30 décembre 2006
Bonne année !
La nouvelle année au Caire, c’est l’Aïd el Kebir ou Aïd el Adha (fête du sacrifice), on dit « Kulu sana wenta/wenti tayeb/a ! » à tout le monde toute la journée (comme pendant pas mal d’autres périodes de l’année d’ailleurs, humm…, je crois qu’ici on le dit presque toute l’année en réalité !).
La ville est étrangement calme, telle une ville de province. Tous les magasins ne sont pas fermés mais il n’y a pas grand monde pour y entrer.
Depuis mon balcon, je peux voir défiler depuis hier des camionettes remplies de moutons bruns à têtes noires qui partent à l’égorgement.
Le Caire prend donc des airs de campagne. Hier soir, au sortir de mon immeuble, trente mètres plus haut dans la rue, je suis tombée nez à nez avec une vache de type montbéliarde (blanche et noire) attachée à un reverbère.
Ces jours derniers, le Caire a essuyé une vague de froid terrible (un petit 5 degrés nocturne, c’est terrible ici), et reçu pas mal de pluie. Les maisons n’étant pas isolées, et ne possèdant qu’optionnellement des systèmes de chauffage, on a du coup bien plus froid qu’en France.
Ce temps pluvieux et venteux aura eu l’avantage de chasser en partie la pollution, de dégager le ciel, rendre l’air plus respirable, et redonner leur aspect vert originel aux arbres.
Aujourd’hui, le ciel du Caire est surprennament bleu, le soleil brille, les rues sont calmes, je peux enfin profiter de flâner sur le balcon avec mes lunettes de soleil, du thé, écoutant « La Donna e mobile » de Verdi, lisant « Roméo et Juliette » de Shakespeare.
Je prends le train cette nuit pour Luqsor, rejoindre N et B pour fêter la nouvelle année, donc, posting à mon retour…
Retable de Gand, Frères Van Eyck, 1432.
Photo D.R.
Cette fête sacrificielle du mouton est l’occasion pour moi de me remémorer les formidables moments passés avec Loïc à l’Université de Besançon, en première année d’Histoire de l’Art, suivant les cours d’Histoire de la peinture moderne de Monsieur Muller. Lorsque dans ce gigantesque amphithéâtre froid, le professeur a projeté sur un écran géant l’image du Polyptyque de « l’Adoration de l’agneau mystique » des frères Van Eyck, 1432 ; je me rappelle notre émotion, cette envie pressante que nous avions de nous rendre à la Cathédrale de Saint-Bavon, à Gand en Belgique, pour contempler cela de nos propres yeux.
L’un des panneaux du retable, représente l’agneau blanc, symbole christique, égorgé, dont le sang coule dans un calice. Il s’agit de l’Agnus Dei, destiné à enlever les péchés du monde, (Évangile selon Saint-Jean, I, 29).
Le sacrifice du mouton dans l’Islam participe également de cette fonction expiatrice, purificatrice, marquant la fin du pèlerinage à La Mecque. Cette fête commémore la soumission d'Abraham à Dieu, lorsque le patriarche était prêt à sacrifier son fils aîné sur son ordre.
Détail, l'Agneau mystique.
Photot D.R.
15:50 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note





Commentaires
Bonne année 2007 !!!
Ecrit par : bidules | 31 décembre 2006
Bonne année 2007, continue à nous régaler de tes aventures, et de tes découvertes,Merçi Marie .
Optimiste .
Ecrit par : 0PTIMISTE | 03 janvier 2007
Bonne année à toi aussi...et merci pour les commentaires qui donnent envie de continuer à écrire...
Ecrit par : Marie | 04 janvier 2007
Bonne annee 2007, c'est la premier foi que voi ce blog, c'est super! je suis hors du Caire ces jours ci, mai en lisant votre blog, je me croi dans l'ambient du Caire! merci.
Ecrit par : نهضة مصر | 14 janvier 2007
Afwan !
Ecrit par : marie | 14 janvier 2007
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