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30 janvier 2007
Departure -2
Comme d’habitude, à l’aube du troisième séjour d’un mois hors du Caire, cela sent la nostalgie avant l’heure. Que le Caire va me manquer, cette ville dont je suis tombée amoureuse, il y a deux ans maintenant lors de simples vacances, il faut dire que l’on me l’avait fait visiter avec les yeux de ceux qui y vivent, cela change tout.
La musique, les sourires, le mouvement, mes amis, mes élèves, les cafés baladis de Wust el Balad, mes ballades dans le vieux Caire, les traversées des ponts sur le Nil, les lumières de la ville la nuit, les nuits folles et interminables, les surprises bonnes ou mauvaises à chaque coin de rues, le chant du dialecte égyptien, les « Salam aleikoum », les « ya habibti », même « assal », tout cela va cruellement me manquer.
Je l’ai déjà dit, je radote, pardonnez-moi : jadis j’avais du mal à imaginer, comprendre, ce que ressentaient les artistes qui disaient être amoureux de New-York ou de Paris entre autres. Maintenant, je sais, il y a des villes comme cela, et le Caire est une ville folle, avec son fonctionnement propre, insubstituable, incopiable. On l’adore ou on la déteste, pas de tiédeur possible, alors elle inspire.
Cela fait longtemps que je n’avais pas ressenti le Caire ainsi. Je m’étais enfoncée dans les méandres infinis de mes insatisfactions, j’avais oublié ce que la ville pouvait me donner, je ne voyais que ce qu’elle me prenait (mon air, mon espace vital), mais tout s’inverse lorsque la vie devient plus belle, la ville et ses habitants me donnent, me donnent, tout est lié, ce que je vis ici, je ne pourrai pas le vivre ailleurs, la saveur serait si différente, plus pâle, car le Caire exagère. Comme moi. Je me suis toujours reproché de naviguer incessamment entre les extrêmes, persuadée qu’il fallait rechercher le gris entre le blanc et le noir, un gris statique. Mais, l’autre jour, B m’a soufflé quelque chose sur les Sufis. Ces derniers sont perpétuellement en mouvement entre les extrêmes, telle est la représentation du derviche tourneur. Alors pourquoi ne pas assumer ceci me suis-je dit ? J’ai posé de plus ample question à H le Sufi, une leçon de Soufisme devant une cannelle dans le froid chaud d’un café de rue de Downtown après une expo. Le sujet est à creuser, dés mon retour de voyage.
En attendant, j’écoute Mozart l’Egyptien, création musicale issue du mixage de musique traditionnelle égyptienne et d’un orchestre classique bulgare en admirant avec émotion la vue depuis chez moi, les lumières de la ville fabuleuse lorsqu’elle cache sa misère, les lumières se reflètent sur le mythique Nil.
21:02 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
After rain comes the sun
Beaucoup, en peu de temps, c’est toujours ainsi que cela se passe dans ma vie. Milles choses à faire, le visa, les élèves, le shopping, le déménagement…
La nouvelle année 2007 a bien démarré : perspective d’un nouveau job pas mal, un nouvel appart, le départ pour l’Amérique du Sud qui approche, et il y a B comme… B quoi !
Pas de mot pour décrire cette dernière Révolution, le langage nous limite tant. Pas de mot, rien qu’une évidence, pas une évidence froide, au contraire elle est douce si douce, pas comme une preuve scientifique. Le temps s’écoule à une vitesse folle, mais je ne sais jamais quelle heure il est une fois en sa présence, Dans Sa Présence, je ne m’en soucie pas, je ne me soucie de rien d’ailleurs. Il insuffle une forte dose de positivité dans ma vie, le stress a disparu, la fatigue a disparu, et une partie de moi-même jadis enterrée rejaillis, mon essence, je la sens, je la palpe…Je me retrouve, avec un plaisir infini. La vie est belle parfois…so sweet, so sweet…
Touch wood !, touch wood !, pourvu que cela dure !!!
Par contre, le nouvel appart, je peux le décrire : au centre du Caire, mais dans cette zone verte et calme, jonchée d’anciennes villas, de banques, et d’ambassades. Au douzième étage d’un immeuble, avec une vue imprenable, le début du désert tout au loin, une portion du Nil, et les immeubles, hôtels illuminés la nuit. En cinq minutes à pied, je peux retrouver le Downtown que j’aime, les cafés de rues, d’habitués, discuté avec mon ami le Sufi, discuter de la dernière expo, de la prochaine expo et blablabla…
Il y a des chaussettes, des fringues, qui traînent chez moi, qui ne sont pas à moi, mais qui sont comme à la maison, il y a une seconde brosse à dents, c’est étrange, je n’avais pas vécu cela depuis si longtemps…J’adore !
