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18 décembre 2006
un pavé dans la mare
Effectivement, je suis ces conversations qui tournent souvent autour des mêmes questions, assommantes dans la façon dont elles sont abordées, et c’est cet état d’esprit, des deux parties belligérantes, la vraie source de perpétuation invraisemblable de ce conflit Israélo/Palestinien.
Je voulais juste relever un ou deux points pour recadrer vos discussions.
Concernant la conférence en Iran, qui joue aux comptes d’apothicaire en remettant en cause les chiffres théoriques du nombre de morts dans les camps d’extermination et les camps de concentration. Franchement, on s’en fout ! Ce qui compte n’est assurément pas le nombre de mort, que ce soit 2 millions ou 6 millions (ce dernier chiffres est l’estimations conventionnelle) ça ne change en rien la raison pour laquelle on considère cet épisode de l’histoire comme le symbole de quelque chose qui ne relève plus de l’humanité, d’où l’invention à cette occasion de la notion de « crime contre l’humanité ». Ce dépassement du crime vers un pire inqualifiable et indicible c’est Hannah Arendt qui le définit le mieux à l’occasion du procès Eichmann. Elle explique comment la rationalité pure, stricte, sans ni émotivité ni subjectivité, est capable de mener à un comportement criminel froid, raisonné, organisé, systématique, dont le mobile est simplement l’éradication. Ce genre de crime ont été répétés depuis, c’est vrai, mais pas en Israël, ça c’est certain.
Qu’Israël ne soit pas en reste de crimes de guerre et d’utilisation abusive de la mémoire de la Shoah pour légitimer des exactions autrement inexcusables, comme ne respecter aucun des partages proposés par l’ONU, c’est indéniable, mais de là à s’interroger sur l’Holocauste et verser dans le révisionnisme, c’est stérile, inutile et superflu.
Qu’on ne vienne plus nous assommer avec des tirades historico-égologique sur la cristallisation de l’histoire. Est-ce que sous prétexte que nos familles ont pris des partis opposés durant la guerre, comme les habitants de mon village d’origine, elles doivent s’entretuer ? Franchement il y aurait de quoi ! entre le voisin qui a participé au massacre d’Oradour-sur-Glane, un autre qui était dans la Gestapo, un collabo français, des résistants, allemands ou français, des réfugiés lituaniens, polonais ou russes, un famille juive, des communistes, des turcs et que sais-je encore ! Est-ce que ces différences et le poids du passé sont présents à nos mémoires ? Oui, évidemment, nous n’oublions pas ! Nous ne pouvons pas oublier ! Nous ne DEVONS pas oublier. Mais nous allons au-delà. Aujourd’hui nous avons d’autre projet (Union Européenne, Programmes des Nation Unis pour l’Environnement), aujourd’hui nous assumons les contradictions internes des familles issues de ces clans opposés à l’époque. La réconciliation franco-allemande, sincère et plénière, après un 75 ans d’opposition acharnée, devrait servir d’exemple pour bien des régions encore mortifiées par des guerres intestines qui n’apportent de bien à aucun des belligérants. Surtout qu’aujourd’hui les enjeux de l’humanité dépasse ces clivages risibles, entre les défis pour le développement humain et la sauvegarde d’une biosphère viable il y a de quoi faire ! Voilà enfin une occasion de poser la hache de guerre et de travailler ensemble !
C’est pour cela que le parlement Européen siège à Strasbourg et que l’Alsace reste le symbole même de l’équilibre européen, entre culture latine et germanique, entre Helvètes, Teutons et Francs… à quand un état palestinien et israélien unis dans un fédération avec Jérusalem capitale des deux états ?
22:31 Publié dans II RESTE | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Enfin... je t'attendais Loïc.
J'avais pensé à parler d'Hannah Arendt, mais j'avais dans l'idée que tôt ou tard tu le ferais toi même.
En ce qui concerne le conflit israelo-palestinien, il est toujours d'actualité, et cela rend donc la distance plus difficile à prendre.
De plus ce conflit est politico-racio-religieux, un sacré (sans mauvais jeu de mot) cocktail !
Durant l'occupation allemande et le génocide, qu'elle était l'opinion de la masse ? Souvenons-nous de ceux qui ont rasé les têtes de femmes qui avaient eu des relations intimes avec des soldats allemands, de ceux qui ont dénoncé des juifs, de ceux qui ont nié, de ceux qui sont intervenus pour d'autres interêts que ceux des victimes désignées par le Nazisme...
Si on veut comparer jusqu'au bout, en effet, ne le faisons pas à la surface des chiffres, et avançons vers l'issue, ainsi demandons nous plutôt :
Dans quel genre de contexte socio-culturel des peuples peuvent-ils digérer l'Histoire, leur histoire ?
J'espère que les prochains commentaires tenteront d'apporter des éléments de réponse à cette question au lieu de nous embarquer encore et encore dans d'interminables arguments stériles qui tournent fâcheusement en rond, au quel cas, personnellement, je clôturerai le sujet pour un moment.
Ecrit par : Marie | 19 décembre 2006
Bien sur on ne doit pas oublier Mais on doit cgercher les solutions au lieu de chercher qui a fait quoi, ou encore c'est vrai ou faux.
Ecrit par : Vampire | 19 décembre 2006
Un petit geste de la main, de la part d'un autre cairotte pas cuit. Portez vous bien:-)
Ecrit par : Bob-i-Licious | 19 décembre 2006
Vampire : Tu radotes mon cher...
On en reparlera au café...:)
Ecrit par : marie | 19 décembre 2006
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