10 août 2006
Le mouton à cinq pattes

En deux jours, deux personnes sans liens à la vue de mon C.V. m’ont qualifié de mouton à cinq pattes… j’ai pris ça comme un compliment, même si cela fait échos à un autre commentaire que me faisait mon père disant que j’ai cinq pieds gauches tant je suis maladroit (que la vaisselle se tienne bien !). En tout les cas, des opportunités se profilent.
Ces derniers jours je me sentais complètement à l’ouest (drôle d’expression) et je flottais dans un espace virtuel multipode entre les différents projets sur le feux. Cet état « inspiré » et décalé qui frise l’extase mystique caractérise mes meilleures périodes de créativité. Je n’ai jamais réussi à provoquer cet état artificiellement et il me tombe dessus sans prévenir.
Cette fois, c’est un faisceau de souvenirs qui m’y a entraîné. La photo postée par Marie de la campagne Franc-comtoise a fait remonter les odeurs de ces champs à l’herbe épaisse et gorgée d’eau parmi lesquels les colchiques d’automne et les champignons pullulent chaque année, sensation renforcée par la pluie sur Paris. L’ingrédient secret pour pousser l’état de « transe », c’est une musique appropriée en toile de fond.
Je maintiens ainsi un état éloigné de toutes interférences et de toute turpitudes, pour me consacrer exclusivement aux tâches que je me suis fixé. Mais dans ces cas là, je perds la notion du temps, j’oublie jusqu’à l’existence de la nutrition et de la nécessité du sommeil. Comme je n’ai aucune contrainte ces derniers mois, cet état peut atteindre des proportions expérimentées il y a plusieurs années.
J’avais totalement perdu pied avec le blog et je m’imprègne des derniers événements.
C’est fou mais notre éloignée miss Doha travaillera dans quelques jours à deux pas de chez moi !
Je me sens aussi en décalage avec le parfum d’Orient qui souffle sur ce blog. Les références culturelles et linguistiques qui entourent les derniers événements dramatiques relayés ici me sont totalement étrangères, elles ont quelque chose d’exotique, et je me rends compte à quel point l’affect détermine notre niveau d’intolérance. Pour le Liban par exemple, la connaissance du terrain, de personnes directement impliquées ou de la culture du Moyen Orient sensibilise aux événements et donne une dimension concrète bien plus grave aux événements. Je dois bien avouer que le point de vue de l’occidental protégé en Europe depuis soixante ans sans guerre (Dieu merci !), tout cela a quelque chose d’abstrait, d’éloigné, d’étranger et de redondant. C’est bien là le malheur de la situation : la répétition des événements en fait perdre toute importance et il y a de la lassitude dans le public européen, très pessimiste quand à l’avenir de cette région, même si nous souhaitons le meilleur pour son avenir.
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