21:01 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23 janvier 2007
ce qui importe
Olivier Martin Delange, entrelacs, Paris, septembre 2006
Totalement immergé dans les problématiques du développement durable, que ce soit au travail, pour la thèse, dans mes activités associatives ou même à la maison dans mes activités créatives avec Olivier (voir Olivier Martin Delange et l'autre blog), j’essaie de ne pas perdre pied.
Les média français ont le développement durable et la protection de l’environnement à la mode, renforçant par là même l’effet englobant du thème pour moi. Même le temps particulièrement clément de ces dernières semaines était de la partie ! Je frise la noyade ! Mais je n’oublie pas l’essentiel pour autant !
J’ai toujours eu du mal à appréhender la dimension « sociale » du développement durable, les enjeux « humains ». Je suis capable de passer des heures sur des questions opérationnelles comme la considération du coût global ou l’impact du prix du foncier sur les enjeux du développement durable, de la même manière que mes nuits sont consacrées à la recherche fondamentale sur l’analyse systémique ou autre précieuse complexité, et le risque est grand de céder à la tentation de s’enfermer dans sa tour d’ivoire, protectrice, belle mais qui isole, et le risque est grand de céder à la gloriole, la prétention ou de perdre le lien avec le concret qui nous préoccupe et au service duquel doit se vouer la recherche fondamentale.
Pourtant même dans cette obscurité protectrice, dans les nuits parisiennes de ma rue calme, entouré de plantes artificiellement maintenues en bon état et qui donnent l’illusion de ne pas s’éloigner de la réalité de mes sujets, il y a encore la possibilité pour l’essentiel d’être là : les liens, les fils ténues qui nous retiennent les uns aux autres et qui finalement nous maintiennent en vie. Il y a les amis, et la famille, pour qui le téléphone et la boite mail est toujours ouverte avec réponse immédiate, mais il y a aussi tout ceux que je connais moins et dont la présence, contrairement à ce qu’on pourrait croire, importe également, participe d’un équilibre. Aussi courts que soient les instants partagés, aussi fugace et superficielle notre connaissance de l’autre, nos liens sont la seule chose qui importe, qui impacte et qui fonde notre monde. L’humanité étant devenue la première force de la nature pour la biosphère, même là, ce sont nos liens qui constituent la force de la vague, agrégat de particules infimes à la puissance terrible.
Le Web est peuplé de personnages atypiques, des espaces adolescents aux blogs particulièrement remarquables (celui-ci), on surfe comme dans la foule en réagissant parfois, interpellé ou touché par l’un ou l’autre. Ces simples contacts sont des signaux déjà suffisants et valeureux, presque « phatiques » comme disent les linguistes, qui ne disent pas autres chose : « je te vois, tu es là, et moi aussi, nous sommes en vie et nous persévérons ». Il n’y a pas de jugement, pas d’autre sens que ce simple lien. Et malgré cette modestie, ce lien me fait l’écho d’une vision holistique de l’humanité comme suit :
Dans la théorie de la sénescence cellulaire (voir à ce sujet le passionnant livre La sculpture du vivant) on considère que les cellules candidates au suicide (autolyse cellulaire) ne le font pas à réception d’un message (une enzyme) qui dirait « détruis-toi » mais si elle n’a plus le message de ses alter ego lui disant « nous sommes là, persévère dans ton être ». Je simplifie horriblement, et j’en fais une interprétation anthropomorphique, mais c’est pour dire la chose suivante : j’y vois une analogie avec la vie humaine. Les liens, quelqu’ils soient, nous disent « tu es là, moi aussi, nous continuons, va ton chemin ». Mais si l’isolement est absolu, que pas même les messages d’ordre phatique (« salut à toi ») ne sont perçus, alors, comme la cellule l’individu se meurt.
Ici se forge du lien. Ici nous avons l’occasion alors que nous sommes tellement éloignés les uns des autres, géographiquement, culturellement, de faire passer le message, de se donner du lien.
A vos « Trackbacks» !
