24 juin 2007

adulte ?

Petit prologue sans lien, je pense bien à Marie ces dernières semaines puisqu’il ne cesse de pleuvoir, presque tous les jours, et le thermomètre reste raisonnable cette année, malgré les records de taux de CO2… Cette pluie en averses parfois aussi concentrées que le serait une cascade et l’humidité fraîche qui l’accompagne ne manquent pas à chaque fois d’évoquer notre Franche-Comté commune et les jours de pluie battante que nous aimons tant.

Je lis avec avidité les posts de Marie depuis le Caire et la soif de liberté qu’ils expriment. C’était un pari osé d’aller là-bas pour se sentir libre et c’est une réussite. Je lis avec passion la plume affûtée de Pierre-Yves qui par delà une certaine mélancolie nous offre des envolées lyriques et exprime lui aussi une assurance et une liberté radicale.

Rien de tout ça avec moi ! Mais j’avoue sentir un besoin récurrent de relâchement ou de divertissement après toutes ces années si sérieusement concentré sur mon double objectif de boulot et de cursus universitaire. J’arrive à la fin de la thèse et le boulot semble bien parti lui aussi, reste à trouver un nouvel équilibre…

Je me dis que c’est peut être tout bêtement ça devenir adulte… et il est vrai que je me suis pris une claque quand j’ai compris que j’avais définitivement changé de statut… Le déclencheur a été lorsque le beau Patricio, un ami à qui je tient même si on se voit rarement, m’a appelé pour m’annoncer la naissance de son fils…  évidemment j’y suis allé de mes petites phrases cyniques sur les enfants et ce que je pense de la paternité… mais qu’à cela ne tienne, un à un mes proches expriment leur désirs d’enfant, ou pire, le concrétise… Il faut dire que la plupart sont proches ou ont récemment dépassé les trente ans…

Le second élément de contexte qui a participé à cette prise de conscience, ce sont mes amis plus jeunes que moi, les premiers, parce que j’avais l’éternelle habitude d’être toujours le plus jeune… mais c’est fini, que ce soit Sébastien ou Thomas, tout deux ont trois ans de moins que moi et ont tendance à me prendre pour référent ou pour conseil sur leurs choix d’avenir. Le rôle qu’ils me donnent en faisant cela, s’il flatte mon ego hypertrophié, n’en signifie pas moins que je suis passé de l’autre côté de la barrière à leurs yeux…

Le plus fou c’est que je ne l’ai pas vu venir, la limite entre la « jeunesse » (les fameux moins de 25 ans) et la classification adulte. Pourtant, toutes mes actions de ces dernières années, la stabilité de ma relation avec Olivier, mon acharnement à trouver un emploi stable intéressant et ma constance dans les études tendaient vers cette situation. Une fois quasi atteinte, je suis un peu surpris parce que je n’ai pas prévu ce qui se passerait « après ». Cela signifie peut être que le champs des possibles s’ouvrent à nouveau, sur un horizon totalement différent, et que donc une nouvelle forme de liberté est à tester, libéré des angoisses du lendemain et du compte bancaire en perdition ? Aurai-je enfin le temps de me mettre aux occupations de loisirs que je repousse au lendemain depuis tant d'années ?

A suivre…

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