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30 décembre 2006

Bonne année !

La nouvelle année au Caire, c’est l’Aïd el Kebir ou Aïd el Adha (fête du sacrifice), on dit « Kulu sana wenta/wenti tayeb/a ! » à tout le monde toute la journée (comme pendant pas mal d’autres périodes de l’année d’ailleurs, humm…, je crois qu’ici on le dit presque toute l’année en réalité !).
La ville est étrangement calme, telle une ville de province. Tous les magasins ne sont pas fermés mais il n’y a pas grand monde pour y entrer.
Depuis mon balcon, je peux voir défiler depuis hier des camionettes remplies de moutons bruns à têtes noires qui partent à l’égorgement.
Le Caire prend donc des airs de campagne. Hier soir, au sortir de mon immeuble, trente mètres plus haut dans la rue, je suis tombée nez à nez avec une vache de type montbéliarde (blanche et noire) attachée à un reverbère.
Ces jours derniers, le Caire a essuyé une vague de froid terrible (un petit 5 degrés nocturne, c’est terrible ici), et reçu pas mal de pluie. Les maisons n’étant pas isolées, et ne possèdant qu’optionnellement des systèmes de chauffage, on a du coup bien plus froid qu’en France.
Ce temps pluvieux et venteux aura eu l’avantage de chasser en partie la pollution, de dégager le ciel, rendre l’air plus respirable, et redonner leur aspect vert originel aux arbres.
Aujourd’hui, le ciel du Caire est surprennament bleu, le soleil brille, les rues sont calmes, je peux enfin profiter de flâner sur le balcon avec mes lunettes de soleil, du thé, écoutant « La Donna e mobile » de Verdi, lisant « Roméo et Juliette » de Shakespeare.
Je prends le train cette nuit pour Luqsor, rejoindre N et B pour fêter la nouvelle année, donc, posting à mon retour…

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Retable de Gand, Frères Van Eyck, 1432.
Photo D.R.

Cette fête sacrificielle du mouton est l’occasion pour moi de me remémorer les formidables moments passés avec Loïc à l’Université de Besançon, en première année d’Histoire de l’Art, suivant les cours d’Histoire de la peinture moderne de Monsieur Muller. Lorsque dans ce gigantesque amphithéâtre froid, le professeur a projeté sur un écran géant l’image du Polyptyque de « l’Adoration de l’agneau mystique » des frères Van Eyck, 1432 ; je me rappelle notre émotion, cette envie pressante que nous avions de nous rendre à la Cathédrale de Saint-Bavon, à Gand en Belgique, pour contempler cela de nos propres yeux.
L’un des panneaux du retable, représente l’agneau blanc, symbole christique, égorgé, dont le sang coule dans un calice. Il s’agit de l’Agnus Dei, destiné à enlever les péchés du monde, (Évangile selon Saint-Jean, I, 29).
Le sacrifice du mouton dans l’Islam participe également de cette fonction expiatrice, purificatrice, marquant la fin du pèlerinage à La Mecque. Cette fête commémore la soumission d'Abraham à Dieu, lorsque le patriarche était prêt à sacrifier son fils aîné sur son ordre.


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Détail, l'Agneau mystique.
Photot D.R.

