons autour de moi. J’explique pour les lecteurs français de France : je suis sur la voie du milieu. A gauche, il y a un U turn, à ma droite une file de voiture. Et bien, les voitures de droites qui veulent tourner à gauche, au lieu de s’êtres mis sur la file de gauche 50 mètres plus tôt pour tourner aisément sans gêner personne, restent nonchalamment sur la voie de droite, et au dernier moment coupe le passage aux véhicules de la file du milieu pour prendre le U turn et griller aussi par la même occasion la priorité à ceux qui avaient pensé à se mettre à gauche suffisamment tôt. Ceci, est une règle générale de la conduite ici, n’importe qui déboule de n’importe où à tout moment : voitures, cyclistes, piétons passant devant un bus qui cache le reste du trafic…
Le truc, c’est de le savoir. Mais au bout de deux mois de conduite, min inconscient n’est pas encore à 100% réactif à ceci.
Et cela n’a pas loupé, en arrivant dans le Downtown à la sortie du tunnel Salah Salem, je souhaite continuer tout droit, et encore une fois, les voitures à ma droite me coupe le chemin pour couper à gauche, du coup je me retourner pour les voir arriver et tenter de me faufiler, en avançant lentement, et j’emboutit un second taxi devant moi qui avait stopper entre temps en plein milieu du carrefour, carrefour d’ailleurs boucher par moult piétons et cyclistes, et fauteuils roulant, et une petite fillette d’environ 5 ans, seule, dont la tête dépassait à peine le pare-choc du 4/4, Avec chance, je l’ai vu et ne lui ai pas foncé dessus...
J’ai décidé de ne pas me décourager, et d’aller jusqu’au bout du défi de la conduite au Caire. Je crois avoir compris qu’à la conduite est appliqué le même comportement que face à un problème X. Face à un mur, l’égyptien contourne et avance, tandis que le français s’arrête et pense.
20:25 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
10 août 2007
Angoisses irrationnelles ?
Aujourd’hui je suis passé au bureau alors que je suis en vacances et que l’entreprise est fermée pour deux semaines. Mais comme je restais dans les environs et que j’habite à côté, je me suis proposé pour aller arroser les plantes. Ce que je n’avais pas prévu c’est d’une part que ça me prenne autant de temps et d’autre part l’effet qu’allais avoir sur moi ces longs couloirs en Y dans un étage désert…
Comme dans tout bon film d’horreur, le temps était à l’orage, et l’obscurité était renforcée par des fenêtres dont une sur deux avait ses stores baissés… Mais lorsque je suis arrivé par delà un sas pour lequel un badge d’accès est nécessaire, la lumière était allumée…
Au fur et à mesure de mes allers-retours du lavabo des toilettes pour hommes aux différents pots de plantes éparpillés sur tout l’étage, j’entendais des bruits… de pas… de portes qui claquent… à l’intérieur du périmètre sécurisé…
J’ai fait plusieurs fois le tour de l’étage et ses innombrables recoins discrets, ses dizaines de bureaux aux portes closes, ses espaces créés par de grosses armoires d’archives et un nombre jusqu’alors insoupçonné de cachettes potentielles…sans compter les locaux techniques, sensés être fermés à clés.
Je n’ai vu personne.
Je me suis raisonné, je me suis dit que personne n’était là, tout simplement, et que la solitude par cette sombre journée, avec une imagination trop imprégnée de cinéma d’épouvante avait fait tout le travail.
Il y avait pourtant des bruits…
Je suis resté sur mes gardes. Au bout de trois quarts d’heure j’avais accompli ma mission. J’ai rangé les rares affaires que j’avais utilisées, fermé les locaux et éteint les lumières, puis j’ai repassé les portes sécurisées pour rejoindre le hall des ascenseurs. J’ai appuyé sur le bouton d’appel. L’un des ascenseurs était déjà à mon étage, le dernier étage de l’immeuble, occupé uniquement par mon entreprise fermée. L’ascenseur qui était déjà là n’était pas celui qui m’avait amené 45min plus tôt… Quelqu’un était bien là…
Je suis parti sans demander mon reste !
21:10 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Paris, bureau
08 août 2007
Imbroglio créatif
Journée torrentielle où le ciel de Paris se déchire à intervalle régulier dans un bruit fracassant, et des zébrures d’éclair qui déchiquette les nuages dévalent des torrents de pluie qui s’écoulent ensuite comme un manteaux visqueux le long de la pente de ma rue.