PS : grosse pensée pour toi Marie, j'ai la chance d'avoir encore tous mes grands-parents, avec qui j'essaie de maintenir des liens réguliers, virtuels avec les uns, en vacances avec les autres, et j'ai eu l'honneur de connaitre mes arrières-grands mère, mais j'essaie d'imaginer ce que tu ressens surtout en raison de l'éloignement. ça paraît bête, mais au moment des obsèque, essaie d'aller dans une église du Caire, même copte, c'est une façon d'être présente. Bien à toi, ton vieil ami.
22:55 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
En hommage à ma grand-mère…
Ma grand-mère paternelle, « Mamita », était une réelle amie pour moi. La seule personne de ma famille qui ne m’a jamais jugé, qui m’a toujours encouragée, quoi que je fasse, peu importe mes choix de vies.
C’était une femme très dynamique, indépendante, qui fut veuve dès l’âge de 50 ans.
Elle ne passait pas ses journées à attendre que le temps s’écoule, c’était une vraie citadine qui arpentait les rues de sa petite ville toute la journée pour faire des courses et rencontrer des amis, sans jamais oublier d’aller nourrir les cygnes de la rivière au bord de laquelle était sa maison.
Sa porte était ouverte à tous, elle recevait des visites souvent spontanées, de ses enfants, d’amis à elle, de ses enfants, d’amis de son défunt mari, elle était très appréciée et admirée pour son dynamisme, sa santé de fer, sa générosité, son indépendance d’esprit et pratique.
Elle avait l’habitude de m’amener, petite, en Suisse pour acheter du chocolat, de m’amener à la campagne chez une de ses filles, être au contact des animaux.
Elle a gardé des contacts étroits avec les trois épouses successives de son fils, mon père, jamais elle n’a admis qu’elles en fassent plus parties de la famille.
Durant trente ans, chaque semaine, elle jouait aux cartes une après-midi entière avec deux amies, plus jeunes qu’elle, et une de ses filles, c’était plus l’occasion d’un lunch à rallonge, qu’une réelle compétition de carte, néanmoins, qu’est ce que j’ai pu m’ennuyer à les regarder jouer à ce jeu qui m’était interdit car je n’avais pas leur vivacité à la belotte dont je ne connaissais pas les règles, et ces dames n’avaient pas de temps à perdre à m’apprendre à jouer.
J’ai souvent passé de longues heures à parler avec elle, on se disait tout ou presque. Elle était couche-tard, comme moi, alors souvent, vers minuit, avant d’aller au lit, on allait faire une promenade dans les rues, le long de la rivière, elle n’a jamais eu peur de faire de mauvaise rencontre.
Jadis, lorsque j’étais petite, elle nous a accompagné en Uruguay, chez mes grands-parents maternels, ainsi j’avais eu la joie d’avoir mes deux grands-mères pour moi et mon grand-père, à défaut d’avoir pu connaître le second. Je dois avouer que j’étais sa préférée, première fille de son fils, et puis, on se ressemblait pas mal.
Que je sache, elle a aimé la vie, sa vie, n’a pas eu de regrets.
Elle nous a quitté le lundi 22 janvier 2007 à l’âge de 99 ans, arrière, arrière grand-mère, elle a transmis quatre générations.
C’était une femme solide qui épatait les médecins qui n’avaient jamais vu un cœur pareil, elle a essuyé son premier grave pépin de santé, trop âgée pour s’en relever. Je ne l’ai pas vu depuis un an, elle était partie en maison de retraite, il y a cinq ans, je crois, et ne me reconnaissait plus depuis un an, je n’habitais pas la même ville, je ne la voyais pas assez souvent à mon goût une fois devenu adulte, elle n’a jamais réalisé que je vivais en Egypte. J’ai commencé à faire mon deuil lorsqu’elle n’étais plus celle que j’ai connu, j’ai fui lâchement la vue de sa personne amoindrie par les effets du temps.
Ce qui m’attriste plutôt, c’est de ne pas être aux côtés de mon père, aux funérailles, là-bas serait ma place. Je vis cela de loin, de loin, de loin, c’est si abstrait.
Photo D.R, rive du Doubs bordant la maison de ma grand-mère. (Audincourt, Doubs, France)
12:40 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
22 janvier 2007
A la suite de Loïc pas KO…
De même j’ai besoin de pression dans ma vie, de projets, de dead lines que je me fixe continuellement, qui étendent le temps, me donnent la sensation qu’il y a tant à faire que ma vie ne sera jamais vide. Et chaque fois, je finis toujours par craquer au bout d’un moment, car je me suis chargée comme une mûle, j’ai mis trop de pression, j’ai trop couru, partout, dans le désir vain de tout faire parfaitement et dans les temps, de ne rien omettre.