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26 décembre 2006

Hypothèses…

Premièrement, j’aimerais donner mon avis sur la question de la liberté d’expression que soulève automatiquement la série d’articles que j’ai émise dans la mini revue de presse du 25 décembre.
Très simplement, j’ai envie de dire que l’on peut rire de n’importe quoi, tout dépend avec qui.
En effet, la dérision, l’humour noir, voire même certaines provocations, me semble essentielles à la pensée. Bien que pas forcément productives, ces méthodes ont néanmoins l’avantage de tenir en éveil, de pointer du doigt tout à fait directement.
Avant de venir vivre dans le monde arabe, je tenais la position suivante : « La liberté d’expression ne souffre aucune exception. »
Depuis, mon avis s’est nuancé en ces termes : il y a une réelle différence culturelle qu’il ne faut pas négliger, mais que l’Occident néglige par ignorance. La satire ne se pratique pas de la même manière dans les deux cultures. Le monde arabe se sent déjà relativement méprisé par l’Occident, alors si l’on rajoute dans un tel contexte de la satire exprimée publiquement envers cette culture étroitement liée à la religion, au lieu de décontracter les esprits, au contraire on met de l’huile sur le feu. On ne peut pas faire rire quelqu’un de déjà vexé, à moins que cette personne soit capable de prendre de la distance. Mais pour cela, encore faut-il s’adresser à quelqu’un qui soit capable de cette prise de distance, donc quelqu’un qui serait déjà psychologiquement enraciné et non endoctriné, quelqu’un de lettré.
J’ai lu que la culture musulmane ne devait pas être exempte de la dérision projeté sur les autres cultures. Bien, bien, mais encore une fois, en deçà de ce principe, il faut considérer que la différence culturelle existe belle et bien, et qu’il est illusoire de la balayer d’un coup de bras.
Il y a ainsi un malentendu entre les deux cultures. Bien évidemment, causer un malentendu ne mérite aucunement d’être violement réprimandé.
Mon but est simplement de dire qu’avant de vouloir faire vivre ensemble deux cultures différentes, il faut apprendre à les connaître, et qu’aucune des deux cultures dont on parle ici ne se connaissent vraiment.
Je reste très critique envers les deux cultures, tout en restant « fidèle » pour un tas de raisons parfaitement compréhensibles à la mienne. Mais je deviens relativement écoeurée par certains propos provenant d’Occident, jugeant le monde arabe sans, selon toute apparence y avoir jamais mis les pieds.
Je ne me pense pas mieux placé que quiquonque pour juger, toutefois après 17 mois passés dans le Moyen-Orient, je peux dire qu’il n’est pas possible de comprendre ce monde en persistant à n’appliquer que des concepts extérieurs à ce dernier. Il y a un manque de compréhension, difficile à combler, et à défaut de le combler, autant l’admettre, ce serait déjà un point de départ.
Or, l’occident croit posséder des clés universelles de lecture des problèmes (modèle démocratique, laïcité, libéralisme économique), quant au monde arabe, il a ses raisons de se montrer entêté (illétrisme, endoctrinement religieux, guerres…). Les deux cultures ne partent pas des mêmes bases, alors comment éxiger des citoyens semblables ? La différence culturelle ne se résume pas à des différences gastronomiques, musicales…

Du coq à l'âne...

L’hypothèse que je souhaite formuler ici est relative à un tout autre sujet. Je veux parler d’un changement dans la vie cairote qui s’est produit soudainement, que tout le monde constate, sans vraiment comprendre qu’elle en est la raison : il s’agit de l’augmentation fulgurante des problèmes liés au trafic routier.
Depuis deux ou trois mois, plus que jamais, circuler au Caire est un calvaire, une catastrophe. C’était déjà terrible avant, mais là, c’est invivable, au point qu’ il faut y réfléchir à deux fois avant de se déplacer, tenir compte du nombre de déplacements prévus, de l ‘heure…et encore…Finalement, à part le créneau de nuit (entre minuit et 6 heures du matin) et le vendredi, le reste du temps, c’est ingérable.
Pourquoi ? Je ne sais pas, alors je pose des questions, et jamais je n‘obtiens la même réponse, drôle, non ? Personne ne semble savoir ce qu'il se passe, pourtant, c’est bien réel.
Plusieurs hypothèses et/ou rumeurs :
-La mise sur le marché d’un nouveau type de voitures asiatiques peu onéreuses, aurait provoqué la délivrance d’un million de permis de conduire supplémentaires en peu de temps.
-Ce serait une volonté politique que de ne plus gérer le trafic afin de tourner l’esprit des gens vers des problèmes quotidiens plutôt que vers la politique globale.

Néanmoins il y a des faits :
-La gestion du trafic est assez abracadabrante, il y a plus de "U turn" que de ronds-points, et les policiers en grand nombre dans les rues, passent manifestement plus de temps à papoter qu’à regarder ce qu’il se passe autour. A titre d’exemple, dernièrement, je m’apprêtais à traverser la place Talat Harb, or, il y avait tant de voitures qu’il était impossible de mettre un pied sur la route, les automobiles se bousculaient en tout sens. Sur le trottoir d’en face, j’ai aperçu le feu indiquant que les piétons pouvaient traverser, mais les automobilistes s’en fichaient bien, à côté du feu, trois policiers discutaient, tournant le dos aux voitures et piétons, il fut donc impossible de leur faire un signe pour leur demander de faire quelque chose. Ce jour-là, j’ai mis 35 minutes à pied pour un trajet qui habituellement ne me prend que 15 minutes, à cause de la difficulté à traverser la série de rues jallonants mon chemin.

