20 juin 2007
Good Bye Lulu !
Trois mois ? J’ai pourtant l’impression que c’était hier. Trois mois pour ma vieille pote Lulu, c’est assez pour être triste de me quitter, moi, le Caire et les autres, mais pas assez pour ne pas avoir envie de revenir. On a fêté ce départ du Caire, et retour à Paris, en tête à tête sur la terrasse du Nile Hilton, vue sur le Nil, le coucher de soleil, les pyramides au loin, sirotant des mojitos. Sur le chemin du retour de l’aéroport, vers 1h du matin, il faisait chaud, tout était calme aux alentours, j’avais le temps, alors je me décide à emprunter pour la première fois un bus de ville pour rentrer dans le centre du Caire. J’ai attendu dans le bus une bonne demi-heure, avec des passagers égyptiens sortant d’un vol quelconque, exténués. Lorsque le chauffeur a réapparu, il s’est aperçu que le système de bouteille de gaz qui sert à ouvrir et fermer les portes fuyait. En effet, cela sentait rudement mauvais. Il entrouvrit le compartiment des bouteilles et des vapeurs dynamiques s’exhalèrent. J’ai bien cru qu’on allait exploser ! Une fois rassurée (par quoi ? par rien, mais « incha’Allah » dans mon esprit a suffi), je me suis remise à respirer, on s’est mis en route.
Puis ce fut la découverte. Depuis deux déjà, je me rends chaque dimanche à Héliopolis dans le quartier du Sheraton : grandes avenues, grands immeubles, et rien d’autres. Autant dire que l’image d’Héliopolis que je cultive depuis ce temps est assez négative. Mais le bus a sillonné le vieil Héliopolis sur le chemin du Downtown, celui de l’époque coloniale. Mes yeux se sont écarquillé durant une demi-heure voyant défiler une cinquantaine de ces magnifiques immeubles aux balcons et terrasses en alcôves dentelées. Ils sont splendides et nullement noircis comme le sont les bâtiments plus haussmannien du Downtown. J’ai remarqué au passage qu’un café Starbuck avait élu domicile au rez-de-chaussée d’un de ces beaux immeubles, avec une grande terrasse. C’est Starbuck, mais c’est pas n’importe où. Remarquez, celui qui se trouve sur la place de l’Opéra à Paris est bien situé lui aussi.
Bref, pendant que Lulu grimpait dans son avion en partance pour Paris, moi je voyageais dans Héliopolis avec une réelle sensation de découverte.
Arrivée dans le centre, j’étais moins fière lorsque je me suis rendu compte que le bus ne s’arrêterait pas sur le midan Tahrir mais à la station de microbus derrière le musée archéologique. Pour ceux qui connaissent, c’est un parking infâme, sous des autoponts, entouré de grandes voies dont la traversée est suicidaire. J’ai eu toutes les peines du monde à trouver un chauffeur de taxi qui veuille bien me ramener chez moi, non loin, pour un prix normal, et m’inspirant la sécurité. Je l’ai quand même trouvé, et une fois dans les rues calmes de Garden City, j’ai eu un grand sentiment de Home Sweet Home.
Je suis sur mon balcon, il est trois heures du matin, il fait 27 degrés d’après le widget météo de mon dashboard. B est encore au boulot, de retour d’Alexandrie pour la couverture du concert de Souad Massi, merde, j’ai manqué ça ! Mais je ne manquerais pas celui de jeudi au Caire.
Heliopolis, Al Kurba.
02:08 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note




Commentaires
Tu en as de la chance. En fait, on ne le sait pas forcément quand on est en train de la vivre. Je crois que c'est pareil pour tout le monde. Je rêverais de voir les pyramides. J'irais un jour, c'est sur!
Ecrit par : kristo | 20 juin 2007
Bravo Marie pour ce tres joli post. J'en ai eu presque la nostalgie du Caire... car je l'avais vu cet Heliopolis. Impressionant en effet, concu et pense par le Baron Empain. Plonge toi dans cette histoire, la vie de cet homme, son oeuvre, tu ne le regretteras pas. Bises -- j'ai du mal a faire la transition apres le Darfour! Re-bises et bravo pour avoir brave le bus cairote! Chapeau ma Marie! S.
Ecrit par : S. | 20 juin 2007
Je te l'ais dit lors de ton dernier coup de fil, mais je remets cela ici ma chère Selma, car cela a sa place sous ce post...Evidement, le départ de Lulu m'a rappellé le jour où je t'ais accompagné à l'aéroport du Caire pour ton départ au Qatar...C'était triste, mais important d'y être. Je ne peux pas dire que je prends l'habitude de voir mes amis partir, mais l'aéroport, lui, prend l'habitude de mes craquages en sortant du hall des départs.
Ouais, le bus c'était pour le fun, je le sentais bien, mais je ne le referai pas tous les jours.
On va boire un café chez Starbuck Helio dés que tu reviens au Caire, ok ?
Bisous.
Marie.
Ecrit par : Marie | 21 juin 2007
Par contre je déconseille vivement la terrasse en plein ete! C'est irrespirable :)
Ecrit par : Hathor | 23 juin 2007
Peut-on voir des extraits du concert de Souad Massi à Alexandrie ou au Caire?
Ecrit par : Danielle | 25 juin 2007
Le concert a été filmé par OTV channel ainsi qu'une autre chaine egyptienne (en live). Je crois qu'il est trop tard pour voir quoi que ce soit maintenant.
Ecrit par : Marie | 27 juin 2007
je suis venu, j'ai lu, j'ai su....c'etait lulu
Ecrit par : lulu | 29 juin 2007
good bye mary
je connais ton passé et j'ai connu ton présent, tout cela me parait étrange comme si cela n'avait jamais existé, comme un nuage de poussière envahissant le caire, ou peut-être comme un nuage de vin en plein st michel un jour de juin.... je suis triste....la france est rassurante car je ne connaissait qu'elle jusqu'à ce 20 mars où je debarquais en cette lointaine contrée....le plus difficile est de se passer de ses sourires et autres regards rieurs et ils faut bien l'admettre derangeants de frustrations.....cela dit les interactions sont omnipresentes dans ce pays denué de règles et de confort...
Paris....pays de la mode et d'une autre forme de frustration....être le plus beau, le plus riche, le plus fort, et la vie dans tout ça, rire: les gens ont oublié, vivre: on ne sait plus vraiment ce que c'est...alors je lutte, ne pas oublier ce que j'ai appris, tenter d'etablir la communication quoi qu'il arrive et pour le reste insh'allah comme qui dirait...
Ecrit par : lu | 29 juin 2007
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