Bon exemple ces jours derniers des conséquences que cela peut engendrer : j’ai été victime d’un des plus graves soucis de santé due au stress de ma vie : vertiges, black-out, nausées, fatigue intense. Le médecin m’a trouvé en état de surmenage et a préconisé que j’évacue tout stress de ma vie pendant un moment, que je ne fasse aucun sport, pas d’alcool…J’ai senti la limite, comme si j’allais y passer…Or, j’ai toujours milles choses à faire dans ma vie, alors comment faire un break ? Partir loin, très loin, la seule solution que je pratique régulièrement.
Bref, la vie de cadre dynamique n’est pas faite pour moi, je le sais. J’ai besoin, contrairement à Loïc, s’il n’a pas changé, de beaucoup de sommeil. J’ai besoin de moment de suspend, à ne rien faire, dans le silence, sans bouger, juste divaguer… J’ai aussi besoin d’aventures, de non-routine…
C’est systématique, dès que je culpabilise d’avoir une vie arythmique, et que je me force à tout stabiliser, cela ne dure guère longtemps. Je ne pense pas avoir trouver de réel équilibre encore, j’oscille si souvent entre les extrêmes : périodes de cocooning, et période déchaînées.
Du coup, je suis assez maniaque, je tente de pallier aux excès de ma vie par les tics et tocs quotidiens suivants : Yoga, Omega 3, homéopathies…Un peu illusoire parfois, mais cela me fait plaisir !
Je pense trouver personnellement mon équilibre dans le renouvellement constant de période de travail et de loisirs. Pas étonnant, je fonctionne selon le calendrier scolaire depuis toujours, j’étais pionne durant mes études, à présent j’enseigne, alors je me tape un maximum de vacances dans l’année, et je ne me sens pas prête à n’avoir que cinq semaines de liberté par an, car en ce qui me concerne, la liberté passe par l’auto gestion de son planning. J’ai la chance de pouvoir m’autodiscipliner dans le travail et la gestion de mon temps de mes loisirs et de n’avoir besoin de personne pour me cadrer.
J’ai eu parfois l’occasion de gagner un bon salaire, mais l’idée de ne pas avoir le temps de dépenser cette argent faute de vacances suffisantes m’a terrorisée. La qualité de la vie quotidienne passe avant tout pour moi. Je déteste me lever tôt le matin, car j’aime écrire la nuit, j’aime sortir la nuit…Mon emploi du temps est décalé. Lorsque tout le monde s’éveille, moi, je dors encore longuement, par contre, lorsque tout le monde sort du travail, je suis à fond, en compagnie de mes élèves, jusqu’à 20h30 parfois, jusqu’au soir. Puis je prends une bonne pause, je dîne avec des amis, je sors, ou me relaxe à la maison, et ensuite, je me remets au travail, sur mes projets, sur mon ordinateur. C’est un rythme naturel qui me convient. Je ne supporte pas d’être dans les transports en commun le matin avec la masse qui part au travail, dans cette mécanique infâme qui uniformise.
Parlons un peu des cols blancs en Egypte. Je pense qu’ils sont encore plus stressés que ceux de France. Ils sont soumis à la menace du licenciement, le code du travail parmi d’autres codes, n’étant pas forcément bien respecté. Alors, ils bossent, comme des fous, au mérite. En général, en début de carrière, ils n’ont qu’un jour de congé par semaine, un second vient se greffer plus tard s’ils ont été de bons esclaves, corvéables à merci. Le travail empiète systématiquement sur leur vie privée, les patrons pensent légitime de les joindre sur leur portable 24h sur 24. Les heures supplémentaires ne sont pas refusables…Le Travail est une famille !!! En effet, souvent, le lien avec les patrons est assez paternaliste ou amical, cela à ses bons et mauvais côtés que l’on peut imaginer.
Mais, cette catégorie de travailleurs n’est pas représentative du monde du travail en Egypte.
Il faut dire, que l’on voit majoritairement les gens « glander ». Pour diverses raisons : salaires non-motivants, manque de formations, manque de rigueur, de responsabilité…
Beaucoup peuvent passer une journée entière au travail, à être quatre pour effectuer les tâches d’un seul. D’après ce que j’entends de la part de connaissances qui ont des postes de management, il y a beaucoup de retard et d’absentéisme.
Alors, lorsqu’elles en ont les moyens, les compagnies recrutent des européens, réputés plus rigoureux et formés.