La pire situation, ce n’est même pas celle que des gens comme moi vivent, qui perdent patience dans les embouteillages, doivent annuler des rendez-vous d’un coup de fil depuis le taxi, car on se rend bien compte qu’on y arrivera pas à temps, étouffent en respirant les gazs d’échappement qui nous cernent.
La pire situation est celle des ambulances, qui klaxonnent vainement les voitures alentour qui n'ont hélas aucun moyen de laisser une voie libre.

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25 décembre 2006

Revue de presse : Europe / Middle-East

Danemark - Berlingske Tidende | vendredi, 25. août 2006

Le festival 'Images du Moyen-Orient' sous le feu des critiques :

« Après la polémique sur les caricatures de Mahomet, le festival culturel 'Images du Moyen-Orient' ('Images of the Middle East') organisé dans différentes villes danoises était censé redorer l'image du Danemark auprès du monde arabe. Mais après la publication d'une anthologie de textes du Moyen-Orient dont sont exclus les auteurs israéliens, les organisateurs se retrouvent aujourd'hui pris dans un tourbillon médiatique. D'après les informations du journal de Copenhague, c'est l'Arabie Saoudite qui a versé le gros des fonds nécessaires à la publication de l'ouvrage. "Le plus grotesque est le titre de l'anthologie : 'Le pont'. Ils auraient mieux fait de l'intituler 'Le trou'. Ce 'trou' dans lequel on retrouve les lecteurs et la direction du festival qui sème la pagaille sans avoir la moindre idée de la façon dont on donne un sens au mot 'dialogue'. Désormais, la vacuité du dialogue de ce festival doit être connue jusqu'à la Mecque. Nos politiques devraient se demander s'il est judicieux de continuer à financer un festival culturel aussi amateur et dépourvu de principes." »

Source et suite de l’article: http://www.eurotopics.net/fr/presseschau/archiv/aehnliche/archiv_article/ARTICLE6591


Danemark - Berlingske Tidende | vendredi, 22. décembre 2006

Des artistes danois s'attaquent à Ahmadinejad :

« Le collectif artistique danois Surrend, spécialisé dans la provocation des dirigeants de tous bords, s'attaque aujourd'hui au président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Dans le Tehran Times, le groupe a publié un faux message de soutien au président sous la forme de petite annonce rédigée dans un anglais approximatif. Les premières lettres des cinq premières lignes de texte formaient le mot SWINE, cochon. Lorsqu'il s'en est rendu compte, le journal s'est aussitôt indigné. Jan Egesborg, l'un des artistes du collectif Surrend, explique dans une interview avec Af Bent Blündikow que cette action ne s'inscrit pas dans la tradition pacifiste des années 1970 et 1980. "Nous n'entrons dans aucune catégorie et nous n'attaquons pas que l'extrême-droite. Ce qui est nouveau, c'est que nous évoluons sur un terrain généralement réservé aux journalistes. Nous nous en prenons volontiers aux dictateurs. Nous ne faisons pas partie de la scène artistique danoise traditionnelle, nous sommes issus du 'streetart' - sans aucun lien avec les vieilles idéologies." 


Source et suite de l’article :
http://www.eurotopics.net/fr/presseschau/aktuell.html


Suède - Svenska Dagbladet | lundi, 2. octobre 2006

Un an après le scandale des caricatures de Mahomet :

«Voilà un an, le chef de la rubrique culturelle du journal danois 'Jyllands-Posten', Flemming Rose, publiait douze caricatures de Mahomet qui furent considérées par une partie de la communauté musulmane comme une offense, et ont entraîné des protestations violentes dans le monde entier. Un an plus tard, dans une interview conduite par Anne Wolter, Flemming Rose constate que l'autocensure qu'il combattait a gagné du terrain au Danemark. Après le décès de 150 personnes lors des émeutes qui ont eu lieu dans le cadre de l'affaire des caricatures et des pertes économiques qui se chiffrent en millions, aucun journal danois ne se permet plus de publier des caricatures de ce type. "Nous voulions montrer que les musulmans devaient être traités comme les autres groupes sociaux - les chrétiens, les politiques et la monarchie. Chacun fait l'objet d'un examen satirique, ce qui est un signe de reconnaissance et d'acceptation. Les musulmans font partie de la société danoise. Ils ne forment pas un groupe marginal autorisé à bénéficier d'un régime de faveur". »

