14 septembre 2006

Nouvel environnement

Depuis près de deux semaines je sévis dans un nouveau bureau dont les activités me plaisent beaucoup, qui m’offrent l’occasion d’exercer les langues européennes que je connais et d’enrichir ma culture dans ma spécialité : le développement durable. Ce cadre de travail convivial est extrêmement émulant et l’expérience promet d’être enrichissante.

Mais plus encore, même si c’est sensé être des considérations extraprofessionnelles, un nouveau bureau c’est également découvrir de nouvelles individualités, et celles que je découvre sont riches. Comme mon imagination mythifiante fonctionne en autonome et n’a de cesse de transformer le quotidien en une geste islandaise comme dans une perception synesthésique d’un nouveau genre, je n’ai pas manqué d’attribuer des caractéristiques légendaires à chacun des membres de cette structure.

Un exemple parmi d’autres : il se trouve en ces murs du prestigieux VIIe arrondissement un veilleur ! Quel nom poétique pour une fonction ! Indépendamment de la dimension opérationnelle de ce métier, c’est sa portée symbolique qui instinctivement se raccorde avec mon fond culturel et qui donne une figure et une aura au détenteur du titre ! Attentif aux événements, ce personnage a une méticulosité qui force l’admiration ! On l’imagine tout le jour durant et toute la nuit traversant les yeux ouverts avec volonté, attentifs et véloces qui parcourent les moindres modifications du cyberespace. Ainsi décrit, un tel personnage a tous les attraits du gardien du temple, du gardien du dogme, de la sentinelle fidèle à sa mission qui défend et incarne la valeur qui l’habite… Et la climatisation fonctionnant dans son bureau (le seul) ajoute la fraîcheur des lieux de recueillement à l’espace clos qui lui est dévolu. Tout concourt ainsi à stimuler ma perception mythifiante spontanée.

D’école en école, de boulots en stages et en missions successives, Paris m’attache progressivement à elle et voilà cinq ans que je suis arrivé dans cette ville. Je m’y promène encore en étranger, mais pourtant, je n’ai jamais vécu aussi longtemps quelque part ! Alors que je commençais à me résoudre à cette identité parisienne qui me désespère et que je rejette, je suis tombé sur un site d’alsaciens expatriés, au sens où ils ne vivent plus en Alsace. Et les sentiments qu’ils décrivent, les témoignages que j’ai pu lire de liens en liens, correspondent tout à fait à ce que je ressens. Lorsqu’on naît alsacien, on est alsacien avant tout, on est alsacien avant d’être Français, et probablement même européen avant d’être français encore.

Mon Est et ses identités marquées me manqueront indéfiniment, ses forêts immenses, ses collines verdoyantes, ses hivers, ses accents et ces habitants hauts en couleurs restent la référence permanente à l’aune de laquelle Paris entier paraît bien fade. Et pourtant, et pourtant, maintenant je regarde vers l’Ouest et j’aspire à rejoindre le Finistère un jour prochain, même si hélas je ne vois pas d’avenir professionnel hors de Paris…

Les commentaires sont fermés.