Donc, autant on peut trouver ici, des cols blancs pour qui, plus que jamais le travail est leur vie, mais aussi des gens très décontractés qui sirotent leurs thés toutes la journée en papotant avec les collègues (c’est surtout le cas dans le fonctionnariat, bien pire que la réputation de l’administration française).
Ajoutons qu’il y a néanmoins une constante, que ce soit chez les cols blancs ou les simples employés, les commerçants, etc…Tout le monde se rend assez tard au travail, et coure voir ses amis au sortir du boulot. Donc, la hiérarchie d’organisation du temps chez les hommes, c’est le travail, puis les amis, puis la famille. Pour les femmes, c’est une autre histoire, il y a bien des femmes cadres en Egypte, mais bon, la plupart restent à la mais et effectue ce laborieux travail pas forcémment choisi de mère au foyer.
10:50 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21 janvier 2007
Ligue Paris/Chronos contre Loïc, victoire par K.O. de la Ligue.
Je ne culpabilise pas trop de moins intervenir sur notre blog commun puisque mon excuse est valable : je suis littéralement avalé par les différentes activités en cours, et le pire, c’est que j’en suis ravi ! Il semble bien que Selma soit dans une configuration similaire ces dernières semaines puisque nous ne la voyons pas beaucoup par ici.
J’ai compris à quel point les choses changent lorsque aujourd’hui en faisant du shopping j’ai craqué pour une cravate ! Une belle cravate, noire évidemment, en cuir, et en solde ! En fait j’en ai marre depuis quelque temps d’être le seul homme sans cravate à chaque réunion. Quand on est trois ou quatre autour de la table ça peut encore aller, mais lorsque 30 hommes en costards entourent mes chemises entrouvertes ou pire, mes pulls, je me sens de plus en plus voyant !
C’est une inversion de mes convictions des plus amusantes ! J’ai toujours pensé que porter une cravate, et la tenue qui va avec, rendait voyant. Dans le métro la différence entre les hommes avec ou sans cravate est très marquée, non seulement c’est un symbole de catégorie professionnelle, mais en plus ces hommes n’ont pas les mêmes horaires. Les porteurs de cravates prennent généralement le métro plus tard que les autres le soir parce qu’ils s’attardent souvent au bureau. Depuis septembre je termine aux mêmes heures et je deviens minoritaire alors qu’auparavant aucun de mes collaborateurs directs ou proches n’arborait cet ustensile phallocratique. Si on m’avait dis qu’un jour j’envisagerai la cravate comme une technique de camouflage ! Mais je suis rassuré, je peux resté « rebelle » quand même ! Je n’ai pas abandonné le piercing pour autant…
En passant en caisse, repensant aux accusations, avérées, de snobisme et de suffisance qui m’avaient été exposée l’après-midi même je me suis souvenu de la réflexion récurrente d’un ami qui commence souvent ses phrases par « quand on sera jeune cadre dynamique ». Ce n’est pas encore mon cas (dynamique oui, cadre pas encore), pour lui par contre c’est une réalité depuis un an, mais on n’a pas réalisé. Comme toujours lorsqu’on se projette à l’étape suivante, on imagine beaucoup de choses, et une fois qu’on y arrive ou qu’on en approche, on trouve que tout va trop vite. Cette phrase qu’il dis encore « jeune cadre dynamique » focalisait nos conversations lorsqu’il était à polytechnique et moi entre l’Institut National d’Histoire de l’Art et la Sorbonne, on se disait que tout irait comme sur des roulettes, et dans une certaine mesure c’est le cas, mais trois ans après on n’a pas réalisé la moitié de nos projets et on est toujours pris de cours par le temps…
Tout ça pour dire que je vis dans un cocon confortable entre Olivier et le travail, non pas par protectionnisme et repli sur soi, mais parce que je n’ai pas le temps de faire autrement ! J’ai pris l’habitude de sacrifier tout temps libre en travaillant à temps pleins en même temps que mes études, et je me dis que c’est la dernière ligne droite, le dernier coup de collier. Je ne me leurre pas, c’est un mensonge que je me fais à moi-même puisque je ne peux pas m’empêcher de me surcharger d’activités, mais c’est une motivation cet horizon hypothétique de loisir !
Tout ça pour dire que mes engagements divers ne me permettrons pas de voir Marie lors de son prochain passage à Paris en partance pour l’Uruguay… mais le blog reste le lien privilégié qui nous permet d’échanger sur nos expériences si différentes !
