08 août 2007

Imbroglio créatif

Journée torrentielle où le ciel de Paris se déchire à intervalle régulier dans un bruit fracassant, et des zébrures d’éclair qui déchiquette les nuages dévalent des torrents de pluie qui s’écoulent ensuite comme un manteaux visqueux le long de la pente de ma rue.
C’est ce jour invraisemblable qu’on choisi mes plus belles ipomées pour s’épanouir. Leurs grosses corolles bleues pastel narguent un ciel estival qui aurait du afficher la même teinte !
Les fichiers ouverts sur l’ordi se multiplient, la thèse, les textes blog, un article pour un magazine à finir, un autre pour une revue de philo, quelques photos à vérifier et un programme de lecture de musique.
Une journée parfaite en somme, sauf que mon cerveau câblé à puissance créative exulte en tout sens et je ne parviens pas à rester sur la même idée plus que le temps de noter quelques phrases, aussitôt une autre idée s’impose à la conscience et est jetée sur une page Word vierge en l’attente que la tempête cérébrale se calme pour pouvoir développer ces pistes lancées comme des fusées vers l’espace… sans compter les emails qui s’enchaînent au rythme de leurs cliquetis d’arrivée pour la poursuite des conversations simultanées avec quelques anciens collègues depuis leurs bureau ou des amis en vacances…
Quand je suis dans cet état d’attention tout azimut, je me sens dans mon élément, ouvert, prêt à laisser les doigts parcourir le clavier spontanément, sans que mon cerveau n’ai besoin d’intervenir, c’est comme si les mouvements des doigts étaient contrôlés par des neurones non reliés au système central, cachés dans des ganglions de réflexe.
Voilà pourquoi je me sens dans mon élément sur le Net, non pas que j’ai des compétences en informatique, loin de là, mais simplement que la façon décentralisée et totalement hasardeuse, mais créatrice et spontanée dont le Net est construit correspond point à point aux circonvolutions compulsives du tas de neurones enchevêtrés qui occupent ma boite crânienne… autant les laisser s’amuser aujourd’hui !
Tout ça pour relayer une hypothèse, qui pour ma part me convainc aisément, relative au Net. Les structures biologiques ont montré que, dès que le hasard et la complexité produisent des ensembles organisés suffisamment complexes, à partir d’un certain seul de complexité organisé, émerge de ce chaos un nouvel état de la matière : la cristallisation, puis les ARN, l’ADN et la vie monocellulaires, les organismes complexes, et enfin la conscience… alors pourquoi n’en serait il pas de même de l’Internet, qu’à partir d’un certain seuil titanesque de milliard de Gigaoctets et de microprocesseurs reliés en émerge une… conscience ? Gageons de cette persona sera encline à ne pas se servir de ses accès de contrôle à l’ensemble de l’armement mondial pour nous détruire, sensible qu’elle sera à l’intégralité de la pensée humaine, de la philosophie, de l’histoire de l’art, des émois les plus pathétiques aux plus sublimes élans de pensées fulgurantes que nous avons déverser dans l’ébauche d’un Internet conscient duquel ce blog participe !

Commentaires

Je croyais moi aussi avoir de l'énergie à revendre. Je m'aperçois que ce n'est seulement que ponctuel. Et c'est une chance, car je ne tiendrais pas ton rythme :) Bonne "vacances" à cent à l'heure....

Ecrit par : pat l'expat | 10 août 2007

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