Source et suite de l’article :
http://www.eurotopics.net/fr/presseschau/archiv/aehnliche/archiv_article/ARTICLE10648

17:10 Publié dans ARTICLES | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

22 décembre 2006

Merry Xmas

Drôles de vacances, parce que, je ne suis pas en vacances du tout, en décalage parfait, comme d’habitude, je travaille, au Caire, pendant que tous mes potes français sont de retour au bercail. Je ne les jalouse pas trop car du foie gras et du Champagne, venus de Belgique sont arrivés chez moi il y a quelques jours.
Néanmoins, j’ai débuté la saison des fêtes par une virée au Casino avec Madame D entre autres, après avoir perdu en dix minutes à peine 15 dollars chacune au Black Jack, nous nous sommes attaquées aux machines à sous. J’entends encore D se plaindre de n’être pas joueuse et par conséquent de ne jamais gagner, puis quelques minutes plus tard, sa machine s’est mis à clignoter, émettre des bips, et les pièces tombaient à n’en plus finir avec un bruit qui retentît assez fortement au point de nous donner envie de se mettre la tête sous la machine. Hélas, elle n’a pas gagné de quoi s’offrir une BMW, mais on a bien cru quelques instants que c’était la Baraka. De mon côté, j’ai vidé mon stock de jetons en vidant plus rapidement encore quelques verres de Bailey’s, me disant que la prochaine fois, je tenterais la roulette, sûrement plus excitant !
Hier, j’ai manqué l’occasion de me retrouver entre Pat et Delanoë sur la photo publiée par Pat sur son Blog, à la place j’étais coincée dans les embouteillages, j’ai donc annulé ma visite au cocktail pour effectuer une mission gâteau pour le dîner de Noël à la maison qui consistait aussi à dire au revoir à S, qui après 7 ans en Egypte s’apprête à retourner dans son Maroc natal. Avant-dernier cours au British Council, hier aussi, avant le test et le break de deux mois que je compte prendre. C’est que mon groupe va me manquer, cette dernière session fut très rigolote, on le doit surtout à notre prof irlandais qui possède un enthousiasme contagieux.
La semaine prochaine je serai entre le Caire, Alexandrie et Louxor, entre vacances et boulot à la fois, troisième Noël consécutif en Egypte, mais premier Nouvel An.
Par ailleurs, je me suis laissée dire sur les Offs de ce blog que mes chers co-éditeurs vont passer des fêtes de fin d’année bien plus décalées que les miennes…


MERRY CHRISTMAS...


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Photo MG

19:09 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note

20 décembre 2006

A mi-chemin entre Paris et Le Caire, en Libye...

-La justice libyenne condamne à mort les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien :

"Le verdict est tombé à 9 h 15, heure de Tripoli, 10 h15, heure de Paris, mardi 19 décembre. Les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien, accusés d'avoir volontairement inoculé le virus du sida à 426 enfants libyens dans un hôpital de Benghazi, sont condamnés à mort. Ainsi en a décidé la justice libyenne."

"Pour la communauté scientifique internationale, la contamination des 426 enfants libyens (dont 52 sont décédés) est due à l'insalubrité de l'hôpital pédiatrique de Benghazi et aux déficiences du système de santé publique libyen. Début décembre, une analyse d'experts publiée par la revue britannique Nature, le soulignait. Réalisée à partir de l'étude des souches des virus du sida et de l'hépatite C prélevés sur plusieurs des enfants libyens malades, cette analyse prouvait que les virus en question circulaient dans l'hôpital de Benghazi avant l'arrivée des six soignants étrangers."

"En Libye, la quasi-totalité de la population ignore ces rapports d'experts. A Tripoli, elle manifeste une grande indifférence à l'égard de cette affaire. En revanche, à Benghazi, région traditionnellement hostile au pouvoir central, l'émotion et la mobilisation sont fortes. Depuis sept ans qu'elles entendent la version officielle, les familles des enfants contaminés sont intimement persuadées de la culpabilité des six soignants. Elles réclament justice, si ce n'est vengeance, et risquent de ne pas se satisfaire de compensations financières, même conséquentes. Bien organisées, elles exercent de fortes pressions sur le pouvoir, et le placent dans l'embarras. Dans une pétition, elles viennent de sommer le colonel Khadafi de "rejeter les pressions de l'Occident" et de "respecter la justice libyenne"."