Ce court témoignage égotique est aussi une façon d’exemplariser des éléments clés de certains milieux parisiens, des cols blancs qui courts de grands groupes en prestigieuses institutions, qui se grisent eux-mêmes sur les ailes d’une machinerie administrativo-financière protéiforme qui ne s’arrête jamais et pour rester dans le train il faut lui courir après chaque matin puisque pendant notre sommeil il n’a pas attendu pour continuer à avancer ! C’est une simple question géographique : il fait toujours jour quelque part, des gens travaillent et la bourses continue… dans un des nœuds du réseau mondial, Paris, il faut s’accrocher !
Vivre avec ce perpétuel sentiment d’urgence me plais beaucoup ceci dis !
Il parait que le rythme oriental est totalement différent. Je suis curieux que Marie confirme ou infirme nos représentations sur le sujet !
02:58 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14 janvier 2007
Légende urbaine
L'autre jour, lors d'un dîner entre amis, il fut lancé qu'un tueur en série sévissait à Maadi ! (Huh ! I m scared ! i can't eat my pastas anymore now !)
Le forcené, sur sa mobylette, aurait déjà poignardé fatalement six personnes !!!
Cela m'a rappellé les légendes urbaines, dont une, qui éxiste aussi bien en Europe qu'en Orient (j'ai questionné) : un homme déguisé en vieille dame, demande à des automobilistes de le ramener à la maison, et il les flingue !. La pire variante de cette histoire, c'est lorsque l'individu cache une tronçonneuse et des sacs poubelles dans le coffre de la voiture, au préalable !
Je ne peux m'empêcher de pouffer de rire !
Cela me rappelle aussi un épisode de la série "Starsky et Hutch", dans lequel un homme déguisé en vieille dame s'en prend aux chauffeurs de taxi. Cet épisode m'avait térrifiée étant petite, et il faut croire que d'autres ne s'en remmettent pas !
Un jour, sur France culture, j'entendais des sociologues décrytper les légendes urbaines et citer cette rumeur de l'homme déguisé en vieille femme. Cela m'a rassurée, mon sens critique ne relevait pas tout à fait d'un scepticisme sarcastique.
Un autre jour, je discutais avec ma mère et l'une de ses amies. Cette amie nous balance tout à coup l'histoire, avec les détails sordides (sacs poubelles, tronçonneuse...), je lui demande d'où elle la tient, elle ne savait même plus !
Si l'on demande aux gens comment ils savent que cela a eu lieu, on découvre que la source est toujours un ouï-dire (la femme de ménage de bidule à dit à machine que ...., et le frère de machin le sait, il est policier, sur le coup !...Humm, ah oui, c'est plus crédible si on colle un flic dans l'histoire).
Je vais aller jusqu'au bout quitte à froisser certains...Franchement, c'est pas étonnant que la rumeur provienne de Maadi, un quartier trés occidentalisé, où Dominique Pujadas sévit à la TV le soir...Depuis que j'ai plus la TV, je suis moins parano, étrange, non ?
Mon ajout perso à la rumeur du motard fou, est la suivante : surement est-il un livreur de pizzas qui planque son couteau sous une margherita, ce qui lui permet de commettre ses forfaits assez discrètement. Sinon, comment concevoir qu'au Caire, avec des policiers partout, des gens partout dans la rue à tout heure, on puisse tuer six fois et filer incognito ?
Et puis, si vous avez suivit la série "Profiler", vous savez bien qu'il faut s'y connaître en anatomie, et être de forte constitution pour tuer d'un coup de couteau, à cheval sur une mobylette, du premier coup ! (Dixit Jack the serial killer).
En tout cas c'est rassurant de savoir que le téléphone arabe, la rumeur, oserais-je dire la connerie, c'est mondial !!!
14:35 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
Le Caire Violent
Tortures en Egypte : des images accablantes circulent sur le Net
LEMONDE.FR | 13.01.07 | 19h24 • Mis à jour le 13.01.07 | 19h25 :
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-855245@51-855248,0.html
14:23 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 janvier 2007
Le Caire Vert
Au bout de dix jours après le début de cette nouvelle année, je suis épuisée, malade…
J’ai trop travaillé, et ne me suis pas encore remise du week-end dernier en Alexandrie (lever à 6 heures du matin, travail dés 8h, jusqu’à 2 heures du matin le jour d’après.) Pour m’achever, j’ai festoyé agréablement au Champagne avec Madame D hier soir, puis Ouzo au Cairo Jazz Club. J’étais si alcoolisée et épuisée que j’ai quitté le club incognito, me suis engouffrée dans un taxi. Une fois arrivée à la maison, j’ai bien sur reçu un message me reprochant d’être parti sans rien dire, et je me suis aperçu que je n’avais plus de crédit pour répondre et rassurer, j’ai alors mis un gilet par-dessus mon pyjama que j’avais déjà enfilé, et puis, titubant, je suis allé acheter du crédit à l’épicerie au bas de l’immeuble. Vers 3h du matin, enfin, je m’endormais, le corps endolori de tant d’abus.
