19 août 2006

Loïc de sortie, tous aux abris !

Ce soir j’avais prévu de sortir avec V., rencontré en Juin à Roscoff, dont nos origines alsaciennes communes nous avaient fait immédiatement sympathisé. Je me réjouissais à l’idée de remettre le nez dehors n’étant, une fois de plus, pas allé plus loin que le bureau de tabac depuis plus de dix jours.

 

A dix huit heure donc, je sors de la bouche de métro à Cluny pour me rendre rue Mouffetard. Pour ce faire il suffit de longer la Sorbonne, de remonter jusqu’au Panthéon et de prendre une rue au fond à droite de la place qui entoure ce monument…

Quelques minutes d’inattentions perdu dans mes pensées, ce qui m’arrive souvent, je marchais au radar et lorsque je me suis à nouveau soucié de mon chemin je me suis rendu compte que j’étais complètement perdu ! Le quartier latin est un des plus anciens de Paris, c’est là que se tenait la ville romaine avec ses arènes et ses thermes dont il reste les ruines, la ville gauloise elle, Lutèce, occupait l’actuelle île de la cité. Tout ça pour dire que c’est un des quartiers de la ville dont les rues sont les plus étroites, les plus petites et les plus nombreuses, suite à 2 000 ans d’occupation dense et d’urbanisme médiéval aléatoire. Je me suis retrouvé à longer des rues qui se terminaient en impasse, le tout sous de trombes d’eau puisqu’il pleut à verse par intermittence depuis plusieurs jours. A un moment, j’avais même l’impression que des gens jetaient des sauts d’eau depuis les toits tant la pluie était intense.

En désespoir de cause, après plusieurs tours de quartier sans retrouver mon chemin j’appelais V. qui, fort heureusement, avait un plan sur lui et a pu me téléguider…

 

Finalement nous nous retrouvons dans un café, et on se raconte les nouvelles en fumant clope sur clope en terrasse, protéger par un grand auvent. Les cafés parisiens ont la mauvaise habitude de ne pas fournir de cendrier pour les tables en terrasse, nous jetons donc nos mégots incandescents comme nous pouvons…

Les lecteurs assidus qui savent combien je suis catastrophique imaginent où je veux en venir…

Quelques minutes plus tard, une étrange odeur de barbecue et de feu de bois me surprend. Je n’ai pas tout de suite réalisé ce qui se passait mais V. me fit remarqué que de la fumait s’échappait de la grille des égouts dans laquelle je jetais mes mégots… en y regardant de plus près je vis que le trou qu’elle recouvrait était bouché à peine dix centimètres plus bas par des feuilles mortes, des papiers et des mégots, et que l’ensemble laissait poindre de jolies flammes…

Ni une ni deux je prends le verre de bière (vide) de V., je fonce dans le bar, je pose le verre sur celui-ci et j’exige un verre d’eau. Le barman me regarde comme si j’étais stupide et me dit :

 « Euh, vous voulez dire une bière ? »

« Non, un verre d’eau, y’a l’feu ! »

« Soyez pas pressé », répond-t-il en me servant l’eau en question.

Je fonce ensuite vers la grille pour verser l’eau en question sur les flammes aussitôt éteintes devant le regard médusé du garçon qui comprit alors ce qui se passait…

 

Une heure plus tard, Olivier nous rejoint dans le quartier et nous n’attendons plus que la compagne de V. qui doit nous retrouver Place Monge. Je propose aimablement que nous allions à sa rencontre… évidemment mes idées ne sont jamais bonnes…

Arrivé sur la place en question, quatre policiers en tenu nous alpaguent pour un « contrôle d’identité » en nous demandant si nous sommes en possession de stupéfiants. J’étais stupéfié ! C’est la première fois de ma vie que la police me demande mes papiers et en plus si j’ai justement avec moi de la drogue ! En fait j’étais même vexé qu’ils puissent s’imaginer cela ! Ces messieurs dames ont été très aimables et ont fait leur travail, mais avec méticulosité : poches, sacs, vérification des papiers etc. Le tout dans un quartier bourgeois plutôt calme et à peine vers 20h30. Ils se sont rattrapé en faisant de l’humour. Plusieurs heures plus tard je suis toujours aussi surpris par cette « intrusion » policière dont on n’a pas vraiment l’habitude en France, ou tout au moins dans les endroits que je fréquente.

 

Bilan de l’affaire pour le première sortie du mois je me suis perdu, j’ai mis le feu et j’ai subit un contrôle policier. Finalement, j’attendrai septembre avant de dépasser le bureau de tabac du bas de la rue…

 

Commentaires

"2 000 ans d’occupation dense et d’urbanisme médiéval aléatoire"

Je ne suis pas tout à fait d'accord... Des rues correspondent aux voies romaines (rue St Jacques, Bd St Michel, rue Cujas, rue Victor Cousin,...) qui obéissent à une logique qui ferait rougir le concepteur des rues cadrillées de New-York.
De plus, d'autres rues sont les témoignages de la murailles Philippe Auguste du 12eme siècle (dont il reste un vestige au bout de la rue Clovis en excroissance sur le trottoir). En effet des rues comme Monsieur le Prince, Malebranche, des Fossés St Jacques, de l'Estrapade, Thouin, du Cardinal Lemoine, des Fossées St Bernard ne sont autres que les chemins de ronde qui entouraient la dite muraille.
La rue Mouffetard était par ailleurs un axe majeur vers la sud de l'Europe, et ce déjà du temps des romains. Et je peux (presque) t'expliquer la raison d'être de chaque rue dans ce quartier.
Aléatoire donc, mais pas n'importe quoi.

Ecrit par : Haxo | 19 août 2006

raison de plus pour moi de ne pas comprendre comment j'ai pu me perdre, mais ce n'était pas dans ces axes au tracé effectivement lisibles, c'était un peu après la rue de l'Estrapade, à l'ouest de Mouffetard. Un autre quartier du cinquième aux rues denses c'est le quatier des resto autour de Saint-Michel, la succession des petites rues y ressemblait.
La rue qui était fermée au bout comme une impasse était plus près de la Sorbonne, derrière le collège de France, un immeuble vide aux fenêtres cassées, entouré d'échaffaudages, y recevait la pluie dense de cette fin d'après-midi. J'étais seul à ce moment là, personne en vue, l'ambiance résultante était vraiment étrange...

Ecrit par : Loïc | 19 août 2006

Une impasse derrière le Collège de France? C'est l'impasse Chartière, non? A l'angle avec la vieille rue de Lanneau, il y a le restaurant "Le Coupe Chou" (cadre exceptionnel, mais qualité moyenne en regard du prix).

Ecrit par : Haxo | 20 août 2006

Je confirme que c'est assez difficile de se perdre dans le quartier latin...Dans ces conditions, pourquoi ne pas se rafraîchir un peu la mémoire avec un petit tour guidé, animé magnifiquement par la copine de V. ?? Et en plus ça fait travailler l'anglais!

Ecrit par : V. | 22 août 2006

ça me fait plaisir que tu commentes cette soirée pour laquelle tu as été aux première loges mon cher V. ! Effectivement, il faudra que je suive la visite de mademoiselle !

Ecrit par : Loïc | 26 août 2006

Les commentaires sont fermés.