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-847220@51-847178,0.html


-Indignés par la condamnation des infirmières bulgares, des blogueurs tentent de s'organiser :

Source : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3210,36-847602@51-847178,0.html


-Amnesty International consternée par la condamnation à mort des infirmières bulgares et du médecin palestinien :

"Les accusés ont déclaré aux délégués d’Amnesty International qui se sont rendus en Libye en février 2004, que leurs aveux leur avaient été extorqués sous la torture et qu’ils s’étaient ensuite rétractés en arguant de la coercition. "

"Amnesty International reconnaît le besoin urgent de traduire en justice toute personne soupçonnée d’être responsable des conséquences tragiques subies par les enfants et leurs familles. Toutefois, il faut impérativement que les droits des accusés soient respectés à toutes les étapes de la procédure entamée avec leur arrestation. "

"L'organisation considère que ces travailleurs médicaux sont peut-être des prisonniers d'opinion à qui l'on fait porter à tort, parce qu'ils sont étrangers, la responsabilité de la tragédie qui s'est produite à l'hôpital pour enfants d'Al Fateh. "

Source : http://www.amnesty.fr/index.php/amnesty/s_informer/communiques_de_presse/amnesty_international_consternee_par_la_condamnation_a_mort_des_infirmieres_bulgares_et_du_medecin_palestinien

15:25 Publié dans ARTICLES | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Libye

18 décembre 2006

un pavé dans la mare

Effectivement, je suis ces conversations qui tournent souvent autour des mêmes questions, assommantes dans la façon dont elles sont abordées, et c’est cet état d’esprit, des deux parties belligérantes, la vraie source de perpétuation invraisemblable de ce conflit Israélo/Palestinien.

Je voulais juste relever un ou deux points pour recadrer vos discussions.

 

Concernant la conférence en Iran, qui joue aux comptes d’apothicaire en remettant en cause les chiffres théoriques du nombre de morts dans les camps d’extermination et les camps de concentration. Franchement, on s’en fout ! Ce qui compte n’est assurément pas le nombre de mort, que ce soit 2 millions ou 6 millions (ce dernier chiffres est l’estimations conventionnelle) ça ne change en rien la raison pour laquelle on considère cet épisode de l’histoire comme le symbole de quelque chose qui ne relève plus de l’humanité, d’où l’invention à cette occasion de la notion de « crime contre l’humanité ». Ce dépassement du crime vers un pire inqualifiable et indicible c’est Hannah Arendt qui le définit le mieux à l’occasion du procès Eichmann. Elle explique comment la rationalité pure, stricte, sans ni émotivité ni subjectivité, est capable de mener à un comportement criminel froid, raisonné, organisé, systématique, dont le mobile est simplement l’éradication. Ce genre de crime ont été répétés depuis, c’est vrai, mais pas en Israël, ça c’est certain.

Qu’Israël ne soit pas en reste de crimes de guerre et d’utilisation abusive de la mémoire de la Shoah pour légitimer des exactions autrement inexcusables, comme ne respecter aucun des partages proposés par l’ONU, c’est indéniable, mais de là à s’interroger sur l’Holocauste et verser dans le révisionnisme, c’est stérile, inutile et superflu.

 

Qu’on ne vienne plus nous assommer avec des tirades historico-égologique sur la cristallisation de l’histoire. Est-ce que sous prétexte que nos familles ont pris des partis opposés durant la guerre, comme les habitants de mon village d’origine, elles doivent s’entretuer ? Franchement il y aurait de quoi ! entre le voisin qui a participé au massacre d’Oradour-sur-Glane, un autre qui était dans la Gestapo, un collabo français, des résistants, allemands ou français, des réfugiés lituaniens, polonais ou russes, un famille juive, des communistes, des turcs et que sais-je encore ! Est-ce que ces différences et le poids du passé sont présents à nos mémoires ? Oui, évidemment, nous n’oublions pas ! Nous ne pouvons pas oublier ! Nous ne DEVONS pas oublier. Mais nous allons au-delà. Aujourd’hui nous avons d’autre projet (Union Européenne, Programmes des Nation Unis pour l’Environnement), aujourd’hui nous assumons les contradictions internes des familles issues de ces clans opposés à l’époque. La réconciliation franco-allemande, sincère et plénière, après un 75 ans d’opposition acharnée, devrait servir d’exemple pour bien des régions encore mortifiées par des guerres intestines qui n’apportent de bien à aucun des belligérants. Surtout qu’aujourd’hui les enjeux de l’humanité dépasse ces clivages risibles, entre les défis pour le développement humain et la sauvegarde d’une biosphère viable il y a de quoi faire ! Voilà enfin une occasion de poser la hache de guerre et de travailler ensemble !