Aujourd’hui, je me réveille tremblante, sans énergie. Alors j’avale mes Omegas 3, ma vitamine E (qui booste les Omégas 3), plus la Spiruline d’Hawaï que m’a ramené Madame D, j’annule mon cours à Maadi, et je reste sur le balcon avec mon ordinateur en tentant tout de même de faire face à ma cyber administration.
Il faut maintenant que je prenne la suite de Loïc sur le sujet de l’environnement…
Entre 900 et 1000 après Jésus-Christ, 20 % de la supeficie du Caire soit 30 hectares fûrent dédiés à l’espace libre. Pendant la première moitié du XX ème siècle, Le Caire était encore une cité de villas et de jardins. Mais à la fin des années 1950, l’accroissement de la population et la construction d’immeubles élevés pour répondre à la demande en firent une des villes les plus vastes et les plus complexes du monde. Sa population a triplé
depuis 1952 et le grand Caire compte aujourd’hui environ 25 millions d’habitants.
Le projet du parc Al-Azhar remonte à 1984, année de la conférence organisée par le Prix d’architecture Aga Khan sur le thème « La métropole en expansion : Maîtrise de la croissance urbaine du Caire ». A l’époque, la ville du Caire se trouvait confrontée aux problèmes de développement qui sont le lot de nombreuses villes,
notamment à la surpopulation, au déclin de la qualité de l’habitat et aux diverses difficultés annexes engendrées par de telles conditions. Dans ce contexte, la question de savoir comment concilier la conservation et le développement était tout à fait nouvelle. Il était évident que Le Caire avait besoin d’un plus grand nombre d’espaces verts. Une étude avait révélé que les habitants du Caire disposaient en moyenne de 30 cm2 d’espace vert par personne, soit à peu près l’équivalent d’une empreinte de pied. Cette surface est l’une des plus faibles du monde.
Par ailleurs, il y a un nombre assez grand de Réserves naturelles protégées en Egypte dont Sainte-Catherine dans le Sinaï.
Malgré les différents projets, le pays reste une sacrée poubelle. Les parties de déserts qui bordent les villes sont jonchés de sacs en plastiques, le Nil regorge de détritus, tout le monde jettent ses déchets dans la rue. L’atmosphère est souvent irréspirable, car le nombre de voitures en circulation est incalculable. Paraît-il que certains bus et taxis roulent au gaz naturel ?!?
Néanmoins, la ville est assez verte, il y a des arbres partout, vraiment partout, et le Gezirah Club ainsi que le park Al Azhar sont de réels poumons pour le Caire, hélas leur effet est annihilé par le taux de dioxyde de carbone présent dans l’air.
Il y auraient environ 3000 ONG à buts divers, étrangères, en Egypte, dont Greenpeace qui a un bureau au Caire.
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06 janvier 2007
une nouvelle année à Paris
Bonne année 2007 !
L’année commence fort de mon côté à Paris, c’est la dernière ligne droite pour nombre de mes projets et je dois lancer la machine pour ne pas me retrouver inoccupé à terme… Je n’ai toujours pas eu le temps de voir Selma et je crains de ne pas pouvoir voir Marie lors de son prochain passage à Paris…
L’ambiance parisienne est sinon calme, aujourd’hui il n’y avait pas grand monde dans les rues, mais ce qui me surprend le plus, c’est l’impression de ne pas être en hivers. J’étais dans l’Est pour les fêtes et il faisait certes froid mais il n’y avait pas de neige, et à Paris, sur mes bords de fenêtres, mes plans de tomates portent des fleurs ! Mes floristan alba également, mon echium pinana et mes albizzia passent l’hiver dehors sans risque alors que le froid des autres années aurait dû me contraindre à les rentrer depuis longtemps. Du coup je me dis que je vais tenter d’autres plantes exotiques l’an prochain… Mais cette douceur continue reste inhabituelle et inquiétante.
Je crains aussi de voir le mal partout. Comme je passe mon temps au travail sur ces problématiques, que ma thèse comme mes activités associatives portent également sur le sujet, il est possible que je sois trop sensibilisé pour être impartial.
