11 septembre 2006
Break in Sinaï
Je suis reparti ce week-end, seule, dans le Sinaï.
J’ai pris le bus de nuit, impossible d’y dormir, le son de la vidéo rugissait, émanant d’une comédie hilarante et aussi affligeante que « La soupe aux choux », version égyptienne. Dommage, j’avais pris mon oreiller comme à l’habitude, ce qui attire toujours les regards de tout le monde dans le bus sur moi. Je ne sais pas voyager léger, mes amis compagnons de voyage le savent. Cette fois, j’avais donc avec moi, hormis mon sac à main géant et mon sac de voyage avec différentes paires de tongues et plusieurs maillots de bain, mon oreiller, mes palmes, tuba…
Au petit matin, j’ai vu le soleil se lever sur la mer rouge au niveau de Taba, il me tardait d’arriver à destination. Le chauffeur ne connaissant pas le lieu, sans l’admettre (comme d’habitude, m’a lâché au bord de la route, et comme je n’étais pas très réveillée, je n’ai pas fait attention à l’endroit où il m’arrêtait. Je descends du bus, et j'ai mis cinq minutes avant de me rendre compte que j’étais loin de mon camp d’atterrissage. J’ai donc marché avec mes bagages le long de la route, il n’était que 8h du matin, et il faisait déjà si chaud ! Je n’ai croisé que des jeeps de bédouins, Jusqu’à ce que j’aperçoive un Caterpillar et des ouvriers qui travaillent à la construction d’un pipeline de gaz naturel longeant la côte est du désert du Sinaï. J' ai demandé s’ils pouvaient m’appeler un chauffeur quelconque, en attendant, ils m’ont offert un thé, qui fut le bienvenu. Évidemment, un jeune ouvrier, me disant qu’il est mohandess (ingénieur), me harcèle avec la fameuse question « Enti gaweza ? » (es-tu fiancée ?) J’ai refusé de répondre, il semblait mécontent, vexé, tant pis pour lui, je n’avais pas envie d’une discussion à la con à 8h du matin, perdue dans le désert.
Le taxi arriva, une jeep avec toute une famille bédouine. On papote un peu (tu vis où, tu y fais quoi…), Et le mari me dit qu’il devine que je suis martiniquaise !!!
J’arrive enfin à bon port, je chek-in dans ma hutte, et commande un petit-déjeuner avec salade de concombres et tomates et jus de citrons (so healthy !), omelette, fromage, thé. Puis, je m’installe sur la plage, il y a beaucoup de vent, des vagues, le soleil tape, j’ai une belle vue sur les montagnes du Sinaï à l’ouest, sur la côte arabe saoudienne à l’est, et en face, rien que la mer, avec au fond le golfe d’Aqqaba (Jordanie). Je suis bien, j’avale « Animal Farm » (en français) de Georges Orwell, dans la matinée, pendant que ma peau se dore. Puis, il est temps d’aller voir ce qu’il y a sous la mer, je m’équipe, et là je décroche vraiment, plus de soucis à l’horizon, je suis sur une autre planète. J’ai vu un serpent de mer (i was scared !), j’ai marché sur un oursin avant de chausser mes palmes…
Il n’y avait pas grand monde dans le camp, à part une bande de Hippies totalement 70' avec tout ce que cela comporte (de quoi fumer, des guitares, de très longs cheveux, des fringues colorées, des bébés tout nus…), un traveller espagnol docteur en Physique moléculaire, et un bellâtre russe coach sportif vivant en Israël, Jean-Paul Gauthier sur le nez, qui m’a littéralement harcelé durant une journée : « on passe la nuit prochaine ensemble ? », « on repart au Caire ensemble ? ». Non, non, non, et non. Plus je disais Non, plus il s’accrochait : « oh, i know the french women, they say No, but they think Yes, trust me, my ex girl friend was french ! ». « I ll not waste my time to play with you, guy, you re so arrogant ! ». Rien à faire, il m’a poursuivi tout le week-end, je m’échappais en allant nager au loin, ce qui ne me déplaisait pas, et là il ne suivait pas, pourtant il savait nager le bougre !
Comme d’habitude, j’ai repoussé mon départ de 24h, il est si difficile de quitter le Sinaï, alors j’en ai profité pour faire un tour au Castle Zaman voir mes amis qui y travaillent, et faire une orgie de sea food (crabe, crevettes, coquillages, calamar entier, filet de perche).
De retour au Caire, je suis sereine, mon corps est délivré de toute douleur, mon esprit de tout stress, je décide de prolonger l’effet en passant le début de la soirée à la maison, à somnoler sur mon lit avec un peu de musique. Puis, C à préparer à manger, et ensuite vers 11 pm nous sommes allé avec C et S boire un thé baladi entre Saad Zaghloul et Sayeda Zeinab, en dégustant des pâtisseries, il y avait du vent, une odeur de Kofta, un récital du Quran. Comme à notre habitude on traduit simultanément tout ce que l’on se dit en anglais, français et arabe.
Photos MG- café baladi au Caire et plage dans le SinaÏ.
01:20 Publié dans I LE CAIRE | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note



Commentaires
Bonjour, à vrai dire, "enti metgaweza?" veut dire "tu es mariée?", fiancée c'est "khatba". Je crois bien qu'être "juste" fiancée ne décourage pas ces messieurs :)
Intéressant pour moi de voir comment s'intègre (plutôt bien) une étrangère au Caire. Moi, n'étant pas Egyptienne mais qui y suit née, je ne m'y suit jamais faite à cette vie que je n'ai pu fuire qu'a mes 18 ans, et je reste heureuse de ne plus avoir a la gouter que pour de rares et courtes visites! Ca tient bcp du caractère je suppose, comme quoi il y en a pour tous les goûts dans ce monde :)
Bonne continuation! salamat
Betty
Ecrit par : Betty | 14 septembre 2006
Ugh ..
Ca fait 4 ans que je suis pas alle au Sinai ... depuis ke je suis venu en France preatiquement .
QUATRE ANS !!!
Ecrit par : Maxxed`ouT | 20 septembre 2006
Ah, les plages hippies de Ras Shaitan... Quel dommage que depuis les attentats de Dahab elles soient désertées par les hippies israéliens, à quelques exceptions près. J'ai du mal à supporter la virée nocturne en bus mais une journée sur la plage bédouine suffit à rebooster mes chakras.
Ecrit par : catherine | 26 septembre 2006
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