C’est ce jour invraisemblable qu’on choisi mes plus belles ipomées pour s’épanouir. Leurs grosses corolles bleues pastel narguent un ciel estival qui aurait du afficher la même teinte !
Les fichiers ouverts sur l’ordi se multiplient, la thèse, les textes blog, un article pour un magazine à finir, un autre pour une revue de philo, quelques photos à vérifier et un programme de lecture de musique.
Une journée parfaite en somme, sauf que mon cerveau câblé à puissance créative exulte en tout sens et je ne parviens pas à rester sur la même idée plus que le temps de noter quelques phrases, aussitôt une autre idée s’impose à la conscience et est jetée sur une page Word vierge en l’attente que la tempête cérébrale se calme pour pouvoir développer ces pistes lancées comme des fusées vers l’espace… sans compter les emails qui s’enchaînent au rythme de leurs cliquetis d’arrivée pour la poursuite des conversations simultanées avec quelques anciens collègues depuis leurs bureau ou des amis en vacances…
Quand je suis dans cet état d’attention tout azimut, je me sens dans mon élément, ouvert, prêt à laisser les doigts parcourir le clavier spontanément, sans que mon cerveau n’ai besoin d’intervenir, c’est comme si les mouvements des doigts étaient contrôlés par des neurones non reliés au système central, cachés dans des ganglions de réflexe.
Voilà pourquoi je me sens dans mon élément sur le Net, non pas que j’ai des compétences en informatique, loin de là, mais simplement que la façon décentralisée et totalement hasardeuse, mais créatrice et spontanée dont le Net est construit correspond point à point aux circonvolutions compulsives du tas de neurones enchevêtrés qui occupent ma boite crânienne… autant les laisser s’amuser aujourd’hui !
Tout ça pour relayer une hypothèse, qui pour ma part me convainc aisément, relative au Net. Les structures biologiques ont montré que, dès que le hasard et la complexité produisent des ensembles organisés suffisamment complexes, à partir d’un certain seul de complexité organisé, émerge de ce chaos un nouvel état de la matière : la cristallisation, puis les ARN, l’ADN et la vie monocellulaires, les organismes complexes, et enfin la conscience… alors pourquoi n’en serait il pas de même de l’Internet, qu’à partir d’un certain seuil titanesque de milliard de Gigaoctets et de microprocesseurs reliés en émerge une… conscience ? Gageons de cette persona sera encline à ne pas se servir de ses accès de contrôle à l’ensemble de l’armement mondial pour nous détruire, sensible qu’elle sera à l’intégralité de la pensée humaine, de la philosophie, de l’histoire de l’art, des émois les plus pathétiques aux plus sublimes élans de pensées fulgurantes que nous avons déverser dans l’ébauche d’un Internet conscient duquel ce blog participe !
18:40 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06 août 2007
Paris toujours sous la pluie
Jour de pluie, un de plus. L’air chargé d’humidité, rafraîchi depuis un violent orage nocturne me procure une sorte d’apaisement profond, une sérénité qui se faisait bien rare ces derniers temps, précipité que j’étais dans les actions multiples et les urgences permanentes. Mais je suis en vacance ! Pour le première fois depuis un an j’ai deux semaines devant moi sans avoir à courir de réunion en réunion, les bras chargés de gros dossiers à défendre bec et ongles mes idées ou les critères d’un développement durable, toujours avec une méthode diplomatique, ou subtile, adaptée aux interlocuteurs, mais qui demande un effort et une autodiscipline épuisante. Mon jeu préféré consistant à faire croire que les idées que j’avance viennent de l’interlocuteur et je le pousse ainsi à défendre lui-même les idées que je cherche à faire passer… Ils se prêtent volontiers au jeu puisque c’est exactement le travail qu’ils me demandent, même s’ils ne le savent pas toujours…
Ces deux semaines seront totalement consacrées à la fin de la thèse, que je dois soutenir avant le premier décembre, autant dire demain vu le nombre invraisemblables de détails à régler d’ici là !
Je me sens presque fautif de passer si peu sur ce blog depuis quelques temps, alors que vous êtes encore nombreux à nous faire l’honneur de votre visite. Marie est elle aussi dans une période intense d’activité et réponds aux sollicitations urgentes. Point positif en la matière, nos absences sont signe de regains d’activité et d’avancée professionnelles bénéfiques.
Promis, je reprends le fil de mes descriptions parisiennes ensuite !
18:16 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