En France, les questions de développement durable prennent une place nouvelle dans les médias. La campagne présidentielle de 2007 sera décisive sur le sujet, et le succès des propositions du médiatique Nicolas Hulot y sont pour beaucoup. Les télévisions diffusent de plus en plus d’émissions dédiées au sujet, comme le cycle de Yann Arthus Bertrand et les journaux comme les publicités s’engouffrent dans le créneau comme pour tout autre effet de mode. Hélas ce sont toujours les figures les plus médiatiques qui représentent ce sujet technique, délicat et important. Les émissions de YAB contenaient pas mal d’erreur, surtout concernant les références historiques…
Marie, je serai très curieux de savoir si la notion de développement durable a des échos en Egypte, peut-être avec les MDP du protocole de Kyoto ?
Image : scan d'une de mes enluminures un autre de mes loisirs...
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03 janvier 2007
New Year 2007
J’ai donc rejoins N et B à Louqsor dimanche matin, après une nuit dans le train sans sommeil.
Bien heureusement, je connais suffisamment Louxor pour m’être permis de foncer au sortir de la gare à pied dans les rues, coupant ainsi l’herbe sous les pieds de la vingtaine de chauffeurs de taxi qui attendent et harcèlent les voyageurs arrivant. La ville était encore calme aux environs de 10 heures du matin, j’étais la seule à me hâter dans la rue, tant je désirais éviter d’être scotchée par des malotrus.
C’est que…Je déteste Louqsor ! Disons que je déteste l’ambiance qui consiste à ne traiter les touristes que comme des portes monnaies et les femmes occidentales comme des clientes pour tourisme sexuel. Donc, j’avais prévu deux jours là-bas, pas plus, c’est la limite supportable.
Arrivée à l’hôtel, après avoir papoté avec N et B, je suis allé faire une sieste réparatrice sur le toit ensoleillé de l’immeuble. Cela a duré une heure, pas plus. Je fus réveillée par un des employés qui entreprit de faire le nettoyage de la terrasse sur fond de Bob Marley ! Puis, la femme de ménage est venue me « tenir la grappe », essayant de me caser avec son patron de l’hôtel qui n’est pas encore marié à 28 ans, moi non plus, quelle catastrophe !
En fin de journée, nous avons pris un apéro sur le même toit, foie gras français et vin rouge égyptien, avant d’aller dîner dans un endroit atypique pour Louqsor. Il s’agit de l’Oasis Café, (suivre Temple of Karnak street, et tourner à gauche au niveau de l’hôpital Saint Mark). C’est un restaurant très cosy, installer au rez-de-chaussée d’un immeuble de l’époque coloniale. L’ambiance est très chaleureuse, on y entend du jazz, on y sert de l’alcool, une cuisine d’une qualité incomparable (c’est tout simplement délicieux) avec ce que l’on peut manger dans la plupart des restaus touristiques de la ville, et puis, l’accueil est très chaleureux, on y croise des touristes mais aussi des expats.
Nous avons trinqué à minuit le 31 décembre dans un Irish Pub ,dont la mascotte est Toutankhamon déguisé en aristocrate irlandais !
Après 3h de sommeil, nous avions rendez-vous à 5h du matin avec un chauffeur pour une séance de ballooning au-dessus de la vallée (merci encore pour le tuyau, Pat, c’était génial !).
Nous avons donc aperçu le premier levé de soleil de l’année depuis un ballon à 300 mètres d’altitude. Cela se passe de commentaires, c’est assez magique que d’être perché dans les airs pendant une heure, sans bruit ou presque, survolant le land art des terres agricoles, les terrains de fouilles archéologiques. Le soleil s’est levé du côté est du Nil, éclairant progressivement les montagnes de l’ouest.
L’atterrissage se fait en plein au milieu des champs, les paysans reçoivent de l’argent en échange d’une autorisation forcée. Pour chaque atterrissage de ballon, un groupe d’homme cour à travers les champs pour pouvoir attraper la nacelle et l’arrimer à terre. Or, le vent n’étant pas très stable, leur course à travers les champs de canne à sucre peut durer vingt minutes avant que le ballon ne se pose enfin. Du coup, la paix des villages agricoles est largement troublée par ces allées et venues de touristes volants.
De retour au Caire, la ville est aussi « vide » qu’à mon départ, une partie importante de la population est en vacances à l’extérieur, quel bonheur !
Photos MG
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