 

C’est pour cela que le parlement Européen siège à Strasbourg et que l’Alsace reste le symbole même de l’équilibre européen, entre culture latine et germanique, entre Helvètes, Teutons et Francs… à quand un état palestinien et israélien unis dans un fédération avec Jérusalem capitale des deux états ?

22:31 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

12 décembre 2006

À propos de la conférence de Téhéran…

Hier, j’ouvrais le journal Le Monde, édition papier des dimanche 10 et lundi 11 décembre, et je ne fus pas réellement surprise d’apprendre que Téhéran réunissait une conférence sur la réalité de la Shoah.
En Egypte, j’ai souvent entendu (opinion populaire) la théorie négationniste consistant à nier le génocide juif de la seconde guerre mondiale.
L’argument fort, c’est celui proféré par Mahmoud Ahmadinejad, présidant de l’Iran, d’après qui, autant de juifs n’ont pas pu êtres tués durant l’Holocauste puisque la population de l’Allemagne à cette époque était inférieure au nombre de morts dans les camps.
Cet argument séduit hélas aisément ceux, qui par un grand manque ou déformation d’informations, d’éducation, de culture, ne savent pas que durant ce génocide, ce ne sont pas seulement de juifs allemands qui ont été exterminés, mais aussi, des Polonais, français, des homosexuels, des handicapés mentaux, des communistes…
Mais, débattre sur ce que rapportent les livres d’Histoire publiés en Europe et les livres publiés ou pas publiés du tout en Orient ne fera pas évoluer les opinions, car la volonté de nier cette partie de l’histoire est très forte, elle est attisée par le conflit israelo-palestinien actuel, qui est systématiquement amalgamé au passé des juifs d’Europe.
Le monde arabe ressent que son histoire, ses problèmes n’ont pas la même importance aux yeux de l’Occident que l’Histoire de l’Europe.
Il y a une colère qui veut la reconnaissance des palestiniens qui meurent en masse dans le conflit avec Israël.
Il suffit de tenter d’apporter des arguments pour défendre l’existence de l’holocauste pour se faire couper la parole et s’entendre dire : « Et les palestiniens alors ? Ce n’est pas une raison pour les exterminer ? »
Il y a selon toute apparence une dissociation impossible à faire entre les deux phénomènes, le sentiment que les juifs israéliens se vengeraient.
En niant le génocide juif, certains pensent par là, dénoncer le mépris de la communauté internationale face aux victimes palestiniennes du conflit avec Israël, oubliant au passage les victimes israéliennes de la même guerre, insultant au passage tous ceux qui sont morts dans les camps de concentrations durant la seconde guerre mondiale, ainsi que leurs descendants.
La masse a tendance a ne pas faire la différence entre les populations et les dirigeants, à se haïr entre peuple au lieu d’accuser les dirigeants de toutes nationalités, coupables actifs ou passifs.
Le reproche est fait à la communauté internationale de na ne pas agir pour arrêter le conflit israélo-palestinien. Le monde arabe se sent oublié et vivre dans l’ombre écrasante de l’holocauste qu’ils ressentent être présenté comme le seul ou le plus grave de tous.
En effet, le génocide juif a eu cette particularité historique et numérique, indéniable, que l’on connaît (pas tous hélas, c’est l’objet de ce posting, que de dénoncer au passage l’ignorance qui favorise la manipulation des masses en faveur du Négationnisme).
Pour autant, des faits historiques prouvent également que la communauté internationale, à l’époque, a mis trop de temps à réagir pour arrêter le projet Hitlérien (voir en outre, le film de Costa Gavras, « Amen », 2002, avec Mathieu Kassovitz).
Actuellement, je pense que la communauté internationale est parfaitement au courant de ce qu’il se passe entre Israël et la Palestine, qu’il y a une forte médiatisation, une solidarité réelle montrée dans certains pays envers les victimes des deux côtés. Car, en effet, il ne faut pas oublier que ce sont les dirigeants les responsables, que tous les Israéliens ne souhaitent pas une perpétuation du conflit en vue d’envahir plus de territoires palestinien encore.
Que les masses incultes soient aisément manipulables et orientables vers la haine, cela n’a rien de bien étonnant, mais lorsque des intellectuels se joignent à la conférence de Téhéran, cela devient écoeurant, ignoble. C’est la première manifestation négationniste de si grande ampleur dans le monde musulman. En 2001, à Beyrouth, un même projet de conférence avait été annulé après un appel d’intellectuels de quatorze pays arabes dont un représentant palestinien.
Cette conférence a pour but de déterminer l’existence de l’Holocauste, répondant à des questions telles que « Chambres à gaz, négation ou confirmation ? ». Cela donne la nausée !!!
Et si la conférence devait aboutir à la confirmation de l’existence du génocide, alors, l’Iran se déclare prêt à l’accepter !
Mon Dieu, en est-on réduit à attendre l’approbation des négationnistes et révisionnistes à propos de l’histoire européenne, pour commencer à entrevoir la possibilité d’une union entre l’Orient et l’Occident pour mettre fin ensemble, aux conflits multiples décimant des populations dans le monde entier ? Oui, tout comme nous en sommes réduit à attendre que les Etats-Unis s’intéressent à autre chose qu’à leur économie lorsqu’ils décident d’agir à l’extérieur de leur pays.
La séparation de l’Occident d’avec L’Orient, aussi bien idéologique, que d’intérêt semble se renforcer dans une perte de temps consistant à remuer de façon illégitimement écoeurante le passé au lieu de se tourner vers la situation déjà bien alarmante du présent.



