01 septembre 2006
Ambiances parisiennes
J’interviens en coup de vent, entre deux urgences. En ce moment je ne parviens plus à gérer mon emploi du temps entre la thèse, le boulot, les articles, les projets etc… mais j’en suis ravi puisque lundi, pour moi aussi, c’est la rentrée ! Nouvelle mission, multilingue, ambiance germanophone à souhait, avec des ressources en italien et en anglais. Ça promet d’être passionnant ! Et en plus c’est dans une institution prestigieuse, sur un sujet qui m’occupe depuis des années : le développement durable ! Espérons que ce « pied à l’étrier » sera riche en conséquences bénéfiques.

Dans ces circonstances de préparatifs variés je vais juste rapporter quelques anecdotes. Selma n’a vraiment pas de chance dans son retour parisien puisqu’elle se retrouve confrontée à toutes les situations qui rendent Paris désagréable. De mon côté, toujours aussi protégé par je ne sais quel heureux hasard, ce genre de situation se résolvent toujours de façon incongrue, comme le jour où on m’a subtilisé mon portable à une terrasse de café pour ceux qui s’en souviennent… avec le portefeuille également il m’est arrivé une situation similaire. Un matin, assis dans le métro ligne 10 en route pour la Sorbonne, un jeune homme s’assied à côté de moi sur les strapontins alors qu’il y avait de la place partout dans la rame. Je reste plongé dans ma lecture du moment. Quelques minutes plus tard, il rigole et me tend quelque chose en me disant « tiens, j’te l’rends. C’était trop facile » et là je le vois me donner mon portefeuille ! J’avais pourtant placé celui-ci au fond de ma poche, dans mon pantalon un peu trop moulant et en plus j’étais assis ! Je n’ai pas la moindre idée de la manière dont il est parvenu à prendre ledit portefeuille. Il me l’a rendu, m’a souri avec un air espiègle, s’est levé et est descendu à la station suivante en me faisant un salut ! Les pic-pokets parisiens n’ont pas volé leur réputation.
Autre exemple de l’ambiance parisienne : personne ne se dit bonjour ! Quand je dis personne, c’est personne ! Evidemment, on ne va pas dire bonjour à tous les humains que l’on croise comme dans les villages sans quoi nous répéterions inlassablement « bonjour » tout au long de la dite journée la rendant tout sauf bonne. Mais les personnes que l’on croise tout les jours, celles qui prennent le même métro, ou bien qui font leurs courses à la même heure que vous bien souvent etc… ces gens-là ne disent pas bonjour, ils trouveraient ça agressif. Au début cette attitude m’a décontenancé, puis au fil des années je m’y suis fait. J’étais particulièrement vexé par un homme qui, lors de mon emploi précédent, pendant deux ans et demi, prenait le même métro que moi presque tous les matins et tous les soir, faisaient un changement au même endroit et descendait finalement à la même station que moi… cet homme habite l’immeuble attenant au mien et travaillait dans l’immeuble en face de celui où j’oeuvrais moi-même. Au bout de quelques jours, amusé par ce hasard, je lui ai dit « bonjour ». 6Il m’a regardé comme si j’étais un extraterrestre et n’a pas répondu. Les deux années suivantes il continuait quand même à être assis presque en face de moi matin et soir ! J’ai donc compris que les gens d’île-de-France ne savent pas ce que signifie « bonjour » et n’ont jamais entendu parlé des théories de la communication de Jakobson. Dans celles-ci « bonjour » est d’ordre phatique, c’est-à-dire que c’est une expression dont le sens ne compte pas, elle sert simplement à dire qu’on a reconnu la personne et qu’on sait qu’elle est là. Ce n’est en aucune manière une façon d’engager la conversation ou de chercher autre chose si ce « bonjour » n’est pas complété par autre chose. C’est juste dire à l’autre : « tu existes, moi aussi, on s’est reconnu et on cohabite sans se taper dessus ni se mépriser ».
Pour continuer dans cette voie, il y a un autre homme, indien je pense, la trentaine, que je croise presque tous les jours dans ma rue, il doit habiter un peu plus haut. En faisant les courses, au bureau de tabac, dans le métro, nous avons visiblement les mêmes horaires. Forts de mes expériences précédentes je ne lui disais pas bonjour. Et il y a quelques semaines, alors que je descendais la rue, profondément enfoui dans mes pensées, je lui suis presque rentré dedans et au lieu de lui dire « pardon » j’ai dit « bonjour ! » comme un idiot. C’était un automatisme, je ne sais pas. Quoi qu’il en soit, depuis, à chaque fois que je croise cet homme, il me dit un grand bonjour gratifié d’un sourire ! Et c’est bête, mais ça me fait vraiment plaisir et ça donne un peu de vie aux rues si mornes. En tous les cas j’ai trouver la technique pour commencer à dire bonjour à un parisien : le percuter de front ! La prochaine fois que je croise mon ancien co-passager du métro-boulot-dodo, ce qui ne manque jamais quand je vais à monoprix, à croire qu’il y passe sa vie, je ne le louperais pas !
22:40 Publié dans I PARIS | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : paris, traditions, voyages



Commentaires
BONJOUR Lolo,
Bonne rentrée à toi, bisous.
M
Ecrit par : Marie | 02 septembre 2006
tellement occupé qu'on en oublie ceux qui ont une vraie rentrée...
Ecrit par : arius | 03 septembre 2006
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