Article Le Monde.fr avec AFP du 11/12/06 :

« « « Le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a inauguré lundi 11 décembre une conférence sur l'Holocauste unanimement condamnée par la communauté internationale. Pendant deux jours, Téhéran reçoit des universitaires étrangers révisionnistes, parmi lesquels l'ex-universitaire et révisionniste français Robert Faurisson, condamné à de multiples reprises par la justice, l'Australien Fredrick Toben, qui a passé plusieurs mois dans une prison allemande pour incitation à la haine raciale, ou encore l'ancien membre du Ku Klux Klan et ex-parlementaire américain David Duke.
Le ministre des affaires étrangères iranien a qualifié la rencontre de "forum scientifique" destiné à apporter des réponses aux "questions sur l'Holocauste" posées par le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier qualifie le génocide des juifs de "mythe", met en doute son ampleur et affirme qu'il a été utilisé pour justifier la création de l'Etat d'Israël.
"L'antisémitisme est un phénomène européen", a lancé Manouchehr Mottaki dans son discours inaugural, assurant que"dans la longue histoire de l'Iran, il n'y a aucun document établissant une seule manifestation d'antisémitisme". Le chef de la diplomatie iranienne a en revanche assimilé le sionisme au nazisme, les qualifiant tous deux de "racisme".
UNE CONFÉRENCE "NAUSÉABONDE" 

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a demandé "l'opposition ferme" de tous face à une"tentative de semer le doute sur la réalité d'[une] horreur unique et indéniable". Paris a exprimé son "inquiétude" et Berlin condamné "ceux qui cherchent à donner un forum" aux révisionnistes. Washington a parlé pour sa part de "geste honteux" , tandis que le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, a qualifié la conférence de "nauséabonde".
Une "contre-conférence" se tenait à Berlin le même jour en guise de"signal" contre M. Ahmadinejad et ses "arguments absurdes". Organisée par la Centrale fédérale de formation politique, entité financée par des fonds publics, elle présente les derniers résultats de la recherche sur le négationnisme et l'antisémitisme en Europe et dans le monde musulman, et les stratégies à adopter pour lutter contre.

"Une mise en doute de l'Holocauste et une remise en question du droit à l'existence d'Israël sont une attaque fondamentale des valeurs démocratiques des sociétés occidentales", a affirmé le président de la Centrale fédérale.
Invité, le chercheur américain et historien émérite de l'Holocauste, Raul Hilberg, qui a fui l'Autriche nazie en 1939, a expliqué vouloir "apporter [sa] contribution" contre le discours révisionniste et antisémite du régime iranien. "Je ne crois pas qu'un dialogue soit possible avec des gens qui nient l'Holocauste", a-t-il ajouté. » » »

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3218,36-844561@51-756489,0.html



Marie from Cairo.

10:55 Publié dans ARTICLES | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Téharan, Iran, Shoah, Holocauste

11 décembre 2006

Nuit blanche, Matinée verte.

Une insomnie m’a terrassée la nuit dernière, au point d’en appeler à l’amitié pour apaiser mon désarroi.
La nuit fut donc blanche, mais salvatrice.
Au levé du jour, ce n’est pas le chemin du retour à ma maison que j’ai pris, mais celui du plus vaste îlot de verdure du Caire.
À cette heure très matinale, la température était plus que fraîche, le ciel gris, la terre humide, les feuilles des arbres d’un vert intense, lavées par les dernières pluies, le givre fondait doucement sur le gazon se transformant en rosée scintillante, les oiseaux chantaient, les corbeaux croassaient…
Nous avons fait tout le tour du club, croisant aigrettes et une dizaine de huppes, des chevaux et un cimetière d’animaux de compagnie.
Le soleil réchauffait lentement, mais sûrement l’atmosphère.
Après un petit déjeuner en terrasse, nous avons flâné, affalés sur des chaises aux bords du terrain de golf. Je m’endormais lorsqu’un son sourd, celui d’une balle de golf atterrissant au pied de la butte devant moi, m’a rappelé que j’étais en zone dangereuse. Nous nous décalâmes, puis ce fût un Dalmatien, un labrador, et une bande de trois chiens baladis qui vinrent voler notre gâteau au chocolat.
La paix disparaissait peu à peu, il était temps de rentrer.

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06 décembre 2006

J’écoute INXS et j’ai envie d’écrire Religion !!!

L’autre jour, menée par une profonde envie de calme, de paix, je suis partie pour l’Eglise catholique.
Mais, sur le chemin, j’avais une seconde idée en tête, celle d’acheter dans une boutique qui se trouve dans la même rue que l’Eglise, une statue de Buddha. Je l’ai trouvé, et je suis partie à l’Eglise avec.
Inimaginable ! Personne ! le Silence !
Ce fut la première fois en 16 mois de vie au Caire, que j’étais seule à l'exterieur de chez moi, un miracle (mauvais jeu de mot, certes…). Seule pendant une demi-heure, dans le silence.
On aurait pu se croire en Occident, si ne décoraient pas l’Eglise des jolies mosaïques multicolores dont l’une représente un colon blanc et un autochtone noir, priant ensemble, sur fond de paysage africain (palmier, hutte…).
La voûte du chœur est un ciel bleu clair étoilé très apaisant.
Quant aux prie-Dieu, c’est comme dans toutes les églises, on est mal assis, cela ne donne pas envie de rester très longtemps ! Je préfère l’aménagement intérieur d’une mosquée, on se déchausse, on peut s’asseoir, s’allonger sur un tapis confortable. On peut souvent voir des musulmans lire le Coran adossés à un pilier et faire une sieste par terre.

Ma tête de Buddha m’a donné envie traquer à travers Google la présence de bouddhistes au Caire, évidemment, la réponse est qu’aucun bouddhiste n’est recensé dans le pays, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas.
Qu’est ce que pense l’Islam du Bouddhisme ? Et bien, c’est mitigé, soumis à diverses interprétations, comme d’hab !
On se rappelle tous de la destruction, de ce crime contre la culture, du statuaire bouddhique en Afghanistan en mars 2001.
Le Mollah Mohammad Omar, chef suprême des Talibans, avait décrété d’après injonction de l’Islam, la destruction des idoles.
Le 2 mars 2001, au Caire, le mufti Sheikh Nasr Farid Wassel, demande aux talibans d’agir avec retenue. Dans une interview publiée dans le journal « Al Hayat » il affirme que les Buddhas afghans ne sont qu’une transcription de l’Histoire et n’ont aucun impact négatif sur la foi des musulmans.

On trouve en outre ce verset dans le Coran, le cinquième de la sourate IX :
« Les mois sacrés expirés, tuez les idolâtres partout où vous les trouverez, faites-les prisonniers, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade ; mais s’ils se convertissent, s’ils observent la prière, s’ils font l’aumône, alors laissez-les tranquilles, car Dieu est indulgent et miséricordieux. »

(Si on lit le verset qui précède, on comprend que cette injonction n’est valable qu’en temps de guerre, hors des quatre mois sacrés pendant lesquels la guerre est proscrite.)




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